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Full text of "Le Monde Diplomatique, 1991, France, French"

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QUARANTE-HUITIÈME  ANNÉE  - N»  14569  - 6 F 


SAMEDI  30  NOVEMBRE  1991 


FONDATEUR  : HUBERT  BEUVE-MÉRY  - DIRECTEUR  : JACQUES  LESOURNE1 


En  butte  à un  ultimatum  de  putschistes  à Lomé 


Le  premier 

Du  gendarme 
au  secouriste 


Traditionnellement 

accusée  de  jouer  le  rôle  de 
«gendarme  de  l'Afrique»,  la 
France  va-t-elle  devenir  le 
«secouriste»  des  jeunes  démo- 
craties 7 L'appel  lancé,  jeudi 
28  novembre,  par  le  premier 
ministre  togolais,  M*  Joseph 
Kokou  Koffigoh,  sollicitant  «d'ur- 
gence » l'intervention  des  mili- 
taires français  pour  aider  au 
«rétablissement  de  l'ordre»  dans 
son  pays,  confirme,  en  tout  cas, 
la  fonction  décisive  que  de  nom- 
breux régimes  africains  conti- 
nuent d'attribuer  à l'ancienne 
puissance  coloniale. 

L'euphorie  et  l'allégresse  susci- 
tées par  les  Conférences  natio- 
nales - ces  Etats  généraux  à la 
mode  africaine,  dont  le  Bénin 
avait  donné  l'exemple,  en  février 
1990  - ont  pu  foire  croire,  un 
temps,  que  l'on  pourrait  passer, 
en  douceur,  du  monopartisme 
musclé  au  «renouveau  démocra- 
tique». Consciente  du  désintérêt 
croissant  de  l’Occident  à son 
égard,  l’Afrique  allait  désormais 
gérer  son  avenir,  sans  béquille 
extérieure,  et  de  manière  origi- 
nale. Ce  râve  n'est  pas  mort. 
Chacun,  ici  et  là,  continue  de  le 
saluer  comme  le  moteur  d'un 
indispensable  sursaut  de  maturité 
poétique. 

LE  fameux  discours  de  La 
Baule,  en  juin  1990,  dans 
lequel  le  président  Mitterrand 
avait  promis  une  «prime  à l'aide 
aux  pays  se  démocratisant»,  a, 
sans  nui  doute,  donné  des  ailes 
aux  oppositions  africaines.  Cer- 
tains chefs  d’Etat  comme  le  roi 
du  Maroc  ou  l' ex-président  His- 
sène  Habré  du  Tchad,  s'en 
étaient  publiquement  offusqués. 
Beaucoup  ont  ressenti  ce 
« virage  » de  la  France  comme 
une  condamnation  et  continuent 
de  redouter  que  Paris  ne  las 
s lâche  ».  Cette  crainte,  jusqu'à 
présent  se  révèle  irrfondâe- 
La  plupart  des  dirigeants  afri- 
cains «menacés»  par  la  revendi- 
cation démocratique  sont  restés 
en  selle,  grâce,  bien  souvent  à la 
médiation  ou  à la  présence  mili- 
taire de  la  France.  C'est  le  cas  à 
Madagascar  et  à Djibouti,  où  les 
bons  offices  de  Paris  ont  évité 
que  les  changements  ne  se  trans- 
forment en  bouleversements 
incontrôlés,  susceptibles  de  pro- 
voquer des  bains  de  sang.  C'est 
le  cas,  également  au  Rwanda,  où 
quelque  cent  quatre-vingts  para- 
chutistes français  poursuivent, 
depuis  plus  d'un  an,  une  mission 
« humanitaire  » qui  suscite  bien 
des  questions  - et  des  reproches 
- parmi  les  opposants  au  régime 
du  président  Habyarimana. 

LES  mouvements  de  contes- 
tation n’ont  cessé,  en  deux 
ans.  de  s'étendre  à travers  tout  le 
continent.  Même  l'Afrique  de 
l'Est  jusque-là  «épargnée»,  sem- 
ble entrer  timidement  dans  la 
danse  - pacifiquement,  comme 
en  Zambie,  ou  plus  laborieuse- 
ment. comme  au  Kenya.  En  Afri- 
que de  l'Ouest,  plusieurs  Confé- 
rences nationales  ont  sonné  le 
glas  des  anciens  régimes.  C'est 
ainsi  qu'on  a vu.  à Cotonou,  à 
Brazzaville,  à Niamey  ou  à Lomé, 
des  chefs  d'Etat  soudainement 
détrônés,  privés  de  leurs  préroga- 
tives, sans  qu’une  goutte  de  sang 
soit  versée. 

Les  efforts  de  la  France 
devraient  être  moins  ambigus. 
Soucieuse  d’accompagner  ces 
processus  de  démocratisation, 
elle  doit  claire men  en  encourager 

les  promoteurs  et  également  veil- 
ler à dissuader  les  nostalgiques 
de  l’ordre  ancien. 


MC147-  1130  0 -6,00  F 


ministre  du  % fait  appel 
’ à l’aide  militaire  de  la  France 

Le  premier  ministre  togolais,  M*  Koffigoh,  a reçu  vendredi 
29  novembre  un  ultimatum  des  putschistes  qui  encerclent  le 
siège  du  gouvernement.  Ils  lui  ont  enjoint  de  se  présenter  dans 
les  quarante-huit  heures  au  quartier  générai  des  forces  armées. 
M.  Koffigoh  a demandé,  jeudi,  à M.  Mitterrand  renvoi  de 
troupes  françaises.  De  son  côté,  le  chef  de  l'Etat  togolais,  le 
général  Eyadema,  a rencontré  dans  la  matinée  les  putschistes 
qui  se  réclament  de  lui. 

, LA  FRANCE  t!  T 
( AU  SECOUAS  U!  < 


La  Banqne  du  commerce  extérieur  à court  de  liquidités 

La  crise  financière 
s’aggrave  en  ISS 

Au  moment  où  la  Russie  prend  l'initiative  de  réformes 
d'envergure,  les  difficultés  financières  de  l'ancranna  Union 
soviétique  s 'intensifient.  Jeudi  28  novembre,  la  Banque  soviéti- 
que du  commerce  extérieur ; à court  de  liquidités,  a suspendu 
jusqu'au  3 décembre  les  paiements  de  certaines  opérations 
internationales.  Le  même  jour,  le  ministre  msse  de  l'économie, 
M.  Gaïdar,  annonçait  la  ratification  par  son  gouvernement  des 
décrets  économiques  pris  il  y a quelques  jours  par  M.  Eltsine. 


les  Togolais/ 


/al* 


y h H?  37»  £Ü\ 
P6URI/3WCRU1 
QUE  CéTAÎT  LES  , 
V CROATES//// 


Lire  nos  informations  page  3 


Nouvelle  étape  dans  la  crise 
que  traverse  rex-URSS  : la  Vne- 
cbekoQombank  (VEB,  la  banque 
du  commerce  extérieur  de 
l’URSS)  a annoncé,  jeudi 
28  novembre,  la  suspension  pour 
trois  jouis  - les  28  et  29  novem- 
bre et  le  2 décembre  - des  paie- 
ments de  certaines  opérations 
internationales  non  garanties.  De 
son  côté,  la  Gosbank  (la  banque 
centrale  de  FURSS)  menace  de  ne 
plus  financer  les  dépenses  de 
l’Etat  si  l'autorisation  d’émettre 
de  nouveaux  billets  ne  lui  est  pas 
accordée. 

La  VEB  continue  de  créditer  les 
comptes  des  établissements  dispo- 
sant d’une  garantie  «Gestionnaire 
de  la  dette  extérieure»  de  Tex- 
URSS,  confirmée  dans  cette  fonc- 
tion à l’occasion  du  rééchetonne- 
ment  accordé  par  te  G 7 (groupe 
des  sept  pays  les  plus  indu&riali-  • 
sés)  la  semaine  dernière  {le  Monde 
du  23  novembre),  la  VEB  souffre 


d’un1  manque  de  devises  lié  à la 
chute  des  exportations.  La  banque 
connaîtrait  même  des  difficultés 
d’approvisionnement  en  petites  1 
coupures  de  monnaies  occiden- 
tales. 

Par  ailleurs,  le  président  de  la 
Gosbank,  M.  Viktor  Guera- 
chtchenko,  a indiqué  jeudi  devant 
le  Soviet  de  l’Union  qu’il  n’y 
avait  phu  dans  les  caisses  de  la 
banqne  centrale  que  3 .milliards 
de  roubles,  c'est-èndive  de  quoi 
payer  les  dépenses  de  l'Etat  pour 
deux  on  trois  jours  seulement  Si 
tes  députés  n’acceptent  pas  une 
rallonge  budgétaire  exceptionnelle, 
«la  banque  d'Etat  devra  suspendre 
le  financement  de  toutes  les 
dépenses  budgétaires,  dont  ceües 
destinées  aux  armées  *,  a indiqué 
l’adjoint  de  M.  Guerachtehenko, 
M.  Vaterian  Koutikov. 

Un  page  25  J’aüretka  mec 
k rke-adabùe  russe  de  Fécoaemk 


Relance 
do  débat 
sur  les  OPA 


M.  Pierre  Bérégovoy,  minis- 
tre de  l'économie,  s'est  drtl 
jeudi  28  novembre , préoc- 
cupé par  la  réglementation 
des  offres  publiques  d'achat  j 
portant  sur  les  deux  tiers  du  , 
capital  d'une  société.  Une, 
réforme  exige  un  consensus . ■ 

En  février  1989,  les  déclarations 
de  M Mitterrand  sur  la  « manie , 
des  OPA»  et  les  dangos  d'un  «pii 4 
lage  de  l’économie  française 
conduisaient  & une  loi  pour  morar* 
User  les  marchés  financiers  et  à uri 
règlement  des  offres  publique^ 
d’achat  (OPA).  Etait  instituée  alor^ 
l’obligation  de  lancer  une  offre  suc 
au  moins  deux  tiers  des  actions; 
dès  qu’une  entreprise  franchit  le 
seuil  des  33  % dam  le  capital  cfunq 
autre  société.  Avec  1e  regain  des 
OPA,  cette  réglementation  maître 
ses  limites  puisqu’elle  défavorise  led 
actionnaires  minoritaires.  L’idée 
avancée,  mais  qui  ne  fait  pas  l’unau 
ni  mité,  serait  d’étendre  l’offre 
d’achat  sur  l’intégralité  du  capital 
pour  un  traitement  égalitaire  des 
porteurs  de  parts.  Ce  prqjet  risqud 
de  favoriser  les  investisseurs  étranj 
gers,  qui  ont  généralement  ded 
moyens  financiers  plus  importants 
que  les  Français.  , 

Ure  nos  informations  page  2$ 


La  préparation  du  sommet  de  Maastricht  et  les  séquelles  du 


Un  entretien  avec  le  président  à Conseil  européen  I Allemagne  : le  retour  à passé 


A dix  jours  du  sommet 
européen  de  Maastricht,  le 
chef  du  gouvernement  néer- 
landais, président  en  exercice 
du  Conseil  européen,  M.  Ruud 
Lubbers,  a rencontré  jeudi 
28  novembre  à Paris  M.  Fran- 
çois Mitterrand.  Il  souligne, 
dans  l'entretien  qu'il  nous  a 
accordé,  que  les  Douze 
devraient  adopter  à Maas- 
tricht un  programme  appelé  à 
évoluer  en  1997  en  fonction 
des  progrès  accomplis. 


« Quel  est.  selon  vous,  le 
minimum  à atteindre  pour  parler 
de  succès  à Maastricht? 

- Le  minimum  est  un  traité 
qui  marque  un  tournant  vers  une 
Europe  voulant  être  davantage 
qu'un  marché;  vers  une  Europe 
qui,  s'appuyant  sur  sa  puissance 
économique,  se  montre  prête  à 
prendre  ses  responsabilités  dans 
les  domaines  de  la  politique  et  de 
la  défense  et  à être  porteuse  d'un 
message  au-delà  de  son  territoire; 
vers  une  Europe  consciente  que 
les  questions  préoccupant  les 
citoyens,  tels  leurs  rapports  avec 
les  autorités,  l'immigration  ou  la 
politique  d’asile,  peuvent  rece- 


voir une  réponse  commune.  Telle 
est  l’architecture,  avec  comme 
point  matériel  et  symbolique,  la 
progression  vers  une  monnaie 
commune  et  sa  réalisation  en 
1997. 

- Ce  minimum  sera-t-il 
atteint ? 

- Mon  rôle  n’est  pas  de  faire 
des  calculs  de  probabilité.  Il  est 
«d'achever  le  boulot»  et,  pour  ce 
qui  concerne  les  Pays-Bas,  d’être 
le  brooker  de  l’Europe. 

Propos  recueils  par 
CHRISTIAN  CHARTIER 
Lire  te  suite  page  6 


par  Daniel  Vemet 

Pour  la  deuxième  fois  en  moins 
d’un  demi-siècle,  l’ Allemagne  est 
confrontée  à un  passé  qu’elle  pré- 
férerait oublier,  mais  qui  colle  à 
la  peau,  détermine  les  comporte- 
ments politiques,  brise  des  car- 
rières, jette  la  suspicion  sur  Les 
uns  ou  pousse  les  autres  à se  réfu- 
gier dans  une  lâche  irresponsabi- 
lité. Il  ne  s’agjt  pas  cette  fois  du 
national-socialisme,  comme  dans 
les  années  d’après-guerre,  mais  du 
communisme  dans  sa  variante 
prussienne.  Avec  la  réunification, 
seize  millions  d'Allemands  qui 


n’ont  connu  d'autre  régime  politi- 
que que  totalitaire,  pour  tes  pïnsj 
âgés  depuis  1933,  l’heure  ries! 
comptes  a sonné.  Même  si  pari 
certains  côtés  la  situation  est  radï-f 
calcment  différente,  ie  parallèle! 
avec  la  dénazification  vient 
immédiatement  à l’esprit.  j 

Le  plus  simple  aurait  été 
doute  de  passer  l'éponge,  par  ,u 
amnistie  générale  des  princir* 
responsables  politiques  de  l’an 
régime  de  l’ancienne  RDA.  [ 

Lke  h sotie  page  $ 
Lire  aussi  page  2 rentra tien 
avec  DANIEL  COHN-BENDIT  eà 
k point  de  me  d'ALFRED  G 


B 

m 


Le  colonel  Kadhafi  refusa  de  Rvrer  les  auteurs  présumés  de 
l’attentat  de  Locfcerble 

page  6 

Force  de  paix  en  Yougoslavie 

M.  Perez  de  Cuellar  veut  régler  rapidement  les  « détails 
techniques»  de  l'opération  _ 

page  o 


L'opposition  critique  vivement  le  projet  de  loi  d'indemnisa- 
tion des  personnes  contaminées 

page  12 


Le  chef  de  l’Etat  veut  «corriger  les  erreurs  de  parcours» 
commises  depuis  1982 

page  10 


POINT  

L’indépendance  de  l’Ukraine 

Les  52  mitions  d'habitants  de  l'Ukraine  doivent  se  pro- 
noncer, dimanche  1*  décembre,  pour  ou  contre  l'indépen- 
dance de  cette  République  ex-soviétique.  «S  HJRSSperd 
l'Ukraine,  affirmait  Lénine,  eiïe  perd  sa  t&te.  s 

page  8 

«Srr  k vif»  et  k sommaire  couplet  se  trooveot  page  32 


A nos  lecteurs 

Un  Incident  Inadmissfole  a perturbé,  jeudi, 
la  production  et  1a  distribution  du  Monde. 

A 13  h 17,  Iss  rotativistes  de  notre  impri- 
merie d'tvry  ont  cessé  le  travafl,  sur  mot 
d’ordre  de  leurs  délégués.  Sur  les  deux 
rotatives,  une  seule  a été  ultérieurement 
remise  en  marche.  La  motif  invoqué  : la 
présence,  parmi  le  personnel  de  l'atelier 
d'expédition  des  journaux,  d’une  femme 
n'ayant  pas.  selon  les  délégués,  la  forma- 
tion adéquate. 

Non  seulement  cette  personne  fiait  partie 
du  personnel  de  l’entreprise  de  façon  per- 
manente depuis  le  1-  novembre  1990  et 
travaille  régulièrement  à ce  posta,  mate  alla 
a 18  m?fTW  ÇuaWteation  pour  cane  tâche  que 
les  autres  membres  de  l'atefier  d'expédi- 
tion. 

Il  n'existe  évidemment  aucune  conven- 
tion; aucun  accord,  interdisant  è une  femme 
de  travoBer  dans  un  atelier  d' expédition  il 

tfun 005  h 

la  Bjerté  du  travail  fondé  sur  une  discrimina- 
tion sexiste. 

Nous  prions  nos  lecteurs  d'excuser  la 

gène  qui  leur  a été  causée  et  nous  tenons  à 

dénoncer  le  comportement  scandaleux  de 
ceux  qui  ont  provoqué  cet  incident. 

JACQUES  LESOURNE 


iiSé> 


2 Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991* 


DEBATS 


Allemagne 


Un  entretien  avec  Daniel  Cohn-Bendit  I L’unité  difficile 


«Je  suis  persuadé  qu'un  mouvement  d’extrême  droite  ne  pourra  pas 

nous  déclare  l’adjoint  au  maire  de  Francfort 


réussir  électoralement» 


par  Alfred  Grosser 


En  dépit  de  la  succession  d'inci- 
dents xénophobes  et  racistes  en 
Allemagne,  Daniel  Cohn-Bendit  ne 
croit  pas  à une  poussée  significa- 
tive de  l'extrême  droite  dans  son 
pays,  ni  sur  le  plan  politique  ni  sur 
le  terrain  électoral.  L'ancien  leader 
du  mouvement  de  1968.  aiqour- 
d'hui  adjoint  au  maire  de  Francfort 
chargé  des  relations  multicultu- 
relles. explique  son  relatif  opti- 
misme par  la  mobilisation  de  la 
société  civile  contre  le  phénomène 
d'exclusion. 

e Comment  expliquez-vous  la 
répétition  des  actions  violentes 
contre  les  immigrés  tant  dans  ta 
partie  occidentale  du  pays  que 
dans  l'ex-RDA? 

- C’est  partout  pareil  Les  popu- 
lations ne  veulent  pas  d'immigra- 
tion mais  il  y en  a une  tout  de 
même.  Tenant  compte  de  cette 
contradiction,  les  gouvernements 
n'ont  pas  le  courage  d'intégrer 
cette  donnée  qui,  dans  le  cas 
contraire,  les  mettrait  dans  l’obliga- 
tion de  promouvoir  une  véritable 
politique  d’insertion  sociale.  En 
Allemagne  aussi,  la  société  libérale 
crée  un  style  de  vie  qui  visiblement 
surchauffe  certaines  catégories 
sociales  - et  pas  seulement  les 
couches  les  plus  défavorisées,  - qui 
ne  savent  pas  bien  quel  angle  d’at- 
taque choisir  pour  surmonter  leurs 
difficultés. 

* Dans  l'ex-RDA,  c’est  autre 
chose.  Sa  population  a opté  massi- 
vement pour  le  mode  de  vie  de  la 
RFA  mais  pereonne  ne  lui  a expli- 
qué que  l'économie  de  marché 


était  une  culture  et  qu’il  fallait 
donc  du  temps  pour  s’y  adapter. 
Aujourd'hui,  les  Allemands  de  l’Est 
sont  déstabilisés,  et  à un  désespoir 
a succédé  un  autre  désespoir.  D est 
donc  né  un  sentiment  de  frustra- 
tion. D’ailleurs,  les  skin-heads  et 
les  hooligans  existaient  avant  la 
chute  du  mur  de  Berlin.  L’unifica- 
tion les  a persuadés  qu'ils  pou- 
vaient dire  ce  qu’ils  pensaient,  y 
compris  qu’ils  ne  voulaient  pas 
d’étrangers.  Et  pourtant,  la  partie 
orientale  du  pays  comptait  à la  fin 
de  1990  seulement  cent  trente-huit 
mille  travailleurs  étrangers  venus 
des  ex-«pays  frères»,  notamment 
du  Vietnam  et  du  Mozambique,  et 
que  le  régime  communiste  avait 
parqués  dans  des  ghettos. 

Vrais  et  faux 
réfugiés 

- Mais  qu'est-ce  qui  a déclen- 
ché le  processus  digressions 
physiques? 

- Sur  cette  toile  de  fond,  il  y a 
un  grand  débat  permanent  sur  les 
demandeurs  d’asile,  relayé  par  les 
grands  journaux  comme  la  Bild 
Zetiung,  qui  crée  une  atmosphère 
malsaine.  Nombre  d’Allemands 
font  la  différence  entre  les  vrais 
réfugiés  politiques  et  les  immigrés 
économiques  qui  viennent  dans 
leur  pays,  disent-ils,  pour  profiter 
de  ses  richesses  et  de  surcroît  se 
livrer  au  trafic  de  la  drogue.  Et 
bien  sûr  pour  cette  catégorie  de 
personnes,  ce  sont  tous  des  dealers 
et  donc  des  salopards.  11  eu  résulte 
une  dénaturation  morale  du  réfugié 
économique.  C’est  dans  ce  contexte 
qu’est  intervenue  l'affaire  de 

TRAIT  LIBRE 


Hoyerswerda  fl).  La  rue  avait 
gagné,  et  de  petits  groupes  de 
jeunes  - qu’ils  soient  plus  ou 
moins  nazillons  ou  supporters  de 
football  - en  ont  déduit  qu’ils  pou- 
vaient vider  leur  ville  des  immigrés 
en  attaquant  les  foyers  d’étrangers. 

- Cela  signifie-t-il  que 
l'extrême  droite,  voire  un  mou- 
vement néonazi,  est  en  train  de 
prendre  consistance  en  Alle- 
magne? 

- Non.  Je  suis  persuadé  que  len- 
tement mais  sûrement  la  mobilisa- 
tion de  la  société  allemande  va  être 
de  plus  en  plus  grande.  Les  mani- 
festations se  multipient  en  faveur 
de  la  protection  des  étrangers.  La 
télévision  a accepté  de  diffiiser  des 
dips  pour  dénoncer  les  agressions 
contre  les  immigrés.  Les  journaux, 
même  de  droite,  acceptent  d’insé- 
rer gratuitement  dans  leurs  éditions 
des  pages  de  publicité  pour  accom- 
pagner la  campagne. 

» Mais  ce  qui  est  important  et 
réconfortant,  c'est  la  réaction  du 
patronat  II  dit  notamment  que  le 
pays  a besoin  des  travailleurs 
étrangers  pour  conforter  la  prospé- 
rité. Si  l'Allemagne  ferme  ses  fron- 
tières, affirment  les  industriels,  le 
pays  comptera  une  population  de 
quarante-cinq  millions  d’habitants 
en  2040.  Ils  ajoutent  que  l’écono- 
mie a besoin  de  gens  dynamiques 
qui  font  peur  à une  sodété  alle- 
mande frileuse.  D’ailleurs,  l’hebdo- 
madaire W'irtschqftswoche  vient  de 
publier  une  enquête  qui  révèle  que 
te  travail  des  étrangers  laisse  un 
solde  net  positif  de  41  milliards  de 
deutsebemarks  par  an  au  pays, 
déduction  faite  du  coût  social  dû  à 
l'accueil  des  réfugiés. 


ri 


RÉDACTION  ET  SIÈGE. SOCIAL:  ADMINISTRATION:  , 

15,  RUE  FAL6U1ERE  1.  PLACE  HUBERT- BEUVE-MÉRY 

75501  PARIS  CEDEX  1 5 94852  1VRY-SUR-SE1NE  CEDEX 

Té».  : fl)  40-65-25-25  Té».  : fl)  40-65-25-25 

Télécopieur  : (1)  40-65-25-99  Télécopieur  : (1)  49-60-30-10 
Télex  : 206.806F  Télex:  261.311F 


Edité  par  la  SARL  le  Monde 
Dune  de  la  société  : 
cent  ans  à compter  du 
10  décembre  1944 
Capital  social  : 

620  000  F 

Principaux  associés  de  la  société  : 
Société  civile 

a Les  rédacteurs  du  Monde  ». 
a Association  Hubert- Beu vc-Méry  » 
Société  anonyme 
des  lecteurs  du  Monde 
Le  Monde-Entreprises. 

M.  Jacques  Lesourae,  gérant. 


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Françoise  Huguet-Devalkl.  directeur  général 
Philippe  Dupuis,  directeur  commercial 

15-17,  m do  Grioad-Ptarre-Avis 
75902  PARIS  CEDEX  15 
TéL  : fl)  46-62-72-72 
Télex  MONDPUB  634  128  F 
Tfittu  : 4M0-W-1J.  - Soaâé  aille 
* Il  SARL  If  Vmira  Je  Uédui  et  Rha  Eenjoe  SA 


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1 an  □ 


- La  position  des  patrons  alle- 
mands ne  tient-elle  qu'à  fa 
vision  de  leurs  intérêts  à moyen 
et  à long  terme  ? 

- H n’y  a pas  que  cela.  Je  crois 
qu'ils  sont  vraiment  indignés,  mais 
c’est  vrai,  qu’ils  ont  peur  que  la 
machine  dérape.  Ils  se  sentent  sur- 
tout responsables  du  développe- 
ment de  la  société  parce  qu’ils  crai- 
gnent que  la  xénophobie  latente  se 
transforme  en  racisme  agressif. 
Autrement  dit.  eux  aussi  ont  pris 
conscience  qu’on  ne  peut  pas  conti- 
nuer à débattre  de  cette  manière, 
c’est-à-dire  à susciter  des  réactions 
ignobles  même  si  seule  une  faible 
partie  de  la  population  est  récep- 
tive. Au  total  c’est  une  large  part 
de  la  société  civile  qui  se  mobilise.  | 

» Un  sondage  récent  fait 
apparaître  qu'avant  l’affaire  de 
Hoyerswerda,  les  Allemands  étaient 
44  % à considérer  comme  une 
bonne  chose  la  présence  des  immi- 
grés, et  60  % après  les  incidents. 
C’est  pourquoi  je  suis  persuadé 
qu’un  mouvement  d’extrême  droite 
en  Allemagne  ne  pourra  pas  réussir 
électoral emenL  La  majorité  silen- 
cieuse ne  se  tournera  pas  du  côté 
qu'elle  avait  choisi  dans  les 
années  30.  Les  extrémistes  alle- 
mands obtiendront  de  toute  façon 
des  résultats  inférieurs  de  moitié  & 
ce  que  peut  faire  le  Front  national 
en  France. 

L’Europe 

alibi 

- Reste  que  certains  hommes 
politiques  allemands  tiennent  un 
discours  qui  va  en  sens 
contraire? 

- Q ne  s'agit  que  de  quelques 
membres  de  la  CDU  qiii,  parce 
que  le  parti  éprouve  de  sérieuses 
difficultés  sur  de£ dossiers  cùinssè: 
la  réunification  et  l’avortement,  se 
cherchent  une  nouvelle  virginité  eu 
se  livrant  à des  opérations  démagon 
giques.  H est  significatif  que  le  gou- 
vernement Kohl  est  intéressé  par 
une  politique  européenne  de  l'im- 
migration compte  tenu  des  besoins 
de  l'économie,  il  est  vrai  également 
que  Bonn  cherche  à contourner  le 
problème  que  lui  pose  la  Constitu- 
tion, qui  prévoit  un  statut  unique 
au  monde  pour  les  réfugiés  politi- 
ques et  qui  demande  une  majorité 
des  deux  tiers  au  Parlement  pour 
pouvoir  l’aménager. 

» Comme  sur  d'autres  dossiers 
et  à l’instar  de  tous  les  autres  Etats 
membres  de  la  CEE,  F Allemagne 
veut  que  l'Europe  serve  d'alibi 
pour  résoudre  une  difficulté 
interne  à double  face  : réguler  le 
recrutement  de  la  main-d’œuvre 
venant  de  l’extérieur  de  la  Com- 
munauté et  rendre  moins  aisé 
l'asile  politique.» 

Propos  recueilBs  par 
MARCEL  SCOTTO 

(1)  NDLR  : A la  fia  de  septembre  der- 
nier, on  foyer  de  réfugiés  tziganes  avait 
été  «risqué,  dam  cette  petite  cité  i la 
frontière  polonaise,  à coups  de  cocktails 
Molotov,  sons  les  applaudissements  de  la 
fonte.  Pour  protéger  les  demandeurs 
d'asile,  les  antorités  de  la  Saxe  las 
avalent  déplacés  dans  ut  mire  ville. 


IL  ne  faut  pas  se  tromper  (Tin- 
quiétude.  Les  affreuses  vio- 
lences xénophobes  de  skin- 
heads vociférants  pèsent  moins  en 
termes  d’avenir  pélitiqüe  que  les 
succès  de  J5tg  Haider  à Vienne,  de 
Jean-Marie  Le  Pen  en  France  ou 
que  les  bras  tendus  de  Madrid.  Plus 
qu’à  une  résurgence,  elles  renvoient 
à la  situation  difficile  d’un  pays  mal~ 
réunifié,  en  dut  de  malaise  parce 
qu’il  lui  faut  trouver  un  élan  soli- 
daire en  l’absence  précisément  .de 
toute  exaltation  nationale. 

Comme  était,  comme  demeure 
mal  ciblée  l'inquiétude  devant  ie 
surcroît  de  puissance  qu'entraînerait 
inévitablement  l’imité.  Certes,  des 
signes  de  reprise  existent  dans  P an- 
cienne RDA,  mais  il  faudra  du 
temps  pour  reconstituer  un  tissu 
social,  pour  reconstruire  une  écono- 
mie an  moment  où  l'effondrement 
d'une  sodété  n’est  pas  encore  ter- 
miné. Et  pour  convaincre  que  ta 
taille,  que  le  poids  d’une  Allemagne 
augmentée-  devrait  lui  interdire  de 
se  replier  sur  .son  propre  développe- 
ment La  xénophobie  est  l’une  des 
expressions  du  refus  du  partage. 

En  fait  le  premier,  le  plus  Urgent 
des  partages  est  en  cours.  En  dépit 
des  promesses  démagogiques  de  la 
campagne  électorale  de  1990,  les 
transferts  de  l’ancienne  République 
fédérale  prospère  vers  la  partie  de 
l’Allemagne  qui  n'a  pas  eu  la 
chance  de  vivre  dans  la  liberté  et  la 
prospérité  sont  de  plus  en  plus  mas- 
sifs. Mais  Us  ne  sont  que  médiocre- 
ment perçus  à l’Est  Pour  des  rai- 
sons psychologiques  et  morales 
autant  qu’économiques  et  sociales. 

attentes  étaient  sans  doute 
excessives  voici  deux  ans,  mais  bien 
des  déceptions  sont  justifiées.  Face 
en  particulier  à f absence  de  com- 
préhension et  de  respect  de_  tant  de 
compatriotes  de  FOuest,  dirigeants 
politiques  et  économiques  compris. 
Berlin,  capitale  et  siège  du  gouver- 
nement et  du  Parlement,  a valeur 
de  symbole  positif.  Bonn  incarnait 
bien  la  démocratie  libérale,  mais 
aussL  au  Jri  ^Jes  mqjs,  nîn&ompré- 
hensîoit,  la  inorgoê,  fferfois  le 
mépris.  'A  Berlin,  les  : gouvernants 
vivront  an  cœur  dés  problèmes:  dé 
F unité  inachevée,  même  «'de  nou- 
velles craintes  surgissent  de  voir  tes 
investissements  urbains  concentrés 
sur  la  capitale  à transformer,  et  le 
développement  réservé  autour  de  la 
ville  à une  sorte  d’Lle-de-France 
allemande.  ._ 

Pèse  aussi,  de  plus  en  plus  lour- 
dement, le  poids  du  passé:  Du  dou- 
ble passé.  La  session  de  réflexion 
qui  orient  de  se  tenir  à Weimar- 
Buchenwald  est  caractéristique  à cet 
égard.  Le  camp  a servi  après  1945 
de  brutal,  humiliant  dégradant  cen- 
tre d'internement  soviétique.  Parmi 
te  milliers  d’internés  antihitlériens 
allemands  d’avant  1945  (et  d’avant 
l’arrivée  des  premiers  déportés 
étrangers™),  il  y avait  eu  nombre  de 
communistes.  Le  message  à faire 
passer  aujourd'hui  aux'  jeunes  n’est 
pas  simple  : Fanti fascisme  était 
devenu  le  slogan,  la  justification 
d*ira  autre  totalitarisme,  mais  il  fàuf 
comprendre  la  nécessité  maintenue 
d'un  anti nazisme  militant 

Et  comme  dans  la  France  de 
1945,  comme  dans  l’ Allemagne  de 
la  dénazification,  se  pose  le  pro- 
blème de  l'épuration,  même  si  le 
mot  est  soigneusement  évité.  .Quel- 
ques grands  du  régime  vendent  à 
prix  d’or  des  Mémoires  fortement 
romancés,  pendant  que  d’excellents 
administrateurs  locaux  sont  chassés 
comme  rote  Socken^  comme 


Témoignage 


-«chaussettes  rouges»  qui  ont  servi 
le  régime  ou,  plus  exactement,  dtu 
System-  H est  vrai  que  d’autres  ont 
dénoncé  et  parfois  directement 
réprimé  toute  velléité  de  liberté 
d’expression  et  de  comportement. 
Qui  a été  sincère,  qui  a maintenant 
les  yeux  ouverts,  qui  a été  opportu- 
niste hier,  qui  Test  aujourd’hui,  qui 
a joué  double  jeu,  qui  est  récupéra- 
ble, qui  ne  Test  pas  ? Les  questions 
sont  faciles  à poser.  Les  réponses  ne 
peuvent  être  claires.  Incertitudes, 
frustrations,  et  injustices  sont  inévi- 
tables. 

Y compris  pour  te  réparations  et 
restitutions  dues  aux  victimes. 
Comment  ne  pas  faire  de  nouvelles 
victimes  ?.  Voici  un  couple  de 
catholiques  militants.  Comme  nom- 
bre de  protestants,  ils  ont  su  épar- 
gner à feras  enfants  l’emprise  du 
système.  Ils  ont  eu  des  tas  d'ennuis 
professionnels  et  privés  comme  sus- 
pects, mais  ils  vivaient  décemment. 
Aujourd'hui,  ils  sont  tous  deux 
chômeurs  et  menacés  d’expulsion 
de  te  maison  qn’ifs  louent  depuis 
trente  ans  : le  propriétaire  de  1945 
vent  recouvrer  son  bien  confisqué 
par  l’Etat  après  son  passage  immé- 
diat à TQuesL  Par  crainte  du  com- 
munisme ou  par  peur  d’être  sanc- 
tionné pour  sa  participation  à 
L’hitlérisme  ? Comment  trancher  ? 
Comment  de  toute  façon  restituer 
sans  injustice  pour  les  locataires  ou 
propriétaires  <fc' bonne  fol  ? 

Le  marché 
ne  suffit  pas 

Le  chômage  s’étend.  En  partie  à 
cause  de  la  rationalisation  de  l'éco- 
nomie. foi  partie  parce  que  bien  des 
grandes  entreprises  de  FOuest  préfè- 
rent partir  de  zéro  : c’est  plus  facile 
que  de  transformer  ce  qili  est  pour- 
tant, encore  en.  état  de  marche.  Une 
partie  du  nouveau  développement 
aprorcé.çrée  vr^Imejl  ,t  Içs  bases 
d’une,  économie HSntL  'Une  autre 
partie,  correspond  à.Tesbroufe-de 
ÇBpitS^.d^ustiÿî  conquérants  à 
bon  compte.,  A Bonn  cependant,  1e 
gouvernement  a compris  son  erreur 
idéologique  de  Tan  .dernier.  Non, 
les  forces  spontanées  du  marché  ne 
suffisent  .pas.  Pour  la  protection  des 
plus.fofofes,  pour,  la  formation  à 
-tous  les  niveaux,  depuis- les  appren- 
tis jusqu'aux  juges  et  aux  hauts 
fonctionnaires,  pour  restructurer 
économie  et  société,  il  faut  légiférer, 
B faut  gouverner,  il  faut  prendre 
conscience  de  la  grandeur  et  des 
exigences  du  politique  qui  est  la 
façon  dont  une  collectivité  cherche 
à maîtriser  son  avenir. 

Ce  qui  se  passe  dans  te  «nou- 
veaux Lânder»  n'est  pas  une  affaire 
purement  allemande.  Si  l’unité  éco- 
nomique, sociale,  psychologique, 
culturelle  se  fait,  lies  pays  plus  à 
l’Est,  comme  la  Pologne  ou  ta  Hon- 
grie, peuvent  avoir  espoir  de  réussir 
leur  « occidentalisation  ».  Si  la  crise 
s’accentuait,  ri,  malgré  la  richesse 
de  la  République  fédérale  ancienne, 
malgré  le  soutien  de  la  Commu- 
nauté européenne,  le  redressement 
n’était  pas  rapide,  il  n'y  aurait  plus 
qu’à  désespérer  à Varsovie,  à Buda- 
pest, à Prague:  L’inquiétude  qu’il 
est  légitime  .d’éprouver  quand  on 
observe. os  qui  se  passe  en  Alle- 
magne dé  l'Est,  c’est  surtout  là' 
qo’elle.  se  .situe:  . 


Olivier  Rabut,  la  constance  créatrice 


Veuille:  avoir  l'obligeance  J linrc  fou  1rs  noms  propres  en  capitales  J'imprimene. 


OLIVIER  RABUT,  qui  vient  de 
disparaître,  est  un  des 
penseurs  les  plus  origi- 
naux de  l'époque.  Il  est  de  la 
grande  race,  la  race  d’Emmanuet 
Levinas  et  de  Paul  Rlcoeur.  Son 
dernier  ouvrage,  /'Après - 
Croyance,  paru  en  1990  aux  édi- 
tions du  Cerf,  est  court  et  dense. 
11  apportera  des  lueurs  précieuses 
è ceux,  si  nombreux  aujourd'hui, 
qui  sont  en  proie  à l'incertitude, 
au  doute,  au  désarroi. 

Dès  le  début,  l'auteur  affiche 
ses  couleurs  : « Le  mouvement 
chrétien,  écrit-il,  semble  n'avoir 
pris  conscience  qu'assez  tardive- 
ment d'une  vérité  capitale  : fa 
consistance  de  la  créature,  a/ors 
que  le  néant  de  la  créature  a été 
longtemps  le  thème  principal.  Les 
conséquences  en  sont  incom- 
mensurables. » 

Cette  consistance  de  la  créa- 
ture signifie  qu'il  existe,  pour  cha- 
que être,  une  loi  de  sa  croissance 


propre.  Ole  reste  longtemps  obs- 
cure, prés  s’éclaire  et  finit  par 
orienter  l'existence  entière,  à la 
condition,  bien  sûr.  d'opter,  déli- 
bérément pour  b fidélité  è cette 
exigence  fondamentale. 

Mais  comment  déterminer 
cette  exigence  fondamentale  ? 
Les  Blusions  du  moi  et  du  sur- 
moi,  la  pression,  sociale,  les 
crises  d’identité,  tout  concourt  & 
rendre  fort  difficile  l’élucidation 
indispensable.  L’auteur  pense  que 
l’exigence  fondamentale  peut  être 
définie  par  la  convergence  de 
trois  termes  qu'il  désigne  ainsi  : 

- L' exigence  personnelle,  teQa 
que  je  puis  ta  comprendre,  à 
force  de  probité,  d’attention  à 
l'expérience  et  de  fidélité. 

- L’appel  de  l’Evangile,  lui 
aussi  objectivement  que  possible. 

- La  sagesse  des  saints  oo 


sages -de  l'histoire,  chrétiens  au 
non-  : , 

Ce  que  propose  Olivier  Rabut, 
et  il  Je  fait  avec  une  complète 
ouverture  d'esprit,  c'est  que  tout' 
être  , humain  soit  * Appelé  A déve- 
lopper le  rrwSlQw  defui-mëme  en 
' accueétant  le  meilleur  du  réel». 
Cé  message  est- à . la  fois  opti- 
miste et  réaliste.  M pessimiste,  ni 
idyflique,  il  est.  un  défi  è toutes 
les  bonnes  volontés  désireuses 
de  dépassement.  Olivier  Rebut 
insiste  sur  la  nécessité  de  la  fidé- 
lité dans  cette  recherche  du’ 
dépassement.  Il  rejoint  ainsi  ma 
marotte  personnelle  : c'est  par  la 
constance,  grâce  è*  la  constance, 
qu'advient  la  croissance.  La. 
constance  créatrice,  qui  invente 
pour  durer,  est  le  soleil  de  f es- 
prit. 

Jacques  de  Bourbon  Bussst 
de  l'Académie  française. 


J . m* 

U'  \ 

'enioi  d 


: Paris  acte; 
te  ioiur  de 


••  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  3 


TOGO  : menacé  par  l’armée 


« '. 

V ■■■£ 


ww  : menace  par  i armée 

Le  premier  ministre  a demandé 
l’envoi  d’«  urgence  » de  troupes  françaises 

je  premier  ministre  togolais.  Français  qui  se  trouvent  au  Pya,  à 600  kilomètres  au  nord  de  quart  de  siècle,  le  général  a’ 
.Intnnh  Unir m,  Unf  fSnnh  Togo  (—1  et  le  DrtKsssus  démocrati - Lomé.  Avant  ressent  la  canitale  acceitté  le  orincioe  d'une  coi 


*f«'J 


le  premier  ministre 
M.  Joseph  Kokou  Koffigoh. 
encerclé  depuis  jeudi  28  novem- 
bre au  siège  du  gouvernement  à 
Lomé  par  des  forces  militaires,  a 
demandé  l'envoi  A' s urgence» 
de  troupes  mîDtaires  françaises 
pour  l'aider  #é  rétablir  l'ordre ». 

Les  militaires,  qui  n'avaient 
jamais  accepté  la  mise  en  place 
d'institutions  démocratiques  de 
. transition,  fin  août,  au  tenue,  d'une 
conférence  nationale,  ont  proclamé 
le  renversement  de  ce s institutions 
et  la  démission  .du  gouvernement 
de  M Koffigoh.  Vendredi  matin, 
ÎH  ont  lance  un  ultimatum  aux 
principaux  responsables  de  «la 
transition»  en  exigeant  qu’ils  se 
présentent  « dans  les  quarante-huit 
heures»  au  quartier  général  des 
forces  années  à Lomé.  . . 

Des  militaires  de  province  se 
sont  ralliés  vendredi  aux  put- 
schistes. Se  qualifiant  de  «démo- 
crates», et  déclarant  appartenir  aux 
garnisons  de  Dapaong  - à 700  kilo- 
mètres au  nord  de  Lomé  - et  Kant 
- 500  kilomètres  au  nord,  - ces 
unités  ont  apporté  leur  « soutien 
sans  réserve»  aux  actions  menées 
par  leors  « camarades  de.  Lomé  et 
d’Atàkpàrni  ville  située  i 
175  kilomètres  au  nord  de  là  capi- 
tale, - selon  un  communiqué  dï£ 
fusé  par  la  radio. 

«Excellence,  Nous  avons  besoin 
d'urgence  de  la  présence  des  forces 
armées  françaises  dans  la  cadre  des 
accords  de  coopération  qui  lient  nos 
deux  pays»,  a écrit  jeudi  M.  Koffi- 
goh  dans  une  lettre  manuscrite 
adressée  au  président  Mitterrand, 
par  l’entremise  de  l'ambassadeur 
de  France  à Lomé,  M.  Bruno 
Délayé.  Cdui-ci,  nous  signale  notre 
correspondant  Jean-Kan  m Fait,  a 
passé  tout  F après-midi  aux  cotés 
du  premier  ministre  assiégé. 
M.  Koffigoh  assigne  deux  missions 
aux  militaires  français,  .en  cas  de 
réponse- positive 'da  président  Mit-' 
terrand  : « assister  mon  gouverne- 
ment dam  le  rétablissement  de  l’or- 
dre  * et'  «protéger  lès  étrangers  ».  ” 

La  France,  qui,  jeudi,  avait 
« condamné  le  coup  de  force»  et 
avait  déclaré  suivre  la  situation 
« avec  la  plus  extrême  vigilance»,  a 
annoncé  vendredi  qu’dte  avait  pris 
«toutes  les  dispositions  pour  assurer 
aux  ressortissants  français  la  sécu- 
rité nécessaire»,  Les  dispositions 
prises  «concernent  la  sécurité  des 


Français  qui  se  trouvent  au 
Togo  (...)  et  le  processus  démocrati- 
que», & déclaré  le  porte-parole  du 
Quai  d’Orsay,  ML  Daniel  Bernard 
sans  donner  plus  de  précisions. 

Troisième  putsch 
m deux  mob 

L’appel  au  secours  du  premier 
ministre  togolais  a été  lancé  à l’is- 
sue d’une  journée  particulièrement 
meurtrière.  Au  moins  dix-neuf  per- 
sonnes ont  été  tuées  par  balles 
jeudi.  Les  putschistes  ont  donc 
prouvé  leur  détermination.  Ils  ont 
instauré  un  couvre-Jeu  de 
18  heures  à 5 heures. 

Le  rôle  du  président  dans  ce 
coup  d’Etat  reste  mal  défini.  Au 
moment  du  putsch,  le  général  se 
trouvait  dans  son  village  natal  de 


Pya,  à 600  kilomètres  au  nord  de 
Lomé.  Ayant  regagné  la  capitale 
dans  la  journée,  il  aurait  eu  des 
contacts  réguliers  avec  le  premier 
ministre,  par  l’intermédiaire 
d’émissaires,  selon  une  source  togo- 
laise informée.  La  radio  a annoncé 
vendredi  que  le  chef  de  l’Etat  ren- 
contrerait les  putschistes  - lesquels 
n’étaient  toujours  pas  identifiés  - 
rfaiw  la  matinée. 

Depuis  le  début  de  leur  «coup», 
les  militaires  réclament  du  général 
Eyadema  qn’Q  nomme  «au  plus 
tôt  » un  « homme  efficace  pour  for- 
mer un  gouvernement  où  tous  les 
partis  seraient  représentés».  Selon 
eux,  le  chef  de  l’Etat  a laissé 
« déraper  te  processus  de  démocra- 
tisation» mis  en  place  au  Togo  par 
la  conférence  nationale  réunie  l’été 
dernier.  Au  pouvoir  depuis  un 


57  ethnies  et  4 religions 


La  Togo  couvre  une  superficie 
de  56  785  kilomètres  carnés,  où 
vivant  3,5  miffians  d'habitants, 
principalement  dans  tes  villes 
de  Lomé  (capitale  du  pays/, 
Sokodé,  Atakpamé,  Lama-Kara 
et  fCpafimé.  Le  français  est  la 
langue  officielle  de  ce  pays 
composé  de  37  groupes  ethni- 
ques, dont  les  plus  importants 
sont  les  Ewe,  les  Kebyé  et  les 
Mina,  Las  Togolais  sont  ani- 
mistes i 50  96,  catholiques  à 
26  %,  musulmans  à 15  % et 
protestants  (9  %).  Le  Togo  est 
devenu  un  protectorat  aBemand 
en  1894.  Après  avoir  été 
occupé  par  les  troupes  fran- 
çaises et  anglaises  en  1914,  ce 
pays  a vécu  sous  mandat  fran- 
çais, avant  d'obtenir  son  indé- 
pendance, le  27  avril  1960.  Son 
premier  président,  Sylvanus 
Otympio  (1960-1963)  a été  tué 
lors  d'un  coup  d'Etat  et  le 
demdème,  Nicofai  Gnmrtzky,  a 
été  renversé  en  1967.  Le  géné- 
ral Gnassingbê  Eyadéma  est  au 
pouvoir  dapwsxpetta  date. / Le 
Togo,  qui  produit  surtout  du 
manioc,  du  maïs  et  dès  phos- 
phates, a un  PNB  par  habitant 
de  370  dollars  et  une  dette 
extérieure  de  265,7  milliards  de 
francs  CFA  ( environ  5.3  mil- 
liards de  francs ).  Ses  forces 
armées  comprennent 
5 800  homme  s,  dont  4 000 
dans  l'armée  de  terra. 


DJIBOUTI  : la  mise  en  application  des  accords  de  défense 

Paris  accepte  de  déployer  des  troupes 
le  long  de  la  frontière  avec  l’Ethiopie 


la  France  a.  répondu  favorablement  au  prési- 
dent Hassan 'Gouled  Aptidon  qui  lui  avait 
demandé,  la  semaine  dernière,  l'application  des 
accords  de. défense  liant  les  deux  pays,  a 
annoncé,  vendredi  29  novembre,  à Paris,  le  minis- 
tère de  la  défense.  Cet  accord  de  principe,  dont 


les  modalités  d'application  restent  à préciser, 
devrait  être  suivi,  dans  les  jours  à venir,  «par  le 
positionnement  de  militaires  français » - probable- 
ment des  légionnaires  - le  long  de  la  frontière 
entre  Djibouti  et  l'Ethiopie. 


Paris  avait,  en  effet,  conclu  avec 
Djibouti,  en  juin  1977,  une  série 
d’accords  en  matière  de  sécurité, 
qui  ocuoient  à la  France  un  point 
d’appui  militaire  permanent  où  elle 
entretient  on  contingent  interar- 
mées de  quelque  3 850  hommes  et 
qu’elle  peut  renforcer  pour  venir 
au  secours  de  la  petite  république 
dans  l’éventualité  d’une  agression 
extérieure. 

Les  forces  djibouti enn es  comp- 
tent quelque  4 ISO  hommes  et  sont 
en  majorité  équipées  par  Paris. 


Quant  à la  garnison  française,  eDe 
a été  renforcée  de  moins  d’un  mil- 
lier d’hommes,  au  printemps,  à 
l'occasion  des  opérations  «Godo- 
ria»  et  «Totem»  qui  ont  notam- 
ment consisté  à endiguer  un  afflux 
de  quelque  40  000  réfugiés  civils  et 
militaires  venus  d’Ethiopie,  où 
sévissait  la  guerre  civile. 

Pour  justifier  sa  demande  & la 
France,  le  président  Gouled  avait 
donc  affirmé  que  les  maquisards 
afars,  qui  opèrent  dans  le  nord  du 
pays,  sont  des  « éléments  ètran- 


ZAÏRE 


Une  partie  de  l'opposition 
est  exclue  du  nouveau  gouvernement 


En  obtenant  trois  ministères,  dont 
celai  du  budget,  le  Mouvement 
populaire  de  la  révolution  (MPR, 
ancien  parti  unique  du  président 
Mobutu)  fait  un  retour  en  force 
dans  le  gouvernement  constitué 
jeudi  28  novembre  par  M.  Nguz 
Karl  I bond.  D’autant  que  les  Farces 
démocratiques  unies,  FDU,  ic, grou- 
pement de  partis  qui  soutiennent 
également  le  chef  de  l’Etat,  se  sont 
vu  octroyer  huit  postes  ministériels, 
dont  ceux  du  domaine  «réservé»: 
riéfeme  et  sécurité,  relations  , exté- 
rieur et  coopération  internationale. 
La  tendance  radicale  de  l’Union 


V. 


sacrée  - coalition  des. partis  d'oppo- 
sition, - menée  par  Péphémère  pre- 
mier ministre  Etienne  Tshisekedi, 
n’a  obtenu  aucun  portefeuille.  Dix 
ministères  reviennent  néanmoins  au 
reste  de  l'opposition. 

D’antre  part,  le  président  de  la 
Ligue  zaïroise  des  droits  de 
l'homme,  M.  Buana  Kabue,  a lancé 
jeudi  on  «appel  ait  secours»,  le  mois 
de  décembre  risquant,  selon  lui, 
«d’être  celui  de  l’effondrement  total 
du  Zaïre».  B affirme  que  crie  danger 
d'un  génocide  (-)  perpétré  par  les 
troupes  fidèles  m maréchal  Mobutu 
Sese  Seko  est  bien  réri».  — (AFP.) 


i 


gers »,  venus  d’Ethiopie.  Le  Front 
de  restauration  de  Funité  et  de  la 
démocratie  (FRUD)  a toujours, 
quant  à lai,  déclaré  que  ses 
hommes  sont  des  Afars  de  Dji- 
bouti. Ainsi,  son  président, 
M.  Mohamed  Adoyata  Youssouf, 
né  près  d’Obock,  a travaillé,  jus- 
qu’en 1977,  date  de  l'accession  au 
pouvoir  du  président  Gouled,  à la 
régie  des  eaux  dé  Djibouti-. Ville  où 
résident  son  épouse  et  ses  quatre 
enfants. 

L’annonce  du  déploiement  des 
forces  françaises  survient  au  lende- 
main d’une  nouvelle  visite,  sur 
place,  de  M.  Paul  Dijoud,  directeur 
des  affaires  africaines  et  malgaches 
au  Quai  d’Orsay,  qui  a rencontré 
les  différentes  parties  prenantes  à 
la  crise  djiboutienne.  M.  Gouled 
avait  annoncé,  mercredi,  qu’il  était 
prêt  à «consulter»  la  population, 
par  référendum,  sur  « les  change- 
ments à apporter  dans  le  domaine 
politique».  Quant  aux  rebelles  du 
FRUD,  ils  avaient  décidé  d’obser- 
ver un  cessez-le-feu  de  sept  jours 
« eri  signe  de  bonne  volonté». 

Par  ailleurs,  on  conseil  extraor- 
dinaire des  ministres  a décidé, 
jeudi,  de  lever,  à partir  de  1992, 
une  « contribution  patriotique»  de 
10  % sur  les  salaires  et  les  traite- 
ments, a annoncé  la  télévision 
nationale.  Cette  taxe  servira  à 
financer,  en  matériel  et  en  person- 
nel. l’effort  de  guerre  contre  la  gué- 
rilla afar.  - (AFP.) 


quart  de  siècle,  le  général  avait 
accepté  le  principe  d’une  confé- 
rence nationale  à la  mi-juin,  après 
quarante-huit  heures  de  scènes 
d’émeutes.  Au  terme  de  cette 
conférence,  qui  a eu  lieu  du  8 juil- 
let au  28  août,  le  chef  de  l’Etat 
avait  perdu  l’essentiel  de  scs  pré- 
rogatives. 

* Perdus  pour  perdus,  on  réglera 
nos  comptes»,  déclaraient  fréquem- 
ment, depuis  le  mois  de  juin,  les 
officiers,  à La  tête  de  douze  mille 
hommes  bien  entraînés  et,  de 
surcroît,  pratiquement  tous  origi- 
naires de  l’ethnie  kabyé,  celle  du 
président.  Par  deux  fois,  les  1*  et 
8 octobre,  des  militaires  avaient 
déjà  tenté  un  putsch.  En  ces  deux 
occasions,  le  général  Eyadema  leur 
avait  lancé  un  appel  afin  qu’ils 
rejoignent  leurs  casernes. 

Hier,  ils  n’ont  â aucun  motnenr 
relâché  leur  pression.  Outre  La  pri- 
ma tu  re  - le  siège  du  gouvernement 
où  est  retranché  le  premier  minis- 
tre, - et  les  locaux  de  la  radio  et  de 
la  télévision.  Ils  ont  encercle  la 
poste  centrale,  où  les  communica- 
tions téléphoniques  avec  l’extérieur 
ont  été  coupées.  Par  l’intermédiaire 
de  la  radio,  les  putschistes  ont 
accentué  leur  pression,  notamment 
psychologique,  sur  la  population 
en  multipliant  les  communiqués, 
tel  celui-ci  : «Les  FAT,  les  Forces 
armées  togolaises,  demandent  une 
fois  de  pou  au  chef  de  l’Etat  de 
nommer  un  homme  efficace,  défor- 
mer un  nouveau  gouvernement , 
sinon  toute  la  ville  deviendra  de  la 
cendre.» 

Terrés  chez  eux,  les  habitants  de 
Lomé,  pourtant  prompts  â réagir  - 
Os  l’ont  prouvé  â plusieurs  reprises 
au  cours  des  six  derniers  mois,  - 
semblent  tétanisés.  Les  rues  sont 
quasiment  désertes,  la  circulation 
automobile  très  réduite.  Néan- 
moins, un  tract  circulait  vendredi 
dans  la  capitale,  selon  lequel  douze 
partis  politiques  ont  appelé  le 
«peuple  togolais»  â une  « grève 
illimitée » 


de  force. 


pour  faire  échec  au  coup 


- fLa  France  a signé,  le  10  juillet  1963, 
an  accord  de  défaut  arec  le  Togo.  Sept 
autres  pays  africains  oui  couda  un  traité 
du  reèuie  type  (le  Monde  daté 
24-25  novembre)  avec  l'Etat  français. 
L’accord  qui  lie  la  Franc*  et  le  Togo  n'a 
jaunis  été  pnfcBé  au  Journal  offïàeL  On 
croit  toutefois  savoir  qu’il  prévoit  - ce  qui 
ne  serait  pas  le  cas  des  astres  accords  - 
la  possibilité  «Tune  aide  udfiture  française 
non  sealeuieat  dans  f éventualité  de  pro- 
blèmes avec  l'extérieur,  mais  aussi  à l'as- 
térie nr  du  territoire  togolais.] 


SOUDAN 

Le  colonel  Garang 
et  les  dissidents 
ont  conclu  un  accord 
de  cesser-le-feu 

Réunis  A Nairobi  à rinitiaiive  de 
r Eglise  kenyane,  les  représentants  de 
FAPLS  du  colonel  Garang  et  de  la 
dissidence  conduite  par  les  comman- 
dants Lam  Akol  et  Ryak  Maccar  ont 
conclu,  mardi  26  novembre,  un 
accord  pour  l'arrêt  des  combats  dans 
la  région  de  Bor  ( le  Monde  du 
28  novembre). 

Le  cessez-le-feu  devait  entrer  eu 
vigueur  jeudi  matin,  mais  rien  pour 
l’instant,  malgré  les  déclarations  opti- 
mistes des  porte-parole  officiels  des 
deux  groupes,  ne  permet  d’affirmer 
qu’il  est  effectif  A Nasstr,  le  quartier 
général  de  la  dissidence,  on  a déclaré 
attendre  de  Ere  le  texte  de  raccord 
de  cessez-le-feu  pour  donner  des  ins- 
tructions en  vue  de  l’arrêt  des  hostili- 
tés. 

Dans  les  milieux  proches  de 
PAPLS  au  Caire  comme  A Londres, 
on  se  montre  peu  optimiste  sur  l’is- 
sue des  négociations  qui  se  poursui- 
vent toujoure  à Nairobi  entre  les  par- 
tisans du  colbnel  Garang  et  les 
dissidents.  Ou  affirme  que  la  collabo- 
ration entre  ces  derniers  et  les  forces 
gouvernementales  est  allée  trop  loin 
pour  qu'on  puisse  envisager  raisonna- 
blement un  règlement  durable  des 
divergences  qui  les  divisent 

□ BURUNDI:  le  chargé  d'affaires 
du  Rwanda  a été  prié  de  quitter  le 
pays.  - Le  chargé  d'affaires  de  fam- 
bassade  du  Rwanda  i Bujumbura  a 
été  déclaré  persana  non  grata  et  prié 
de  quitter  le  Burundi  dans  les  plus 
brefs  dcl8is,  a-t-on  appris  jeudi 
28  novembre  de  source  bien  infor- 
mée dans  la  capitale  burundaise. 
Cette  expulsion  survient  après  les 
troubles  entre  l’armée  burundaise  et 
des  «terroristes  mots  Je  l'extérieur» 
{le  Monde  du  28  novembre),  qui  ont 
fait  an  moins  120  morts  en  fin  de 
semaine  dernière,  selon  un  nouveau 
bilan  annoncé  par  la  radia  - (AFP.) 


AFRIQUE  DU  SUD  : alors  que  l’extrême  droite  blanche 
remporte  une  élection  partielle 

La  grande  négociation 
sur  la  More  Constitution  va  commencer 


Alors  que  la  majeure  partie 
des  forces  politiques  sud-afri- 
caines se  réunissent  pour  prépa- 
rer la  grande  conférence  sur 
l'élaboration  d'une  nouvelle 
Constitution  reconnaissant  les 
droits  de  la  majorité  mire,  1e 
parti  du  président  De  Klerk  a 
subi  une  cuisante  défaite,  jeudi 
28  novembre,  lors  de  l'élection 
partielle  de  Virginia  (province  de 
l'Etat  libre  d'orange).  Le  candi- 
dat du  Parti  conservateur  (CP), 
extrême  droite  blanche  qui 
rejette  les  négociations  constitu- 
tionnels es,  a été  éiu  avec  62% 
des  suffrages.  Les  sept  précé- 
dentes élections  partielles  ont 
toutes  été  marquées  par  une 
forte  poussée  du  CP,  mais  cette 
formation  n'était  pas  encore 
parvenue  à ravir  un  siège  au 
parti  au  pouvoir. 

JOHANNESBURG 
de  notre  correspondant 

Une  vingtaine  de  partis  et 
irisations  politiques  devaient  se 
’nir  dans  un  hôtel  proche  de  l'aéro- 
port international  de  Johannesburg, 
vendredi  29  novembre,  pour 
débroussailler  le  terrain  avant  la  pre- 
mière conférence  multipartite  de 
l'histoire  sud-africaine,  qui  doit  se 
tenir  les  20  et  21  décembre.  Les  prin- 
cipaux acteurs  politiques  sont  pré- 
sents, à l’exception  de  l'extrême 
droite  blanche  et  de  Textréme  gauche 
noire:  d'un  côté,  le  Parti  conserva- 
teur du  pasteur  Andries  Treurnicht, 
le  Herctigte  Nasionale  Paxty  (HNP), 
l’Afrikaner  Weerstansbewegiug 
(AWB)  de  ML  Eugène  Terrcblancbe 
et,  de  l’autre,  l’Organisation  du  peu- 
ple (TAzanie  (AZAPO)  ont  déridé  de 
rester  sur  la  touche. 

Cependant,  la  représentativité  de 
ceux  qui  se  retrouvent  autour  de  la 
table  couvre  un  si  large  spectre  qu'il 
n’est  pas  exclu  que  les  retardataires 
puissent  prendre  le  train  en  marche 
dans  les  semaines  ou  les  mois  qui 
viennent.  Car  c’est  bien  de  cria  qu’il 
s’agit  : cette  réunion  préparatoire  est 
le  coup  d’envoi  des  négociations  qui 
décideront  de  l'avenir  du  pays  que  le 
gouvernement  de  Frederik  De  Klerk 


et  le  Congrès  national  africain  (ANC) 
de  M.  Nelson  Mandela  veulent 
« démocratique  et  non  rodai  ». 

Mais  le  processus  sera  long.  Les 
participants  le  savent  qui  doivent, 
d'un  coté  comme  de  l’autre,  compter 
avec  des  bases  sociales  impatientes 
ou  inquiètes.  Cette  réunion  prépara- 
toire ne  prendra  aucune  décision 
concernant  directement  l'avenir  du 
pays.  Elle  restera  éminemment 
technique  et  devra  surtout  dérider  de 
l’endroit  où  la  Conférence  du 
20  décembre  se  tiendra,  par  qui  elle 
sera  convoquée,  qui  y participera  de 
droit,  et  si  les  décisions  seront  adop- 
tées par  consensus,  à la  majorité  sim- 
ple ou  qualifiée.  Autant  de  détails 
qui,  en  fait,  sont  d'une  importance 
capitale.  Car  l’ unanimité  ne  règne 
pas.  La  communauté  blanche  est 
divisée:  La  communauté  noire  aussi. 
Le  Congrès  panafricain  (PAC),  par 
exemple,  continue  d’exiger  que  la 
Conférence  soit  organisée  en  terrain 
neutre,  à l’étranger.  Finalement,  ce 
sont  les  deux  adversaires  d’hier,  le 
gouvernement  issu  du  Parti  national 
(NPL  au  pouvoir  depuis  1948,  et 
l'ANC,  qui,  sont  animés  de  la  même 
volonté  d'aller  au  plus  vite  à une 
solution  négociée.  Les  nombreux 
-entretiens  du  président  De  Klerk  et 
de  Nelson  Mandela  et  les  multiples 
rencontres  ANC-gouvernement  ont 
forgé  des  liens  étroits. 

Les  désaccords  sont  profonds. 
Mais  restitue  existe  entre  ceux  qui 
apparaissent  aujourd'hui  comme  des 
partenaires  aux  yeux  des  autres 
acteurs  de  la  scène  politique  sud-afri- 
caine qui,  parfois,  se  sentent  trahis. 
Le  toDe  soulevé,  mercredi  27  novem- 
bre, par  le  PAC,  beaucoup  plus  radi- 
cal crans  ses  positions  que  rANG  en 
est  f illustration.  Selon  le  parti  pana- 
fncamste,  l’organisation  de  M.  Man- 
dela serait  coupable  de  collusion  avec 
le  pouvoir.  L ANC  aurait  d’ores  et 
déjà  négocié  un  pacte  avec  le  gouver- 
nement Les  deux  parties  seraient 
tombées  d’accord  sur  la  nomination 
d'un  gouvernement  intérimaire 
en  février  prochain,  la  possibilité  de 
décider  ensemble  d’un  processus 
législatif  et  la  levée  de  toutes  les 
sanctions  encore  en  vigueur.  Autant 
de  sujets  qui  sont  au  centre  des  dis- 
cussions entre  le  gouvernement  et 
FANG  depuis  que  le  dialogue  frit 
officiellement  établi,  le  2 mai  1990, 
lois  de  la  première  rencontre  offi- 
cielle de  Grootc  Schuur,  au  Cap, 

FRÉDÉRIC  FRITSCHER 


RECHERCHE 


N°238  • DÉCEMBRE  1991  «35  F 

• US  PRIX  NOBEL  1991 

• LA  RÉHABILITATION  DES  PLANS 
D'EAU 

• LA  CHIMIE  DE  L'ANXIÉTÉ 

• TOURBILLONS  ET  SUPERFLUIDITÉ 

• U CHÔMAGE  EST-IL  DÛAU 
PROGRÈS  TECHNIQUE? 


DOSSIER: 

Les 

tethniques 

de 

l'imagerie 

moléa/laire 


RECHERCHE 


LA  PREMIÈRE  REVUE 
D'INFORMATION  SCIENTIFIQUE 


4 Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  • 


politique  saoudien  Mohamed  Al  Fassi 


Défendez 
les  droits 
humains 


Défendez 
les  réformes 


Son  unique  “crime”  : Oser  revendiquer  des 
réformes  démocratiques  en  Arabie  Saoudite 


Durant  la  guerre  du  Golfe,  Moha- 
-mecU  Al -Fassi,  citoyen  saoudien, 
s’est  prononcé  en  faveur  de 
réformes  démocratiques  en  Arabie 
Saoudite.  11  a participé  à une  opération 
d’aide  alimentaire  en  faveur  des 
enfants  irakiens. 

Pour  ces  u crimes  ”,  Mohamed  Al 
Fassi  a été  kidnappé  le  2 octobre  1991 
en  Jordanie,  puis  transféré  en  Arabie 


Saoudite.  Il  a déjà  été  torturé  ; iTTie  peut u 
ni  recevoir  sa  famille  ni  être  assisté  d’un 
avocat.  Le  sort  de  Mohamed  reste  ~ 
inconnu.  Sa  vie  est  menacée  à tout 
moment  ; deux  prisonnières  politiques 
avaient  déjà  succombé  dans  les  prisons 
saoudiennes  selon  Amnesty  International. 

Mohamed  Al  Fassi  risque  la  mort 
pour  avoir  défendu  la  démocratie  en 
Arabie  Saoudite. 


-i  k J1  t 

Au  moment  où  la  conférence  de  paix 
au  Mfiy^-Qrjepç  autorise  i’ëspojr  d’un 
respect  véritable  des  droits  de  l’homme 
dans  la  région,  en  suspendant  toute 
mesure  à l’encontre  de  Mohamed  Al 
Fassi  et  en  le  libérant,  le  gouvernement 
saoudien  prouverait  qu’il  veut  mettre 
ses  actes  en  accord  avec  ses  pro- 
messes de  libéralisation  et  de  démocra- 
tisation. 


Nous  demandons  la  libération  de  Mohamed  Al  Fassi 


Rev.  John  Anderson 
Andrew  A maya 
Prof.  Khalil  Barhoutn 
Prof.  Joël  Beinin 
Harold  Bernard 
Anita  Bloom 
Marshall  Lewis 
Braverman 
Elizabeth  Brown 
Te  ss  Brown 
William  Cecil 
Noam  Chomsky 
Linda  Cléments 
Charles  M.  Crocker 
Alexandra  deVries 
Susan  Dobson 
Bob  Dorfman 
Ronald  Eaton 
Jeanne  Eberhard 
Gloria  Emerson 
Frances  T.  Tarenthold 
Mikt  Farrell 


Douglas  Fathers 
Sam  Goldenberg 
Ruth  Goldenberg 
Carlos  Gonzales 
Roberta  Goodman 
Christy  Grabosky 
Craig  Grady 
Vince  & Jane  Graham 
Gabriel  la  Granada 
Lisa  & Aid  en  Graves 
Violet  Graves 
Jody  Green 
Robert  Guttenberg 
Vivian  Harris 
LiUie  Hawley 
Randall  Harrison 
Gilda  lïayward 
Mr.  & Mrs.  George 
Heard 

Nathan  Henderson 
June  Milliard 
Juiianna  Hofman 


Pour  signer  cette  pétition  écrivez 
ou  téléphonez  au  CEDETIM 

Pour  demander  la  libération  immédiate  de 
MOHAMED  AL  FASSI,  écrivez  directement  à 


Bertram  Horowitz 
Alexander  Issacson 
Daniel  Ivry 
June  Jackson 
Michael  & Susan 
Jacoby 
Casey  Kasem 

Prof.  John  Kelley 
Stephen  Kebnan 

Rtyad  Khoury 
Robert  Kilgore 

Douglas  Kim 
Howard  Levine 

Lance  Levinson 
Linda  Levitsky 
Barbara  Lubin 
Alexander  Lubin 

Don  Margolis 
Gabriel  Garcia 
Marquez 


Jane  McBumey 
Dr.  John  McCulhtm 
Tom  McDonald 
Rachel  McKean 
Lawrence  Metcalf 
Bryan  T.  Meyers 
Erica  Miller 
Roger  Moore 
Dr.  Paul  Morris 
Richard  Morse 
Frank  Mossntan 
Bobby  Muller 
Caleb  Nachman 
Larry  Nagel 
Jack  Nelson 
Osha  Neumann 
Gus  Newport 
David  Newton 
Michael  Nielson 
Jonathon  Noble 
Philip  Norling 
John  G.H.  Oakes 


Hilton  Obenzinger 
Fr.  William  O Donne  II 
Thomas  Oison 
Bamey  Oldfield 
Mr.  & Mrs.  John 
Owens 
Jean  Parker 
Eve  Parsons 
Sarah  & Dennis 
Pineda 

Charles  Porter 
Brenda  Raübman 

Rhonda  Ridgeway 
Arien  & Sam 

Rittcrman 
John  Roberts 

Harvey  Rosenfeld 
Penny  Rosenwasser 

Marion  & Fred  Roth 
Murray  & Ruth  Simon 
Jos  Sances 


Edward  Schutz 
Troy  Scott 
Wallace  Seiden 
David  Shipler 
Hon.  Maudelle  Sbire, 
ShiAe y Shubert 
Barbara  Sikes 
Laurie  Stanton 
Helen  Stark 
Judith  Stein 
JoeStork 

Lydia  Takagi 
Martin  Thompson 
Gregpry  Tyson 
Claire  Underwood 
Félix  Vasquez 
Miranda  Wainwrigh 
Claudia  Welbnan 
Susan  & Michael 
Wray 

i"  usrt 


M.  LE  PRÉSIDENT  FRANÇOIS  MITTERRAND 

PALAIS  DE  L'ÉLYSÉE 

PARIS 


LE  ROJ  FAHAD 
PALAIS  ROYAL 
RIYAD  (ARABIE  SAOUDITE) 


Financé  par  le  Comité  Internationa!  de  Mohamed  Al  Fassi  2140  Shattuck  ave.#.  2046,  Berkeley,  CA,  USA  94704.  Téi.  et  télécopie  51 
Comité  de  soutien  à Mohamed  Al  Fassi  c/o  CEDETIM.  14,  rue  de  Nanteuil,  75015  PARIS.  Tél.  : 42-50-24-39.  Télécopie  : 45-31- 


AMBASSADE  DU  ROYAUME 
D'ARABIE  SAOUDITE 
5.  AVENUE  HOCHE,  75008  PARIS 
TÉL  : 47-66-02-06 

510/5489520 
-64-37 


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ASIE 


CAMBODGE  ; un  ehef-d’œuvre  menacé 


veut  faire  inscrire  les  temples  d’Angkor 
au  «patrimoine  mondial» 


M.  Federico  Mayor,  tfirecteur 
général  de  rUNESCO.  a signé  à 
Phnom- Penh,  jeudi  28  novem- 
bre, une  convention  an  vue  de 
faire  inscrire  le  pare  d'Angfcor  au 
cFatrênoine  mowfiata. 

: PHWOM-PENH  - 

dé  notre  envoyé  spécial 

Sans  attendre  raccord  de  paix  de 
Paris,  les  efforts  pour  préserver  ce 
que  certains  considèrent  comme  le 
pins  bd  ensemble  de  monuments 
historiques  an  monde  ont  repris. 
L’Ecole  française  d'Extrême-Orient 
(EFEOX  qui  avait  assuré  la  conser- 
vation même  pendant  les  pre- 
mières années  de  la  guerre,  a été 
chargée  par  l 'UNESCO  d’instruire 
te  dossier  de  rînscription  du  parc 
d’AngJcor  an  <r patrimoine  mon- 
dial». 

Cette  décision  avait  été  prise  à 
t'issue  d’une  réunion,  en  septem- 
bre, des  quatre  factions  cambod- 
giennes sous  le  patronage  de 
PEFEO  et  de  rUNESCO.  L’inscrip- 
tion n'est  plus  qu’une  formalité  et 
M.  Mayor  doit  lancer  un  appd  aux 
pays  donateurs  pour  que  tes  tra- 
vaux de  restauration  des  temples 
puissent  reprendre  rapidement,  si 
possible  à une  vaste  ecbdle. 

L’ensemble,  bâti  pour  l’essentiel 
entre  les  neuvième  et  quatorzième 
siècles,  n’a  pas  directement  souffert 


de  deux  décennies  de  combats; 
Aucune  des  factions  n'a  véritable- 
ment cherché  à prendre  sa  otage 
les  principaux  temples,  redevenus, 
depuis  plusieurs  années,  ncctmihfer. 
an  public.  Seuls  lès  alentours  du 
Banteay-Kdd,  l’un  des  jcyaur.  de 
r ensemble,  ont  été  minés,  et  us 
petit  ouvrage  a été  dynamité.  Les 
temples  ont  surtout  souffert  d'an- 
nées de  négligence,  de  vandalisme 
et  de  pillage. 

Ce  pillage,  qui  a repris  de  l'am- 
pleur, est  pratiquement  impossible 
a prévenir  pour  plusieurs  raisons  ; 
éparpillement  de  fn*8*"**  de  tem- 
ples * secondaires » difficiles  d'ac- 
cès ; dures  conditions  dans  one 
région  assez  proche  d'une  frontière 
thaïlandaise  incontrôlable.  Enfin, 
fart  khmer  n’a  jamais  été  si  prisé, 
ex  les  « enjeux  sont  fabuleux  », 
selon  un  représentant  de  ]rEFEO. 

Le  râle 
de  FEFEO 

Les  Indiens  avaient  entrepris  une 
restauration  controversée,  notam- 
ment en  débarrassant  toitures  et 
murs  d’Angkor  Vat  de  leur  mousse 
avec  de  l’acide.  Selon  certains  spé- 
cialistes, ayant  perdu  cette  protec- 
tion multicéntenàire,  la  inerte  ris- 
que de  devenir  vulnérable  aux 
maladies.  Mais  les  Indiens,  qui  ont 
pourtant  signé  un  nouveau  contrat 
de  six  ans  avec  Phnom-Penh,  vie»- 


Les  Khmers  ronges  minimisent 
F« incident»  de  PhnomPenh 


«C'est  un  petit  incident .»  Le  porte- 
parole  d’un  groupe  de  dirigeants 
khmers  rouges,  réunis  jeudi 
28  novembre  à Bangkok  a mmîmwrf 
en  ces  tenues  les  événements  surve- 
nus la  vrille,  an  cours  desquels  leur 
chef  officiel,  M.  Khi  eu  Samphan, 
avait  été  aîîaqnépar.  des  marûfes-- 
lants  an  âge  de  soiToiganisation  à 
PbnomrPenh..  De.  méme.sonrce,  ion 
indique  que  Hncident  a été  orchestré 
par  «des  personnalités  influentes», 
non  autrement  désignées.  La  radio 
khmère  rouge  s’est  prononcée  pour 
«une  poursuite  des  efforts  pour  une. 
stricte  application  des  accords  de 
Paris».  . 

Cette  modération  permet  de  pen- 
ser qne  les  deux  représentants 
khmers  rouges  au  Conseil  national 


suprême  (CNS)  siégeront  bien, 
comme  i*a  assuré  jeudi  le  prince 
Sihanouk,  à la  prochaine  réunion  de 
cette  instance.  Convoquée  pour  le 
3 décembre  en  Thaïlande,  elle 
devrait  en  priorité  s’occuper,  précisé- 
ment, de  la  sécurité,  à faveinr,  de  la 
partie  khmère  rongerè  'Hinoro-Penh. 
Les  cinq  membres  permanents  du 
Conseil  de  sécurité  de  CONU  seront 
présents  à'  là  réunion. 

La  Chine,  principal  soutien  des 
Khmers  rouges,  a protesté  mais  avec 
modération,  contre  tes  ma  dents  du 
27  novembre;  St?  déchirant  c cho- 
quée», die  s rappelé  que  le  gmiver- 
nement  cambodgien  s est  responsable 
du  fonctionnement  normal  du  ÇNS». 
—(AFP,  AP.  Reuter.) 


PAKISTAN 


Arrestations  massives 
de  partisans  de  M™  Bhutto 


La  police  a arrêté  le  mercredi 
27  novembre  des  centaines  de  mili- 
tants du  Parti  du  peuple  pakistanais 
(PPP),  la  formation  d'opposition 
dont  i'ancien  premier  ministre 
M-*  Benazir  Bhutto  est  le  chef. 
L'opération,  qui  a touché  de  500  & 
700  personnes  selon  les  autorités,  et 
ptos  de  2 000  selon  te  PPP,  a été 
centrée  sur  le  Sind  (cette  province  du 
Sud  est  un  fief  de  M™  Bhutto),  et 
plus  spécialement  sur  sa  capitale, 
Karachi.  Des  journalistes  figurent 
parmi  les  personnalités  détenues,  aux 
côtés  de  nombreux  cadres,  notam- 
ment étudiants,  du  PPP.  Ces  arresta- 


tions saut  survenues  peu  après  des 
déclarations  menaçantes  du  chef  du 
gouvernement  provincial,  M.  Jam 
Sadiq  Ali,  assurant  que  te  PPP  est  un 
parti  «terroriste».  De  sera  oOté,  le 
premier  ministre  M.  Nàwaz  Sharif  a 
dénoncé  des  « élément*  anti-étati- 
ques»  qui  «complotait  en  vue  de  la 
désintégration  du  Pakistan  i>.  M® 
Bhutto  a qualifié  ces  arrestations  de 
« crime  contre  la  démocratie  Le 
chef  du  PPP,  qui  es?  âgé  de  trssào- 
huit  ans,  avait  été  destituée  te  6 août 
1990  par  le  présidait  Ghutam  fshaq 
Khan,  après  avoir  dirigé  le  gouverns- 
ment  pendant  vingt  mois.  - (AFPj 


Est-ce  le  mot 
qui  donne  l’idée  ?... 


O# 


nest  de  mettre  un  terme  à leurs 
travaux  faute  de  moyens  financiers, 
et  aussi  à la  suite  de  critiques  selon 
lesquelles  c le  dus  grand  monu- 
ment de  Part  khmer  devenait  le 
plus  grand  monument  de  ta  médio- 
crité indienne». 

Le  bilan  le  plus  dramatique  de  te 
guerre,  selon  MM.  François  Bizot 
et  Olivier  de  Bernon,  de  l’EFEO, 
est  te  destruction  avancée  du  parc 
forestier  qui  protège  les  temples 
contre  les  intempéries.  Ce  qui  était 
interdit  autrefois  par  1a  conserva- 
tion d'Angfcor  est  devenu  la  règle. 

D’abord,  on  a coupé  beaucoup 
d’arbres,  pour  tes  vendre.  Surtout, 
les  habitants  pratiquent  1a  gémina- 
tion : après  avoir  creusé  un  trou  à 
l’intérieur  des  troncs  les  pius 
grands,  ils  y mettent  te  foi  pour 
recueillir  la  résine  utilisée  en  tant 
que  gomme.  L’arbre  brûle  de  l'in- 
térieur et,  an  bout  de  trois  oc  qua- 
tre ans,  Ion  d’un  coup  de  vent,  il 
s'effondra,  provoquant  parfois  des 
dégâts,  et  une  perte  d'ombre  qui 
affecte  te  dilatation  des  matas.  En 
1989,  un  arbre  est  ainsi  tombé  sur 
te  terrasse  des  Eléphants,  provo- 
quant une  pulvérisation  de  la 
pierre. 

L’autre  problème,  à {dus  long 
terme,  est  1a  consolidation  des  tem- 
ples. Par  exemple,  le  massif  centrai 
d’Angkor  Vat  décroche  en  se  fissu- 
rant et  s’enfonce;  Sa  consolidation 
est  une  opération  techniquement 

EN  BREF 

a CHINE  : procès  d'ua  dirigerai 
étattaat  (ta  «printemps  de  Pékin». 

- M.  Zhai  Wedmin,  vingt-trois  ans, 
l’un  dés  dirigeants  étudiants  du 
«printemps  de  Pékin»,  réprimé  de 
façon  sanglante  sur  te  phase  Tïa- 
nanoen  le  4 juin  1989.  a compare 
jeudi  28  novembre  devant  un  tri- 
bunal. 11  lui  est  reproché  d’avoir 
fondé  une  organisation  secrète, 
d’inspiration  démocratique.  .D'au- 
tres procès  auront  lieu  prochaine- 
ment ont  précisé  tes  autorités  chi* . . 
noises,  qui  ont  par  ailleurs  annoncé 
leur  intention  de  libérer  des  dissi- 
dents .et  d'autoriser  certains  d’entre 
eux  à se  rendre  à P étranger.  - (AF.) 

□ CORÉE  DU  SUD:  nnaifesta- 
tioos  étudiantes.  - Des  étudiants 
ont  manifesté  jeudi  28  novembre 
dans  plusieurs  villes  de  Corée  du 
Sud.  A Kvrangju,  dans  le  Sud- 
Ouest,  ils  ont  attaqué  1e  centre 
culturel  américain.  Les  jeunes  gens 
reprochaient  notamment  aux  Etats- 
Unis  tes  pressions  qu’ils  exercent 
sur  le  gouvernement  de  Séoul  en 
vue  d’ouvrir  le  marché  national  au 
riz  étranger.  Os  protestaient  égale- 
ment contre  une  convention  mili- 
taire signée  ta  semaine  précédente 
avec  Washington,  lors  du  passage 
de  M.  Dick  Cheney,  secrétaire 
américain  à la  défense.  A Séoul  et 
à Pusan,  les  étudiants  entendaient 


LA  BICICLETTA  GIALLA 

La  presse  italienne  raconte 

ARRIVA  SUL  RICCO 

comment  le  péril  jaune 

MERCATO  IN  QUANTITÀ 

arrive  à vélo. 

IMPRESSIONNANT!. 

En  français,  cette  semaine,  dans 
Courrier  International. 


• Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  5 


réalisable  par  le  micrcfcrage,  nuis 
crtrSresmza;  coûteuse.  L'entreprise 
française  Bascoc,  qui  s consolidé 
l’Arc  de  triomphe,  mène  une  étude 
peur  voir  qusiïss  conditions 
l’opération  psarrah  Ztrs  assis. 

Enfia,  certains  tarera:  eficc:ués 
par  l'EFEQ  avant  1a  guerre  devront 
être  repris.  Fur  exemple,  ie 
Bapbuoa,  représentation  pyrami- 
dale du  ment  Méru,  a été  démonté 
en  1971-1972,  Iss  pierres  réperto- 
riées étant,  scion  un  plan  précis, 
déposées  sur  plusieurs  kilomètres. 
11  va  falloir  reconstituer  le  monu- 
ment, et  seul  fancier,  chef  de  chan- 
tier Marcel  Lucien  connaît  le  pten 
de  dépôt  de  ces  pertes. 

L’EFEO  est.,  en  effet,  la 
«mémoire»  cTAngkor.  Seule  1a  sai- 
sie informatique  de  scs  archives 
représentent  soixante-quinze  ans  de 
présence  - financée  par  iss  Japo- 
nais - permettre  de  savoir,  selon 
M.  de  Bernes,  rqui  a fait  quoi, 
quand,  où  et  ccmmsx  Si  te  psta 
revient.  i'EFEO  devrait,  sous 
< 'égide  de  LUNESCG,  jeuer  as  rôie 
unique  dans  îa  préservation  de 
rcascablc.  Elle  a déjà  mené  une 
mreten  (TévaSulica  de  décembre 
1990  à janvier  1991.  Reste  â trou- 
ver les  moyens  d’assurer  te  sécurité 
de  ce ira  qui  s'installeront  sur  place  i 
et,  surtout,  à se  donner  les  moyens 
financiers  de  ce  qui  s'annonce 
comme  un  vaste  chantier. 

JEAN-CLAUDE  POMÛNTl 


s’cppnsr  au  vote,  dans  des  condi- 
tions contestables,  d’une  loi  autori- 
sant des  projets  immobiliers  tou- 
ristiques dans  i’ilc  de  Cfacju.  - 
(Reuîerj 

□ NICARAGUA  : dsq  morts  sc 
cours  d’affrontements  entre  des 
anciens  contras  et  des  «amîiiritfp;. 
- Dix  jcuit  après  te  signature  d'un 
pacte  de  non-agression  entre  les 
deux,  parties,  d’anciens  rebelles  de 
la  Contra  et  des  sandimstes,  qui 
ont  repris  Iss  armes,  se  sont  affron- 
tés dans  le  nord  du  Nicaragua, 
mercredi  27  et  jeudi  28  novembre, 
et  ces  combats  ont  fait  cinq  morts 
et  douze  blessés  parmi  les  anciens 
contres,  sskm  le  quotidien  gouver- 
nemental le  Prensc.  L’accord  du 
28  novembre  préveycit  le  regrou- 
pement e:  le  désarmement  des  fac- 
tions, mais  an  commandant  des 
contras  refuse  d'abandonner  les 
armes  tant  que  te  sécurité  de  ses 
hommes  n’est  pas  assurée.  - (AFFJ 


RADIOTELEVISION 


Les  suites  de  l’affaire  du  « Mibow-Warrior»  ‘ 

La  presse  néo-zélandaise 
garde  un  ton  modéré 

L'ex-agent  secret  français  Gérald  Andriès.  impliqué  dans  l'at- 
tentat contre  le  Rainbow  Wanior  en  1985  et  arrêté  en  Suisse  {le 
Monde  des  27  et  28  novembre),  a reçu,  jeudi  28  novembre,  la 
visite  du  consul  général  de  France  à Bâle,  où  il  esi  incarcéré.  La 
veille,  le  porte-parole  du  Quai  d’Orsay.  M.  Daniel  Bernard,  avait 
commenté  fe  rappel  de  ('ambassadeur  de  France  à Wellington  : 
e C'est  une  procédure  coutumière.  Nous  ne  vouions  pas  croira  que 
l'affaire  en  question  puisse  connaître  de  nouveaux  rebondisse- 
ments. Pour  ce  qui  nous  concerne,  l’affaire  est  dose.  » 

A Paris,  quatre  personnes  de  la  télévision  publique  néo-zélan- 
daise, dont  le  correspondant  en  France,  lan  Borthwicfc.  ont  été 
interpellées  jeudi  28  novembre  devant  ie  siège  de  la  Direction 
générale  de  la  sécurité  extérieure  (DGSE).  L'équipe  de  télévision 
frimait  devant  les  locaux  de  la  DGSE  malgré  les  panneaux  d’inter- 
diction. Une  fois  leur  identité  vérifiée  et  après  confiscation  de  leur 
cassette  vidéo,  les  quatre  personnes  ont  été  remises  en  liberté. 


SYDNEY 

(correspondance) 

Selon  un  sondage  express  effec- 
tué par  la  chaîne  de  télévision 
One  Network.  74  % des  Néc-Zé- 
landais  souhaitent  l'extradition  de 
Gérald  Andrics.  Les  20  % des  per- 
sonnes interrogées  qui  s’y  appo- 
sent arguent  des  frais  encoures  et 
des  conséquences  sur  les  échanges 
commerciaux. 

The  Ever.ing  Posi.  journal  du 
soir  de  Wellington,  pense  que  te 
justice  doit  suivre  son  cours  : 
« Celle  fois,  il  ne  doit  pas  y avoir 
de  transaction.  On  ne  peut  tout 
simplement  pas  faire  confiance 
aux  Français ».  conclut  l'éditorial 
3près  avoir  rappelé  qu'Alain 
Mafart  et  Dominique  Prieur 
avaient  été  libérés  avant  terme. 
The  New-Zeaiand  Herald , le  jour- 
nai  â plus  grand  tirage,  note  l'em- 
barras de  Wellington  face  à a l 'ef- 
ficacité légendaire  des  Suisses».  D 
écrit  •.  - U gouvcTRCRtsnt  souhaite 
probablement  annuler  les  mandats 
d’arrêt , mais  seules  ic  police  et  /c 
justice  peuvent  prendre  la  déci- 
sion.» The  Press,  le  journal  de 


Christchurch.  rapporte  un  propos 
de  Sir  Gcoffry  Palmer  (devenu 
premier  ministre  après  avoir  été 
vice-premier  ministre  sous  David 
Lange,  à l'époque  de  l’affaire)  : 
« Cela  a été  un  cauchemar  terrible 
pendant  longtemps  et  il  n'est  de 
i intérêt  de  personne  de  le  ravi- 
ver». 

« La  France 
a reconnu  ses  torts  » 

Enfin,  The  Dominion , journal 
de  te  capitale,  très  influent  malgré 
un  tirage  moyen,  tente  d’apaiser 
les  esprits  : « La  France  a reconnu 
ses  tons*  et  « s 'est  excusée  et  a 
payé  des  indemnités.  La  Nouvelle- 
Zélande  a raté  le  coche  lors  de  la 
visite  de  M.  Rocard.  Elle  aurait  pu 
retirer  les  mandats  d'arrêt  exis- 
tants. clerc  i'affaire  et  s’attacher  à 
améliorer  ses  relations  avec  la 
France».  Face  aux  excuses  expri- 
mées par  la  France,  l’éditorial 
conseille  au  gouvernement  de  par- 
donner. 

SYLVIE  LEPAGE 


LA  PLUS  HAUTS  FIGURt 
DU 

MOYFN  iCt  AILMAHD 


oc.  ré  - T h-‘  a- 


» w * 


Nouvelle  édition  augmentée 

i Histoire 

citez 


Si  vous  ne  le  lisez  pas  dons  COURRIER  INTERNATIONAL 
vous  ne  le  lirez  jamais.  ' 


FAYARD 


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6 Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991 


DIPLOMATIE 

Un  entretien 
avec  le  président 
du  Conseil  européen 


Suite  Je  lu  première  page 

A Maastricht,  nous  ferons 
l'union  monétaire  et  l'union  politi- 
que. Ce  sera  un  programme  de  tra- 
vail comportant  des  clauses  évolu- 
tives. la  perspective  que  certains 
choix  sc  représentent  dans  un  cer- 
tain nombre  d'années.  Nous  ver- 
rons en  marchant.  L'exemple  de 
1993  est  une  preuve  que  nous  réa- 
lisons nos  buts. 

- Concrètement  que  signifie 
cette  idée  pour  l'union  politi- 
que? 

- L'union  politique  recouvre 
plusieurs  éléments.  En  premier 
lieu,  l'amélioration  de  la  structure 
et  l'extension  des  compétences  de 
la  Communauté.  Ensuite,  l'appro- 
fondissement de  la  démocratie, 
avec  un  renforcement  du  rôle  du 
Parlement  européen  ; enfin,  le 
développement  des  formes  de 
concertation  qui  avaient  jusqu’à 
présent  un  caractère  intergouveme- 
mental, telles  la  politique  étrangère 
et  de  sécurité  d'une  part,  et  la 
coopération  policière  et  judiciaire 
d'autre  part.  Comment  cela  va-t-il 
se  traduire  à Maastricht? 

» En  ce  qui  concerne  l’extension 
du  champ  d'action  de  la  Commu- 
nauté à la  culture  ou  à la  politique 
industrielle,  par  exemple,  il  faut 
appliquer  le  principe  de  la  subsi- 
diarité. Nous  n'insisterons  jamais 
assez  sur  ce  principe.  J’ai  l'impres- 
sion que  notre  volonté  politique  de 
donner  forme  à l'Europe  nous 
conduit  à oublier  que  la  priorité 
doit  aller  au  traitement  des  pro- 
blèmes à un  niveau  aussi  proche 
que  possible  des  citoyens.  C'est 
seulement  en  vertu  d'arguments 
tangibles  que  leur  traitement  pour- 
rait être  abordé  au  niveau  de 
l'Union. 

» U nous  faut  développer  la  sub- 
sidiarité. La  méfiance  de  certains 
envers  l'accroissement  des  compé- 
tences communautaires  diminuera; 
la  confiance  augmentera  et  l’on 
pourra  alots  aller  plus  loin  sur  la 
voie  des  décisions  prises  à fa  majo- 
rité et  du  contrôle  par  le  Parlement 
européen. 

- Placez-vous  les  nouveaux 
domaines  d'actions  communes, 
telles  la  politique  étrangère  et 
de  sécurité  et  la  coopération 
judiciaire  et  policière,  dans  une 
perspective  également  évolu- 
tive? 

- Ces  deux  domaines  touchent 
clairement  à la  souveraineté  des 
Etals  et  à leur  constitution.  Pour  le 
domaine  justice-police,  la  procé- 
dure intergouvemementale  n’est 
pas  idéale,  mais  nous  continuons 
pour  l'instant  dans  cette  voie,  tout 
en  n-'us  fixant  une  échéance,  sous 
la  forme  d'une  clause  de  révision, 
pour  examiner  dans  quelle  mesure 
certains  éléments  de  cette  politique 
peuvent  passer  dans  la  sphère  com- 
munautaire. 

* En  matière  de  sécurité,  il  nous 


faut  donner  corps  à l’idée  fonda- 
mentale que  nous  avons  besoin 
aussi  bien  de  la  perspective  d’une 
politique  de  défense  européenne 
avec  ses  instruments,  que  d’un 
pilier  européen  au  sein  de  l'OTAN, 
ce  que  l'Alliance  atlantique  sou- 
haite d'ailleurs  elle-même.  Cette 
question  est  en  partie  un  objet  de 
négociations  et  en  partie  un  sujet 
de  malentendu.  Ici  aussi,  la 
confiance  est  un  élément  impor- 
tant. 

Réexamen 
en  1997 

- Le  retour  de  la  France  dans 
la  structure  militaire  intégrée  de 
l’OTAN  faciliterait-il  la  discus- 
sion? 

- Celte  question  est  de  la  res- 
ponsabilité de  la  France.  Mais  il 
est  clair  que  le  besoin  d'une 
Europe  unie  constitue  une  stimu- 
lation à l'harmonisation.  L'union 
politique  fera,  par  exemple,  peser 
une  certaine  pression  sur  l’Alle- 
magne, qui  devra  être  disponible 
pour  participer  à une  éventuelle 


Ils 

-'ST 


force  de  maintien  de  la  paix,  ainsi 
que  sur  l’Irlande,  qui  devra  se 
poser  la  question  de  la  neutralité. 

» C’est  pourquoi  le  traité  de 
Maastricht  sera  non  seulement  un 
texte,  mais  aussi  un  agenda.  Nous 
y fixerons  une  direction  et  nous 
dirons  que,  dans  un  nombre  X 
d'années,  nous  ferons  le  bilan, 
l'idée  étant  que  le  processus  ainsi 
enclenché  pousse  lui-même  à plus 
de  convergences.  Aujourd'hui,  nous 
ne  pouvons  rien  imposer  à Paris. 
Bonn  ou  Dublin.  Ce  que  nous  pou- 
vons faire,  c'est  créer  les  condi- 
tions d’une  coopération  plus  étroite 
permettant  une  visibilité  croissante 
de  l'identité  européenne;  l’appétit 
vient  en  mangeant. 

- A quelle  échéance  les  Douze 
devront-ils  se  remettre  à table? 

- Je  serai  un  peu  chauvin  : je 
pense  à la  prochaine  présidence 
néerlandaise  dans  douze  semestres, 
en  1997  donc.  Mais  le  plus  impor- 
tant est  d’inscrire  dès  maintenant 
des  tâches  précises  dans  le  Traité. 


Avant  la  fin  de  Tannée 
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Société  Adresse  


Code  Pascal 


| La  peoonnalisarion  en  série  ou  à l'unité,  nCcesite  un  délai  de  3 semaine  I 


EUROPE 

YOUGOSLAVIE  : la  gnerre  en  Croatie 

M.  Perez  de  Cuellar  espère  régler  rapidement 
les  «détails  techniques  » du  déploiement  d’une  force  de  paix 


- Vous  avez  employé  i deux 
reprises  le  mot  de  confiance. 
Estimez-vous  qu'elle  n'est  pas 
assez  grande  pour  créer  dès 
maintenant  une  union  plus 
étroite? 

- En  effet.  Mais  je  ne  vise  pas 
les  relations  personnelles  entre  les 
responsables  politiques.  Je  vise  les 
rapports  entre  les  peuples  et  les 
nations.  11  nous  faut  trouver  un 
nouvel  équilibre,  car  la  volonté 
politique  ne  peut  pas  tout  résou- 
dre; d’autant  que.  si  les  citoyens 
admettent  parfaitement  qu'un  cer- 
tain nombre  d’affaires  soient  trai- 
tées au  niveau  communautaire,  ils 
demandent  en  même  temps  à leurs 
dirigeants  de  veiller  à ne  pas  trop 
transférer  à Bruxelles. 

» L’Europe  est  un  apprentissage. 
Nous  avons  déjà  les  mots  pour  le 
dire  ; convergence,  cohésion,  par 
exemple.  Mais  ne  ce  sont  pas  des 
faits  qui  sont  ainsi  désignés,  ce 
sont  des  programmes,  des  objectifs, 
des  efforts. 

Vers  la  monnaie 
commune 

- L’Europe  disposera-t-elle  en 
l'an  2000  d'une  monnaie  com- 
mune 

- Oui.  Je  ne  peux  pas  le  dire 
plus  brièvement. 

- Avec  la  Grande-Bretagne  ? 

- J’en  suis  moins  sûr,  mais  je  ne 
l'exclue  pas  et  l’estime  probable. 
Dès  que  cette  monnaie  commune 
existera,  les  citoyens  et  les  entre- 
prises des  pays  qui  ne  l’auront  pas 
adoptée  seront  désavantagés  et 
feront  pression  sur  leurs  responsa- 
bles politiques.  Cest  pourquoi  je 
ne  me  fais  pas  trop  de  souci  à 
propos  de  la  Claùst  de  non-coerci- 
tion / permettant  à un  pays  de  ne 
pas  adhérer  à la  troisième  et  der- 
nière phase  de  l'Union  monétaire /. 
Ce  qui  est  important,  c’est  que 
nous  nous  engagions  à franchir  le 
pas. 

- La  clause  de  non-coercition 
sera-t-elle  ouverte  à tous  les 
Etats  membres  et  si  oui,  cela 
ne  risque-t-il  pas  d'affaiblir  l'en- 
gagement des  Douze  à créer 
une  banque  centrale  et  une 
monnaie  communes? 

- Il  faut  garder  à l’esprit  le  sys- 
tème devant  nous  mener  à la  troi- 
sième phase  de  funion  monétaire. 
Dans  le  traité,  nous  pourrions 
écrire  que  les  ministres  des 
finances  mesurent,  à la  lumière  des 
critères  établis,  le  degré  de  conver- 
gence atteint  Ils  font  rapport  au 
Conseil  des  chefs  d’Etat  et  de  gou- 
vernement qui  juge  alors  avec  une 
marge  d'appréciation  politique  si  le 
nombre  de  pays  susceptibles  de 
participer  à la  phase  trois  est  suffi- 
sant. Le  Conseil  tire  une  conclu- 
sion unanime  et  indique  une  direc- 
tion claire.  Cette  mécanique 
fonctionnera  pourvu  que  les  Etats 
soient  prêts  à approuver  un  sys- 
tème. même  si,  individuellement, 
ils  ne  sont  pas  prêts  à y participer. 
Cest  le  cœur  du  débat,  et  nous 
verrons  à Maastricht.  Le  but  est 
clair  et  précis. 

- M.  Major  pourra-t-il  sous- 
crire à un  tel  engagement? 

- Mon  appréciation  est  que  John 
Major  pourra  le  faire  à condition 
qu’il  ne  soit  pas  contraint  d’en  | 
accepter  dès  maintenant  les  consé- 
quences pratiques.  La  clause  de 
non-coercition  lui  ménage  cette 
marge.  Faut-il  la  réserver  au 
Royaume-Uni?  L'avantage  serait 
de  donner  l'impression  que  le  pro- 
blème ne  concerne  que  lui.  Mais 
c'e$t  aussi  l' inconvénient.  D’autres 
pays  pourraient,  en  effet,  vouloir 
en  faire  usage  : le  Danemark,  par 
exemple  : et  il  se  peut  que  des  par- 
lements désirent  avoir  la  possibilité 
de  se  prononcer  sur  l'Union  écono- 
mique èt  monétaire  une  nouvelle 
fois.  * 

Mais  l'essentiel  n'est  pas  tant  la 
formulation  de  la  di:>isc  que  l'una- 
nimité au  sein  du  Conseil  euro- 
péen. La  décision  d'ouvrir  la  troi- 
sième phase  de  l'union  le 
1"  janvier  1997  doit  avoir  une  , 
chance  optimale  d'être  prise.  » 1 

Propos  recueillis  par 
CHRISTIAN  CHARTIER 


Le  secrétaire  général  des 
Nations  unies,  M.  Javier  Perez 
de  Cuellar,  espère  boucler  d'ici 
quatre  à six  jours  les  a détails 
techniques » de  la  composition 
d'une  force  de  paix  en  Yougos- 
lavie. < Nous  avons  déjà  des 
fonctionnaires  qui  sont  sur  place 
pour  discuter  des  endroits  où 
nous  allons  placer  les  forces  des 
Nations  unies.  Nous  devons  <8s- 
cuter  aussi  de  la  composition  de 
la  forces,  a déclaré  M.  Perez  de 
CueUar,  à l'issue  d'un  déjeuner 
avec  le  président  Mitterrand. 

« Une  fois  que  j’aurai  tous  ces 
éléments,  j'irai  au  Conseil  de  sécu- 
rité. J'espère  que  je  pourrai  le  faire 
dans  les  quatre,  cinq,  six  jours»,  a 
ajouté  M.  Perez  de  Cuellar,  se 
déclarant  « encouragé » par  la  réso- 
lution adoptée  la  veillé  par  le 
Conseil  de  sécurité  de  l’ONU  (le 
Monde  du  29  novembre).  Le 
conseiller  diplomatique  de  l'Elysée, 
M.  Pierre  Mord,  a déclaré  de  son 
côté  que  la  France  était  «tout  à 
fait  disponible » pour  participer  à 
une  telle  force.  H a précisé  que  la 
formule  utilisée  pour  son  déploie- 
ment serait  sans  doute  celle  des 
* taches  d'encre »,  une  «répartition 
qui  ne  corresponde  pas  aux  lignes 
de  démarcation». 

A Zagreb,  le  président  croate, 
M.  Franjo  Tudjraan.  a réaffirmé 
jeudi  soir  que  la  Croatie  accepte- 
rait le  déploiement  des  casques 
bleus,  y compris  «dans  les  régions 
de  crise,  où  les  combats  se  dérou- 
lent actuellement  » et  non  plus  seu- 
lement sur  ses  frontières  histori- 
ques. Selon  M.  Tudjman,  l’envoi 
de  casques  bleus  dans  les  zones  de 
combat,  en  territoire  croate,  est 
acceptable  « jusqu’à  l'élimination 
de  tous  les  groupes  rebelles  et  l'éva- 
cuation de  l’armée  yougoslave  de 
tous  les  territoires  croates». 


Cependant,  de  dolents  combats 
d'artillerie  se  sont  poursuivis  jeudi 
en  Croatie  entre  l’année  serbo-fé- 
dérale et  les  forces  croates.  L’armée 
a maintenu  sa  pression  sur  Osÿek 
(dans  l’est  de  la  CroatieX  attaquée 
à Partillme  et,  poar  la  première 
fois,  aux  lance-roquettes  multiples, 
selon  la  télévision  croate.  L’agence 
Tanjug  (serbe)  a,  pour  sa  part,  fait 
état  de  combats  sur  le  front  de 
Nova-Gradiska  (140  km  au  sud-est 
de  Zagreb)  et  cité  des  sources  mili- 
taires selon  lesquelles  les  combats 
de  la  veille  à Lipik  (20  km  an  nord 
de  Nova-Gradiska)  avaient  fait  une 
trentaine  de  morts  dans  les  rangs 
croates. 

Combats 

dans  Vukovar  en  mines 

En  outre,  une  attaque  croate  sur 
la  ville  de  Glina  (80  km  au  sud  de 
Zagreb)  a fait  un  mort  dans  les 
rangs  serbes,  selon  la  télévision  de 
Belgrade,  alors  que  Radio  Zagreb  a 
fait  état  d'une  attaque  de  volon- 
taires serbes  sur  le  grand  centre 
industriel  de  Sisak  (60  km  au  sud 
de  Zagreb).  La  télévision  de  Bel- 
grade a également  rapporté  des 
affrontements  sporadiques  entre 
forces  croates  et  unités  yougoslaves 
dans  la  région  de  Dubrovnik,  ville 
sur  laquelle  flotte  le  drapeau  de 
l’UNESCO,  après  l’arrivée  de  deux 
émissaires  du  directeur-général, 
M.  Federico  Mayor,  chargés  d’éva- 
luer les  dommages  causés  à h cité 
historique  placée  sous  la  protection 
de  rUNESCO. 

Des  combattants  croates  conti- 
nuent, d'autre  part,  à se  battre 
dan*  Vukovar  (dans  l’extrême  est 
de  la  Croatie),  tombée  la  semaine 
dernière  aux  mains  de  Tannée  de 
Belgrade  après  un  siège  de  trois 
mois,  a affirmé  Tanjug,  précisant 
que  les  troupes  fédérales  captu- 
raient chaque  jour  une  vingtaine 
de  Croates  cachés  jusqu’à  présent 


BELGIQUE  : les.eonsflMons  politiques;  . 

Le  roi  Baudoum  n’a  pas  accordé 
d’audience  à l’extrême  droite 


Le  roi  Baudouin  a terminé  sa 
série  de  consultations  des  princi- 
pales formations  politiques  belges, 
après  les  élections  législatives  du 
25  novembre,  sans  avoir  reçu  de 
délégation  du  Vlaams  Blok,  un 
parti  flamand  ultranationaliste  et 
ouvertement  xénophobe,  qui  a 
recueilli  6,6  % des  suffrages  (le 
Monde  du  26  novembreX  Le  sou- 
verain, qui  joue  un  rôle  politique 
non  négligeable  en  Belgique,  a tou- 
jours été  intransigeant  sur  le  res- 
pect des  principes  de  la  démocratie 
et  des  droits  de  l’homme. 

En  1936,  le  parti  Rex  de  Léon 
Degrelle,  qui  développait  les  thèses 
nazies  en  Belgique,  avait  remporté 
21  des  1 12  sièges  de  là  Chambre. 
Le  roi  Léopold  111,  dont  l’attitude 


pendant  la  seconde  guerre  mon- 
diale sera  plus  tard  contestée,  avait 
alors  eu  dn  comportement  proche 
de  celui  de  son  fils  Baudouin 
aujourd’hui  : il  avait,  certes,  reçu 
Léon  Degrelle. 

Mais  il  avait  sorti  sa  montre  en 
déclarant  « P audience  est  ouverte», 
avant  de  clore  l’entrevue  vingt 
minutes  plus  tard,  en  lançant  « Tau- 
dience  est  terminée»,  sans  avoir 
prononcé  un  mm  de  plus.  Léon 
Degrelle,  réfugié  en  Espagne,  fut 
condamné  à mort  en  1945  pour 
collaboration.  Dans  une  lettre  au 
roi  Baudouin,  dont  l'agence  Belga  a 
publié  jeudi  des  extraits,  il  rédame 
maintenant  l’amnistie™ 


dans  la  ville  en  ruine:  Des  obser- 
vateurs européens  ont  pu  s’entre- 
tenir avec  la  directrice  de  l’hôpital 
de  Vukovar,  le  Dr  Vesna  Bosanac, 
arrêtée  par  l’année  lors  de  la  prise 
de  la  ville  et  détenue  à la  prison  de 
Sremska-Mitrovica  (en  Serbie,  â 50 
km  à l’ouest  de  Belgrade).  De  son 
côté,  ie  vice-ministre  croate  de  la 
défense,  M.  Stjepnn  Adanic,  a 
assuré  que  1 1 300  civils  croates 
étaient  «retenus»  par  l'armée  fédé- 
rale, qui  détient  également  selon 
loi  347  blessés  et  malades,  620  sol- 
dats croates  et  156  membres  du 
personnel  de  f hôpital  de  Vukovar. 

Sur  le  plan  diplomatique.  l’Eu- 
rope a de  nouveau  laissé  paraître, 
jeudi,  ses  divisions.  D’une  part,  le 
président  du  conseil  italien, 
M.  Gralio  Andreotti,  a annoncé,  à 
l’issue  d'un  entretien  avec  le  chan- 
celier allemand  Helmut  Kohl,  que 
son  pays  avait  P intention  de  se 
joindre  à l’Allemagne  pour 
reconnaître  la  Slovénie  et  la  Croa- 
tie avant  N6S  (M-  Kohl  a récem- 
ment indiqué  que  Bonn  prendrait 
cette  initiative  même  s’il  n’y  avait 
pas  unanimité  dans  la  CEE).  D'au- 
tre part,  le  premier  ministre  grec, 
M.  Constantin  Mitsotaltis,  arrivé 
jeudi  à Belgrade,  a émis  un  avis 
défavorable  à la  reconnaissance 
« unilatérale»  de  la  Croatie  et  de  la 
Slovénie,  dans  une  conférence  de 
presse  tenue  en  commun  avec  le 
président  serbe  Slobodan  Milose- 
vic. «Je  pense  qu'il  ne  serait  abso- 
lument pas  utile  en  ce  moment  de 
parler  de  la  reconnaissance  unilaté- 
rale de  l’indépendance  de  ces  Répu- 
bliques». a-t-il  dit 

Au  chef  de  l'Eglise  orthodoxe 
serbe,  le  patriarche  Pavle.  M.  Mit- 
sotakis  a « promis  l'aide  de  la 
Grèce  au  peuple  serbe»,  soulignant 
qu*  «en  tant  qu’orthodoxes  les  peu- 
ples grec  et  serbe  sont  très  proches 
et  se  doivent  assistance».  - (AFP, 
Reuter.) 

M.  Genscher  flienacé 
pai;  des  terrqnstes 
serbes 

Dés  terroristes  serbes  se  sont 
infiltrés  en  ' Allemagne  pour  tenter 
d'assassiner  plusieurs  dirigeants, 
dont  le  chef  de  la  diplomatie  Hans- 
Dietrich  Genscher,  a indiqué  jeudi 
la  police  judiciaire  allemande 
(BKAX  «Nous  avons  reçu  des  infor- 
mations» sur  la  préparation  de  tels 
‘attentats,  a souligné  un  porte-pa- 
role de  la  police,  précisant  que 
« deux  Serbes»  seraient  déjà  à pied 
d'œuvre  en  Allemagne.  Le  BKA  a 
déjà  prévenu  « il  y a quelques 
jours » le  gouvernement  allemand 
de  ces  menaces,  a ajouté  le  porte- 
parole.  Selon  lui,  le  président  du 
Parti  libéral  (FDP)  Otto  Lambs- 
dorff  et  ie  fils  du  dernier  empereur 
d’Autriche-Hongrie,  Otto  von 
Habsbourg,  député  européen,  figu- 
rait également  sur  la  liste  noire.  - 
(AFP.) 


PROCHE-ORIENT 

Se  disant  prêt  à saisir  la  Cour  internationale  de  justice  . 

Le  colonel  Kadhafi  refuse  de  livrer 
les  auteurs  présumés  de  l’attentat  de  Lockerbie 


Le  colonel  Kadhafi  a proposé, 
jeudi  28  novembre,  de  s'en  remet- 
tre à l'arbitrage  de  PONU,  après 
avoir  été  mis  en  accusation  par  les 
Etats-Unis,  la  Grande-Bretagne  et 
la  France  à propos  des  attentats 
contre  un  Boeing  de  la  PanAm  et 
un  DC-10  de  l’UTA.  Dans  un 
entretien  accordé  au  quotidien 
espagnol  El  Pals  et  à Télé  Monte- 
Carlo  (ItalieX  il  a déclaré  que  «la 
loi  libyenne,  comme  celle  de  tout 
autre  pays,  ne  permet  pas  de  livrer 
aux  autorités  des  Etats-Unis  ou  de 
Grande-Bretagne  - qui  ont  exigé 
l'extradition  - les  (deux)  ressortis- 
sants libyens  soupçonnés  ». 

Le  colonel  Kadhafi  qui  s'est 
entretenu,  jeudi,  près  d’Alexandrie, 
avec  le  président  égyptien, 
M.  Hosni  Moubarak,  a,  d'autre 
part,  jugé  que  l'administration 
américaine  «est  trompée  par  ses 
espions  »,  que  le  président  Bush 
avait  une  « personnalité  très  équili- 
brée» et  que,  pour  la  première  fois, 
les  Etats-Unis  avaient,  avec 


M.  Baker,  «un  secrétaire  d’Etat  rai- 
sonnable». Dans  un  communiqué, 
le  ministère  libyen  des  affaires 
étrangères  a,  tout  de  même,  promis 
« d’étudier  de  manière  positive  et 
avec  un  esprit  constructif  les  actes 
d'accusation»  délivrés  par  les  ins- 
tances judiciaires  américaine,  bri- 
tannique et  française. 

Menace 
de  sanctions 

«Si  tout  le  monde  démontre  que 
la  Libye  est  impliquée  dans  cet  inci- 
dent, alors  la  Libye  assumera  sa 
responsabilité  et  s'il  s 'agit  d'une 
action  individuelle,  alors  cette  per- 
sonne assumera  sa  responsabilité ». 
a assuré  le  chef  de  l’Etat  libyen 
pour  qui  la  Cour  internationale  de 
justice  est  «le  tribunal  compétent » 
pour  juger  de  cette  affaire. 

De  passage  à Paris,  où  il  a ren- 
contré M.  Mitterrand,  le  secrétaire 
générai  de  l’ONU  a affirmé  que 
«si  les  autorités  libyennes  veulent 


aller  à la  Cour  internationale  de 
justice,  celle-ci  serait  certainement 
prête  à contribuer  à une  solution  du 
problème  ».  Maïs  on  souligne  à 
r Elysée  qu'il  s’agit  d'une  affaire 
criminelle  pour  laquelle  une  procé- 
dure judiciaire  est  en  cours  et  non 
d’une  affaire  d'Etat  à Etat 
La  France  a menacé  de  rompre 
ses  relations  diplomatiques  avec  la 
Libye  et  d'adopter  des  « sanctions  » 
- sans  en  préciser  la  nature  - si  la 
responsabilité  de  Tripoli  dans  l’at- 
tentat du  DC-10  de  l’UTA  était 
avérée.  M.  Roland  Dumas  en  a 
informé,  jeudi,  une  délégation  d'as- 
sociations de  défense  des  victimes 
de  l'attentat,  qu'il  a reçue  au  Quai 
d’Orsay.  Dans  un  entretien  qu'a 
publié,  vendredi,  le  quotidien  Libé- 
ration, le  principal  accusé  libyen 
dans  cette  affaire,  M.  Abdallah 
Elazràgb,  premier  conseiller  à 
# l'ambassade » de  Libye  au  Congo 
au  moment  des  faits,  a clamé  son 
innocence..  - (AFP.) 


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*•  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  7 


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le  retour  du  passé 


Snfc  de  la  première  jqg* 

nÜLÎSfiSîe^fS. ««• 

ponsawes  et  des  phs-  petits  pois- 
sons qui  se  sont  «contentés»,  pour 
obéir  aux  ordres  ou  éviter  des  dés- 
agrcmrat*  de  «s’adapter».  Beau- 
coup (T Allemands  de.  l’Ouest  en 
étaient  partisans.  L’oubli  leur 
aiuwt  évité  de  s’interroger  sur  eux- 
mfinus,  non  seulement  sur  ratti- 
tude  déplus  anciens  pendant  le 
111;  Reich,  mais  paiement,  pour 
certains  responsables,  sur  Pindul- 
gence  coupable  manifestée  à l’égard 
des  dignitaires  de  la  RD  A. 

Les  Alteraands  de  l'Est,'  ceux  d’en- 
toeera  en  tout  cas  qui  avaient 
résis^  souvent  au  péril  de  leur 
vie,  de  leur  carrière  ou  des  études 
de  leurs  enfents,  contre  le  système 
Ulbncht-Honecker,  ne  l'ont  pas 
voulu.  Us  ne  pouvaient  pas  admet- 
tre que  tes  victimes  et  les  bour- 
reaux soient  finalement  traités  sur 
un  pied  d’égalité. 

Mais  qui  juger?  Les  lampistes,  tels 
ces  jeunes  gardes-frontières  qui 
sont  actuellement  devant  un  tribu- 
nal de  Berlin  pour  avoir  tué  deux 
fuyards  qui  avaient  le  même  fige 
qû  eux  et  qui  tentaient  de  franchir 
le  mur  7 Pour  leur  défense.  Os  affir- 
ment avoir  obéi  aux  ordres  et  avoir 
risqué  leur  peau  s'ils  ne  l'avaient 
pas  fait.  A l’Ouest,  certains  leur 
reprochent  de  ne  pas  s'être 
conduits  en  héros,  de  n’avoir  pas 
au  moins  tiré  en  I*air.  Qui,  ptfor. 


tant,  peut  affirmer  après  avoir  vécu 
quarante  ans  dans  la  démocratie 
parlementaire  de  la  République 
"Mende,  qtfil  ne  se  serait  jamais 
pué  aux  injonctions  d’un  Etat  poli- 
cier i 

Fhirt^l  alors  juger  tes  responsables 
politiques,  Honecker  par  exempte, 
qui  a donné  l’ordre,  de  tirer  sur 
tous  ceux  qui  cherchaient  i passer 
clandestinement  la  frontière  entre 
les  deux  Etats  allemands?  C’est  le  ' 
sens  de  la  demande  d’extradition 
présentée  par  Bonn  à Mikhaïl  Gor- 
oatchev,  mais  on  peut  s'interroger 
sur  te  volonté  allemande  de  jurer 
ancien  président  de  ta  RDA,  qui 
rat  reçu  avec  tous  les  honneurs  dus 
à un  homme  d’Etat,  en  1987,  & 

«onn.  Personne  - et  Mfichall  Gor-  — 

batchev  moins  que  quiconque  — renseignements  sur  le  camp  occi- 
n a sans  doute  intérêt  au  déballage  ^cntal-  En  attendant  une  décision 

que  ne  manquerait  pas  de  provo-  

quer  un  procès  à-  grand  spectacle. 


URSS  : regain  de  tension  an  Caucase 


Etat  d’urgence  et  mobilisation 
en  Ossétie  du  Sud 


mort  d’homme  sur  ta  conscience 
nu»  .qui  faisaient  passer  & PEst  des 


Un  ami 

de  Franz  Josef  Stranss 

Ou  faut-il  traîner  devant  tes  tri- 
onnwn  les  épigones  d’Honedcer. 
dont  certains  se  font  des  fortunes 
en  vendant  leurs  Mémoires  ou  en 
""  “ivanant  dans  tes  shows  télévî- 


a E?.îIrlleurs«  jnger  selon  quel 
droit?  La  question  ne  vaut  pas  seu- 
lement pour  Honecker.  Elle  se  pose 
avec  plus  d’acuité  pour  tes  espions 
est-allemands,  qui  n’ont  pas  de 


yurrures 

Seorc/e  F 

.... 

f/S.: Sspu^  ' <W«Wi 
j ; lafthetoe  a ftq^/é^  BffjBlIBffl 


VENTE 

portes  ouvertes 


au» 


... (êeckae 

du  Samedi  30  Novembre  au  15  Décflmrtrt» 

ESCOMPTES 

tjMun&aax  et  wèùted 

■50%  §Ue/tnem HS& 
wtd  a/tgerUé  e/houoc  >40^ 

• Wàcw  -30% 

Vrtoto  ■ncuve/le  co/iection  —15*’*, 
tÀiankauœ,  7/8 , 3/4, 

*jMou/on>  ètouSin  face  -20^. 

9/a/un-  ce/  v&on.  -3056. 


TomSîaoilo 


BUS-  31. 


...Ou  l’idée 
qui  donne  le  mot?. 


J ii«ui  UUB  UEUUIDO 

du  Tribunal  constitutionnel,  les 
juridictions  allemandes  apportent 
des  réponses  contradictoires.  Pour 
tes  unes,  ces  agents  « travaillaient» 
amplement  pour  leur  pays;  pour 
tes  autres,  leurs  agissements  étaient 
plus  coupables  que  ceux  des 
MjMons  occidentaux,  parce  qu’ils 
étaient  au  service  d’un  Etat  totali- 
taire dont  leurs  informations  ser- 
vaient ta  machine  répressive. 

II  n’est  pas  possible  de  juger 
-selon  1e  droit  est-allemand  ulégi- 
time  et  arbitraire,  puisque  la  RDA 
n était  pas  un  Etat  de  droit;  mais 
|P£txt-on  jurer  selon  le  droit  ooest- 
“tamand,  qui  ne  s’appliquait  pas 
;au  moment  des  faits  reprochés  au 
territoire  où  ceux-ci  étaient  com- 
I mis  ? La  question  se  complique 
| encore  dans  ta  mesure  où,  jusqu'en 
1972  au  moins,  ta  RFA  prétendait 
représenter  l’Allemagne  tout 
entière  et  que  pour  die,  en  tout 
cas,  la  RDA  n’existait  pas  comme 
sujet  de  droit  international. 

; Beau  thème 'de  dissertation  pour 
les  juristes,  qui  n’épuise  cependant 
pas  une  discussion  avant  tout  poli- 
tique. Un  des  plus  beaux  fleurons 
du  régime  communiste  est-alle- 
mand passe  actuellement  devant 
une  commission  d’enquête  du  Par- 
lement  de  Bonn  : Alexandre 
Schalck-Golodkowsld,  cinquante- 
neuf  üm,  offidéOemem  chef  de  ta 
«coordination  commerciale»  - un 
appendice  du  ministère  du  com- 
UMte  extérieurf^de  Berlin-Est,  - 
-officieusement  surnommé  le 
«pourvoyeur  de  devises»  de  la 
RDA,  colonel  de  la  sécurité  d'Etat 
à ses  heures,  ce  qui  ne  l’empêchait 
pas  «Têtue  un  grand  ami  de  feu 
Franz  Josef  Strauss,  ténor  de  la 
droite  bavaroise. 

Les  archives 
de  la  Stasi 

Son  rôle  pendant  des  décennies  a 
consisté  à conclure  avec  des  firmes 
occidentales  de  frocteuses  affaires 
qui  rapportaient  i Berlin-Est  des 
devises  et  accessoirement  des  ren- 
seignements techniques  ou  politi- 
ques. Ses  fonctions  officielles  l’ont 
nus.  en  relation  avec  toute  la  ci«se 
dirigeante  ouest-allemande.  On 
comprend,  dans  ces  conditions, 
qu’il  soit  difficile  de  tirer  au  clau- 
ses. activités,  de  faire  ta  paît  entre 
le  «commerce  mutuellement  avan- 
tageux entre  deux  pays  i systèmes 
sociaux  differents»,  comme  disait 
encore  Ja  langue  de  bois  des 
années  80,  et  la  pure  et  simple 
subversion.  En  attendant, 
«Scfaalck»  coule  «les  jouis  heureux 
au  bord  du  Tegersee. 

H y a aussi  les  obscurs  et  tes 
sans-grade;  ceux  qui  ont  joué  dans 
les  partis-croupions  - libéral  ou 
chrétien-démocrate  - les  faire-va- 
loir des  communistes  et  qui  n’ont 
pas  hésité  à convoiter  des  postes  de 
responsabilité  après  la  réunifica- 
tion. Bon  gré  mal  gré,  car  elle  avait 
besoin  de  troupes  pour  gagner  les 
élections,  Ja  démocratie  cfaiétiemie, 
qui  avait  accepté  toutes  les  bonnes 
volontés,  a été  obligée  de  faire  te 
ménage  dans  ses  rangs.  L’unifica- 
tion forcée  des  partis  communiste 


20-  EXPOSITION  Wt£RALOGtQUE 

V0H>.  B - SAM.  30  NOVEMBRE 

(12  - 19  hl  (10  h k 19  h) 

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Mt  Mmh 

flADIO  TÉLÉVISION 


et  socialiste  en  1946  a au  moins 
évité  ce  problème  au  SPD. 

Il  y a ceux  qui  étaient  en  carte  à 
ta.  sécurité  d’Etat  - la  Stasi,  - pas 
nécessairement  des  agents  à plein 
temps,  mais  des  auxilfiaires  qui 
rendaient  des  petits  services  en  fai- 
sant des  rapports  sur  leurs  voisina 
de  palier  cru  leurs  collègues  de  tra- 
vaiL  Une  institution  spéciale,  pla- 
cée sous  ta  responsabilité  d’un  pas- 
tenr.  a été  créée  pour  gérer  tes 
archives  de  la  StasL  L’accès  de  la 
presse  anx  dossiers  vient  d’être 
réglementé  par  une  loi,  pour  éviter 
tes  campagnes  de  soupçons,  voire 
de  diffamation.  Les  personnes 
mises  en  cause  et  les  anciens 
«espionnés»  mit  1e  droit  de  voir 
leur  dossier.  Des  récits  tirés  de 
cette  «littérature»  commencent  à 
paraître  dans  ta  presse,  qui  don- 
nent un  aperçu  savoureux  et  tragi- 
que du  style  policier  est-allemand. 

Le  problème  est  politique,  juridi- 
que. moral,  historique.  Mais  l’nni- 
ncation  ne  sera  pas  vraiment  réali- 
sée aussi  longtemps  que  ce 
n’anra  pas  été  épuré,  qn'ü  n’aura 
pas  été  pris  en  charge  collective- 
ment par  tous  les  Allemands,  à 
PEst  et  à l'Ooest,  comme  un  passé 
commun,  un  morceau  ineffaçable, 
au  même  titre  que  tes  douze  ans  de 
national-socialisme,  de  l’histoire 
allemande. 

DANIEL  VERNET 


Le  Parlement  d'Ossétie  du  Sud, 
en  Géorgie,  a proclamé,  jeudi 
28  novembre,  l'état  d’urgence  et 
décrété  la  mobilisation  générale 
alors  que  les  forces  loyales  au 
président  géorgien,  M.  Zviad 
Gamsakoirdia,  se  massaient  aux 
abords  de  la  capitale  régionale, 
Tchkinvali.  Au  terme  d'une  réu- 
nion de  plusieurs  jours,  le 
Conseil  (assemblée)  régional  a 
également  nommé  M.  Znaour 
Gassiev  au  poste  de  premier 
ministre  et  président  du  Parle- 
ment. Selon  la  télévision  russe, 
près  de  dix-sept  mille  «combat- 
tants» géorgiens  sont  mobilisés 
aux  frontières  de  l’Ossétie  du 
Sud,  ancienne  région  autonome 
au  sein  de  la  République  de 
Géorgie.  Mais  lors  de  l’âectîon 
présidentielle  dans  cette  Républi- 
que en  novembre  1990,  les 
Ossètes  avaient  exprimé  leur 
refus  de  l’indépendance  géor- 
gienne. Ils  demandent  à être  rat- 


tachés à l'Ossétie  du  Nord,  Répu- 
blique autonome  de  la  Fédéra- 
tion de  Russie. 

D’après  l'agence  Interfax, 
citant  les  services  de  renseigne- 
ments locaux,  la  concentration  de 
troupes  géorgiennes  laisse  prévoir 
une  éventuelle  attaque  contre  la 
capitale  de  l'Ossétie  du  Sud.  Les 
dix-sept  mille  hommes,  équipés 
de  chars  et  de  véhicules  blindés, 
encerclent  la  ville  alors  que  la 
population  locale  ne  disposerait 
que  d’armes  légères,  selon  la 
même  source.  Dès  la  semaine 
dernière,  des  informations 
avaient  fait  état  de  la  volonté  de 
la  direction  géorgienne  de  lancer 
une  attaque  massive  sur  la  capi- 
tale ossète,  mais  elles  avaient  été 
démenties  par  Tbilissi. 

Blocns 


Nouvelle  loi 
sur  la  citoyenneté 
russe 

Le  Parlement  russe  a adopté, 
jeudi  28  novembre,  une  loi  qui 
donne  la  citoyenneté  russe  à tous 
tes  Soviétiques  de  nationalité  russe 
déchus  contre  leur  gré  de  leur 
citoyenneté,  a annoncé  l’agence 
R/A.  Cetfe  décision  concerne 
notamment  les  175  écrivains  et 
artistes  réfugiés  à l’étranger  et  tes 
400  000  juifs  russes  qui  ont  émigré 
en  IsraSL  La  loi  précise  que  les 
Russes  vivant  dans  des  Républi- 
ques souveraines  dont  ils  ne  sou- 
haitent pas  obtenir  ta  citoyenneté 
sont  également  considérés  comme 
des  citoyens  russes.  Jusqu’à  pré- 
sent, tes  citoyens  soviétiques  qui 
choisissaient  de  s’expatrier,  étaient 
systématiquement  déchus  de  leur 
citoyenneté.  - (AFP.) 


Peu  après  son  élection 
en  décembre  1990,  te  président 
géorgien,  opposé  aux  visées  sépa- 
ratistes des  Ossètes  du  Sud,  a 
aboli  le  statut  d’autonomie  de 
cette  région  et  imposé  l’état  d’ur- 
gence. L’Ossétie  du  Sud  avait 
alors  déclaré  son  indépendance, 
une  décision  qu’elle  a officielle^ 
ment  réaffirmée  jeudi.  Depuis  on 
an,  des  formations  armées  ossètes 
et  géorgiennes  s’affrontent  dans 
une  guérilla  qui  a fait  des  cen- 
taines de  morts  et  des  dizaines 
de  milliers  de  réfugiés.  Les  com- 
battants géorgiens  imposent  en 
outre  depuis  plusieurs  mois  un 
blocus  économique  à 
Tchkinvali.  - (AFP.  Reuter.) 


□ Décès  du  premier  ministre  kir- 
gh'ag.  - Le  premier  ministre  du 
Kirghizstan  soviétique,  Nasirdine 
Isanov,  s’est  tué,  vendredi 
29  novembre,  dans  un  accident  de 
voiture,  an  cours  d'une  visite  dan» 
la  région  de  Djalal-Abad,  selon 
f agence  Interfax.  - (Reuter A 


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8 Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991 


PO  I NT/L’UKRAINE 


Un  vote 

pour  l'indépendance 


Dimanche  1"  décembre,  les  52  millions 
d'habitants  de  l'Ukraine  doivent  à la  fois,  se 
prononcer  pour  ou  contre  l'indépendance  de 
cette  République  et  élire  un  président  U 
favori  est  Leonid  Kravtchouk,  ex-chef  du  Parti 
communiste  idcrairoen  et  actuel  numéro  un  en 
tant  que  président  du  Parlement  II  affame 
dans  ses  meetings  qu'il  faut  eau  moins 
80  %a  de  voix  en  faveur  de  l'indépendance 
pour  que  l'Ukraine,  avec  son  territoire  grand 
comme  la  Pologne,  la  Hongrie  et  la  Tchécos- 
lovaquie réunies,  «finisse  par  devenir  ha  t roh 
stème  pays  <f  Europe  après  l'Allemagne  et  la 
Rance». 

Il  exclut  ans!  la  Russie  de  FEiaope.  Mais 
c'est  précisément  cette  conviction,  désormais 
ancrée  en  Ukraine,  que,  pour  son  salut,  elle 
doit  se  détacher  de  tout  ce  qui  se  décompose 
à l'est  de  ses  frontières,  qui  fait  le  succès  de 


l'idée  indépendantiste.  Même  une  majorité  de 
se*  12  miffions  de  Russes  seraient  aussi  deve- 
nus favorables  à cette  indépendance,  qui  leur 
réservera,  espèrent-ils,  un  moins  mauvais 
niveau  de  vie  que  la  Russie. 

Les  dernières  décisions  de  la  Russie,  déci- 
dant de  faire  cavaSer  serf  dans  ses  réformes 
et  s'adjugeant  les  vieux  namatères  fédéraux 
de  Moscou,  n'ont  pu  que  précipiter  la  déter- 
mination en  Ukraine  è voter  pour  l'mdépen- 
dance  et  peut-être  aussi  donner  plus  de  voôc 
au  principal  rival  de  M.  Kravtchouk,  le  diri- 
geant dé  Lvov,  Vratcfiesfav  TchomovyL  Mais 
cet  ex-dissident,  qui  a passé  quinze  ans  dans 
les  camps  soviétiques,  reconnaît  lui-même 
que  M.  Kravtchouk  s'est  peu  à peu  approprié 
son  propre  programme  Indépendantiste  et 
reste  pour  cela  le  favori.  Tous  deux  sont  d'ac- 
cord d'auteurs  sur  l'étape  suivante  : appel  à la 


reconnaissance  de  l'Occident  à son  aids  et  à 
ses  investissements  pour  introduira  l'écono- 
mie dé  marché  avec  une  monnaie  ukrainienne. 

Personne  n'ose  dire  que  ce  sera  facto: 
M.  Eltsine,  qui,  encore  après  le  putsch  d'août 
menaçait  de  réclamer  à l'Ukraine  tes  régions  à 
majorité  russe  de  l'Est  et  du  Brimai  sud,  peut 
refuser  de  Svrer  à l'Ukraine  te  pétrole  et  le  gaz 
dont  eflo  dépend  fortement 

Les  Ukrainiens  peuvent  refuser  de  Bvrer  leur 
blé  - ce  qu'as  font  déjà  en  panda  partie,  - 
voire  couper  les  exportations  de  la  Russie  qui 
transitant  chez  eux.  ActuaBament  l'Ukraine 
se  flatte,  non  sans  raison,  d'avoir  su  aplanir 
chez  elle  les  animosités  inter-ethniques, 
même  si  «tes  juifs  continuent  à partir.  Ni  Kiev 
té  Moscou  ne  veulent  non  plus  d'une  guerre 
économique  qta  pourrait  dégénérer  et  les  pri- 
ver du  soutien  de  l'Occident 


Entre  Pologne  et  Russie 

Une  aspiration  constante  à la  liberté 


Voltaire  le  disait  : « L’Ukraine 
aspira  toujours  à être  libre.  » Mais 
peu  le  disent  avec  lui.  Si  le  poids 
géopolitique  de  l’Ulcraine  est  main- 
tenant reconnu  comme  pouvant  jus- 
tifier une  existence  indépendante,  la 
légitimité  historique  de  celle-ci  reste 
beaucoup  plus  Floue,  avant  tout 
pour  les  Russes.  Quand  M.  Gorbat- 
chev dit  qu’il  ne  peut  imaginer 
l’Union  sans  l’Ukraine,  il  ne  fait 
qu’exprimer  une  idée  constante  de 
ses  compatriotes  de  tout  bord  : 
Lénine  affirmait  que,  «si  l’URSS 
perd  l'Ukraine,  elle  péri  sa  tête». 
Soljénitsyne  aussi  défendait,  en  sep- 
tembre 1990,  le  maintien  d’une 
e Union  slave  » formée  de  la  Russie, 
de  la  Biélorussie  et  de  l’Ukraine. 

Cette  idée  d’une  triade  «russe» 
inséparable  révolte  les  Ukrainiens  : 
ces  Slaves  ne  se  veulent  pas  plus 
Russes  que  sont  les  Polonais  ou  les 
Tchèques.  Russes,  Biélorusses  et 
Ukrainiens  auraient  bien  pour 
ancêtres  communs  les  Slaves  orien- 
taux, ces  «rouss».  rassemblés  avant 
et  après  l’an  1000.  sous  l’autorité 
des  princes  de  Kiev  quand  Moscou 
n’existaii  pas  encore.  Mais  si  la 
Russie  moscovite  puis  impériale  a 
fini  par  s’imposer  ei  russiser  ses 
cousins,  les  Ukrainiens  n’en  contes- 
tent qu’avec  plus  de  vigueur  une 
Histoire  écrite  â Moscou,  une  capi- 
tale qu’ils  voient  comme  les  Grecs 
anciens  voyaient  Rome.  Les  diffé- 
renciations entre  Ukrainiens,  Biélo- 
russes et  Russes  ne  viendront  qu’a- 
vec les  invasions,  à partir  du 
treizième,  siècle  des  Mongols,  puis 
des  Lituano-Polonais  qui  se  parta- 
geront longtemps  l’Ukraine  avec  les 
Tartares  du  Kharnat  de  Crimée. 

La  russification 

Puis  les  Russes  entament  leur 
lente  mais  constante  progression 
vers  le  sud,  vers  cette  <*  ukraina  », 
mot  qui  veut  dire  «confins»  ou 
«marches»  en  russe.  Les  cosaques 
Zaporogues,  les  Slaves  semi-no- 
mades pariant  ukrainien  se  taillent 
alors  un  domaine  dans  la  boucle  du 
Dniepr,  entre  Russes,  Polonais  et 
Tartares.  s’alliant  tantôt  avec  les 
uns,  tantôt  avec  les  autres  pour  ten- 
ter de  sauvegarder  leurs  «libertés». 
Un  de  leurs  chefs  élus,  le  hetman 
Bogdan  Khmelnitski,  à la  tête  d’une 
révolte  paysanne  contre  les  Polo- 
nais, choisit,  en  1654,  de  se  placer 
sous  la  suzeraineté  du  tsar.  Celui-ci 
devint  alors  « tsar  de  toutes  les  Rus- 


sies»  : la  grande,  la  petite  (Ukraine) 
et  la  blanche  Biélorussie.  La  statue 
de  Khmelnitski  à Kiev  est  pour 
Moscou  celle  du  patriote  et  de 
l’unificateur.  Mais  pour  les  Ukrai- 
niens, c’est  celui  qui  a ouvert  la 
voie  à l’impérialisme  moscovite.  Le 
dernier  hetman  cosaque  qui  cherche 
& s'émanciper,  le  Mazeppa  des 
Romantiques,  est  battu  en  1709  à 
Poltava. 


De  faux  atouts 
économiques 

En  quittant  l’Union  soviétique, 
1"  Ukraine  la  privera  de  18  % de 
sa  population,  mais  de  25  % de 
son  PNB.  dont  23  % de  sa  pro- 
duction agricole  (53  % du  sucra 
et  56  % du  maïs)  ; mais  aussi 
de  46  % de  son  fer,  de  34  % 
de  son  acier  et  de  24  % de  son 
charbon. 

Les  mines  du  Dombass, 
exploitées  depuis  le  dix-neu- 
vième siècle,  sont  cependant 
dans  un  état  sinistré  et  coûtent 
des  mü  fia  rds  en  subventions.  De 
môme  que  l’industrie,  perçue 
par  (es  Ukrainiens  comme  un 
des  piliers  de  leur  indépen- 
dance, alors  qu’elle  est  à 25  % 
au  moins  militaire  et  nécessite 
des  investissements  énormes 
pour  survivre  dans  une  écono- 
mie libérale. 

Cette  industrie  lourde  est 
donc  moins  un  atout  qu’une 
future  source  de  besoins  finan- 
ciers auxquels  l’Ukraine,  è 
défaut  de  matières  premières 
exportables,  pourra  difficilement 
répondre  : sa  part  de  dettes 
soviétiques,  qu’elle  veut  rem- 
bourser seule,  la  place  au  niveau 
des  pays  a sévèrement  endet- 
tés» définis  par  la  Banque  mon- 
diale et  cotés  plus  bas  que  la 
Russie. 


Sous  Catherine  II,  une  grande  par- 
tie de  l’Ukraine  actuelle  passe  dans 
l’empire  russe.  D’abord  Potemkine 
y bat  les  Turcs  et  devient  gouver- 
neur, faisant  de  la  «nouvelle  Rus- 
sie» le  grenier  à blé  de  l'empire.  Le 


port  d’Odessa  est  fondé.  Et  des 
populations  affluent,  allemandes, 
grecques  et  juives.  Au  dix-neuvième 
siècle,  la  houille  du  Dooets  et  le  fer 
voisin  font  aussi  de  l'Ukraine  orien- 
tale le  berceau  de  l'industrie  lourde 
de  l'empire.  La  russification  accom- 
pagne cette  colonisation  : ['ukrai- 
nien, dont  la  force  littéraire  issue 
du  slavon  a été  fortement  pokmisée, 
est  tout  simplement  interdit. 

C’est  alors  dans  la  Gaiicie  - 
l'Ukraine  occidentale  passée  à l’Au- 
triche après  le  premier  partage  de  la 
Pologne  en  1772  - que  sont  impri- 
més des  ouvrages  en  ukrainien 
moderne,  œuvres  de  pionniers  qui 
ont  puisé  dans  les  rfiaittetex  Quand 
les  troupes  russes  s'emparent  de 
cette  région  en  1914,  la  répression 
touche  aussi  ce  refuge  de  l’Ukzaine 
et  de  l’Eglise  uniate  (grecque-catbo- 
lique).  Mais  une  nouvelle  occupa- 
tion polonaise  entre  les  deux 
guerres  permit  à la  Gaiicie,  quand 
elle  devra  à son  tour  se  soumettre 
au  pouvoir  soviétique  en  1939, 
d'être  le  ferment  jamais  éteint  du 
nationalisme  ukrainien. 

L’ère  soviétique 

Un  nationalisme  qui  se  manifesta 
en  Ukraine  orientale,  dès  la  chute 
du  tsarisme,  avec  la  proclamation 
en  novembre  19 17  d’une  Républi- 
que démocratique  d’Ukraine  avec  le 
social-démocrate  Petlioura  comme 
ministre  de  la  guerre.  Elle  signe, 
en  février  1918,  un  traité  à Brest- 
Litovsk  avec  les  puissances  cen- 
trales, qui  reconnaissent  l’indépen- 
dance de  rUkraine.  Le  gouverne- 
ment bolchévique  est  contraint  de 
faire  de  même  un  mois  plus  tard. 
Mais  l'Allemagae  occupe  toute 
rUkraine  et,  quand  elle  se  replie, 
des  combats,  accompagnés  de  pil- 
lages, massacres  et  progroms,  rava- 
gent la  nouvelle  République.  Les 
acteurs  en  sont  pêle-mêle  les  bol- 
chéviques  de  Petlioura,  les  anar- 
chistes de  Makhno,  les  cosaques,  les 
armées  blanches,  celles  des  alliés  ou 
des  Polonais. 

Entre  1917  et  1920,  Kiev  aura 
changé  neuf  fois  de  mains,  avant 
que  s’installe  la  République  soviéti- 
que d’Ukraine,  qui  devient,  le 
30  décembre  1922,  membre  fonda- 
teur de  l’URSS.  Les  années  20,  avec 
le  répit  de  la  NEP,  connaissent  une 
certaine  renaissance  avec  une  offi- 


— Frontières  actuelles 

Limitas  des  Républiques  soviétiques 

——-.«-n  Territoires  annexés  par  l'Union 
I soviétique  entre  1939  et  1945 


Gaiicie 

orientale 

polonaise 


Ukraine 
sudearpatique 
tchécoslovaque 
entra  1919  et  1938 


Bucovine 
du  Nord 

‘ 

Bessarabie 

. Crimée 

roumaine 

entre  1918  et  1940 

roumaine  . 
entre 1918  et  T940 

rattachée  à l'Ukraine 
; en  1954 

.dalisation  du  bilinguisme,  l’e 
gnement  obligatoire  de  PuJerainien 
et  une  liberté  culturelle  pour  les 
minorités,  notamment  juives. 

Mais  la  collectivisation  boule- 
verse à nouveau  le  pays  et  en 
Ukraine  elle  tourne  è la  guerre 
civile.  Les  campagnes  sont  alors 
punies  par  l'effroyable  famine  des 
années  1932-1933.  Des  correspon- 
dants étrangers  décrivent  des  scènes 
de  cannibalisme,  et  les  historiens 
ukrainiens  parient  de  sept  millions 
de  morts.  Ce  génocide,  qui  s’accom- 
pagne d’une  persécution  de  l'élite 
intellectuelle,  et  remplit  les  goulags 
ukrainiens,  ne  sera  jamais  reconnu 
en  tant  que  tel  par  Staline,  bien  sûr, 
mais  en  Occident  non  plus.  Il  est 
peu  étonnant,  dés  lors,  que  l’invar 
si  on  de  [Ukraine  par  Hitler  en  été 
1941  ait  laissé  là  aussi  les  popula- 
tions plutôt  passives.  Mais  les  mas- 
sacres des  juifs  achevés,  les  Ukrai- 
niens sont  transférés  en  mars  dans 
les  camps  de  travail  en  Allemagne  - 
certains  aussi  dans  des  camps  (f  ex- 
termination alors  que  d’autres 
Ukrainiens  assurent  la  garde  de  tels 
camps.  Et  un  mouvement  de  résis- 


tance armé,  à la  fois  contre  les  Alle- 
mands m les  Soviétiques,  se  déve- 
loppe. Son  chef.  Bandera,  est 
interné  par  les  Allemands.  Mais  ses 
hommes  poursuivront  après  1945  le 
combat  clandestin  contre  Staline. 

Au  cours  de  leur  repli  d’Ukraine, 
les  troupes  allemandes  feront  des 
destructions  massives  - la  moitié 
des  pertes  matérielles  subies  par 
l’URSS,  - et  six  millions  cTUkrai- 
niens  auront  encore  péri  durant 
cette  guerre.  L’Ukraine  d’après 
1945  n’aura  jamais  été  aussi  vaste 
mais  guère  plus  heureuse,  malgré 
son  siège  à FONU.  Après  lés  trans- 
ferts de  population  et  une  nouvelle 
femme  en  1946,  toute  contestation 
est  réprimée  comme  «bandériste». 
L’Ukrainien  Khrouchtchev  desserre 
un  peu  la  cinq»  et  donne  en  1954 
la  Crimée  à PUkraine.  Mais  les 
purges  qui  frappent  ensuite  le  Parti 
communiste  ukrainien  se  fiant  pour 
« déviation  nationaliste  ».  une 
menace  dont  a joué  vis-à-vis  de 
Moscou  - sur  le  thème  : «c’est  moi 
ou  l’explosion  nationale  » - le 
conservateur  Chtcberiritski,  qui  se 
maintiendra  à Kiev  jusqu’en  1989. 


La  catastrophe  de  Tchernobyl,  à 
l'aube  de  te  perestroïka,  n’avait  pas 
suffi,  en  effet,  à déstabiliser  les 
communistes  en  Ukraine  où  la 
répression  se  poursuivait  i l’écart 
des  médias.  Même  si  en  Gaiicie  les 
limai»  commençaient  à sortir  de 
clandestinité,  impulsant  l’idée  natio- 
nale, il  annihila  attendre  l'exemple 
balte  et  la  démocratisation  à Mos- 
cou pour  que  les  Ukrainiens  s’y  ral- 
lient Mais  ils  ont  vite  rattrapé  le 
temps  perdu  : le  « roukb  » ou 
« Mouvement  démocratique 
d'Ukraine»  rassemble  presque  tous 
les  partis  d’opposition,  et  ses  diri- 
geants parviennent  à y limiter  l'in- 
fluence des  groupes  purement  natio- 
nalistes. Les  communistes 
eux-mêmes  se  sont  scindés  en 
« impériaux  » (fidèles  à Moscou 
mais  défaits  après  le  putsch  raté  du 
mois  d’août  dernier)  et  «souverai- 
nistes» qui,  derrière  Leonid  Kraut- 
chouk,  se  sont  découverts,  la  désin- 
tégration de  l’URSS  aidant, 
partisans,  eux  aussi,  de  l'indépen- 
dance de  l’Ukraine. 

SOPHIE  SHIHAB 


La  deuxième  puissance  nucléaire  d’Europe 


L'indépendance  de  l'Ukraine  n'est 
pas  prise  è la  légère  par  les  stra- 
tèges occidentaux.  Cette  Républi- 
que abrite  en  effet  sur  son  territoire 

tant  d'amies  nucléaires  stratégiques 
et  tactiques  (entre  un  cinquième  et 
un  sixième  des  27  000  charges 
nucléaires  dont  est  créditée  f’ex- 
URSS).  qu'elle  pourrait  revendiquer 
le  titre  de  deuxième  puissance 
nucléaire  européenne,  derrière  la 
Russie  mais  bien  devant  la  France 
et  la  Grande-Bretagne  réunies. 

La  situation  est  d’autant  plus 
inquiétante  que  la  présence  de  mil- 
Bers  d'armes  nucléaires  soviétiques 

- théoriquement  contrôlées  par  le 
« centre  ».  pour  ce  qui  est  des 
armes  stratégiques,  mais  dépen- 
dant d’une  chaîne  de  commande- 
ment beaucoup  plus  aléatoire,  dans 
le  cas  de  certaines  armes  tactiques 

- a parfots  été  évoquée  par  des 
dirigeants  ultranationalistes  comme 
l'objet  d'un  éventuel  marchandage 
avec  Moscou.  Une  mise  en  garde 
solennelle  de  l'OTAN  et  plusieurs 
démarches  discrètes  de  Washing- 
ton semblent  avoir  mis  un  terme  à 
cette  surenchère  dangereuse.  Il  n'en 
reste  pas  moins  qu'à  la  veille  de 
I élection  du  1*  décembre  tous  les 


candidats  nationalistes  à la  prési- 
dence - y compris  Leonid  Kravt- 
chouk - étaient  opposés  au  trans- 
fert en  Russie  des  milliers  de  têtes 
nucléaires  stationnées  en  Ukraine, 
pour  ne  pas  renforcer 
Y* impérialisme  russe». 

Que  faire  de  ces  armes,  te  Par- 
lement ukrainien  s'étant  également 
prononcé  en  faveur  d'un  statut  non 
nucléaire  de  la  République  et  de  la 
ratification  du  traité  de  non-prolifé- 
ration nucléaire  et  des  accords  sur 
la  réduction  des  armements  déjà 
signés  par  l'URSS?  La  destruction 
de  plus  de  cent  trente  armes  straté- 
giques stationnées  en  Ukraine  est 
prévue  par  les  accords  START. 
Toute  une  catégorie  d'armes  tacti- 
ques devraient  aussi  eue  liquidées 
dans  le  cadre  des  réductions  uni- 
latérales annoncées  par  MM.  Bush 
et  Gorbatchev  au  lendemain  de 
l’échec  du  putsch  de  Moscou.  De 
telles  destructions  posent  cepen- 
dant de  délicats  problèmes  : elles 
nécessitent  des  installations  dont 
l’Ukraine  ne  dispose  pas  et  eSes 
exigent  plusieurs  années.  A l'issue 
du  processus  se  posera  d'autre 
part  le  problème  des  matières  fis- 
siles récupérées.  Qu'en  faire?  Où 


les  stocker,  étant  entendu  qu'efles 
pourraient  être  facilement  réutilisées 
è des  fins  militaires  ? Sous  des 
formes  è peine  différentes,  les 
mêmes  questions  se  posent  à pro- 
pos des  armes  chimiques. 

Une  solution  consisterait,  pour 
les  Occidentaux,  notamment  les 
Américains,  à se  charger  de  ces 
destructions.  L'idée  progresse  à 
Washington,  où  le  Sénat  vient  de 
voter  des  crédits  de  500  miffions 
de  dollars  destinés  à financer  ta 
mise  au  rancart  d'armes  nucléaires 
soviétiques.  La  France,  de  son  côté, 
est  prête  à coopérer  à l’opération. 
Même  si  elles  sont  mises  en 
œuvre,  ces  solutions  exigeront 
beaucoup  de  temps  - de  l’ordre  de 
plusieurs  années  - et  ne  x couvri- 
ront» pas  toutes  les  armes  basées 
en  Ukraine.  Le  danger  d’un  chan- 
tage nucléaire  demeurera  donc  et 
de  nouveaux  accords  de  réduction 
de  la  panoplie  nucléaire  soviétique  - 
sans  doute  unilatéraux  - seront 
nécessaires  pour  qu'on  puisse  « trai- 
ter» la  totalité  des  armes.  Les  assu- 
rances que  donneront  les  dirigeants 
ukrainiens  seront  en  tout  cas  exami- 
nées è la  loupe  par  Washington  et 
seront  déterminantes  pour  ce  qui 


est  de  la  rapiefitê  de  la  reconnais- 
sance de  l’indépendance  de 
l’Ukraine,  même  si  la  Maison 
Blanche  a fart  savoir  au  début  de  la 
semaine,  au  grand  dam  de  M.  Gor- 
batchev, qu’elle  ne  voyait  suons 
raison  de  principe  de  s'opposer  à fa 
naissance  d’un  nouvel  Etat 

Une  armée 

de  450  000  hommes  ? 

Si  l’Ukraine  est  prête  â adopter 
un  statut  non  nucléaire  (le  trauma- 
tisme engendré  par  la  catastrophe 
de  Tchernobyl  est  loin  d’avoir  dis- 
paru), elle  n'en  veut  pas  moins  se 
doter  d'une  importante  armée  répu- 
blicaine en  cnationaKsam»  une  par- 
tie des  troupes  soviétiques  déjà  sur 
son  territoire.  C'est  ainsi  que  le  Par- 
lement de  Kiev  a décidé  il  y a quel- 
ques semaines  la  création  d’une 
armée  de  quatre  cent  cinquante 
trille  hommes  - mais  M.  Kravt- 
chouk ne  parie  que  de  cent  à cent 
rânquant  mia  hommes  - et  d’une 
garda  nationale  de  trente  à cin- 
quante milia  membres.  L'armée 
rouge  compte  actueBement  envron 
un  mi  ion  et  demi  d'hommes  en 
Ukraine,  répartis  en  quatre  com- 


mandements (trois  régions  rrdrtaires 
plus  la  fions  de  la  mer  Noire).  Les 
décisions  du  Parlement  ont  créé, 
semble-t-a.  une  grande  confusion, 
certaines  unités  de  l’armée  s’étant 
d'ores  et  déjà  placées  sous  le  com- 
mandement du  ministère  de  la 
défense  ukrainien  ; il  en  est  de 
même  pour  certaines  unités  dépen- 
dant du  ministère  de  l'intérieur 
soviétique,  qui  formeraient  le  noyai 
de  ta  garde  nationale  tends  que  les 
gardes-frontières  (qui  dépendaient 
du  KGB)  auraient  été  placés  sous 
les  ordres  du  gouvernement  répubé- 
cain. 

Un  fort  lobby  mitariste  agite  la 
République,  qui  fournit  plus  de 
40  % des  officiers  de  l’armée 
rouge.  Il  entend  que  l'Ukraine 
«nationalise»  également  la  Hotte  de 
la  mer  Noire,  basée  è Sébastopol, 
en  Crimée.  Tout  en  affirmant  vouloir 
se  doter  d'une  marine,  les  diri- 
geants de  Kiev  n’ont  pas  repris 
cette  exigence  à leu  compte;  e8e 
constituerait  en  effet  un  casus  beS 
avec  Moscou,  car  eBe  ré  durait  pra- 
tiquement la  Russe  à l'état  de  puis- 
sance asiatique.  EBe  aviverait  aussi 
un  conffit  potentiel  è propos  de  la 


Crimée.  Peuplée  en  majorité  de 
Russes  qxès  avoir  été  «débarras- 
sée » des  Tatars  par  Staline,  la 
péninsule  a été  « donnée  » è 
l’Ukraine  par  Khrouchtchev  en 
1Ô54rmais  M.  Boris  Eltsine  a 
menacé,  au  mois  d'août,  d’en 
reprendre  le  contrôle  en  cas  d'indé- 
pendance. C'est  pourquoi  les  résul- 
tats du  référendum  poix  la  Crimée 
seront  examinés  de  près. 

Jusqu'à  présent  et  contrairement 
à leurs  congénères  des  pays  baltes 
et  de  Moldavie,  les  Russes 
dtfcraine  - auxquels  la  citoyenneté 
ukrainienne  a ôté  promise  - n’ont 
pas  fait  ouvertement  'campagne 
contre  l'indépendance. 

Autre  problème  territorial  possi- 
ble: la  Bucovine  du  Nord  et  le 
Bujac,  deux  régions  moldaves, 
accordées  à l'Ukraine  par  Staline  au 
lendemain  de  la  guerre.  Jeudi 
28  novembre,  le  Parlement  de 
Bucarest  a dédaré  «nuis  et  non 
avenus»  les  résultats  des  consulta- 
tions organisées  dans  ces  deux  ter- 
ritoires «roumains». 

JACQUES  AMALRIC 


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- . .Un  pétrolier  battant  pavillon 
libérien  a pu  accoster  à Port-au- 
Prince.  jeudi  28  novembre, 
aprfe  que  les  Barde-côtes  amé- 
ricaine ront  inspecté  à la  (imite 
des  eaux  internationales.  A 
Washington,  M.  Auguste  Ramt- 
raz  Ocampo,  le  représentant  de 
l'Organisation  des  Etats  améri- 
cains (OEA)  chargé  du  dossier 
haïtien,  à estimé  que  l'embargo 
.décrété  contre  Port-au-Prince 
r devait  être  assoupli  au  fur  et  à 
mesura  des  progrès  de  négocia- 
tions» devant  aboutir  à ta  dési- 
gnation d'un  nouveau  premier 
ministre  accepté  par  toutes  les 
parties. 

WASHINGTON 

de  notre  correspondant 

•Nous  avons  à nouveau  des  boat- 
peopie»,  a lancé  le  présentateur  du 
journal  tfiévisé.  Sur  Pécran,  chaque 
jour  depuis  deux  semam^  on  peut 
voir  des  images  de  malheureux 


AMERIQUES 


veut  limiter  l’exode  de  la  population 


Haïtiens  en  haillons  «nn^  sur 
des  embarcations  de  fortune,  ballo- 
ttés sur  une  mer  houleuse,  épuisés 
et  déshydratés,  qui  cherchent  à 
atteindre  les  rives  de  la  Floride. 
Amorcé  fin  octobre,  le  Oux  n’a 
cessé  de  s’accâércr.  Ds  sont  aujour- 
d'hui un  peu  plus  de  5 300  i avoir 
été  repéchés,  souvent  en  catas- 
trophe, par  les  garde-côtes  améri- 
cains, qui  ont  été  détournés  de  leur 
tâche  habituelle  : la  eh****  an»  tra- 
fiquants de  drogue.  L'administra- 
tion a dû  se  résoudre  à dresser  un 
camp  de  toile  sur  la  base  des 
marines  de  Gnantanamo,  par- 
tie de  nie  de  Cuba  sous  contrôle 
des  Etats-Unis.  Le  camp,  qui  peut 
acmeiHir  quelque  dix  niiifa  per- 
sonnes, pourrait  se  trouver  rapide- 
ment saturé. 

La  vague  de  réfugiés  a pris 
forme  tm  mois  après  le  coup  d'Etat 
militaire  du  30  septembre  qui  a 
renversé  le  président  élu  Jean-Ber- 
trand Aristide.  Elle  a commencé 
lorsqu'à  est  apparu  que  le  prés- 
dent  Aristide  avait  peu  de  chance 
de  regagner  rapidement  Port-au- 
Prince  et  an  moment  où  tes  sanc- 
tions économiques  décidées  par 


GUYANA 


Proclamation  de  l’état  d’urgence 
et  report  des  élections 


Le  président  Desmond  Hoyte,  a 
proclamé,  jeudi  28  novembre,  l’état 
d'urgence  au  Guyana,  et  a reporté 
les  élections  présidentielle  et  légis- 
latives, prévues  pour,  le  16  décem- 
bre, i une  date  indéterminée. 
M Hoyte,  dont  le  parti  est  an  pou- 
voir depuis  1984,  a déclaré  qu'il 
allait,  en  vertu  de  l’état  d’urgence, 
demander  une  réunion  en  session 
extraordinaire  du  Parlement,  dis- 
sous le  28  septembre  dernier,  pour- 
procéder  à des  modifications  des 
listes  Rectorales. 

L'ancien  président  américain 


Jimmy  Carter  avait  menacé  de  ne 
pes  superviser,  comme  prévu,  le 
scrutin  du  16  décembre  si  ces 
listes,  entachées  d’irrégularités, 
n’étaient  pas  modifiées,  de  manière 
à permettre  aux  340  000  électeurs 
du  pays  d’exercer  leur  droit  de 
vote.  U avait  proposé  le  report  des 
élections  à février  ou  mars.  Le  gou- 
vernement s’est  doté  de  pouvoirs 
spéciaux  pour  le  maintien  de  Tor- 
dre eu  vertu  de  l’état  d’urgence, 
mais  aucune  mesure  n’a  été  prise 
pour  limiter  la  liberté  d’expression. 
- (Reuter,  AFP-f  " - * 


. FÛEA  à rencontre  de  la  jante  au 
pouvoir  se  sont  fini  sentir.  L'admi- 
nistration a d’abord  en  un  réflexe 
de  met.  Ces  réfugiés  fuient  une 
situation  économique  catastrophi- 
que!, non  tes  persécutions  politiques 
du  régime,  ont  dit  tes  responsables 
américains;  ils  prirent  la  décision 
de  n’attribuer  le  statut  de  réfugié 
politique  qu’à  quelques  dizaines 
d'entre  eux  et  de  rapatrier  de  force 
tes  antres  - ce  fin,  courant  novem- 
bre, le  sort  de  plus  de  500  per- 
sonnes. 

Gasuttesamo  : 

os  camp  «provisoire» 

La  presse  et  le  Congrès  ont 
tempêté  et  fiât  valoir  que  bien  des 
boat-people  cubains,  pourtant 
accueillis  aux  Etats- 

Unis,  sont  en  Eût  dans  une  situa- 
tion très  similaire  : victimes  tout  à 
la  fois  de  la  misère  et  d'us  régime 
tyrannique.  Q a été  rappelé  au  gou- 
vernement qu’jl  pouvait  difficile- 
ment dénoncer  lies  rapatriements 
forcés  de  boat  people  vietnamiens 
par  les  autorités  de  Hongkong  - ce 
que  les  Etats-Unis  ont  fait  en 


termes  outragés  - et  ordonner  1e 
renvoi  manu  militari  des  réfugiés 
haïtiens.  La  justice  a tranché,  pro- 
visoirement : U y a deux  semaines, 
un  juge  de  Miami  a ordonné  l'arrêt 
des  rapatriements  forcés,  le  temps 
d’examiner  la  situation  des  beat 
people  haïtiens. 

Tous  tes  témoignages  recueillis 
par  la  télévision  et  la  presse  améri- 
caines vont  dans  le  même  sens  : les 
Haïtiens  furent  la  misère,  certes, 
mais  surtout  la  teneur  que  fait 
régner  la  soldatesque  au  pouvoir  à 
Port-au-Prince,  (te  Monde  du  29 
novembre).  Le  gouvernement  amé- 
ricain insiste  sur  te  fait  que  l’instal- 
lation de  Gnantanamo  ne  saurait 
être  que  provisoire.  Il  a sollicité, 
mais  sans  grand  succès,  la  collabo- 
ration des  antres  pays  de  TOEA 
pour  qu'ils  hébergent  aussi  les  Haï- 
tiens. Le  gouvernement  a peur  de 
provoquer  un  véritable  exode  de  1 
dizaines  de  milliers  de  Haïtiens  s’il 
dorme  l'impression  que  tes  portes 
des  Etats-Unis  sont  grand  ouvertes. 

ALAIN  FRACHON 


ÉTATS-UNIS 


amio-utiio 

- ^ M.  George  Bush  appelle  le  Congrès 
à la  coopération  en  matière  économique 

Le  président  George  Bnsb  a * Nous  avons  maintenant  deva 


Le  président  George  Bnsb  a 
demandé  jeudi  28  novembre,  au 
Congrès  de  ne  pas  tancer  ta  campagne 
pour  réfection  présidentielle  de  1992 
tara  qu’un  programme  de  relance  éco- 
nomique n’aura  pas  été  adopté. 

- «Quand  je  prononcerai  mon  discours 
sur  Vital  de  ["Union  en  janvier,  je 
demandera  au  Congrès  de  laisser  de 
côté  la  politique  électorale  suffisam- 
ment longtemps  pour  adopter  une  série 
de  mesura  de  bon  sens  (destinées  à 
favoriser)  la  croissance  économique »,  a 
déclaré  M.  Bush,  au  cours  de  son 
discours  de  Tbanksgiving. 


* Nous  avons  maintenant  devant 
nous  quelques  semaines  pendant  les- 
quelles ks  ébts  partent  se  calmer  et 
écouter  les  gens  qu’ils  représentent»,  a 
poursuivi  le  président  qui  reproche  au 
Congrès,  & majorité  démocrate,  son 
inaction  en  matière  économique.  Rap- 
pelant avoir  demandé  au  début  de 
Tannée  au  Congrès  a d’adopter  une 
série  importante  tfinidatives  pour  sti- 
muler nome  économie».  ML  Bush  a de 
nouveau  icgrelté  que  ks  Vgwfeitpn** 
*ne  (bd)  aient  pas  envoyé  un  pro- 
gramme détaiBé  de  mesures  de  crois- 
sance économique ».  - (AFP) 


m Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  9 

(Publicité)  

L’ambassade  de  la  République  Arabe  Syrienne 
invite  les  citoyens  syriens  résidant  en  France  à 
exercer  leur  droit  de  vote  pour  les  élections 
présidentielles  qui  se  dérouleront  le  2 décembre 
1991  de  7 heures  à 20  heures  dans  les  bureaux 
de  l’ambassade  sis  20,  rue  Vaneau  75007  Paris, 
et  dams  les  consulats  sis  : 

Marseille  : 27,  rue  du  Paradis  13001  Marseille, 
Guadeloupe  : 51,  rue  Lamartine,  Pointe-à-Pitre. 

Pour  tout  autre  renseignement  supplémentaire, 
en  particulier  en  province,  veuillez  contacter 
l'ambassade  au  n°  suivant 
45-50-24-90  ou  45-51-82-35. 


..Réponse 


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iyZ-'-b'  “ 


La  France  compte 
sur  ses  PME/PMI, 
les  PME/PMI  peuvent  compter 

sur  la  BNP. 


La  France  sait  qu’elle  peut  compter  sur  ses 
PME/PMI.  Elles  constituent  un-des  atouts 
maîtres  de  l’économie  française.  Les  PME/PMI 
savent  qu’elles  peuvent  compter  sur  la  BNP. 
Depuis  toujours  nous  sommes  là,  avec  elles, 
dès  leur  création,  et  à toutes  les  phases  de  leur 
développement  pour  financer  leurs  investisse- 


ments et  leurs  activités  en  France  comme  à 
l’étranger. 

Les  chefs  d’entreprise  l’ont  bien  compris  : 
aujourd’hui  32%  des  PME/PMI  sont  clientes  de 
la  BNP,  alors  qu’elles  étaient  déjà  28%  en  1988 
(source  SOFRES).  Cette  progression  confirme 
la  BNP  comme  la  1re  banque  des  PME/PMI. 


BNR  TOUT  CE  QU’UNE  BANQUE  DOIT  VOUS  APPORTER 


T—  } 


10  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  • 


POLITIQUE 


Le  projet  de  réforme  de  Fadministration  territoriale  à l'Assemblée  nationale 


La  discussion  budgétaire 


Le  gouvernement  à la  recherche  d’une  majorilé 
peur  instituer  une  dotation  de  développement  nmd 


Les  députés  ont  commencé, 
jeudi  28  novembre,  l'examen  en 
deuxième  lecture  du  projet  de 
loi  d'orientation  relatif  à l'admi- 
nistration territoriale  de  la  Répu- 
blique, présenté  par  M.  Philippe 
Marchand,  ministre  de  l'inté- 
rieur, et  M.  Jean-Pierre  Sueur, 
secrétaire  d'Etat  aux  collectivi- 
tés locales.  Ce  texte  n'avait  été 
adopté,  en  première  lecture  le 
9 avril  dernier,  qu'à  une  voix  de 
majorité:  il  rencontre  toujours, 
en  dépit  de  profondes  modifica- 
tions - en  particulier  l'institution 
d'une  dotation  de  développe- 
ment rural  - l'opposition  conju- 
guée du  RPR,  de  l'UDF,  de 
l'UDC  et  du  PC. 

Dans  sa  nouvelle  mouture,  le 
projet  de  loi  relatif  à l'administra- 
tion territoriale  de  la  République 
apporte  trois  dispositions  supplé- 
mentaires. Les  nouvelles  formes  de 
regroupement  des  collectivités 
locales  proposées  par  le  gouverne- 
ment. les  « communautés  de  villes 
et  de  communes  t»,  devront  désor- 
mais compter,  dans  leur  champ  de 
compétences  obligatoires,  le  déve- 
loppement économique  et  l'aména- 
gement de  l'espace.  D'autre  part, 
sur  proposition  de  M.  Robert  Savy 
(PS,  Haute-Vienne),  président  du 
conseil  régional  du  Limousin,  la 
solidarité  inter-régionale  sera  fon- 
dée sur  un  prélèvement  opéré  sur 
les  recettes  fiscales  des  régions  les 
plus  riches  au  profit  des  régions  les 
plus  pauvres.  Le  potentiel  fiscal 
par  habitant  varie  en  effet  de 
590  F en  fle-de-France  à 300  F en 
Midi-Pyrénées.  Cinq  régions 
devraient  donc  voir  leurs  recettes 
fiscales  amputées,  dans  la  limite  de 
5 % au  bout  de  trois  ans  - Ile-de- 
France,  Provence-Alpes-Côte 
d'Azur,  Rhône-Alpes,  Alsace  et 
Haute-Normandie  - au  bénéfice  de 
sept  autres  régions  de  métropole, 
parmi  les  plus  défavorisées,  et  des 
quatre  régions  d’outre-mer. 

Cest  toutefois  l’institution  d’une 
dotation  de  développement  rural 
qui,  paradoxalement,  est  suscepti- 


ble de  concentrer  le  plus  grand 
nombre  d'oppositions.  Cette 
mesure  vise  à apporter  un  soutien 
financier  aux  communes  de  moins 
de  10  000  habitants  qui  jouent  un 
rôle  dans  leur  environnement  éco- 
nomique, ainsi  qu’aux  communau- 
tés ou  groupements  de  communes 
dont  la  population  serait  inférieure 
à 20  000  habitants.  Les  fonds,  pré- 
levés sur  l’accroissement  de  la 
dotation  de  compensation  de  la 
taxe  professionnelle,  s'élèveraient  à 
300  millions  de  francs  en  1992, 
600  millions  de  francs  en  1993  et  à 
1 milliard  de  francs  en  1994.  Dans 
l'état  actuel  des  critères  retenus  et 
des  simulations  établies  au  minis- 
tère de  l’intérieur,  cette  nouvelle 
dotation  pourrait  être  attribuée  à 
quelque  deux  mille  communes 
rurales. 

« Une  opération 
publicitaire» 

Pour  l'opposition,  cette  nouvelle 
mesure  souffre  d'un  défaut  de 
concertation.  Elle  est  considérée 
comme  un  «cavalier  budgétaire», 
ou,  si  l’on  préfère,  comme  une 
pièce  rapportée  dans  un  projet  de 
loi  qui  traite  de  tout  autre  chose. 
Bien  que  fort  mesuré  dans  ses  cri- 
tiques, M.  Robert  Poujade  (RPR, 
Côte-d’Or)  a ainsi  estimé  qu*  « on 
multiplie  les  péréquations  improvi- 
sées». Pour  M.  André  Rossinot 
(UDF,  Meurthe-et-Moselle),  il  ne 
s'agit  là  que  d’une  « opération 
publicitaire  ».  D’autres  encore  ne 
voient  dans  ces  dispositions  qu’un 
moyen  pour  le  gouvernement  de 
séduire  quelques  députés  afin  de 
mieux  les  convaincre  de  voter  l’en- 
semble du  texte.  « Le  débauchage 
de  quelques  voix  de  l'opposition  ne 
pourrait  qu'ajouter  au  discrédit  du 
Parlement »,  a prévenu  M.  Jean- 
Jacques  Hyest  (UDC,  Seine-et- 
Mame)  . 

Dans  les  couloirs  de  l’Assemblée 
nationale,  on  a tôt  fait  de  relever 
que  la  dotation  de  développement 
rural  devrait  être  attribuée  aux 
commîmes  des  départements  d’ou- 
tre-mer usons  que  soient  exigées  les 
conditions  de  p>:tentiel  et  d'effort 
fiscal » prévues  pour  les  communes 
de  la  métropole,  et  même  que  » les 


communes  dé  la  collectivité  territo- 
riale de  Saint-Pierre-et-Miquelon 
bénéficieront  de  plein  droit  de  la 
dotation».  Cest  dire  qu’en  l’ab- 
sence de  majorité  absolue,  le  vote 
des  députés  des  départements  et 
territoires  d'outre-mer  demeure, 
une  nouvelle  fois,  très  attendu. 

Lors  de  la  première  soirée  réser- 
vée i l'examen  de  ce  texte,  on  a vu 
un  député  de  l’opposition, 
M.  Pierre  Mazeaud  (RPR,  Haute- 
Savoie).  prélever  ostensiblement 
quelques  clefs  sur  les  bancs  de 
députés  socialistes  absents  pour 
protester  contre  la  présence,  dans 
les  travées  de  la  droite,  de  M.  Ber- 
nard Derosier  (PS.  Nord),  qui,  une 
feuille  à la  main,  tentait  au  même 
moment  de  refaire  un  pointage  des 
votes,  sur  la  base  des  consignes 
écrites  laissées  sur  les  pupitres  par 
quelques  députés  centristes  ou  non- 
inscrits. 

Comme  au  printemps  dernier, 
pour  la  première  lecture,  le  vote 
final  de  cette  réforme  risque  donc 
bien  de  se  jouer,  samedi 
30  novembre,  & Panaché.  Le  gou- 
vernement, qui  affirme  avoir 
renoncé  à l’usage  de  la  procédure 
contraignante  de  l'aitide  49-3  de  la 
Constitution,  souhaite  en  effet  pla- 
cer l'opposition  devant  ses  respon- 
sabilités. «Je  préféré  gagner.  Meus 
il  ne  serait  pas  déshonorant  de  per- 
dre sur  des  thèmes  tels  que  l'inter- 
communalité ou  la  solidarité  rurale, 
nous  a confié  le  secrétaire  d’Etat 
aux  collectivités  locales,  M.  Sueur. 
Il  reviendrait  alors  à la  droite  de 
s'expliquer  sur  son  refus».  Toute- 
fois, le  ministère  de  l'intérieur  ue 
s’est  pas  engagé  dans  cette  nouvelle 
aventure  parlementaire  sans  un 
certain  nombre  d’assurances.  Déjà, 
le  résultat  des  premiers  scrutins 
publics,  intervenus  sur  des  ques- 
tions de  procédure,  indique  qu'à 
une  ou  deux  voix  près,  ce  sont 
aussi  d'anciens  députés  du  RPR, 
tel  M.  Miche!  Noir  (Rhône),  ou  de 
l’UDC,  comme  M.  Jean-Jacques 
Jegou  (Val-de-Marne),  qui,  en  ren- 
fort du  groupe  socialiste,  feront  ou 
non  adopter  cette  réforme. 

JEAN-LOUIS  SAUX 


Devant  le  corps  préfectoral 

M.  Mitterrand  souligne  la  nécessité  de  corriger 
«les  erreurs  de  parcours»  des  lois  de  décentralisation 


La  construction  européenne  et 
la  réforme  des  institutions  de  la 
V*  République  ne  sont  pas  les 
seuls  «chantiers»  qui  préoccu- 
pent aujourd'hui  M.  François 
Mitterrand.  Si  l'on  en  juge  par 
les  propos  que  le  président  de  la 
République  a tenus,  mercredi 
après-midi  27  novembre,  à l'oc- 
casion de  la  réception  annuelle 
du  corps  préfectoral  à l'Elysée,  H 
en  existe  un  troisième  : l'actua- 
lisation des  lois  de  décentralisa- 
tion entrées  en  vigueur  au  début 
de  son  premier  septennat 

Expérience  faite.  le  temps  est 
venu,  selon  M.  Mitterrand,  de 
retoucher  tout  ce  qui  ne  va  pas 
dans  la  nouvelle  répartition  des 
pouvoirs  entre  l’Etat  et  les  collecti- 
vités locales.  ■■  Comme  toutes  les 
réformes,  qui  sont  profondes,  il  faut 
te  temps  Je  s'y  habituer,  a-t-il 
déclaré.  H faut  corriger  les  erreurs 
d'appréciation  ou  les  erreurs  Je  par- 
cours. car  il  ne  se  créé  pas  que  de 

bonnes  habitudes,  il  s'en  crée  caissi 
de  mauvaises.  » 

Première  orientation  : a La 
décentralisation  n'a  pas  de  sens  si 
elle  n’est  pas  accompagnée  de  la 
déconcentration.  Je  crois  devoir 
insister  sur  ce  point,  car  nous  ne 
sommes  pas  au  terme  de  noire 
action  en  ce  qui  concerne  la  décon- 

□ M.  Mégret  (Front  national) 
dénonce  les  « diffamations  » contre 
le  parti  d’extrême  droite.  - 
M.  Bruno  Mégret,  délégué  général 
du  Front  national,  a affirmé,  mer- 
credi 27  novembre  à Paris,  que  les 
« affabulations  » et  les  ir  diffama- 
tionsv qui,  selon  lui,  ont  accueilli 
les  « cinquante  mesures  concrètes  » I 
contre  l’immigration  s'expliquent 
par  la  « pleine  progression  de  son 
mouvement».  II  a annoncé  que  le  j 
parti  d'extrême  droite  allait  distri-  j 
bucr  à « cinq  millions  d'exem-  ! 
plaires  » un  questionnaire  repre- 
nant ces  propositions. 


centration,  a souligné  le  chef  de 
l’Etat.  Cette  observation  s'adresse 
aux  administrations  centrales,  aux 
ministères,  et  donc  aux  ministres 
qui  sont  activement  associés  à l'ac- 
tion que  le  premier  ministre  et  moi- 
même  menons,  et  qui  y prennent 
pan  de  toute  leur  volonté  et  de  tout 
leur  cœur.  Mais  il  faut  beaucoup 
d’autorité  pour  obtenir  que.  puis- 
qu’il y a décentralisation,  les  pou- 
voirs soient  aussi  sur  place.  » 

M.  Mitterrand  a demandé  aux 
préfets  et  à tous  les  fonctionnaires 
d’y  veiller  en  améliorant  d'abord 
l'organisation  des  services  décen- 
tralisés : « La  tendance  à la  concen- 
tration est  là:  à tout  moment,  elle 
est  lam  tentation  naturelle  dans  un 
vieil  État  centralisé.  Celte  tendance 
à la  concentration  doit  être  freinée. 
U ne  Jaut  pas  revenir  sur  ce  qui  a 
été  fait  dans  les  années  81-82  et 
donc  doter  les  services  extérieurs  Je 
l'Etat  d'une  véritable  compétence 
propre  et  d'une  structure  commune, 
organisée  autour  fies  préfets  de 
région  et  des  préfets  Je  départe- 
ment. » Il  convient,  en  particulier, 
de  « globaliser  les  crédits » et  de 
*.  regrouper  les  moyens  ».  ne 
serait-ce  que  pour  mettre  fin  aux 
« gaspillages » consécutifs  à l'épar- 
pillement et  au  cloisonnement  des 
services. 

« La  pente  naturelle 
des  inégalités» 

Seconde  directive  présidentielle  ; 
il  faut  corriger  le  tir  dans  la  prati- 
que des  pouvoirs  octrovës  aux  col- 
lectivités locales.  « il  va  falloir, 
constatant  certaines  défectuosités, 
réviser,  simplifier  les  mécanismes 
d'association  des  collectivités  terri- 
toriales, a indiqué  M.  Mitterrand 
aux  préfets,  l’ous  donnez  aux  élus 
locaux  ies  garanties  et  les  facilités 
qui  leur  permettront  de  se  consacrer 
à leurs  lâches.  Tout  cela  doit  être 
entouré,  soutenu,  encadré  (...).  Les 
représentants  Je  l'Etat  dans  le s 
régions,  dans  les  départements,  ont 
besoin  de  pouvoir  faire  jouer  nor- 
malement le  contrôle  juridictionnel 
sur  les  actes  des  autorités  décentra- 
lisées quand  c'est  nécessaire.  Il  faut 


examiner  les  conditions  dans  les- 
quelles sont  instruits  et  jugés  les 
déférés  des  préfets:  renforcer  par- 
fois. quand  c'est  nécessaire  - mais 
c’est  à la  loi  de  l'examiner.  - les 
contrôles  sur  les  conditions  de  pas- 
sation des  marchés  publics  afin 
d'éradiquer  les  pratiques  condamna- 
bles dont  an  sait  qu'elles  se  sont 
exagérément  répandues  et  que  rien 
ne  les  justifie.  » 

Troisième  impératif:  les  hauts 
fonctionnaires  doivent  plus  que 
jamais  se  comporter  en  garants  de 
la  protection  du  tissu  social  sans 
hésiter,  en  ce  domaine,  à faire 
preuve  d'imagination.  « L 'ensemble 
de  votre  action,  de  notre  action, 
doit  avoir  pour  objectif  de  mainte- 
nir. d'accroître,  parfois  même  de 
créer,  d'inventer,  car  elle  n’existe 
pas  toujours  et  partout,  la  cohésion 
sociale  de  la  nation,  a ajouté 
M.  Mitterrand.  D'où  la  lutte  contre 
les  exclusions,  le  difficile  combat 
pour  corriger  la  pente  naturelle  des 
inégalités  qui  sont  le  fruit  d’un  cer- 
tain système  à la  mode  aujourd'hui 
dans  le  mande.  Il  comporte  ses 
avantages,  mais,  en  les  poussant 
trop  loin.  réinstalle  en  quelque  sorte 
des  relations  de  hiérarchie  et  de 
pouvoir  entre  le  plus  fort  et  le  plus 
faible,  ce  qui  va  contre  l'esprit  répu- 
blicain et  ce  qui  doit  mobiliser  à 
tous  les  échelons  ceux  qui  prennent 
part  à ta  gestion  de  l'Etat  ou  plutôt 
de  la  République.  Il  s’agit,  en  toute 
circonstance,  de  rééquilibrer  la 
France  au  gré  des  nécessités 
modernes.  Je  la  législation  nouvelle 
et  des  besoins  qui  s'affirment  » 

Ces  déclarations  renvoyaient 
naturellement  aux  deux  projets  de 
loi  déposés  par  le  gouvernement, 
d’une  part  pour  améliorer  le  statut 
des  élus  locaux,  d'autre  part  pour 
réorganiser  l'administration  territo- 
riale. Mais  l’insistance  mise  ainsi 
par  M.  Mitterrand  sur  la  mission 
du  corps  préfectoral  a donné  l’im- 
pression qu’il  s'agissait  là,  dans  son 
esprit,  du  complément  indispensa- 
ble. sur  le  terrain  administratif,  de 
ses  autres  projets  institutionnels. 

A.  R. 


Le  plan  d'adaptation  de  l'agriculture 
a été  bien  accueilli  par  les  sénateurs 


Le  débat  des  crédits  du  ministère  de  l'agrictAure. 
jeudi  28  novembre,  a fourni  l'occasion  à M.  Louis 
Mermaz  de  donner  au  Sénat  la  primeur  du  plan 
d'adaptation  tpi  votait  d'être  adopté  par  le  Comité 
interministériel  d'aménagement  du  territoire  fie 
Monde  du  29  novembre). 

Ce  plan  comporte  quatre  mesuras  jugées,  eres- 
tructuroatesB  par  le  ministre.  H prévôt  notamment 
un  (fispositif  de  préretraite  appficaUe  à partir  du 
1'  janvier  1992  pour  les  agriculteurs  âgés  de  on- 
quante-dnq  à cinquante-neuf  ans  qui  ont  au  moins 
quinze  ans  d'activité.  «La  pré-retraite  comprendra 
une  partie  fiœ  de  35000  francs  et  une  partie  varia- 
ble de  500  bancs  par  hectare  Obéré  entre  dot  et 
cinquante  hectares.  Son  montant  annuel  sera  ainsi 
compris  entra  35000  et  55000  bancs»,  a incSqué 
M.  Mermaz.  Cette  disposition  sera  inscrite  dans  le 
projet  de  loi  sur  la  réforme  des  cotisations  sociales 
des  agriculteurs  qui  sera  examiné  avant  la  fin  de 
factuelle  session.  Les  agricutteus  intéressés  bénéfi- 
cieront d'une  protection  maladie  et  continueront 
d'acquérir  des  droits  à retraite  jusqu'à  soixante  ans. 


Le  plan  contient  aussi  des  mesures  pour  fecSter  la 
transmission  des  brans  ruraux  loués  par  baR  qu'fis 
soient  cédés  à titre  gratuit  ou  à titre  onéreux,  ainsi 
que  dés  aides  à l'investissement  des  agriculteurs, 
qu'l  s'agisse  du  crédit  d'impôt  recherche  ou  de 
(augmentation  de  la  déduction  fiscale  pour  autofi- 
nancement . 

M.  Mermaz  a enfin  annoncé  une  exonération 
totale  pour  1992  de  la  taxe -intérieure  sur  les  pro- 
duits pétroliers  (TIPP)  pour  les  «carburante  verte»,  le 
rfiester  et  (éthanol,  et  une  ade  exceptionnefle  à l'in- 
vestissement de  1DOO0  bancs  pour  les  jeunes  éle- 
veurs installés  depuis  moins  de  trots  ans. 

Ces  mesraes  ont  été  bien  accueiffies  par  les  séna- 
teurs. M.  Christian  Poncelet  {RPR.  Vosges),  prési- 
dent de  la  commission  des  finances,  et  M.  Roland 
du  Luart  (Rëp.  et  bd.,  Sarthe},  rapporteur  spécial  du 
budget  de  (agriculture,  ont  estimé  que  le  pian  «va 
dais  le  ban  sens».  Mais  cela  n'a  pas  suffi  à vaincre 
les  fortes  réserves  de  la  majorité  sénatoriale,  qui  a 
rejeté  les  crédits  de  l'agriculture  au  terme  d'un 
débat-fleuve  de  plus  de  douze  heures. 


Grandeur  et  décadence  d’un  lobby 


« C'est  un  endroit  de  rive  », 
assure-t-on  ici.  «On  y travaille 
dans  les  meilleures  conditions  ».  se 

félicite-t-on  là.  A (évidence,  efcs 

dames  du  lobby  vert  raffolent  du 
Sénat,  qui  le  leur  rend  bien.  Les 
attachées  parlementaires  des  prin- 
cipales organisations  agricoles, 
qu'elles  soient  syndicales  ou  consu- 
laires, se  trouvent  au  Sénat  - où, 
compte  tenu  de  la  sunreprésenta- 
tion  des  élus  ruraux  qui  découle  du 
mode  d’élection  des  sénateurs,  la 
profession  d’agricnlteur  se  porte 
encore  à la  boutonnière,  - sur  un 
terrain  de  prédilection. 


tant  il  est  visible  et  codifié.  Les. 
principales  organisations,  telles  la 
Fédération  nationale  des  syndicats 
d’exploitants  agricoles  (FNSEA)  ou 
(Assemblée  permanente  des  cham- 
bres d'agricultures  (APCA),  se 
manifestent  surtout  à 1 occasion  du 
budget  (la  FNSEA  réunit  à son 
siège  pour  l’occasion  tous  les  parle- 
mentaires, toutes  tendances 
confondues,  pour  leur  exposer  ses 
revendications)  ou  de  textes  relatifs 
à (agriculture,  en  fournissant  aux 
élus  des  informations  et  des  amen- 
dements prêts  à (emploi.  «Pour 
être  efficaces,  il  faut  impérative - 


ou ffl&AfT  or  (a  wmm 

ef  wmfeuz  uty 


L’hypocrisie  française  à (égard  des 
groupes  de  pression,  presque  aussi 
anciens  que  le  Parlement  lui- 
même,  atteint  des  sommets  lors- 
qu’il s'agit  d'agriculture.  Même  si 
les  règlements  ne  leur  reconnais- 
sent aucune  existence  officielle,  il 
n’est  pas  rare  de  voir  certains 
représentants  du  lobby  agricole 
camper  dans  les  travées  de  l'hémi- 
cycle pour  suivre  attentivement  les 
débats,  bien  que  le  lobbying  parle- 
mentaire soit  moins  rentable  que 
celui  qui  s’exerce  en  amont,  lors  de 
l’élaboration  des  projets  de  loi 
consacrés  au  secteur  agricole. 

Au  Sénat,  comme  & (Assemblée 
nationale,  la  marge  d’action  est 
réduite.  Les  « pompiers  de  service », 
comme  ils  se  désignent  eux-même, 
□'interviennent  que  pour  « rectifier 
le  tir».  Le  lobbying  «officiel»  que 
représentent  les  auditions  des  res- 
ponsables agricoles  par  les  rappor- 
teurs et  par  les  administrateurs  de 
la  commission  des  affaires  écono- 
miques s’accompagne  d’un  lob- 
bying de  couloirs,  qu’on  a quelque 
peine  à qualifier  d’  «officieux» 


ment  que  les  amendements  soient 
déjà  ficelés»,  insiste  un  responsable 
agricole  chargé  des  relations  avec  le 
Parlement. 

Dans  chaque  groupe,  y compris 
au  PS,  pourtant  « pas  très  agri- 
cole», au  dire  de  ces  spécialistes, 
les  lobbyistes  disposent  d’élus 
dévoués.  M.  Marcel  Daunay 
(Union  cent.,  Ille-et-Vilaine)  est 
souvent  présenté  comme  (arché- 
type du  relais  parlementaire.  «Que 
l on  soit  trop  proche  des  organisa- 
tions professionnelles  n'est  pas  tou- 
jours un  avantage,  ça  vous  discré- 
dite parfois  auprès  de  vos 
collègues»,  nuance  un  observateur. 
Aux  côtés  du  sénateur  breton,  à 
droite,  MM.  Philippe  François 
pour  le  RPR,  Roland  du  Luart 
pour  les  Républicains  et  indépen- 
dants et  Raymond  Soucaret  pour  le 
Rassemblement  démocratique  et 
européen  occupent  également  des 
rôles  de  pivots  au  sein  de  leur 

B:.  A gauche,  MM.  Louis 
pour  le  PC  et . Fernand 
Tandy  pour  le  PS  remplissent 
mêmes  fonctions. 

A vrai  dire,  la  concurrence  est 
sévère.  Les  débats  agricoles  sont  la 
hantise  des  fonctionnaires,  qui 
voient  s’enfler  à cette  occasion  le 
nombre  des  thuriféraires  du  monde, 
paysan  (trente-cinq  intervenants 
étaient  prévus  pour  le  débat  de 
jeudi),  «fis  nous  dejnandent  des 
notes  techniques,  mais  on  va  parfois 
jusqu'à  leur  écrire  leurs  discours », 
disent  les  lobbyistes. 

Un  modèle 
du  genre 

La  grande  homogénéité  de  la 
corporation  («C'est  le  milieu  libé 
rai  le  plus  syndicalisè»,  constate  on 
fonctionnaire  du  Sénat)  et  la 
finesse  de  ses  ramifications  sur  le 
terrain  font  du  lobby  vol,  sur  le 
papier,  un  modèle  du  genre.  Au 
Sénat,  les  jugements  sont  pourtant 
critiques.  Certes,  la  parfaite 
connaissance  des  mécanismes  et 
des  façons  parlementaires  n’est 


guère  contestée.  «Eux,  au  moins, 
ils  ne  sont  pas  aussi  pénibles  que 
ceux  qui  internement  une  fois  tous 
lés  dix  ans  et  qui  agressent  et 
menacent  presque  pour  des  brou- 
tilles». affirme  M.  François.  Mais 
leur  efficacité  semble  beaucoup 
plus  problématique. 

« Leur  rôle  se  réduit,  tout  comme 
se  réduit  la  place  des  sujets  agri- 
coles dans  les  débats,  souligne-t-on 
à la  commission  des  affaires  éco- 
nomiques. Les  parlementaires  peu- 
vent se  comporter  de  plus  en  plus 
vis-à-vis  d’eux  comme  avec  un  self 
service;  ils  sont  bien  plus  Indépen- 
dants qu’on  rie  le  dit.»  « Pour  ce 
qui  est  de  l'efficacité,  de  nom- 
breuses professions  leur  en  remon- 
trent»^ ^joute-t-on  en  évoquant  le 
cas  de  certaines  professions  libé- 
rales. M.  Jean-Dominique  Giuliani, 
dans  un  h'rre  étiosadré  dut  groupes 
---de-presmOT-en  îrancei  montre  jus- 
tement comment  le  lobby  des 
médecins  (a  emporté  sur  toute  la 
ligne  sur  edui  de  l’alcool  lors  des 
débats  à propos  de  la  publicité  du 
tabac  rt  de  (alcool  il  y a coût  juste 
ùri  an  (1).  . 

• Du  côté  des  groupes  politiques, 
les  critiques  sont  encore  plus 
sévères.  Les  lobbies  sont  jugés 
« gentillets  et  désuets  ».  « organisés 
mais  conservateurs».  Les  organisa- 
tions agricoles,  en  contrôlant  trop 
longtemps  la  situation  par  le  sys- 
tème de  la  cogestion  de  la  politique 
agricole,  auraient  en  fait  empêché 
« l'émergence  au  Parlement  d'un 
homme  ayant  une  vision  forte  de 
l'agriculture».  « Les  organisations 
professionnelles  ont  une  grande  part 
de  responsabilité  dans  les  choix  pro- 
duetbristes  qui  s'imposaient  il  y a 
encore,  peu  de  temps»,  précise  un 
fonctionnaire.  La  toute-puissance 
du  lobby  au  Parlement  pendant  des 
décennies  n’a  pu  qu’accentuer  les 
effets  de  ce  monopole. 

Lés  grandes  organisations  agri- 
coles bâtent  également  leur  coulpe. 
«Nous  nous  sommes  sclérosés,  nous 
avons  cédé  à l'immobilisme  », 
avoue-tron  à (APCA,  pourtant  pré- 
senté comme  moins  conservatrice 
que  certains  syndicats.  Débordés 
par  tes  groupements  par  produit, 
chapeautés  en  théorie  par  la 
FNSEA,  et  déjà  très  présents  à 
Bruxelles,  le  nouvel  Eldorado  des 
groupes  de  pression,  les  lobbyistes 
sont  nostalgiques  des  temps 
anciens,  quand  1e  sénateur  Bion- 
defle,  président  de  la  FNSEA,  bri- 
sait les  reins  de  René  Mayer,  prési- 
dent dn  conseil,  qui  avait  voulu 
porter  atteinte  à la  sacro-sainte  bet- 
terave. Les  lobbyistes  versait  alors 
dans  le  pessimisme  le  plus  sombre. 
« Peut-être  allons-nous,  nous  aussi, 
bientôt  disparaître?» 

GILLES  PARIS 


. (1)  Marchands  d'influence,  les  lobbies 
en  France,  de  Jean-Dominique  Giuliani, 
Scafl,  199L  . 


° ML  Arthuis  (CDS)  critique  te 
mission  d'information  du  Sénat  sur 
la  transfusion  sangmne.  - M.  Jean 
Arthuis  (Union  cent,  Mayenne)  a 
refusé,  jeudi  28  novembre,  de  par- 
ticiper à la  mission  d'information 
sur  te  gestion  de  la  transfusion  san- 
guine créée  le  15  novembre  par  le 
Sénat  «La  gravité  des  faits  appelle 
d'autres  moyens  d'investigation  que 
seule  peut  garantir  une  commission 
d'enquête»,  estime  M.  Attirais,  qui 
avait  déposé*  une  proposition  en  ce 
sens.  La  mission  sénatoriale  est 
préridée  par -ML  Jacques  SourdiUe 
(RPR,  Ardennes).  EOe  a comme 
rapporteur  M.  Claude  Huriet 
(Union  cent,  Meurthe-et-Moselle). 


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— — — POLITIQUE 

— e initiative  d’nne  vingtaine  de  «députés  dp  hasp» 

Les  nouveaux  rénovateurs  de  l’UDF 

seul  mot  de  raflïa-  - concitnwnr  . _ 


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U . ./. . . 


Avec  pour  seul  mot  de  raffia- 
"£"*  «convictions^  une  ving- 
taftie  de  députés  de  l'UDF  se 
«Mît  engagés  dans  une  entre- 
prtse  de  rénovation  de  la  poüti- 
que,  menée  bien  loin  des  camé- 
ras, mais  qui,  elle,  aura  déjà 
“*®  plus  d un  printemps.  Cette 
entreprise  vient  de  fêter  son 
premier  anniversaire.  L'homme 
2".  J?®?  “.Panière  pierre  est 
M.  -Michel  Meyian,  député  PR 

• de  Haute-Savoie,  maire  de  Bon- 
nflvwe-  Anden  barriate,  aujour- 
jrhui  fidèle  de  M.  Chartes  MH- 
Ion,  cet  ancien  assureur  de 
cinquante-deux  ans  n'a  pas 
manqué  d'obstination  pour 
«“"“rare  ses  amis,  «députés 

«base*  comme  lui  et  fiers  de 
r etie,  de  relever  la  tâte. 

. WUgRAWCHE-SUR-SAâWE 

de  notre  envoyé  spécial 

Ce  fut  au  départ  un  rassemble- 
mŒt  d’hommes  en  colère.  Pour  la 
plupart  étiquetés  PR,  ils  suppor- 

!fIcn1t,“aJ’ * l’époque,  l’emprise 
des  ieotardiens  sur  le  eroune 
UDF.de  l’Assemblée  nationale  Ils 
vivaient  mal,  aussi,  ces  réunions 
de  groupes  passées  «à  écouter  les 
chefs  elles  petits  chefs». 

Lear  patience  connut  ses 
umites,  enfin,  quand  MM.  Valéry 
Giscard  d 'Estai  ng  et  Jacques  Chi-  , 
cac  usèrent,  en  novembre  1990  s 
de  toute  leur  mauvaise  volonté  » 
pour  faire  capoter  la  grande  fête  c 
umomste  de  l’UPF  du  Zénith.  Us  l 
publièrent  alors  à leur  intention  x 
une  lettre  ouverte,  acte  de  nais-  f 
«anœ  officiel  de  leur  aventure  : * 

• Réagissez  tant  qu’il  en  est  encore  p 

temps.  Aujourd’hui,  nous  vous  le  a 
demandons,  il  faut  écouter  le  mes-  U 
sage  de  militons  de  Français  qui  Ai 
attendent  que  vous  joigniez  le 
geste  à la  parole.  Il  faut  décentra-  « 
^ur  ^Pouvoir  politique  vers  nos  ar 


concitoyens  et  instaurer  le  dialo- 
gue. » L’essentiel  était  dit. 

°ePui*.  ce  petit  groupe  de 
tranquilles  a travaillé 
«ns  I ombre.  Réunions  tous  les 
quinze  jours,  séminaires  sur  des 
usines  précis  avec  des  spécia- 
]2?£  ces  députés,  a fatigués  des 
Pftftes  phrases  et  des  petits  cai- 
cu/ss,  ont  mis  en  commun  leur 
expérience  sur  le  terrain,  pris  le 
temps  de  s'informer  snr  ies 
^“des  questions  et  appris  i s’es- 

Chacun  de  ces  rénovateurs  de 
J^se.y  va  aujourd’hui  de  son 
téraorgnage.  M.  Georges  Colom- 
bier député  PR  de  l’Isère  : 
eEntre  nota,  c’est  l’amitié  et  la 
confiance.  Il  ny  a personne  pour 
suspecter  l’autre  de  vouloir  lui 
jaire  un  croc-en-jambe.  » M.  René 
Beaumont,  dépuré  PR  de  Saône- 

;i'A0,rie’Jprésident  d»  conseil 
général  de  ce  département  : 

Iej  9rais  leaders,  les 

rSîy  \eadT  et  ceux  dui  veulent 
{ftre.  les  hommes  de  terrain 
comme  nous  sont  étouffés.  Nous 
ne  serons  jamais  à l’Assemblée 

SSH*  IeS  Cannibales  du  micro. 
Plutôt  que  notre  notoriété,  nous 

?«ïiï,S.T'n‘ faln  manctr 


du  Rhône,  à Villefranche-sur- 
Saône.  D’autres  iront  bientôt 
dans  le  Puy-de-Dôme  et  le  Maine- 
et-Loire.  Durant  deux  heures,  ils 
se  sont  livrés,  sans  effets  de 
manche,  aux  questions  des  deux 
cents  personnes  présentes. 

Longtemps,  Us  se  sont  attardés 
sur  la  crise  du  politique,  nourrie, 
selon  eux,  par  la  loi  d’amnistie,  le 
socialisme  «passé  de  Jean  Jaurès 
à Bernard  Tapie*,  les  difficultés 
de  la  droite  à défendre  «un  libé- 
ralisme pluraliste  et  social*,  la 
puissance  des  médias  et  des  son- 


On  leur  a demandé  de  s’expli- 
quer sur  le  Front  national,  les 
ratés  de  l’union  de  l’opposition,  le 
cumul  des  mandats,  leurs  indem- 
nités et  leurs  absences,  l’infîarion 
annoncée  du  nombre  de  députés. 
« Donnez-nous  des  échelles  de 
valeur  et  vous  aurez  des  électeurs 
de  base»,  leur  a lancé  pour  finir 
«■«n  militant  de  rien  du  tout». 
Mais  c’était  encore,  sans  doute. 


trop  leur  demander.  Pour  travail- 
ler à l’alternance,  ces  députés  se 
sont  promis  d’édicter  une  charte 
comprenant  dix  mesures  très 
concrètes  qui  sera  leur  façon  de 
rappeler  à tous  leurs  collègues  de 
1 opposition  qu‘«.  on  ne  peut  plus 
faire  et  promettre  n’importe 
quoi». 

Dans  quelque  temps,  iis  accep- 
teront probablement  d’élargir  leur 
groupe  à certains  de  leurs  collè- 
gues du  RPR  ou  du  groupe  cen- 
tn«e  pour  conforter  davantage 
l’union  de  l’opposition.  Ils  s’y 
étaient,  par  souci  de  confidentia- 
lité, refusés  jusqu’alors. 

Mais  certains  parmi  eux,  au  ris-  J 
que.  de  tomber  dans  les  travers  ' 
qu’ils  dénoncent,  ont  déjà  une 
autre  idée  derrière  la  tête  : se  ser- 
vir de  ce  groupe  pour  aider  la 
sirarégie  présidentielle  de  M.  Mil- 
lon... en  2002.  On  ne  pense 
jamais  assez  tôt  à l’avenir. 

DANIEL  CARTON 


• Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  11 


La  préparation  des  élections  régionales 

M.  Canpon  renonce  à conduire 
une  liste  dans  l’Isère 


GRENOBLE 

de  notre  correspondant 

M.  Alain  Carignon.  maire  de 
Grenoble  (en  congé  du  RPR),  ne 
conduira  pas  la  liste  RPR,  UDF  et 
non-inspnts  de  l’Isère  pour  les  élec- 
tions régionales.  (1  avait  annoncé, 
le  19  octobre,  son  intention  de  bri- 
guer. à I issue  de  ce  scrutin,  la  pré- 
sidence du  conseil  régional  Rhônc- 
**■  Chartes  Mii- 
lon  (UDF-PR)  et  de  former  une 
nouvelle  majorité  au  sein  de  cette 
assemblée.  Celle-ci  aurait  notam- 
ment associé,  outre  les  élus  de  la 
droite  traditionnelle,  ceux  de  la 
Nouvelle  Gauche,  emmenés  par 
M.  Haroun  Tazieff,  ancien  secré- 
taire d’Etat  aux  risques  majeure 
aaos  le  gouvernement  Fabius. 

M- .Carignon  estimait  en  effet 
que  rUDF,  je  RPR  et  les  non-ins- 
crits ne  seraient  pas  en  mesure  de 
conspuer  une  majorité  après  les 
élections  de  mare  1992  et  que  la 
tentation  serait  alors  forte  de  s’al- 
lier avec  les  élus  du  Front  national, 
up  projet  qn’Q  ne  pouvait  accep- 


ter. Sa  « déclaration  de  guerre  » 
contre  M.  Chartes  Millon  fut  très 
maj  ressentie  par  les  élus  UDF 
mais  aussi  RPR,  de  son  départi 
ment 

Jeudi  28  novembre,  MM.  Alain 
Carignon  et  Charles  Millon  ont 
réuni  une  conférence  de  presse 
commune.  M.  Carignon  a justifié 
son  retrait  en  expliquant  que 
désormais  « la  question  des 
alliances  est  claire  et  les  engaee- 
ments  de  Charles  Millon  sans 
ambiguités».  «Parce  que  Charles 
Milton  et  moi-même  n’acceptons 
plus  je  trop  long  combat  personnel 
de  chefs  talentueux  mais  isolés, 
nous  avons  décidé  de  donner 
i exemple  de  t union,  a-t-il  précisé. 
Ce  contrat  d union  n’est  ni  calculé 
ni  provisoire.  » 

Le  maire  de  Grenoble  prendra, 
sans  doute,  la  dernière  place  d’une 
liste  qui  sera  conduite  par  un 
représentant  de  la  «société  civile» 
mais  proche  du  RPR,  M.  Max 
Micoud,  professeur  agrégé  de 
medccme. 


On  veut  nmrcher 
ht  tête  haute  » 


Les  «refondatenrs»  souhaitent  que  le  PCF 
aille  «pins  loin  et  pins  vite»  dans  ses  changements  internes 

Au  Cours  d’une  ennUr^HM  j.  li . . 


Ces  parlementaires  ont  com- 
mencé, cette  semaine,  on  tour  de 
France  pour  expliquer  à ceux  qui 
voudront  les  entendre  ce  qu’ils 
sont,  ce  qu'ils  font  « ce  qu’ils 
veulent  e Beaucoup  de  nos  collè- 
gues n osent  même  plus  sortir. 
explique  M.  Meyian.  Nous,  nous 
voulons  renouer  le  contact  avec  la 
population.  Ras  le  bol  d’être  pris 
Pour  des  guignols  ou  des  gangs- 
ters. On  veut  marcher  la  tête 
haute : » 

Mardi  26  novembre,  six  d’entre 
eux  étaient  dans  le  fief  de  leur  I 
ami  Francisque  Perriit,  député  PR 


Au  cours  d’une  conférence  de 
presse  qu’ils  ont  tenue,  mercredi 
27  novembre,  à Paris,  au  nom  des 
communistes  «refondateurs»,  pour 
presenter  leur  nouveau  manifeste  (le 
d,°  28  novembre), 
MM.  Charles  Fiterman,  ancien 
mmijre,  et  Guy  Hennicr,  député 
des  Bouches-du-Rhône^  ont  notam- 
ment estimé  que  la  réforme  du  PCF 
devrait  être  menée  « beaucoup  plus 
teui  et  beaucoup  plus  vite».  « Sans 
doute  les  professions  de  foi  sur  le 
•parti  qui  change»  peuvent-elles  affi- 
cher une  intention,  ont-ils  souligné, 
mais  elles  peuvent  aussi  - l’histoire 
du  mouvement  communiste  est  là 
pour  l attester  - cultiver  le  fauxsem- 


• ; J.  - •. . 


Mam.  C’est  le  plus  court  chemin  vers 
des  drames  réels  (J  Sans  perdre  de 
vue  lot  évolutions  de  la  démarche,  à 
laquelle  nous  entendons  bien  poursui- 
vre notre  contribution,  nous  disons  • 
attention  aux  autojustifications 
natives,  aux  ambitions  restreintes, 
aux  illusions  vite  renaissantes.  Ne 
comptons  pas  sur  de  « divines  sur- 
prises». 

Ds  ont  également  souhaité  que  le 
PCF  v redevienne  le  parti  de  tous  les 
communistes,  ceux  qui  y sont  comme 
ceux  qui  l’ont  quitté».  M.  Heimier  a 
particulièrement  insisté  sur  la  néces- 
sité de  «r  porta-  ta  contradiction  au 
capital  sur  son  propre  terrain,  celui 
de.  ta  gestion  de  la  société,  celui  de 


l’efficacité » en  privilégiant  une 
«croissance  humaine».  L’Humanité 
du  28  novembre  a rendu  compte  de 
cette  conférence  de  presse. 

D’autre  paît,  invité  de  Radio  Sha- 

lom,  M.  Pierre  Zarka,  membre  du 
bureau  politique,  s’est  déclaré,  mer- 
credi, hostile  à un  éventuel  rempla- 
cement de  M.  Georges  Marchais  au 
secrétariat  général  du  PCF  • «Je 
constate  qu’au  sein  des  autres  forma- 
tons politiques  le  problème  inverse 
ot  posé,  a-t-il  notamment  déclaré 
Du  gouvernement  au  PS  en  passant 
par  les  partis  de  droite.  les  hommes 
changent  la  façade.  U PC  a le  cou- 
rage et  la  franchise  de  ne  pas  tricher 
(•■■)*  


0 Une  précision  de  i’IFOP.  - En 
rcpoose  à M.  Bernard  Tapie,  qui 

?»»crt£rolesté  001,118  un  sondage  de 

1 ibOP  sur  les  intentions  de  vote 
aux  élections  régionales  en  Pro- 
vence-Alpes-Côte d’Azur  ne  tenant 
pas  compte,  selon  lui,  de  l’ouver- 
ture de  ses  listes  à la  «société 
civile»  et  « posant  des  questions  qui 
ne  correspondent  pas  aux  choix  qui 
5nr°?i  Pr°P°sés  aux  électeurs» 

\'vc£L°?de P1*  27  novembre), 

I IFOP  tient  à apporter  deux  préci- 
sions. D’une  part,  souligne  l'Insti- 
[ tul»  .**  M-  Tapie  affirme  ne  pas 
conduire  une  liste  du  PS  ni  même 
UD^.llfte  Majorité  présidentielle,  il 
,a  déclaré  à l’AFP  que  le  PS  l’a 
ichargé  de  mettre  sur  pied  nue  liste 
Majorité  présidentielle  élargie. 

D autre  part,  «le  fait  que  tes  têtes 
oc  liste  ne  soient  pas  encore  toutes 
désignées  n’empêche  aucun  institut 
de  sondages  de  réaliser  des  enquêtes 
mesurant  l’état  actuel  des  rapports 
de  forces  politiques». 


L’une  des  misons  pour  laquelle 

FEurope  devient  plus  sure. 


CiTrTO  k leS  PluS  ™™ible'  P3™'  véhicules  praduia  par 

un  système  de  freinage  ABS  est  également  monté  en  série  sur  les  verrons  LH  n “‘éconduc.cur.  Pour  une  sécurité  accrue, 

dispose  en  outre  d’une  transmission  intégrale  : Iorsaue  1^  „ ’ L d t2‘  Da.ns  Ia  gamme  des  v°yagert2,  la  version  AWD  (4  x 4) 


u.apuseenoutre  u une  transmission  intégrale;  Iorsoue  les  conditions d'arihprpnn»  . ^ ” vcly«gert2,  la  version  AWD  (4  X 4) 

de  la  puissance  entre  les  rouesavant  et  arrière  assure  une  mdlleum  motricité  Vntr-  ^ * °U  SUf  b “"répartition  automatique 


resenter 


d CHRYSLER 


concernés  par  la  sécurité. 


"Airbag:  coussin  gonflable  de  protection.  - Modèle  présenté:  Voyager  ÂWDn.  option  peinmr.  mst.ni.s. 


12  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991 


y y 


SOCIETE 


médecine 


religions 


Sida  et  transfusion  sanguine 


L’opposition  critique  vivement  le  projet  de  loi 
d’indemnisation  des  personnes  contaminées 


L'ouverture  du  spode  des  évêques  à Rome 

Le  pape  et  le  cardinal  Lostiger  s’inquiètent 
des  nouvelles  tensions  en  Europe 


Le  projet  de  loi  d'indemnisation  des  hémo- 
philes et  des  transfusés  contaminés  par  te 
virus  du  sida,  présenté  sous  la  forme  d'une 
lettre  rectificative  au  projet  de  foi  portant 
diverses  mesures  d'ordre  social,  devrait  être 
examiné  le  9 décembre  par  les  députés. 

Ce  texte  suscite  toujours  de  vives  réac- 
tions, surtout  de  la  part  des  principaux  res- 
ponsables de  l'opposition.  Au  nom  de  l'in- 
tergroupe UDF-RPR-UDC,  M.  Charles  Millon, 
président  du  groupe  UDF  è l'Assemblée 
nationale,  demande  au  premier  ministre, 
M"*  Edith  Cresson,  l'inscription  g sans  délai» 
à l'ordre  du  jour  de  l'Assemblée  d'un  projet 


de  loi  a exclusivement  consacré  à ce  pro- 
blème tragique»,  « Ce  débat  écrit-il,  ne  doit 
pas  se  limiter  à la  seule  volonté  d’indemni- 
ser, tant  l'exigence  de  vérité  et  de  justice 
est  au  cœur  de  chacun  d'entre  nous». 

Pour  sa  part,  M.  Alain  Juppé,  secrétaire 
général  du  RPR,  a déclaré  que  « l'Etat  devait 
s'abstenir  de  pressurer  à nouveau  le  contri- 
buable et  l'assuré»  et  « se  serrer  un  peu  la 
ceinture»  pour  financer  ces  indemnisations. 
«Nous  sommes  très  attachés  à ce  que  les 
poursuites  judiciaires  continuent  a poursuivi 
M.  Juppé.  Il  faut  que  toutes  les  responsabili- 
tés, quel  que  soit  te  niveau  que  l'on  puisse 

A la  cour  d’appel  de  Paris 


atteindre,  soient  sanctionnées*.  Le  président 
du  CD3,  M.  Pierre  Méhaignerie,  a quant  è lui  | 
dénoncé  «l'attitude  scandaleuse»  de  l'Etat 
qui  «s'exonère  de  ses  responsabilités  et  de  \ 
sa  cufaabflité  en  effectuant  un  nouveau  pré-  ' 
lavement  à travers  les  assurances».  Même 
attitude  de  la  part  de  M.  Gérard  Longuet, 
président  du  PR,  qui  juge  «parfaitement 
immoral»  le  projet  du  gouvernement  ajou- 
tant que  «c'est  à l'Etat  et  à lui  seul  d'assu- 
mer sur  son  propre  patrimoine  la  juste 
indemnisation  des  victimes». 


La  responsabilité  d’un  médecin  prescripteur  est  écartée 


La  première  chambre  de  la 
cour  d'appel  de  Paris  a partiel- 
lement  infirmé,  jeudi 
28  novembre,  un  jugement  du 
1"  juillet  de  la  première  cham- 
bre civile  de  Paris  qui  avait 
retenu  la  responsabilité  d'un 
médecin  dans  la  contamination 
par  le  virus  du  sida  d'une  jeune 
femme  ayant  subi,  le  16  mai 
1984.  une  transfusion  sanguine 
à la  suite  d'un  accouchement 
par  césarienne  [te  Monde  du 
3 juillet).  Si  la  cour  a confirmé 
que  le  centre  départemental  de 
transfusion  sanguine  de  l'Es- 
sonne et  les  cliniques  de  l'Es- 
sonne devaient  conjointement 
verser  1 ,5  million  de  francs  à la 
jeune  femme,  la  responsabilité 
du  médecin  a été  écartée. 

Dans  son  arrêté,  la  première 
chambre  de  la  cour  d’appel  de 


Paris,  présidée  par  M-*  Geneviève 
Gie,  constate  que  selon  l'expert 
judiciaire,  le  docteur  Biaise  Fou- 
geron  avait  prescrit  une  transfu- 
sion « tout  à fait  normale  en 
1984  » dans  le  cadre  de  soins 
« attentifs,  diligents,  et  conformes 
aux  données  acquises  de  la  science 
médicale  de  l’époque*. 

Aussi,  après  avoir  rappelé  que 
«le  médecin  n’est  tenu  que  d’une 
obligation  de  moyens  et  non  de 
résultats ».  les  magistrats  souli- 
gnent «r  qu  ‘il  importe  donc  peu. 
alors  que  la  banne  exécution  des 
obligations  du  médecin  s'apprécie 
eu  egard  aux  données  actuelles  de 
la  science,  qu’en  raison  de  l’évolu- 
tion des  connaissances  médicales, 
un  consensus  se  soit  à la  suite 
établi  dans  le  milieu  médical  pour 
diminuer  les  transfusions  (...)  j » . 

Cette  appréciation  est  conforme 
aux  réquisitions  de  l’avocat  géné- 
ral, Georgette  Bénas,  qui  avait 
soutenu  à l’audience  du  30  octo- 
bre que  seule  la  responsabilité  du 
centre  départemental  de  transfu- 


sion sanguine  devait  être  retenue. 

Mais  les  magistrats  déclarent  à 
propos  de  la  clinique  : «la  nature 
du  contrat  qu’elle  conclut  avec  la 
malade  implique,  en  raison  de  la 
confiance  que  cette  dernière  doit 
Nécessairement  lui  faire,  l’obliga- 
tion de  fournir  des  produits  san- 
guins non  viciés  ». 

Concernant  le  centre  départe- 
mental  de  transfusion  sanguine  de 
l’Essonne,  la  cour  déclare  : « En 
sa  qualité  de  professionnel,  le 
CT  DS  doit  livrer  un  sang  exempt 
de  vices;  sa  responsabilité  en  cas 
d'inexécution  de  son  obligation  de 
résultats  de  livrer  du  sang  non 
vicié  ne  peut  être  écartée  que  par 
la  preuve  d'une  cause  étrangère, 
telle  aue  la  force  majeure,  qui  ne 
peut  lui  être  imputée  » . 

Pour  cette  raison,  le  CDTS 
avait  plaidé  qu'aucun  test  de 
dépistage  du  virus  n'était  possible 
à l’époque  et  que,  tenu  à l’obliga- 
tion de  livrer  du  sang,  il  se  trou- 
vait dans  un  état  de  nécessité 
assimilable  à la  force  majeure. 


Les  transfuseurs  de  Toulouse  sont  condamnés 
à indemniser  trois  hémophiles 


La  tribunal  de  grande  instance 
de  Toulouse  a condamné  solidai- 
rement jeudi  28  novembre,  la 
FNTS  (Fondation  nationale  de 
transfusion  sanguine)  et  le 
CRTS  (Centre  régional  de  la 
transfusion  sanguine)  à dédom- 
mager, pour  des  sommes  bien 
supérieures  â celles  du  projet  de 
loi,  trois  jeunes  hommes  de  dix- 
huit  trente  et  trente-quatre  ans. 
hémophiles,  contaminés  en 
1985  par  te  virus  du  sida,  à la 
suite  de  transfusions  sanguines. 

TOULOUSE 

de  notre  correspondant 

Nicolas  a aujourd’hui  dix-huit 
ans.  En  198$,  sa  mère  lui  admi- 
nistre en  toute  confiance  le  sang 
empoisonné.  Pierre  est  soigné  par 
sa  femme,  infirmière  ; elle  est 
aujourd’hui  contaminée  comme 
son  mari.  Alain,  enfin,  fait, 
en  janvier  198$.  une  hémorragie 
consécutive  à une  intervention 
chirurgicale  bénigne.  Transfusé, 
il  est  contaminé  à son  tour. 

Le  tribunal  de  Toulouse  vient 


d’accorder  à ce  dernier  2,3  mil- 
lions de  francs.  Deux  millions 
pour  le  préjudice  moral  subi  : « fl 
convient  de  tenir  compte  de  l’an- 
xiété et  de  la  peur  qui  sont  désor- 
mais les  compagnes  journalières 
de  cet  homme»,  explique  dans 
ses  attendus  le  président  Foulon  ; 
et  300  000  francs  pour  « une  vie 
sexuelle  fortement  perturbée  ». 
C’est  la  compagnie  Azur  qui 
devra  payer  la  note.  La  FNTS  et 
le  CRTS  devront  verser  aux  deux 
autres  une  provision  de  deux  mil- 
lions en  attendant  une  expertise 
pour  déterminer  l’ampleur  du 
préjudice. 

Ainsi,  la  cour  de  Toulouse  va- 
t-elle  bien  au-delà  des  promesses 
d'indemnisation  faites  ces 
jours-ci  par  les  pouvoirs  publics. 
Le  tribunal  a aussi  tranché  nu 
fond  la  question  de  savoir  si  la 
distribution  de  sang  est  ou  non 
un  acte  de  commerce.  Dans  ses 
attendus,  le  président  distingue 
nettement  entre  le  don  d'organes 
- y compris  le  don  du  sang  - 
nécessairement  gratuit  selon  les 
dispositions  du  code  de  la  santé, 
et  l’acte  de  transfusion  puisque 
tries  produits  sanguins  d’origine 
humaine...  sont  alors  vendus, 
même  si  le  prix  est  qualifié  de 


Les  réactions  dans  la  presse  régionale 

«Sida:  on  va  tous  payer!»  A très  vite,  le  prix  de  leur  incurie,  de 
instar  du  Provençal,  la  plupart  des  leurs  fautes,  de  leur  incompétence, 
uotidiens  régionaux  consacraient,  et  à la  limite  même,  de  leur 


«Sida:  on  va  tous  payer!»  A 
l’instar  du  Provençal,  la  plupart  des 
quotidiens  régionaux  consacraient, 
jeudi  28  novembre.  leur  première 
page  au  projet  de  loi  d'indemnisa- 
tion des  hémophiles  et  des  transfu- 
sés contaminés  par  le  virus  du 
sida.  Four  le  Méridional,  il  s'agit 
d'un  «scandale-bis»,  l’éditorialiste 
du  quotidien  marseillais  soulignant 
que  l’attitude  du  gouvernement 
évoque  « celle  de  ces  chauffards  qui, 
venant  de  provoquer  un  accident 
mortel,  diraient  froidement  : « mon 
assurance  paiera». 

« Seuls  les  assurés  paieront»  titre 
Nice  Matin,  où  M.  Roger  Bouzinac 
écrit  : « Nous  paierons  et  sans  doute 
avec  le  profond  sentiment  du  devoir 
accompli,  mais  les  responsables  qui 
se  déclarent  non  coupables,  mais  les 
coupables  qui  ajjînnent  qu'ils  ne 
sont  pas  responsables,  devraient  à 
leur  tour  payer  devant  la  justice,  et 


et  à la  limite  même,  de  leur 
crime». 

« Pour  indemniser  les  hémophiles 
contaminés,  cinquante-sept  millions 
de  donneurs  ».  résume  dans  son 
titre  le  Dauphiné  Libéré.  Pour  les 
Dernières  Nouvelles  d’Alsace,  «si  la 
réparation  aux  transfusés  est  néces- 
saire. elle  crée  un  sentiment  de 
gêne  comme  s'il  y avait  d'un  côté 
les  sidéens  innocents  et  de  l’autre 
ceux  qui  Pont  bien  cherché.  Rien 
n'est  plus  pervers  que  ce  genre  de 
raisonnement». 

«Que  dire  du  procédé?  s’inter- 
roge Pierre  TaribO  dans  Y Est  Répu- 
blicain. Qu’il  est  conforme  aux 
mauvaises  habitudes  d’un  Etat  qui 
refuse  de  rendre  des  comptes  à la 
Nation  mais  n'hésite  pas  à lui  faire 
supporter  les  conséquences  de  son 
inqualifiable  légèreté.» 


défraiement,  iesdits  produits  étant 
d'ailleurs  issus  d’un  processus  de 
conservation  et  de  fabrication  qui 
les  distinguent  nettement  de  la 
matière  d'origine  ». 

S'appuyant  sur  les  conclusions 
du  rapport  du  Pr  Montagnier  en 
date  du  2 octobre  1990,  le  tribu- 
nal a,  par  ailleurs,  retenu  que 
« les  CTS  connaissaient,  en  jan- 
vier 1985,  les  moyens  scientifl- 

3ues  pour  pasteuriser  les  produits 
è facteur  VIII»  (le  sang  pour 
hémophiles).  En  revanche,  il  n'a 
pas  donné  suite  aux  prétentions 
de  la  FNTS  qui  cherchait  à 
impliquer  le  Pr  Bierme,  chef  de 
service  au  CHU  de  Toulouse. 

GÉRARD  VALLÈS 


NOMINATIONS 

M.  Nestor 
nouveau  directeur 
du  cabinet  de  M.  Nallet 

M.  Jean  Nestor,  ancien  direc- 
teur-adjoint du  cabinet  du  garde 
des  sceaux,  M.  Henri  Nallet,  a été 
nommé  directeur  du  cabinet  de 
M.  Nallet,  mercredi  27  novembre. 
M.  Nestor,  qui  succède  à M.  Jean- 
Pierre  Dintilhac,  nommé  directeur 
général  de  la  gendarmerie  nationale 
(le  Monde  du  28  novembre),  sera 
remplacé  à son  poste  de  directeur 
adjoint  par  M.  Daniel  Ludet. 

[Né  le  22  mais  1943,  M.  Jean  Nestor, 
ingénieur  général  du  génie  rural,  des 
eaux  et  des  forcis,  est  diplômé  de  l’Insti- 
tut national  agronomique,  de  l'Ecole 
nationale  supérieure  des  sciences  agrono- 
miques et  agro  alimentaires  et  licencié  en 
sciences  économiques.  Après  sept  ans  de 
coopération  lectinique  en  Côte-d’Ivoire, 
de  I960  à 1973.  M.  Nestor  a été  nommé 
chargé  de  mission  ou  service  agricole  du 
commissariat  au  Plan  cû  1974,  puis  atta- 
ché agricole  è l’ambassade  de  France  è 
Rome  en  >979.  En  1982,  il  est  entré  au 
service  des  relations  internationales  à la 
direction  de  la  production  et  des 
échanges  du  ministère  de  l'agriculture, 
dont  il  est  devenu  le  cher  en  1983. 
De  mai  1988  à octobre  1990,  M.  Nestor 
a assume  lus  fonctions  de  directeur  du 
cabinet  du  ministre  de  l'agriculture  et  de 
la  forilU  M.  Henri  NalEcL  En  octobre 
1990,  lors  de  la  nomination  de  celui-ci 
comme  garde  des  sceaux.  M.  Nestor  était 
deveau  directeur  adjoint  du  cabinet  du 
ministre  de  la  justice.] 


Mais  les  juges  remarquent  : 
«Le  vice  interne  du  sang,  même 
indécelable,  ne  constitue  pas,  pour 
l'organisme  fournisseur,  une  cause 
qui  lui  est  étrangère,  et  les  obliga- 
tions des  centres  de  transfusion 
quant  à la  conservation  du  sang  et 
à sa  délivrance  dont  ils  ont  le 
monopole  ne  les  dispense  pas  de 
réparer  les  conséquences  domma- 
geables dues  à la  fourniture  d'un 
sang  nocif». 

MAURICE  PEYROT 


ENVIRONNEMENT 


Le  pape  a ouvert,  jeudi 
28  novembre,  à la  basilique 
Saint-Pierre  dé  Rome,  un 
synode  réunissant  pour  la  pre- 
mière fois  près  de  deux  conte 
évêques  catholiques  et  délégués 
d'autres  Eglises  chrétiennes  de 
tous  les  pays  de  l'est  et  de 
l'ouest  de  l'Europe  (te  Monde  du 
28  novembre). 

CITÉ  DU  VATICAN 
de  notre  envoyé  spécial 

Annoncé  par  Jean-Paul  11  à Veh- 
lerad,  haut  lieu  du  christianisme  en 
Tchécoslovaquie,  le  22  avril  1990, 
dans  l'euphorie  qui  avait  suivi  la 
chute  du  mur  et  le  retour  de  la 
démocratie  à l'Est,  le  synode  des 
évêques  européens  devait  être  une 
sorte  de  fête  de  la  parole  pour  les 
anciennes  «Eglises  du  silence».  En 
fait,  tes  troubles  actuels  en  Europe, 
la  guerre  en  Yougoslavie,  les  ten- 
sions nationalistes,  puis  la  bouderie 
des  Eglises  orthodoxes  de  Serbie, 
de  Russie  et  de  Roumanie,  qui  ont 
décliné  l’invitation  du  pape  à se 
rendre  à Rome,  ont  gâché  l’atmo- 
sphère de  ces  retrouvailles  Esî- 
OuesL 

Le  discours  d’ouverture  de  Jean- 
Paul  II  était  lui-même  empreint  de 
gravité,  insistant  sur  «la  fui  de  siè- 
cle dramatique»  et  l’urgence  d’une 
réconciliation,  fondée  sur  le  «par- 
don » réciproque.  Répondant  à 
ceux  qui  reprochent  à l’Eglise 
catholique  son  allergie  à l’autocriti- 
que, le  pape  a eu  cette  formule, 
immédiatement  commentée  : 
«Nous  devons  toujours  pardonner. 


nous  souvenant  que  nous  avons 
besoin  nous  aussi  de  pardon.  Nous 
en  avons  besoin  beaucoup  plus  sou- 
vent que  nous  n’avons  nous-mêmes 
à pardonner*. 

Président  délégué  de  ce  synode, 
ls  cardinal  français  Jean-Marie 
Lostiger  a.  lui  aussi,  déploré  la 
situation  des  «peuples  de  l'Europe 
qui  souffrent  encore  des  divisions  et 
des  séparations  léguées  par  leur  his- 
toire. Certains  se  déchirent  en  des 
conflits  meurtriers  ».  Pour 
l’ardievèque  de  Paris,  ce  premier 
somma  d’Eçüses  de  l'aprcs-com- 
munianc  dent  être  un  témoignage 
d’unité  pour  toute  l'Europe  : 
« Conscients  de  nos  faiblesses,  a-t-il 
dit,  nous  devons  accomplir  en  cette 
assemblée  la  réconciliation  que  tous 
les  peuples  d'Europe  désirent,  sans 
la  trouver.» 

Quant  au  rapporteur  général  du 
synode,  te  cardinal  Camillo  Ruini. 
président  de  l’épiscopat  italien,  il 
s’est  employé  surtout  à apaiser  les 
craiaîes  nées  du  prqjet  de  « nou- 
velle évangélisation»  de  l’Europe, 
qui  est  au  centre  de  ce  synode: 
c Cette  nouvelle  évangélisation  ne 
signifie  ni  nostalgie  pour  le  passé, 
ni  volonté  de  conquête.  » 

Pour  lui,  le  tait  de  voir  ressortir 
des  tensions  entre  les  Eglises  rend 
urgente  la  tâche  d’explorer  tous  les 
chemins  afin  de  libérer  le  dialogue 
oecuménique  des  préjugés  histori- 
ques et  des  conditionnements  poli- 
tiques. Elargissant  son  propos,  le 
synode  a lancé  un  appel  à la  coopé- 
ration des  chrétiens  avec  les  juifs 
et  les  musulmans  en  Europe. 

HENRI  TINCQJ 


Les  remous  du  port  de  Trébeorden 

Après  l’inculpation  du ' joue,  Je  tribunal  a ordonné^  ^ _ 
l’arrêt  des  travaux  du  port  de  plaisance 


TRÉBEURDEN 

de  notre  envoyé  spécial 

Après  l’incarcération  de 
M.  Alain  Guenoec,  maire  (appa- 


I renté  PS)  de  Tiébeurden  fCfltea- 
d'Armor),  accusé  d’avoir  été  inté- 
ressé à la  construction  d’un  port 
sur  sa  commune  (le  Monde  du 
23  novembre),  le  tribunal  adminis- 
tratif de  Rennes  a prononcé,  jeudi 
28  novembre,  un  nouveau  sursis  à 
exécution  des  travaux  du  port. 
Contrairement  au  souhait  du 
ministre  de  l’environnement,  les 
travaux  avaient  en  effet  repris  en 
septembre. 

Devant  l’église  du  bourg,  des 
ouvriers  s’affairent  Us  érigent  une 
fontaine  monumentale  sur  un 
rond-point  qui  doit  faciliter  l’accès 
des  futurs  visiteurs.  Le  chantier  est 
particulièrement  bruyant.  Il  fait 
paraître  presque  secondaire  celui 
du  port,  aux  trois  quarts  achevé 
maintenant.  Les  50  mètres  de 
digue  qui  forment  le  «plan  d'eau 
abrité»  barrent  l’ancienne  plage  de 
Trozout,  aujourd’hui  comblée.  Les 
algues  vertes  ont  déjà  colonisé  les 
blocs  de  granit  rose  sur  toute  la 
hauteur  du  marnage  - environ  sept 
mètres  sur  une  hauteur  totale  de 
12  mètres. 

A marée  basse,  pelleteuses  et 
dumpers  se  dépêchent  de  creuser  le 
fond  de  l’anse  et  entassent  les 
sables  de  dragage  le  long  du  mur 
de  béton  qui  ferme  le  port,  côté 
ville.  Beaucoup  de  Trébeurdinais 
assistent  au  spectacle  et  y vont  de 
leur  commentaire.  Curieusement, 
personne  ne  souffle  mot  du  maire 
(PS),  Alain  Guennec,  alors  que  le 
ministre  de  l'environnement,  qu’ils 
ont  vu  à la  télévision,  est  la  cible 
de  toutes  les  attaques.  « Ce 
Lalonde  est  cinglé,  dit  un  pêcheur. 
Vouloir  démolir  un  ouvrage 

£reil!»  Un  bistrotier  lance:  «Si 
Allemands  avaient  construit  le 
port  en  1940,  on  l’aurait,  et  il  n'y 
aura  it  plus  de  discussion.  Un  port 
en  béton!»  Un  officier  de  marine 
marchande  en  retraite,  Maurice 
Nedelec,  explique  : «Je  suis  à fond 
pour  le  pain.  Pourtant , j’ai  mon 
bateau  à l’extérieur  et  Je  n’al  pas 
demandé  de  place.  Mais  c'est  pour 
l'avenir  de  Trebeurden.  Le  rêve  : 
accosta’  avec  son  bateau,  en  tout 
temps  et  envoyer  la  gosses  à la 
plage  d’à  côté.  Quel  port  peut  offrir 
par* 

Mais,  dans  le  lot  des  badauds, 
des  voix  hostiles  s’élèvent.  Le  pro- 
pre frère  du  précédent,  Daniel 
Nedelec,  secrétoire  de  l'association 
des  pécheurs-plaisanciers  de  Tre- 
beurden, explose  contre  le  chan- 
tier : « Tout  est  raté  ici.  II  faut 
-arrêter  le  massacre.  On  n’a  qu’à 


M Uil'ib  MM  : i-\  il.i.ui 

charger  la  blocs  de  la  digue  dans 
des  barges  et  expédier  lie  tout  à 
Roscoff  pour  l’agrandissement  du 
port  l»  Des  noms  d'oiseaux 
s’échangent  entre  les  groupes.  Cest 
presque  la  guerre,  sous  l’œil  navré 
d’Aristide  Briand,  hôte  illustre  de 
la  station,  dont  le  monument  au 
bout  du  quai  prodame  ironique- 
ment : « Il  voulut  pour  nous  la 


«Incertitude 
absolue » 


Ainsi,  la  paisible  station  bal- 
néaire de  Trebeurden,  qui  vieillis- 
sait doucement  sur  son  littoral 
enchanteur  - la  moyenne  d’âge  est 
de  soixante  ans  -,  se  trouve  jetée 
dans  une  tourmente  où  un  vieux 
loup  de  mer  ne  retrouverait  pas  sa 
couchette.  Qu’on  imagine  : un  pro- 
jet de  port  de  45  millions  de  francs 
pour  un  budget  communal  de 
9 millions.  Un  maire  anciennement 
communiste  qui  « vend  » le 
domaine  public  à un  promoteur 
privé  pour  relancer  l'activité  éco- 
nomique. Et  enfin,  lost  but  nol 
least,  un  maire  écroué  pour  détour- 
nement de  fonds  alors  qu’une  par- 
tie de  la  population  manifeste  dam 
la  nie  pour  soutenir  ses  projets  et 
qu’un  membre  du  gouvernement, 
Brice  Lalonde,  annonce  qu’il  faut 
démolir  la  digue.  «Nous  somma 
complètement  déboussolés»,  avoue 
un  partisan  du  port. 

A la  mairie,  l’adjoint  aux  affaires 
maritimes,  Pierre  Ropars,  fait 
front  « Nous  avons  un  bon  cahier 
des  charges  pour  le  port»,  dit-il  en 
caressant  son  dossier.  Mais  il 
reconnaît  que  ses  collègues  ne  sont 
pas  des  spécialistes  du  droit  admi- 
nistratif, ce  qui  explique  les  aléas 
de  la  procédure.  « Nous  nous 
sommes  fiés  aux  directives  de 


■ ■ M.  .ysiWKjh  •.  . 

l’Etat,  dit-il.  Ce  n’est  pas  notre 
faute  si  les  administrations  ne  s’ac- 
cordent pas  entre  elles/»  Découragé 
par  l’imbroglio  juridique,  il  avoue  : 
« Nous  somma  dans  l’incertitude 
absolue». 

Parmi  ceux  qui  ont  décidé  de 
contre-attàquer,  on  trouve  le 
député  socialiste  de  la  circonscrip- 
tion, Yvon  TremeL  II  avait  déjà 
pris  la  tête  de  la  manifestation  de 
soutien  du  23  novembre.  D peau- 
fine aujourd'hui  une  stratégie  pour 
arracher  une  décision- favorable. 
«Nous  avons  atteint  le  point  de 
non-retour,  dit-iL  II  faut  en  finir.» 
Cest  donc  l'union  sacrée  avec  la 
droite  favorable  au  projet,  menée 
par  Madeleine  Alaniou,  vice-prési- 
dente de  l’association  L’avenir  de 
Tcébeurden,  c'est  son  port.  Tous 
deux  se  concertent  pour  débloquer 
la  situation.  «Je  suis  prête  à ren- 
contrer Brice  Lalonde  pour  lui  dire 
ma  façon  de  penser  ! »,  lance 
Mw  Alaniou,  qui  se  souvient 
d’avoir  fréquenté  Sciences- Po  et  ne 
craint  pus  les  bureaux  parisiens. 

. Mois  ces  rodomontades  cachent 
une  profonde  Inquiétude.  Plus  per- 
sonne à Trebeurden  ne  parie 
aujourd'hui  sur  Tavenir  du  port, 
pas  même  le  groupe  Campenon- 
Beroard,  qui  poursuit  les  travaux. 
Excédée  par  les  contretemps  et 
sans  doute  échaudée  aussi  par  la 
mévente  des  anneaux  du  port  voi- 
sin de  Saint-Quay-Portrieux,  la 
société  du  port  a demandé  en  sep- 
tembre la  résiliation  de  sa  conces- 
sion - ce  que  la  commune  a refusé 
tout  net.  Alors  que  le  port  devait 
être  inauguré  en  mai  dernier,  le 
chantier  se  poursuit  cahin-caha, 
constamment  interrompu  par  le 
marées,  les  longues  nuits  d’hiver  et 
les  contretemps  de  l'administra- 
tion. Et  personne  ne  sait  ce  qu'il 
adviendra  de  la  ZAC  censée  finan- 
cer le  port  de  plaisance. 

ROGER  CANS 


^"CROIRE,  C EST  QUOI? 


i • ;;  c'Oier*  rous.  ils  on!  chacun  !~?:jr  reüqior. 

L’ ; i-snne.  ce jt-éire  fis  son?  chrétiens" musulman^ 
a;  N Docohisres  oindous 

UN  DOSSIER  SPÉCIAL  MIKADO 
"RELIGIONS:  MIEUX  LES  CONNAÎTRE" 

LrO~  h'SïüiOr  ‘..t'JRS  PRvViQi.îtS  Ltî:'??  ! fO  I- LU  E N CE  S 

: i C j'viPRtKDR'f  E i !?EFi.rO  'IR  F NS  F TV: =i  F 


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• Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  13 


SOCIETE 


JUSTICE 


Au  tribunal  de  NanteiTe 


Philip  Morris  attaque  la  campagne 
de  publicité  anti-tabac 


Ü'.tribunei  de  grande  instance 
cfeNanterre  a examiné  mercredi 
27  novembre  refaire  opposant  b 
société  Philip  Morris  au  Comité 
. éanpab  dréducatibn  pour  la  santé 
JCFÉ5L  à . b Caisse  nationale  de 
l'assurance  maladie  (CNAM),  au 
ministère  des  affidés  sociales  et 
de  rntégration  et  au  iméstère  de 
fa  santé,  à propos  de  ia  dernière 
campagne  de  prévention  du  taba- 
gisme des  pouvoirs  publics. 

Le  cow^boy  non  fumeur  de  la  (fer- 
mère.  campBgno-goBwmcmenlte  anti- 
tabac  n’avait  pas  plus  tôt  disparu  des 
écrans  que  s’ouvrait,  mercredi 
27  novembre,  devant  la  première 
chambre  dn  tribunal  de  grande  ins- 
tance de  Nanterre  (Hauts-de-Seine), 
son  procès.  D’un  côté,  te  société  Philip 
Morris,  qm  exploite  fa  marque  Mari- 
boro,  est  venue;  année  de  tress  fîtes 
pubEdtaiirs,  bien  décidée  à défendre 
«son»  cow-boy,  l’ambassadeur  du 
paquet  ronge  et  blanc.  De  Fautre,  le 
CFES,  te  CNAM,  le  ministère  des 
affaires  sociales  et  de  l'intégration  et  le 
cnnàtère  de  la  santé  qui  assument  b 
campagne  litigieuse:  un  cavalier  au 
visage  buriné  qui  affirme  «r Fumer, 
c'est  pas  nu  nature ». 

a Un  débat  de  Jbnd  s’impose»,  avait 
coodo,  mardi  5 novembre,  te  jqge  des 
réfèrés  en  interdisant  les  affidn-m-g  et 
les  cassettes  du  CFT3,  mais  en  autori- 
sant la  diffusion  du  spot  (le  Monde  du 
g novembre).  Ce  jugement  en  demi- 


teinte  n’avait  bit  qu'accentuer  le  flou 
amour  des  campagnes  anti-tabac. 
Quelles  sont  les  Kmites  que  fixe  le 
droit  en  matière  de  tette  contre  le 
tabagisme?  Les  décisions  de  justice . 
concernant  tes  affiches  dites  de  Quira- 

rr  n’avaient  pas  permis  de  répondre 
cette  question.  Potées  quatre  ibis 
devant  les  tribunaux  sdon  b procé- 
dure d’urgence,  Jes  contre-publicités 
réalisées  par  des  lycéens  de  Quimper 
avaient  en  effet  abouti  è des  dédaoss 
ccnüadiatHres  (IX 

Le  cowbcy  non  fumeur  des  pou- 
voirs publics  se  Tcspecuw-O  pas  1e 
droit?  Pocr  Philip  Morris,  b réponse 
est  daire:  «Le film  diffusé  n'est  que  la 
reprise  sans  autorisation,  des  emutèris- 
tiques  d’aunes  préexistantes,  dont  la 
droits  d'auteurs  appartiennent  à mon 
etient»,  indique  M*  Dominique  Voûte- 
mot  Four  appuyer  ses  affirmations,  3 
difinsem  au  tribunal  trois  films  réalisés 
en  1988  et  en  1989  par  ragace  de 
publicité  dePhffipMoms,  Léo  Buroett 
Company.  Les  avocats  et  le  public  se 
massent  autour 'd'un  minuscule  écran 
de  télévision  posté  devant  le  président 
dn  tribunal,  M.  Germain  Le  Foyer  de 
CcstiL  S’attaquant  au  dénigrement  et  à 
la  discrimination  SObtS  par  b société 
qu’3  défend,  Mc  VojÛemot  cite  alors 
on  sondag;  Ipsos  réalisé  à b sortie  de 
séances  de  cinéma:  82%  des  per- 
sonnes interrogées  indiquent  que  b 
film  nuit  à b marque. 

En  revanche,  pour  les  pouvoirs 
publics,  3 n'y  a ni  contrefaçon,  ni 
dracrimmation,  ni  Hénjgïmwnt  Pour 
prouver  que  Philip  Morris  n’a  pas  b 
monopole  du  Far- West,  M<  Pierre 


Cyçman  avait  lesté  sa  sacoche  d'ex- 
traits de  «esteras,  des  Sept  Merce- 
naires à 17  était  une  Jets  dans  l'Ouest. 
Le  petit  écran  du  tribunal  apporta  une 
nouvelle  (bis  sou  concoure  à b justice. 
s Finalement ; indigne  Je  défenseur  do 
CFES,  Léo  Bumett  a tou  simplement 
copié  les  westerns,  à moins  que  l'en- 
semble  des  images  qu’il  a assemblées 
ne  sut  banal  Cest-h-dne  exploitable 
peu  tous.»  De  b même  façon,  pour  k 
CFES,  fl  ne  peut  y avoir  ni  dénigre- 
ment ni  discrimination  lotstpi’ûn  sou- 
haite simplement  récupérer  un  certain 
nombre  de  valeurs  comme  b liberté, 
les  grands  espaces  et  Tavennue.  Enfin, 
M*  Cycman  s’est  interrogé  sur  Texis- 
tence  d'un  droit  à b santé,  supérieur 
aux  droits  de  la  propriété,  comme  il 
existe  on  droit  d'ingérence,  qui  sim- 
pose  désormais  aux  droits  nationaux. 

Pour  rétablir  son  image,  Philip  Mor- 
ris rédame  17  rmŒicos  de  francs  de 
dommages  et  intérêt^  « le  coût  de  ta 
campagne  des  pouvoirs  publics».  La 
société  s’est  engagée  à les  verser  à unt 
association  charitable-  puisqu'elle  a 
l’interdiction  de  diffuser  des  films 
publicitaires  vantant  les  mérites  des 
ctgarettes. 

Jugsment  fc  15  janvier. 

MICHÈLE  AULAGNON 


(1)  Le  29  avril,  le  tribunal  de  grande 
instance  de  Quimper  ordonne  de  retirer 
la  affiches.  Le  18  septembre,  saisi  selon 
la  procédure  de  tierce  opposition  par  le 
CNCT,  il  annule  le  ré&é.  Le  24  octobre, 
un  référé  du  tribunal  de  Paris  interdit 
CutiSation  des  affiches  de  Quimper.  Le 
31  octobre^  il  annnle  une  exposition  ks 
présentant  a la  Bibliothèque  nationale. 


Les  fausses  factures  du  Snd-Est  au  tribunal  de  Paris 

Une  audience  de  Normands 


Au  second  jour  du  procès  des 
fausses  factures  du  Sud-Est,  la 
onzième  chambre  du  tribunal 
correctionnel  de  Paris  a 
entendu,  jeudi  28  novembre,  les 
dirigeants  et  les  cadres  de  la 
SAE,  société  présumée  «corrup- 
trice». 

Ces  hommes  du  bâtiment  ont  la 
mémoire  floue:  A moins  qu'ils  ne 
souhaitent  pas  trop  se  souvenir.  Ce 
frit,  en  tout  cas,  une  jolie  audience  de 
Normands.  Le  bureau  d’études  Urba, 
messieurs  du  bâtiment,  qui  prélevait 
avec  constance  son  pourcentage  sur 
vos  contrats  avec  les  élus  socialistes, 
vous  facturait-il  ainsi  des  services 
effectifs?  Ftêt  ben  qu’om.  A leur 
juste  prix?  P*lët  ben  qutean.  Ces 
sommes  ne  correspoodaient-eUes  pas 
plutôt  an  financement  dn  PS?  Ptët 
ben  qu’oui.  Dans  ces  conditions, 
étiez-vous  vraiment  obligés  de  payer? 
P’tët  ben  qu’noo.  Aux  questions  dés- 
espérément générales  de  la  présidente 
Jacqueline  Chevallier,  répondirent 
ainsi,  pendant  quatre  heures  d*bar- 
logc,  des  variations  sur  le  thème  du 
touz-est-fdatiil 

Le  coût  facturé  par  Urba  aux 
entreprises  était  e légèrement 
majoré »,  avance  par  exempte  aujour- 
d'hui Paul  Pettier.  l'homme  per  qui 
te  scandale  arriva.  M"  Chevallier 
s’insurge  : « Lors  de  l'instruction,  vous 
étiez  beaucoup  plus  net  : vous  avez  dit 
que  le  contrat  conclu  avec  Urba  ne 
correspondait  à rien.»  « Mes  paroles 
ont  peut-être  outrepassé  ma  pensée. 
Peut-être  trouvais-je  la  chose  m peu 
chère,  mais  ils  nous  apportaient 
quand  même  une  assistance  au 


niveau  du  démarchage  commercial ». 
Et  de  donner  l’exemple  de  la 
construction  de  HLM  à Bédarieux 
(Hérault),  dans  lesquelles  « on  a tra- 
vaillé avec  Urba  sur  un  procédé  qui 
nous  a permis  d'être  moins  chers  que 
le  dévis  initial»  . 

Si  l’on  voulait  avoir  une  chance 
d’emporter  les  marchés  lancés  par  les 
collectivités  locales  socialistes,  il 
valait  mieux  avoir  Urba  dans  sa 
poche.  Appuyés  sur  cette  vérité  mini- 
male, MM.  Paul  Pefàer  et  Claude 
Popis.  directeurs  de  la  SORMAE,  et 
leur  patron  ML  Pierre  Bentata.  direc- 
teur général  de  la  maison  mire,  la 
SAE,  vinrent  successivement  tenter 
d’expliquer  au  tribunal  leurs  relations 
avec  Urba.  «Cria  s'apparentait  à un 
droit  de  douane»,  dit  M.  Popis.  «r// 
s'agissait  de  s'intégrer  dans  le 
contexte  hxal »,  expliqua  M.  Pdtier. 
Et,  comme  une  totale  évidence  : «Il 
était  difficile  de  rencontrer  les  élus 
sans  jamais  songer  à financer  leurs 
Jormations  poûtiques.» 

Faute  de  cerner  dans  toute  leur 
complexité  les  rapports  entre  les 
constructeurs  et  leurs  intermédiaires, 
on  aura  en  un  aperçu  des  ressources 
sémantiques  des  hommes  de  la  SAE 
Ainsi,  le  mm  de  racket,  prononcé  par 
1e  substitut  Jean-Claude  Maria  fit-il 
sursauter  M.  Bentata.  «Je  ne  partage 
pas  du  tau  ce  point  de  vue.  Je  n ai 
jamais  entendu  dire  qu’il  suffisait  de 
passer  un  contrat  avec  Urba  pour 
emporter  le  marché.  Simplement,  cria 
ne  déjamrisati  pas.  » 

Entrepreneurs  et  intermédiaires, 
d’une  même  voix,  tentèrent  ainsi  de 
mettre  l’accent  sur  la  réalité  dn  ser- 
vice rendu.  Non  sans  quelque  peine. 
«Où ! commence  rien,  où  commence 
peu  de  chose?»,  s'interrogea  grave- 


DÉFENSE 

Nommé  inspecteur  général  de  Tannée  de  l'air 

Le  général  Claude  Lartigau 
reçoit  sa  cinquième  étoile 


Sur  la  proposition  du  mihïstte 
de  la  défense,  M.  Pierre  Joxe,  le 
conseil  des  ministres  du  mercredi 
27  novembre  a approuvé  jes  pro- 
motions et  nominations  suivantes. 

• Aie.  - Est  élevé  au  rang  et  à 
l’appellation  de  général  d’armée 
aérienne,  le  général  de  corps  aérien 
Qaade  Lartigau,  nommé  inspec- 
teur général  de  l’armée  de  Pair  en 
remplacement  du  général  d’armée 
aérienne  Vincent  Lanata.  qui  prend 
les  fonctions  de  chef  d’état-major 
de  Tannée  de  Pair  le  2 décembre 
prochain  (le  Monde  du  4 octobre). 

Est  élevé  au  rang  et  à l'appella- 
tion de  général -de  corps  aérien,  1e 
général  de  division  aérienne  Roger 
Mathieu. 

■ Sont  nommés  ; commandant  de 
la  défense  aérienne  et  du  comman- 
dement «air»  des  forces  de 
défense  aérienne,  le  général  de 


ÉDUCATION 

o_  Opération  «écoles  fermées»  à Sar- 
criks  (Val-d'Oise)  et  grève  sa  lycée 
Ptanf-Valéry  à Pois.  - La  moitié  des 
écoles  primaires  et  matemeBes  de  Sar- 
celles (Val-d'Oise)  étaient  fermées, 
jeudi  28  novembre,  en  signe  de  pro- 
testation après  l'agression  d’un  ensei- 
gnant par  un  parent  d'élève.  Des 
enseignants  du  lycée  Paul-Valéry, 
situé  dans  le  douzième  arrondisse- 
ment de  Paris,  étaient  en  grève  te 
meme  jour  pour  protester  contre  fe 
cfimat  $« insécurité»  qui  règne  sete» 
eux  dans  rétaifissanenL  Deux  jours 
auparavant,  un  professeor  de  mathé- 
matiques avait  été  agressé  dans  sa 
classe  par  une  posera»  extérieure  au 
fycfe. 


corps  aérien  François  Valhit;  com- 
mandant la  Force  aérienne  tactique 
(FATAC),  le  général  de  corps 
aérien  Bernard  Norlain  : major 
général  de  l’armée  de  l’air,  le  géné- 
ral de  division  aérienne  Alain 
Dumas;  sous-chef  d’état-major  de 
Tannée  de  Pair,  le  général  de  bri- 
gade aérienne  Michel  Courtet  ; 
commandant  en  second  les  Foires 
aériennes  stratégiques  (FAS).  le 
général  de  brigade  aérienne  Guy 
Pouliquen;  général  adjoint  «opéra- 
tions» au  général  commandant  la 
région  aérienne  Nord-Est  et  com- 
mandant la  zone  aérienne  de 
défense  Nord,  le  général  de  brigade 
aérienne  Gérard  Le  Bretton;  chef 
de  cabinet  du  chef  d’état-major  de 
l’armée  de  l’air,  le  général  de  bri- 
gade aérienne  Michel  Beaudoux. 

• Terre.  - Sont  élevés  au  rang 
a à Tappefiatûm.  de  général  de 
corps  d’armée,  les  généraux  de 
division  Raymond  Manicacci,  Jean 
Pons  et  Michel  de  Coorrèges. 

Est  promu  général  de  brigade,  le 
colonel  Jean  Vîalie. 

Sont  nommés  : inspecteur  de 
l'artillerie,  le  général  de  division 
Michel  Brisac;  chargé  de  mission 
auprès  du  chef  d’état-major  des 
années,  le  général  de  brigade  Mau- 
rice Le  Page  ; commandant  les 
forces  françaises  stationnées  à Ber- 
lin, te  général  de  brigade  Roger 
Gosset;  adjoint  au  général  com- 
mandant la  région  militaire  de 
défense  Atlantique  et  la  circons- 
cription militaire  de  défense  de 
Bordeaux,  le  général  de  brigade 
André  Cousine. 

• Armement  - Est  promu  ingé- 
nieur général  de  deuxième  classe, 
l’ingénieur  en  chef  de  première 
classe  Georges  Verdie. 


Devant  la  coût  d'assises  spéciale  de  Paris 

^espionnage  selon  M.  Rolf  Dobbertin 


Après  douze  ans  de  procédure, 
M.  Rolf  Oobbèrtin,  cinquante-sept 
ans.  -citoyen  allemand  chargé  de 
recherches  au  CNRS,  comparaît 
depuis  le  27  novembre  devant  b 
cour  d'assises  de  Paris,  spéciale- 
ment composée  de  magistrats, 
pour  répondre  de  l'accusation.  On 
lui  reproche  d'avoir,  depuis  son 
installation  en  France,  en  1959, 
jusqu'à  son  arrestation  en  1979, 
transmis  des  renseignements 
scientifiques  à ce  qui  était  alors 
la  Répubfique  démocratique  afle- 
mande. 

Comment  reconnaît-on  nn  espion? 
A son  attitude  oo  à la  nature  des 
documents  qu’il  donne  à Pé danger? 
S te  comportement  est  le  seul  critère 
retenu,  M.  Dobbertin  ressemble  à un 
espion,  n recevait  ses  instructions  par 
messages  radio  qu’il  décodait,  utili- 
sait pour  répondre  dn  carbone  blanc 
ou  des  microfilms  et,  quand  ses 
«contacts»  venaient  chercher  des 
messages,  il  lui  arrivait  de  les  placer 
dans  des  crottes  de  chien  en  pâte  à 
modeler.  Si  tout  cela  ressemble  i de 
l'espionnage,  ce  n’est  pas  de  l'espion- 
nage sdon  M.  Dobbertin. 

Venu  en  Fiance  pour  préparer  un 
doctorat  ès  sciences,  il  affirme  avoir 
seulement  voafu  faire  bénéficier  ses 
collègues  est-allemands  d’une  culture 
scientifique.  M.  Dobbertin  est 
convaincu  que  s'il  avait  bêtement 
envoyé  par  la  poste  des  documents 
scientifiques,  ils  animent  été  saisis 
par  ia  censure.  C'est  donc  pour  eda 
qu’il  utilisait  des  méthodes  eguigno- 
lesques  »,  sdon  son  propre  mot,  pour 
correspondre  avec  te  mùristère  de  la 
sécurité  d’Etat  (MF$X  La  DST  ne 
l'entend  pas  de  cette  oreille  : «C’est 
un  y roi  espion»,  affirme  M.  Ray- 
mond Naît,  sous-directeur  de  service. 


pour 

VesiBc 


qui  « M.  Dobbertin  est  venu  h 
l’espionnage  par  ia  science»,  comme 
d’autres  te  pratiquent  pour  de  Tar- 
ant on  par  conviction  politique. 

St.  pour  caràtâérisez-  Tespioimage, 
on  regarde  les  documents  remis  à 
Tétranger  sans  se  préoccuper  de  la 
méthode,  ML  Dobbertin  plaide  non 
coupable,  fl  est  (Tailleura  établi  qu'il 
n’a  transmis  aucun  renseignement 
faisant  l'objet  tfune  quelconque  res- 
triction de  diffusion.  D s’agissait  (fans 
la  majorité  des  cas  de  «preprints», 
c’est-à-dire  d’exposés  théoriques 
concernant  la  recherche  fondamen- 
tale, publiés  dans  le  monde  scientifi- 
que international  afin  de  provoquer 
les  critiques  qui  permettront  ensuite 
d’envisager  une  parution  dans  une 
revue  spécialisée.  Plusieurs  pays  de 
l’Est  étaient  d’ailleurs  nomâlement 
destinataires  de  ces  « preprints  » 
adressés  très  offideUement  par  des 
laboratoires  français  ou  américains. 
Les  collègues  du  CNRS  de  M.  Dob- 
bertin sont  venus  1e  confirmer  à l’au- 
dience. 

La  cour  d’assises  devra  donc  tran- 
cher : les  * intelligences  avec  les 
agents  d'une  puissance  étrangère  » 
semblent  établies  par  ela  clandesti- 
nité» des  procédés  de  transmission. 
Mais  sont-elles  «de  nature  à nuire 
aux  intérêts  économiques  essentiels  de 
la  France »1  D’autres. éléments  prési- 
deront & te  dédsioa:  M.  Dobbertin 
n’est  pas  un  accusé  comme  les 
autres.  San  instruction  est  terminée 
depuis  - dix  ans. 

La  procédure  s’empara  du  dossier 
qui  voyagea  de  chambre  d’accusation 
en  chambre  d’accusation,  dont  les 
décisions  étaient  systématiquement 
cassées,  fl  était  cependant  condamné 
1e  15  juin  1990  à douze  ans  de  réclu- 
sion crimindte.  Une  décision  qui  fût 
cassée  te  6 mars  1991,  car  la  cour 
d’assises  n'avait  pas  justifié  légale- 
ment son  refus  «raûger  1a  comparu- 
tion de  Wemer  StiHer,  transfuge  des 


services  spéciaux  est-allemands,  dont 
les  déclarations  constituent  b base  de 
raccusation. 

Depuis.  la.  DST.  a fait  savoir  que 
M.  ailler  avait  subi  une  opération  de 
chirurgie  plastique  destinée  à le  ren- 
dre méconnaissable  et  qu'il  se  trou- 
vait sous  la  protection  de  FElat  alle- 
mand. Le  principal  témoin  à charge 
ne  viendra  pas. 

Verdict  vendred  i 29  novembre. 

MAURICE  PEYROT 


ment  M.  Pehicr.  « C'était  pour  nous 
l'assurance  d'être  sur  la  ligne  de 
départ  avec  les  autres  entrepreneurs  », 
résuma  M.  Claude  Popis. 

Que  se  serait-il  passé  si  les  entre- 
preneurs avaient  refusé  d’acquitter 
cette  dîme?  En  quels  termes  ctaient- 
ils  appâtés,  que  leur  promettait-on 
exactement,  et  avec  quelle  proportion 
de  réussite?  De  quoi  tes  menaçait-on 
en  cas  de  refus?  On  ne  1e  saura  pas, 
les  questions  n’ayant  jamais  été 
posées,  et  la  situation  ne  s’étant  vrai- 
semblablement jamais  présentée,  tant 
Urba  faisait  partie  du  paysage. 

Pratiques 

bananières 

Car  au-delà  de  ces  subtilités  déri- 
soires, le  plus  frappant  pour  le  pro- 
fane fut  l’aperçu  vertigineux  de  la 
capacité  d'intégration  mentale,  par 
ccs  hommes  de  l’art,  de  ce  qu'il  faut 
bien  appeler  des  pratiques  bana- 
niêres.  Voici  des  sujets  brillants, 
anciens  élèves  des  grandes  écoles, 
rélrtc,  en  quelque  sorte,  d’un  grand 
pays  démocratique  et  développé.  Et 
ce  racket  au  petit  pied  leur  paraît 
une  fatalité  aussi  inéluctable  que  tes 
nuages  de  sauterelles  au  paysan 
d’Ajnquc  ou  les  raz  de  marée  au 
villageois  du  Bangladesh! 

Ni  rancune,  ni  révolte  morale,  ni 
désir  de  revanche  dans  leur  bouche, 
sur  leur  visage.  Urba  n'était  rien 
d'autre,  en  somme,  qu'un  poste 
comme  un  autre  dans  leur  compte 
d’exploitation,  un  budget  implicite  de 
relations  publiques.  Police  et  justice, 
finalement,  n’ont  rien  fait  d’autre 
que  s'immiscer  dans  d’aimables  rela- 
tions de  voisinage. 

* Et  il  est  vrai  que  l'incitation  venait 
de  haut.  On  donna  lecture  d'une  note 
de  M.  Pierre  Bentata.  dans  laquelle  te 
directeur  général  encourageait  les 
directeurs  de  ses  filiales  à entretenir 
de  bons  rapports  avec  tes  élus  locaux, 
afin  qu'ils  «se  mouillent  pour  nous». 
« Pour  moi,  se  mouiller,  cela  veut  dire 
prendre  parti  pour  quelqu'un,  expli- 
qua à ['audience  ML  Bentata.  Si  vous 
vous  trouvez  dans  une  situation  de 
compétition,  vous  devez  avoir  des 
amis  qui  vont  se  mouiller  pour  vous. 
Cria  ne  veut  pas  dire  se  compromet- 
tre. Si  à chaque  Jois  qu’on  prend  posi- 
tion, on  se  compromet-.» 

Et  de  conclure  : «Avec  h nouvelle 
législation,  nous  allons  d’ailleurs 
continuer  à financer  les  partis  par  le 
biais  d’associations.  La  seule  diffé- 
rence. c'est  qu’elles  seront  légales.  » 

DANIEL  SCHNEIDERMANN 


Au  sommaire  du  numéro  de  décembre  : 

• dossier 

Comment  choisir 
un  ordinateur  d’échecs 

20  modèles  au  banc  d’essai 

• Xie  Jun,  la  surprenante  Chinoise 
championne  dn  monde 

• Tout  sur  le  Trophée  Jnimopar 

• Tilburg  : toutes  les  parties 

du  plus  fort  tournoi  de  tous  les  temps 

En  vente  partout  : 32  F 


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14  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  • 


AGENDA 


VENDREDI  29  NOVEMBRE 


THEATRES 


AKTÈON  THÊATRE  (43-38-74-62). 
Les  Lettres  de  le  marquise  : 19  h.  Une 
fée  son  du  logis  : 22  h. 

AMANDIERS  OE  PARIS  {43-66- 

42- 17]  Rémonkeno  : 20  h 30. 
ANTOINE  - SIMONE-BERRIAU  (42- 
08-77-71)  Puta  : 20  h 45. 

ATELIER  (46-06-49-24). 
L'Antichambre  : 21  h. 

ATHÉNÉE- LOUIS-JOUVET  «4  7-42- 
67-27).  Salle  Louis-Jouve;  Timcn 
d'Athènes  : 20  h 30. 

AUX  BOUCHONS  (42-32-28-73). 
Femme  de  jcjr.  fîTr1?  do  nui:  : 

18  h 45. 

BASTILLE  (43-37-42- i4).  Ûis-J  grcrv 
mairien  . 19  h 30.  Chsn:  dt:  ’JCCC  : 21  h. 
BATEAU -THÉÂTRE  [rncc  au  3,  quai 
Malaquais)  (40-5'-?4-53).  Ls  5anc  : 

19  h.  Exercices  de  sryte  : 20  h 30.  D'ia- 
bloguement  vôtre  . 20  !i  30. 
BEAUNORO-CENTRE  WALLONIE- 
BRUXELLES  (42-71-26-16).  Credo  : 
21  h. 

BERRY  (43-57-51-55).  L'Ascenseur  : 

20  h 30. 

BIBLIOTHÈQUE  NATIONALE  DE 
PARIS  (GALERIE  COLBERT).  Manfei 
ûbm  : 20  h 30. 

BOBINO  (43-27-75-75).  Cinêmamac. 
one-man-show  ri'unô  tête  à claps  : 

19  h 30. 

BOUFFES  PARISIENS  (42-96-6C-24). 
Omifle  : 20  h 30. 

BOUFFONS-THEATRE  DU  XIX-  (42- 
38-35-53).  Ma  de. t»;  Awrîy  c'w: 
vous  I : 20  h 30. 

CAFÉ  OE  LA  GARE  «2-78-1 52-51).  Thê 
i la  menthe  ou  T ?r  . 20  h 15. 
Les  Couloirs  o«r  ia  herm  : 22  h. 
CARTOUCHERIE  ATELIER  DU  CHAU- 
DRON (43-28-37-04).  F'rrfvrft-t-.o  : 

20  h 30. 

CARTOUCHcRIc-ÉPÉE-Dc-BGiS  (4S- 
08-39-74).  La  vis  os:  un  songe  : 
20  h 30. 

CARTOUCHERIE-THÊATRE  DE  LA 
TEMPÊTE  (43-28-36-36).  Ccmbzi  de 
nègre  et  de  chiens  : 20  h 30.  Les  Clefs  : 
2!  h. 

CARTOUCHERIE  THÉÂTRE  OU 
SOLEIL  (43-74-24-08).  Iphigénie  b 
Aulis  : 19  h 30. 

CASINO  DE  PARIS  (49-S5-S9-S9). 
Peter  Pan  : 2ü  h. 

CAVEAU  DE  LA  RÊFUSUC LUS  *2-78- 
44-45).  Y a-t-il  lt  commij-ti?*”  dans  b 
safie  ? : 21  h. 

CENTRE  CULTUREL  DS  LA  CLEF  (-13- 
31-49-27).  Lw  Troycnnes  : 21  h. 
CHAPITEAU  (SQUARE  SÉVERINE) 
(43-31-80-6S).  Cirque  Beckett  ecw  s*n*> 
parole  I : 20  h 45. 

CHATELET  -THÉÂTRE  MUSICAL  DS 
PARIS  (40-28-22-^0).  West  Sida 
Story  : 20  h 30 

CINQ  DlAWlA'tTS  '45-20-5’ -31}  D-i* 
sur  h balançai.-?  • 20  * 30. 

CITÉ  INTERNATIONALE  UNIVERSI- 
TAIRE (45-S9-3S-39;.  Trans?ib$rsn  : 
20  h 30. 

COLLÈGE  NÉERLANDAIS  (40- ?S- 
50-00).  L'Amour  a:  Nuit  de  n?c«s  . 

20  h 30. 

COMÉDIE  CA  U MARTI  N (47-42- 

43- 41).  Les  Trots  Filles  de  Mrao  Akcm  : 

21  h. 

COMÉDIE  DE  PARIS  (42-31-00-1  î). 
Voltaire' s Foli  ïs  : 19  h.  Grand  P',L"  ot 
Misère  du  IIP  Reich  : 21  h. 

COMÉDIE  DES  CHAMPS-ELYSÉES 
(47-23-37-21).  La  Nui:  ds  Vaiognfs  ■ 

21  h. 

COMÉDIE  ITALIENNE  (43-21  -22-21). 
Arlequin  et  Colembhç  au  Csm^val  de 
Venise  : 20  h.  L'Epouse  preosn:?  . 21  h. 
DAUNOU  (42-61-69-14)  Couac  I le 
Grand  Orchestre  du  Splendid  . 20  h 45. 
DÉCHARGEURS  (TLD)  (42-26-00-02). 
Biaise  comme  Cendrars  : 21  h. 

DÉJ AZET -(TLP)  (42-74-20-50).  Font  & 
Val  : 20  h 30. 

DEUX  ANES  (46-05-10-26)  Cresson 
qui  s'en  dédit  : 21  h 
DIX-HUIT  THÉÂTRE  (42-26-47  47).  La 
Chevauchée  sur  le  lac  de  Car.stance  : 
20  h 30. 

EDGAR  (43-20-85-  ï 1}.  Les  rau.i 
Jetons  : 20  h 15.  Les  Bsbas  cèdres  : 

22  h 

EDOUARD-VI1-3ACKA-GUÎTP.Y  ÿ»7- 
42-59-92).  Déciael  . 20  h 45. 
ELDORADO  (42-49-30-27).  Ncs  mi-cc 
étaient  des  fész  : 21  h. 

ESPACE  ACTEUR  '.42-62-35-00!.  Les 
Richesses  rvjtursüas  : 20  h 30. 

ESPACE  MARAIS  (48-04 -9 Ï-EE).  Le 
Mariage  de  Figcre  ; 13  h.  Le  Mouette  : 
20  h. 

ESSAION  DE  PARIS  t42-T?-4S-421. 
Salle  I.  Jusqu'à  la  prochaine  nuit  : 
20  h 30. 

FONTAINE  (48-74-/4-40).  Le  Clan  jes 
veuves  : 20  h 45. 

GAITÊ-MONTPARNASSE  (43-22- 
16-18).  Voltaire-Rcusssaj  : 20  h 45. 
GRAND  THÉÂTRE  D'EDGAR  (43-20- 
90-09).  Meiral  Family  : 20  h 15 
GUICHET  MONTPARNASSE  (43-27- 
88-61).  Eux  seuls  le  savsr.t  : 18  n 45. 
Libertine  : 20  h 30.  Oui  : 22  h. 
GYMNASE  MARIE-BELL  ,42-46- 
79-79).  Laqaf  ; 20  h 30. 

HALLE  SAINT-PIERRE  (42-52-74-  >2). 
Les  Origines  de  rnenvra  . 15  h 
HÉBERTOT  (43-37-23-23).  Le  Co"tre- 
besse  : 21  h 

HUCHETTE  (43-25  68-93).  La  Certo- 
irice  chauve  19  h 30.  La  Leeor  : 

20  h 30.  Lorca.  po=t?  h Me-v-Ycrf:  : 

21  h 30. 

LA  BRUYÈRE  (46-74-7669!.  CAsre  e: 
Dépendances  . 2 1 h. 

LA  VIEILLE  GRILLE  i47-07-22-î  i).  lQ 
Moine  Apostat  : 20  îi  30 
LE  BOURVIL  (43-73-47-S-*/.  En:rc  ciel 
et  terre  ; les  manuels  du  rire  - 20  h 30 

LE  FUNAMBULE  THEATRE-RESTAU- 
RANT (42-23-88-83).  L'Apocalypse, 
version  pauvre  . 20  h 30. 

LUCERNAIRE  FORUM  (45-44-57-34). 
Théâtre  noir.  Le  Petit  Pnnca  ■ 1S  n 45. 
La  Nuit  at  le  Moment  : 20  h.  Nous.  Théo 
et  Vincent  van  Gogh  . 21  h 30  Théâtra 
rouge.  Mademorealte  çJse  ; 20  n.  Onde 
Vania  : 2 1 h 30. 

MADELEINE  (42-65-07-09).  N'écoulez 
pas.  mesdames  . 21  h. 

LA  POÉSIE  (TERRASSE 
vfj*?1!*  DES  «ALLES)  (42-36- 
*'■**!■  Enfer  et  Illuminations  : 20  h 30. 


NÎARAiS  (42-78-03-53).  Jugement  : 
13  il  30-  Pal  et  Sarah  : 21  h. 

MARIE  STUART  (45-08-17-80).  Pour 
en  finir  avec  le  hareng  saur  : 20  h 30. 
Histoires  d'ouvreuses  : 22  h. 

MARiGNY  (42-56-04-41).  La  Dame  de 
chez  Maxim's  : 20  h 30. 

MATHURINS  (42-65-90-00).  Magic 
Palace  : 20  h 30. 

MATHURINS  (PETITS)  (42-65-90-00). 
Chadua  : 18  h 30. 

MÊTAMORPHOSIS  (THÉÂTRE 
SALON  D'ENCHANTEMENTS)  <42- 
61-33-70).  Marchand  de  rêve  : 21  h. 
MICHEL  (42-65-35-02).  Darling  Chérie  : 
21  h 15. 

MiCHODIÈRE  (47-42-95-23).  Pleins 
Feux  : 20  h 30. 

MOGADOR  (48-73-04-04).  Las  Miséra- 
hba  : 20  h 30. 

MONTPARNASSE  (43-22-77-74). 
Calcmir,  Ja.ts  : 20  h 45. 
MONTPARNASSE  (PETIT}  <43-22- 
77-74).  Les  Patients  : 21  h. 

MUSÉE  COGNACQ-JAY  (40-27- 
07-21).  La  Faussa  Suivante  : 20  h 30. 
NOUVEAU  THÉÂTRE  MOUFFETARD 
(43-31-11-99).  Le  Misanthrope  : 
20  h 30. 

NOUVEAUTÉS  (47-70-52-76).  Les 
Jumeaux  : 20  h 30. 

UVRE  (48-74-42-52).  Le  Météore  : 
2G  h 45. 

PALAIS  DES  GLACES  (PETIT 
PALAIS)  (48-03-11-36).  Chantal  LadB- 
sou  : 20  h 30.  Le  Syndrome  de  Stock- 
holm : 22  h. 

PALAIS  DES  GLACES  (GRANDE 
SALLE)  (42-02-27-17).  Jean-Marie 
3iga.-d  . 20  h 30. 

PALAIS  DES  SPORTS  (48-28-40-90). 
J4:us  é:dt  sor.  nom  : 20  h 30. 
PALAté-RDïAL  142-97-59-81).  Valérie 
Lomortier  =u  *alate-Ro>3l  : 20  h 30. 
PARC  DE  LA  VIlLETTE  (scus  chapi- 
teau trensiucidc)  (40-03-39-03). 
VcSSrs  : denier  chant  avant 

l’envoi  : 2C-  h 30. 

POCHE-MONTPARNASSE  (45-48- 
92-97).  Salle  I.  Chambre  108  : 21  h. 
Salle  II.  Abraham  et  Samuel  : 21  h. 
PORTE  SAINT-MARTIN  (42-08- 
GO-32).  Volpcne  : 20  h 30. 

RANELAGH  (42-88-64-44)  Le  Bouffon 
s:  la  Reir«  : 21  h. 

RENAISSANCE  (42-08-18-50).  Chantal 
GailU:  : 2)  h. 

ROSEAU- THEATRE  (42-71-30-20).  U 
: 14  h.  L'Etrcng?  Ouvrage  des 
ersux  : 20  i 30. 

OAirJT-GSDESSS  ;48-7S-33-47).  Enfin 
seuls  I : 20  h 4P. 

SALLE  BRASILIA  (GALERIE  3RASIL 
IfJTES  ART  (42-07-20-17).  RimbEud  à 
sa  sesur  Lcieüo  ; 20  h 20  c:  22  h 30. 
SALIE  VALKUSSHT  (45-34-30-30). 
Les  Femmes  eeventss  : 20  h 30. 
SEÜISI  CES  MALLES  «2-32-37-27). 
Ja  m’pisissrtto  : Pau!  Azzrr. . 2 G h 30. 
SPLEfJCID  î?é!W“  (yiARTIN  (42-0S- 
21-93).  Un  aeveb  au  Splendid  : 
20  h 30  Devaux  : 22  h. 

studio  dss  Champs-Elysées  <47- 

23- 35-10).  Léo  jsurs  sc  traînent,  les 
Rtrts  cuscl  : 20  h 30. 

THÉÂTRE  13  (45-33-62-22).  Une  envie 
de  tu?:  sur  le  bout  de  la  langue  : 
ZC  n 30. 

THÉÂTRE  14  - JEAN-MARIE  SER- 
REAU  (45-45-49-77).  Caligula  : 
20  h 30 

THÉÂTRE  CLAVEL  (42-38-22-58). 
Am-sr  Lappé  : 2 1 h. 

THÉÂTRE  DE  L'EST  PARISIEN  (43- 

24- 20-30).  Chacun  pleure  son  Garabed  : 
20  h 30. 

THÉÂTRE  DE  LA  MAIN-D’OR  BELLE- 
DE-MA!  (43-05-67-S3).  Les  caïmans 
senî  des  gsns  comme  les  autres  : 
20  h 30.  Après  i'ameur  : 21  h. 

THÉÂTRE  DE  LA  VILLE  (42-74-22-77). 
Ls  Haut-de-Fcme.  Sfk-SA  : 20  h 30. 
THÉÂTRE  DE  MËNILMONTANT  (47- 
45-75-80).  L'Gifrande  : 20  h. 

THÉÂTRE  DE  NESLi  (46-34-61-04). 
Baudelaire  : 14  h 30.  Miserae  : 19  h. 
Noël  Hardy  : 22  h. 

THÉÂTRE  DE  PARIS  (48-78-22-00). 
SmüTr,  ; 21  h. 

i THÉÂTRE  DU  SPHINX  (42-73-39-29) 

I Le  Tempo  ..  le  fou  : 20  h 30. 

I THÉÂTRE  DU  TAMBOUR  ROYAL  (48- 
06-72-34).  Sand-Vucseï  : 19  h 45. 
THÉÂTRE  DU  TEMPS  (43-55- 10-88). 
Terc  e:  ri'akc  Phèdre,  en  alternance 
avec  A!;:---  . 20  r.  30 
THÊjt.TRE  =ix  ACTES  (43-57-35-13). 

THÉATCS"53ÉV:rî  (42-46-34-47). 
Anna  Reasmafi . 2?  h 30. 

THÉÂTRE  MAURICE- RAVEL  (43-70- 
33-021.  L’ Affaire  Sotie  c . 20  h. 
THÉÂTRE  MODERNE  (4S-74-ÏO-75). 
Ne  WcT.sn'6  Lan  J : 20  n 45. 

THÉÂTRE  NATIONAL  DE  CHAILLOT 
(47-27-31-15,.  Salle  Gémier.  Y a pas  ! 

les  chiens  qui  s'aiment  21  h Salle  ■ 
Jean- Vilar.  Marilyn  Montreuil  : 20  h 30.  i 
THÉÂTRE  NATIONAL  DE  LA  COL-  [ 
LINE  (43-66-43-60).  Un  man  : 20  h 30.  I 
Grande  salle.  Comédies  barbares  : 20  h.  i 
THÉÂTRE  NATIONAL  DE  L'ODÉON  ; 
(43-25-70-32).  Le  Temps  et  la  Chambre 
(Festival  d'auio-.re  a Paris)  : 20  h 30 
THÉÂTRE  NATIONAL  DE  L'ODÉON 
(PETITE  SALLE)  (43-25-70-32).  L'En- 
tretien des  ménders  . 18  h 30. 
THEATRE  OUVERT -JARDIN  D’HIVER 
(42-62-59-491  Lss  Guerrière  : 21  h. 
THÉÂTRE  PARIS-PLAINE  (40-43- 
01-32,.  Cîr.tji  b;  E.rc.-;ices  : 20  h 30. 
THÉÂTRE  RENAUD- BARRAULT  (42- 
56-60-7G).  Grande  salle.  Un?  dea  der- 
nières ccirôes  ta  sa-ns-.-d  : 20  h 30 
TCURiOUR  Î4B-37-32-43).  Cancide  : 
19  h.  Je  "?  me  scti'/îsrs  plus  de  rien  ; 
C!i-c  . 20  h SC. 

TRISTAN-BERNARD  (45-22-08-40) 
LîT-  Madcrr.j  Trio  : 2 1 h. 

VARIÉTÉS  (42-33-09-92).  Trais 
parrou:  2ü  h 3G. 

US  CAFÉS-THÉATMS 

AU  BEC  FIN  (42-96-29-35).  Nijinsky 
TAnge  ne  papier  : 19  h.  Davos  existe,  je 
l'c:  :ancor.:ré  20  h 30.  l'm  just  a Gilles 
Gaulé  : 22  h. 

BLANCS -MANTEAUX  (48-37-15-84). 

En  c ttsnaani  Pedro  . 22  h 30.  Salle  I. 
Salade  de  nuit  2G  h 15.  Cherar  et  Che- 
rer  : 2 1 h 30.  Salle  II.  Les  Sacrés  Mons- 
|fM  ■ 2Û  h 15.  Finissez  les  melons  j'e 
vais  chercher  le  rôti  : 2 1 h 30.  Cosia- 
Vagnon  ; 22  h 30. 


CAFÉ  D'EDGAR  (43-20-85-11).  FaUla 
dans  son  premier  fatman-show  : 

20  h 15.  Mangeuses  d'hommes  : 

21  h 30.  Nous  on  fait  où  on  nous  dit  de 
faire  : 22  h 30. 

LE  DOUBLE-FOND  (42-71-40-20). 
C'est  magique  at  ça  tache  : 20  h 30. 

22  h et  24  h 
LE  GRENIER  (43-80-68-01).  Son  excel- 
lence... le  majordome  : 22  h. 

MOVIES  (42-74-14-22).  Tranche  de 
quai  : 19  h 30.  Y a-t-il  une  vie  après  le 
mariage  ? : 20  h 30. 

PETIT  CASINO  (42-78-36-50). 
Qu'est-ce  que  je  trinque  I : 2 1 h.  Ils 
nous  prennent  pour  des  bœufs,  faites 
passer  : 22  h 30. 

PLATEAU  26  (48-87-10-75).  Victor 
Bianco  au  Plateau  26  : 20  h 30.  Gende- 
larie  nationale  : 21  h 15.  Max  de  8ley... 
en  herbe  : 22  h 15. 

POINT-VIRGULE  (42-78-67-031.  Gus- 
tave Parking  : 20  h.  Eric  Thomas  : 

21  h 15.  Ça  passe  ou  ca  casse  : 

22  h 30. 

SUNSET  (40-26-46-60).  Karim 
Segheir  : one-man-show  comique  : 
20  h 30. 

RÉGION  PARISIENNE 

ANTONY  (THÉÂTRE  FIRMIN- 
GÉMIER)  (46-66-02-74).  Madame 
l'abbé  de  Choisy  : 21  h. 

AUBER VILUERS  (THÉÂTRE  ÉQUES- 
TRE ZINGARO)  (48-04-38-48).  Opéra 
équestre  : 20  h 30. 

AUBERVILLIERS  (THÉÂTRE  DE  LA 
COMMUNE)  (48-34-67-67).  Petite 
salle.  Des  siècles  de  paix  ; Tournicotis 
pour  acteurs,  bestiaux  et  musiciens  : 
20  h 30. 

BOULOGNE-BILLANCOURT  (THÉÂ- 
TRE) (46-03-60-44).  Le  Café  : 20  h 30. 
CERGY-PONTOISE  (THÉÂTRE  95) 
(30-38-11-99).  Les  Chapons  ; les 
Gnoufs  : 21  h. 

CHATENAY-MALABRY  (THÉÂTRE 
DU  CAMPAGNOL)  (46-61-33-33).  Le 
Bouc  : 20  h 30. 

CHEVILLY-LA-RUE.  CENTRE  CULTU- 
REL ANDRÉ-MALRAUX  (46-86- 
54-48).  Fables  de  La  Fontaine  : 20  h 30. 
CRÉTEIL  (MAISON  DES  ARTS)  (49- 
80-18-88).  Cœur  ardent  : 20  h 30.  Les 
Guerres  picrochofines  : 20  h 30. 
FONTENAY-LE-FLEURY  (THÉÂTRE) 
(34-60-20-65).  Raymond  Davos  : 21  h. 
GENNEVILUERS  (THÉÂTRE)  (47-93- 
26-30).  Cent  millions  qui  tombent  : 
20  h 30.  Peines  d'amour  perdues  : 
20  h 30. 

LE  FERREUX  (CC  DES  BORDS-DE- 
MARNE, (43-24-54-28).  Les  Cinq  Dits 
das  cIgjvrs  au  prince  : 20  h 30. 
NANTcRRE  (THÉÂTRE  DES  AMAN- 
DIERS) (46-14-70-00).  L'Empire  ; 
le  ns  : 21  h.  Grande  salle.  Famasio  : 
20  h 30. 

NANTERRE  (THÉÂTRE  PAR-LE-BAS) 
(47-78-70-88).  Joséphine  la  cantatrice 
ou  le  Peuple  des  souris  : 20  h 30 
NEUILLY-SUR-SEINE  (L'ATHLÉTIC) 
(46-24-03-83).  Scènes  de  ménage  : 

20  h 30. 

PUTEAUX  (THÉÂTRE  DES  HAUTS- 
DE-SEINE]  (47-72-09-59).  Sacrée  Gla- 
dys  : 20  h 45. 

SAINT-DENIS  (THÉÂTRE  GÉRARD- 
PHILIPE)  (42-43-00-59).  Salle  J.-M. 
Serreau.  Bêta  de  style  : 20  h. 
VERSAILLES  (THÉÂTRE  MONTAN- 
SIEfi)  (39-50-71-18).  George  et  Marga- 
ret : 21  h. 

VILLEPREUX  (THÉÂTRE  DE  VILLE- 
PREUX)  (30-56-05-64).  Welcoma  Mis 
ter  Chaplin  : 21  h. 

VINCENNES  (THÉÂTRE  DANIEL-SO- 
RANO)  (48-08-60-83).  Ainsi  soit  île  : 

21  h. 


CINEMAS 


LA  CINÉMATHÈQUE 

PALAIS  OE  CHAILLOT  (47-04-24-24) 
Assignâmes  Pans  (1952,  v.o.  s.t.f).  de 
Robert  Pamsh,  16  h ; la  Flamme  pourpre 
(1954,  v.o.},  da  Robert  Pamsh,  19  h ; 
Iss  Brutes  dans  la  villa  (1971,  v.o.  s.t.f.), 
de  Robert  Pamsh.  21  h. 

PALAIS  DE  TOKYO 
(47-04-24-24) 

Fanny  et  Alexandre  (1982.  v.o.  s.t.f.), 
d'Ingmar  Bergman,  18  h ; dix  ans  de 
Pordenona  : Tosca  (1918).  de 
□ . Antoni  ; la  Comtesse  da  Challam  et 
Don  Pedro  de  Cordova  (191 1).  de  Gero- 
lamo  La  Savio  ; la  Comtesse  Sarah 
(1919).  de  Robeno  Ribem,  18  h 30  ; Un 
sogno  di  Kri  Kri  (1913):  D'Artagnan 
(1916).  de  Charles  Swickard  : The  Vaga- 
bond Pnnce  (1916),  de  Charles  Giblyn. 
20  h 30. 

CENTRE 

GEORGES-POMPIDOU 

SALLE  GARANCE  (42-78-37-29) 
Hommage  à la  Warner  Bros  . Yakuza 
(1975,  v.o.  6.!.f.).  de  Sydney  Pallack. 
I*  h 30  ; le  Roman  da  Mildred  Piarca 
11945.  v.o.  s.t.f.),  da  Michael  Curtiz. 
17  h 30  : Fufl  Matai  Jacfcet  (1966-1987. 
v.o.  s.Lf.).  de  Stanley  Kubrick.  20  h 30. 

VIDÉOTHÈQUE  PE  PARIS 

2.  Grande-Galerie, 

porte  Saint-Eustache. 

Forum  des  Halles 
(40-26-34-30) 

L'Empire  des  médias  : Histoire  de  la 
radio  : la  Guerre  des  ondes  (1978).  de 
Jean-Daude  Le  Saul,  les  Radios  libres 
(1982),  d'Olivier  Landau.  14  h 30  ; 
Rétrospective  de  magazines  d'actualités, 
1 6 h 30  . Histoire  de  la  presse  : Actuali- 
tés Gaumont,  les  Denis  longues  (1952). 
de  Daniel  Gélin,  18  h 30  ; Histoire  de  la 
radio  ; Actualités  Gaumont.  Radio-Cité  a 
quarante  ans  (1973),  d'Igor  Gourine, 
Actualités  Gaumont,  Michèle  Cotta.  PDG 
de  Radio-France  (1982).  de  Fernand 
Moszkowicz.  Actualités  Gaumont.  Paris 
indiscret  (1970),  RTL  non  stop  (1971), 
20  h 30. 


LES  EXCLUSIVITÉS 


A PROPOS  D'HENRY  (A.,  v.o.)  : Gau- 
mont Ambassade,  8*  (43-59-19-08)  ; 
UGC  Biarritz,  8*  (4M2-20-40)  ; Bienva- 
nüe  Montparnasse,  15*  (45-44-25-02)  ; 
v.f.  : Paramount  Opéra,  9*  (47-42- 
56-31). 

ALICE  (A.,  v.o.)  : Cinoches,  6>  (46-33- 
10-82). 

LES  AMANTS  DU  PONT-NEUF  (Fr.)  : 
Gaumont  Les  Halles,  1*  (40-26-12-12); 
Gaumont  Opéra,  2"  (47-42-60-33)  ; 
Espace  Saint-Michel,  51  (44-07-20-49)  ; 
14  Juillet  Odéon,  6-  (43-25-59-83)  ; 
Gaumont  Ambassade.  8*  (43-59- 
19-08)  ; Fauvette.  13-  (47-07-55-88)  ; 
Gaumont  Alésia,  14*  (43-27-84-50)  : 
Sept  Parnassiens,  14*  (43-20-32-20). 
L'AMOUR  AVEC  DES  GANTS  (1t.. 
v.o.)  : 14  Juillet  Parnasse,  6*  (43-26- 
58-00). 

AN  ANGEL  AT  MY  TABLE  (néo-zélan- 
dais, v.o.)  : (mages  d'aWeurs.  5»  (45-87- 
18-09)  : Lues  ma  ire,  6-  (45-44-67-34). 
ARTHUR  RIMBAUD,  UNE  BIOGRA- 
PHIE (Fr.)  : Reflet  Logos  I,  5*  (43-54- 
42-34). 

ATLANT1S  (Fr.)  : Gaumont  Parnasse, 
14*  (43-35-3040). 

AY  CARMELA  I (Esp..  v.o.)  : Lucer- 
naire,  6*  (46 -44-5 7-34). 

BARTON  HNK  (A.,  v.o.)  : Forum  Orient 
Express.  1-  (42-33-42-26)  : Reflet 
Logos  II.  5*  (43-54-42-34):  UGC 
Triomphe,  8-  (45-74-93-50)  ; Sept  Par- 
nassiens, 14*  (43-20-32-20). 

LA  BELLE  NOISEUSE  (Fr.)  : Ls  Saint- 
Germain -des-Prés.  Salle  G.  de  Beaure- 
gard.  6-  (42-22-87-23). 

UES  8RANCHES  DE  L'ARBRE  (Fr.-lnd.. 
v.o.)  : Cinoches.  6*  (46-33-1082). 

LE  CERCLE  DES  POÈTES  DISPARUS 
(A.,  v.o.)  : Denfert.  14*  (43-21-41-01)  ; 
Grand  Pavois,  15*  (46-64-46-86). 

LES  CLÉS  DU  PARADIS  (Fr.)  : UGC 
Danton,  6*  (42-25-10-30)  : UGC  Mont- 
parnasse. 6*  (45-74-94-94)  ; UGC  Biar- 
ritz, 8*  (45-62-20-40)  ; UGC  Opéra.  9* 
(45-74-95-40). 


LES  FILMS 


AMERIKA,  TERRA  INCOGNITO 
Film  vénézuélien  de  Diego  Risquez, 
v.o.  : Latina,  4*  (42-78-47-86). 
L'AMOUR  NÉCESSAIRE  Film  ita- 
Ben  de  Fabio  Carpi  : Bysées  Lincoln, 
8*  (43-59-36-14)  ; Sept  Parnassiens, 
14*  (43-20-32-20). 

ANGELS.  Film  suisse-espagnoi-fran- 
çais  de  Jacob  Berger,  v.o.  : Les  Trois 
Luxembourg,  6-  (46-33-97-77). 
BERNARD  ET  BIANCA  AU  PAYS 
DES  KANGOUROUS.  Film  américain 
d'Hendel  Butoy  et  Mflte  Gabriel,  v.o.  : 
UGC  Odéon.  6*  (42-25-1030)  ;jftt  : 
Forunj  Horizon,  1*  (46-08-57-57)  ; 
Rex  (la  Grand  fiex),  2*  (42-36- 
83-93)  : UGC  Montparnasse.  6*  (45- 
74-94-94)  ; UGC  Odéon,  6*  (42-25- 
10-30)  ; Pathé  Marignan-Concorde, 
8*  (43-59-92-82)  ; UGC  Normandie, 
8-  (45-63-16-16)  ; UGC  Lyon  Bastüe. 
12*  (43-43-01-59)  : UGC  Gobeins, 
13*  (45-61-94-95)  ; Nfistral,  14*  <45- 
39-52-43);  UGC  Convention.  15* 
(45-74-93-40)  ; Pathé  Wepler.  18* 
(45-22-46-01)  ; Le  Gambetta,  20* 
(46-36-10-96). 

L'ENFANT  DU  TUNNEL  RLm  autri- 
chien d'Erhard  Riedlsperger,  v.o.  : 
Utopie.  5*  (43-26-84-66). 

HANGIN'  WÏTH  THE  HOMEBOYS. 
Film  américain  de  Joseph  B.  Vos- 
quez,  v.o.  : Ciné  Beeubourg,  3*  (42- 
71-52-36)  ; Racine  Odéon,  6*  (43- 
26-19-68)  ; UGC  Rotonde,  6*  (45-74- 
94-94)  ; UGC  Biarritz.  8*  (45-62- 
2040)  ; 14  JuiBet  Bastille,  1 1*  (43- 
57-90-81)  ; v.f.  : Paramount  Opéra, 
9*  (4742-56-31). 

HIT  MAN.  film  américain  de  Roy 
London,  v.o.  : Gaumont  Les  Haies,  1* 
(40-26-12-12)  ; Les  Trois  Luxem- 
bourg, 6*  (46-33-97-77)  ; UGC  Nor- 
mandw,  8*  (4563-16-16)  ; v.f.  : Rex, 
2*  (42-36-83-93)  : Paramount  Opéra. 
9*  (4742-66-31)  ; UGC  Lyon  Bastide. 
12*  (4343-01-59)  ; UGC  Gobelins, 
13-  (45-61-94-95)  ; Les  Montpamos, 
14*  (43-27-52-37)  ; Mistral.  14*  (45- 
39-5243)  : Gaumont  Convention, 
15*  (48-2842-27)  ; Pathé  Wepler  il. 
18*  (45-2247-94). 


FISHER  KING  (A.,  v.o.)  : Gaumont  Les 
Halles,  1*  (40-26-12-12)  : Gaumont 
Opéra,  2*  (47*42-60-33)  ; 14  JuMIel 
Odéon.  6*  (43-25-59-83)  ; Bretagne,  6- 
(42-22-57-97)  ; George  V.  B*  (4562- 
41-46). 

UES  FLEURS  OU  MAL  flFr.)  : George  V. 
8*  (45624148). 

HALFAOUINE  (Fr.-Tun.,  v.o.)  : Epée  de 
Bois,  B*  (43-376747). 

L’HALLUCINÉ  (A.,  v.o.)  : Action 
Ecoles,  5*  (43-25-72-07)  ; Elysées  Lin- 
coln. 8-  (43-59-36-14)  ; Sept  Parnas- 
siens. 14*  (43-20-32-20). 

HAHLEY  DAVIDSON  ET  L'HOMME 
AUX  SANT1AG  (A-,  v.o.)  : Forum  Hori- 
zon, 1*  (45-08-57-57)  : UGC  Triomphe. 
8*  (45-74-93-50)  : v.f.  : UGC  Montpar- 
nasse, 6*  (45-74-94-94)  ; Paramount 
Opéra.  9*  (4742-5661). 

HENRY  V (Brit..  v.o.)  : Républic  Ciné- 
mas, 11*  (4865-51-33)  : Denfert,  14* 
(43-214161)  ; Saint-Lambert,  15*  (45- 
32-9168). 

HOT  SHOTS  I (A.,  v.o.)  : Forum  Hori- 
zon. 1*  (4568-57-57)  ; UGC  Danton.  6* 
(42-26-10-30)  ; George  V.  8*  (4562- 
4146)  ; UGC  Normandie,  8*  (45-63- 
16-16)  ; v.f.  : Pathé  Impérial.  2-  (4742- 
72-52)  ; Rex.  2*  (42-3663-93)  ; UGC 
Montparnasse,  fi*  (45-74-94-94)  ; Pathé 
Marignan-Concorde,  8*  (4369-9262)  ; 
UGC  Opéra,  9*  (45-74-9540)  ; UGC 
Lyon  Bastille,  12*  (434361-59)  ; UGC 
GobeBns,  13*  (4561-94-95);  Mistral, 
14*  (45-39-5243)  ; Pathé  Montpar- 
nasse. 14*  (43-20-1266)  : UGC 
Convention.  15*  (45-74-9340)  ; Pathé 
CUchy,  18*  (45-224661). 

L'INSOUTENABLE  LÉGÈRETÉ  DE 
L'ÊTRE  (A.,  v.o.)  : Cloches,  6*  (46-33- 
10-82). 

J'EMBRASSE  PAS  (Fr.-h.)  : Ciné  Beau- 
bourg, 3*  (42-71-52-36)  ; 14  Juillet 
Odéon.  6*  (43-256963)  : UGC  Mont- 
parnasse, 6*  (45-74-94-94)  ; Seim-La- 
zare-Pasquier,  B*  (4367-3543)  : UGC 
Biarritz.  8*  (4562-2040)  ; UGC  Opéra, 
9*  (45-74-9540  ; 14  Jufflet  Bastille.  1 1* 


NOUVEAUX 


MAYRIG.  Film  français  d'Henri  Ver- 
neuil  : Forum  Horizon.  1*  (4668- 
5767)  ; Pathé  Impérial,  2*  (4742- 
72-52)  : Rax,  2*  (42-36-83-93)  ; Bre- 
tagne, 6*  (42-226767)  : Pathé  Hau- 
tafeuifle.  6*  (46-33-79-38)  ; Pathé 
Marignan-Concorde.  8*  (43-69- 
9262)  ; PubGds  Champs-Elysées,  8* 
(47-20-78-23)  ; Salnt-Lazare-Pas- 
quier,  8*  (4367-3543)  ; Pathé  Fran- 
çais. 9*  (47-70-3368)  ; Les  Nation, 
12*  (43-43-0467)  ; UGC  Lyon  Bas-  . 
tille,  12*  (434361-59)  ; Fauvette, 
13*  (4767-5568)  ; Gaumont  Alésia. 
14*  (43-27-8 4-5Q)  ; 14  Jufflèt  Beau- 
grenalle,  15*  (45-75- 7 9"- 7 9)  ."Gau- 
mont Comréhttori.  '15*  (48-28--  ■ 
42-27)  ; UGC"Maaioi]M*?  (4068- 
00-16)  ; Pathé  Wepler.  18*  (45-22- 
4661)  ; Le  Gambetta,  20*  (46-36- 
10-96). 

PARIS  S'ÉVEILLE.  Film  français 
d'Olivier  Assayas  ; Gaumont  Les 
Halles,  1*  (40-26-12-12)  ; Gaumont 
Opéra.  2*  (474260-33)  ; Pubiïcrê 
Saint-Germain.  6*  (42-22-7260)  ; La 
Pagode,  7*  (4765-12-15)  Gaumont 
Ambassade,  8*  (43-59-1968)  ; La 
BastOe,  11*  (43674860)  ; Fauvette 
bis,  13*  (4767-5568)  ; Gaumont 
Parnasse.  14*  (4365-3040)  ; Gau- 
mont Alésia,  14*  (43-27-84-50)  ; 
Gaumont  Convention,  15*  (48-28- 
42-27)  ; Le  Gambetta.  20*  (4666- 
1066). 

LE  PARTY.  FBm  canadien  de  Pierre 
Falardeau  : Trie  non,  18*  (4666- 
6366). 

TA  MÈRE  OU  MOI  I F3m  américain 
de  Chris  Coiumbus,  v.o.  : Forum 
Orient  Express,  1*  (42-3 342-2 G)  ; 
George  V,  8*  (45624146)  ; v.f.  : 
Paramount  Opéra.  9*  (47426661) 
Mistral,  14*  (4569-52-43)  ; Pathé 
Montparnasse.  14*  (43-20-1268)  ; 
Pathé  Clichy,  18*  (45-22466 1}  ; Le 
Gambetta,  20*  (4666-10-96). 

THE  ADJUSTER.  film  canadien 
d'Atom  Egoyan,  v.o.  : UGC  Odéon, 

6*  (42-25-1060)  ; Ls  Bastide,  11*  ' 
(43674860)  ; Sept  Parnassiens, 

14*  (43-2062-2Q>. 


(43-57-9061)  ; Les  Nation.  12*  (4343- 
04-67}  ; UGC  Gobelins,  13*  (4561- 
94-95)  ; Mistral,  14*  (45-39-52-43) . 14 

Jufflet  BeaugreneRe.  15*  (45-75-79-79)  ; 
UGC  Maillot,  17*  (406860-16)  : Pathé 
Wap  1er  n.  18*  (45-22-47-94). 
J'ENTENDS  PLUS  LA  GUITARE  (Fr.)  : 
Épée  de  Bois,  5*  (4367-5747)  ; Rdpu- 
bfic  Cinôrn3S,  11*  (486561-33). 
JACQUOT  OE  NANTES  (Fr.)  : Lucar- 
naira.  6*  (4544-5764). 

JESU1T  JOE  (Fr.,  v.o.)  : Forum  Orient 
Express,  1*  (42-3342-26)  ; Pathé  Mari- 
gnan-Concorde. 8*  (43-59-92-82)  ; 
Pathé  Montparnasse. . 14*  (43-20- 
1266). 

JUSQU'AU  BOUT  DU  MONDE  (Fr.- 
Al.-Autr.,  v.oj  : Forum  Horizon.  1-  (45- 
08-57-67)  ; Saim-Andfé-des-Arts  I.  6* 
(43-2548-18)  ; UGC  Danton,  6*  (42-25- 
1060)  ; George  V.  8*  (45624146)  : 
Max  Under  Panorama.  9*  (48-24- 
88-88)  ; La  Bastilfe.  1 1*  (43674860)  ; 
EscuriaL  13*  (4767-2864)  ; Kinopano- 
rama.  15*  (4366-50-50). 

LAAFI  (burkinabé,  v.oj  : Utopia.  5*  (43- 

26- 8465). 

LES  LIAISONS  DANGEREUSES  (A., 
v.o.)  : Cinoches.  6*  (46-33-1062)  ; 
Grand  Pavois.  15*  (45-544665). 
UNGUINI  INCIDENT  (A.,  v.o.)  : George 
V.  8*  (46624146). 

MALI  NA  (AU.  v.o.)  : Europa  Panthéon 
(ax-flaflet  Panthéon).  5*  (43-54-1564). 
MILLER'S  CROSSING  D (A.,  v.o.)  : 
Epée  de  Bois.  6*  (43-376747)  : Saint- 
Lambert,  15*  (45626168). 
MISSISSIPPI  MASALA  (A.,  v.o.)  : 
Images  d'affleurs.  5*  (45-87-1869)  ; 
Lucemaire.  6*  (464467-34). 

MON  PÈRE  CE  HÉROS  (Fr.)  : Forum 
Orient  Express,  1*  (42-3342-26)  ; UGC 
Odéori,  6*  (42-25-1D-30)  ; Pathé  Mari- 
gnan-Cpncorde.  8*  (43-59-9262)  ; UGC 
Biarritz.  8*  (4562-2040)  : Pathé  Fran- 
çais, 9*  (47-70-3368)  ; Les  Nation.  12* 
(43436467)  ; UGC  Lyon'BastiUe,  12* 
(43436169);  Fauvette.  13*  (4767- 
5568)  Gaumont  Alésia,  14*  (43-27- 
8460)  ; MBramar.  14*  (43-20-89-52)  : 
14  Juillet  Beaugranelle.  15*  (45-75- 
79-79)  .'Gaumont Convention.  15*  (48- 
2842-27)  ; UGC  MafBot.  17*  (4068- 
00-16)  ; Pathé  Gichy,  18*  (45-22- 
4601). 

LA  MORT  D'UN  MAITRE  DE  THÉ 
(Jap^  v.oj  : Epée  de  Bois.  5*  (43-37- 
5747). 

NIKfTA  (Fr.)  : Les  Mompamos.  14*  (43- 

27- 5267). 

OPÉRATION  CONDOR  (Hongkong, 
v.f.)  : Rex.  2*  (42-36-8363)  ; UGC 
Montparnasse,  6*  (45-74-94-94). 
PENSÉES  MORTELLES  (A...V.O.)  : Gau- 
mont Les  Halles.  1*  (40-26-12-12)  ; 14 
Juillet  Odéori.  6*  (43-256963)  ; Gau- 
mont Champs-Elysées,  8*  (43-59- 
. 0467):;  -Gaumont  Alésia,  l4*-(43-27- 
84-50);  14du3etSeaugrenefle.  15*  (45- 
76-79-79}  ; UGC  MaDlot.  17*  (4068- 
00-16)  ; v.f.  : Gaumont  Opéra.  '2*  (47* 
426063)7  Fauvette.  13*  (4767- 
5568)  ; Miramar,  14*  (43-206962)  ; 
Gaumont  Convention,  15*  (48-28- 
42-27). 

POISON  (A.,  v.o.)  : 14  Juflei  Parnasse. 
6*  (43256860). 

PRETTY  WOMAN  (A..  v.o.)  : Onoches, 
6*  (4663-1082). 

PROOF  (Austr.,  v.o.)  : Forum  Orient 
Express,  1*  (42-33-42-26)  ; Gaumont 
Ambassade,  8*  (4369-1968)  ; Escunai, 
13*  (4787-28-04). 

PROSPERO'S  BOOK  (Brit. -Hol..  v.o.)  : 
Epée  de  Bois,  5*  (43-37-57-47)  : Studio 
|28,  18*  (46866687). 

QUOI  DE  NEUF,  BOB  7 (A-,  v.o.)  : Gau- 
mont Ambassade,  8*  (43-59-19-08). 

'RAGE  O (A-,  v.o.)  : Forum  Orient 
Express,  1*  (4263-42-26)  ; Pathé  Hau- 
tefeiâKe,  6*  (4663-7968)  ; Pathé  Mari- 
gnan-Concorde, 8*  (436982-82)  ; Sept 
Parnassiens,  14*  143-20-32-20)  ; v.f.  : 
Pathé  Impérial,  2-  (47-42-7262)  ; Pathé 
.Montparnasse.  14*  (43-20-1286)  ; 
Pathé  Wepler  II.  16*  (45-22-47-94)  ; Le 
Gambetta,  20  (4666-10-96). 

RIFF  RAFF  (Brit.,  v.o.)  : Ciné  Beau- 
bourg, 3*  (42-71-5266)  ; Les  Trois 
Luxembourg,  6*  (46-33-97-77)  ; Les 
Trais  Balzac,  8*  (4561-1080). 

SA1L0R  ET  LU  LA  (*)  (Brit..  v.o.)  : Ciné 
Beaabourg,  3*  (42-71-5266)  ; Studio 
.Gatonde,  5*  (4364-72-71). 


CLOSE  UP  (iranien,  v.o.)  : Utopia,  5* 
(43-26-8465). 

LES  COMMITMENTS  (irlandais,  v.oj  : 
Epée  de  Bois,  5*  (43-37-57-47)  ; George 
V.  8*  (456241-46). 

CROC-BLANC  (A.,  v.o.)  : Publiais 
Champs-Elysées.  8*  (47-20-76-23)  ; 
UGC  Tnompha.  8*  (45-74-93-50)  ; v.f.  : 
Rex.  2*  (42-36-83-93)  : Publicls 
Champs-Elysées.  8*  (47-20-78-23)  ; 
UGC  Triomphe.  B*  (45-74-93-50)  ; Para- 
mount Opéra,  9*  (47-42-56-31)  : UGC 
Lyon  Bastille.  12-  (43-4381-59)  ; UGC 
Gobelins.  13*  (45-61-94-99)  ; Gaumont 
Alésia.  14*  (43-27-84-50)  ; Miramar. 
14*  (43-20-89-52)  ; UGC  Convention. 
15*  (45-74-93-40)  ; Pathé  Wepler  H,  18* 
(45-22  4 7-94)  ; Le  Gambetta.  20*  (46- 

36- 10-96). 

DANSE  AVEC  LES  LOUPS  (A.,  v.o.)  : 
Us  Trois  Balzac,  S-  (4561-1060)  ; 
v.f  UGC  Opéra.  9-  (45-74-96-40). 

DELICATESSE  (Fr.)  : Ciné  Beaubourg, 
3*  (42-71-52-36). 

DEVOIRS  DU  SOIR  (iranien.  v.o.)  : Uto- 
pia, 5*  (43-26-8465). 

U DISCRÈTE  (Fr.)  : Oné  Beaubourg.  3* 
(42-71-5266)  ; Epée  de  Bois.  5*  (43- 

37- 5747). 

LA  BELLE  NOISEUSE,  DIVERTI- 
MENTO  (Fr  J : Gaumont  Parnasse,  14* 
(4365-30-40). 

LA  DOUBLE  VIE  DE  VÉRONIQUE  (Fr.. 
Pol..  v.o.)  : Saint-André-des-Arts  1,  6* 
(43-26-48-181 

EUROPA  (Oan.-Su.,  v.o.)  : Ciné  Beau- 
bourg. 3*  (42-71-52-36)  : UGC  Danton, 
6*  (42-25-10-30)  ; UGC  Rotonde,  6* 
(45-74-94-94)  ; UGC  Champs-Elysées, 
8*  (4562-20-40)  : Passage  du  Nord- 
Ouest.  caféciné,  9*  (47-706147)  : 14 
Juifler  Bastille.  11*  (43-57-9061). 


PARIS  EN  VISITES 


SAMEDI  30  NOVEMBRE 

« Les  appartements  privés  de 
TMers  et  le  quartier  de  la  Nouvelle 
Athènes»,  15  heures,  27,  placo 
Saint-Georges  (D.  Bouchard). 

« L'abbaye  de  Saint-Germain-des- 
Prés».  15  heures,  métro  Saint -Ger- 
main -das-P rés  (LutècBS  visites).  ' 

sLDe  Saint -Louis  : de  i'hdtel  Lau- 
zun  à l'hôtel  Chénizot».  14  h -30, 
métro  Pyrénées  (C.  Marie), 

«Les  amours  de  dieux»,  14  h 30, 
hall  du  Grand  Palais  (Aux  arts,  et  cae- 
tera...). 

« L'Hot  Saint-Gervais  »,  14  h 30-, 
44,  nie  Miron  (Sauvegarde  da  Paris 
historique). 

«Exposition  Mozart»,  11  taures, 
23.  nie  de  Sévigné  ( M.  Nager). 

«Exposition  Martin  Schoengauer», 
15  heures  (M.  Hagei). 

«Le  parc  des  Buttto-Châumont  le  . 
parc  da  La  Valette»,  10  heures,  -Mai- 
son  de  La  Valette. 


cLe  Marais  pas  A pas»,  14  h 46, 
métro  Pont-Marie  (D.  Fleuriot). 


DIMANCHE  1'  DÉCEMBRE 

. a Sous  la  coupole  de-  l'Académie 
française»,  15  heures,  23,  quai  Conti 
(D.  Bouchard). 

c Saint -Sulpice  et  son  vieux  quar- 
tier», 15  heures,  métro  Saint-Sufpice 
(Lutèce  visites). 

«La  Conciergerie,  la  Sainte8hape9e 
at  l*histoirâ  de  -la  Oté».  14  h 30, 
1;  quai  da  f Horloge  (Connaissance  de 


- « Maisons  et  ruelles  médiévales 
autour  de  Saint-Sévorin  »,  15  heures, 
métro  Mauben-Mutuairté  (Résurrec- 
tion du  pass^. 

«L’hôtel  de  la  Ptifva»;  9 h 30, 
réservation  ; 45-74-13-31.- 


«Jwtfins  et  rueBes  du  vieux  BeUe- 
idUft»,  14  fi  30  métro  Pyrénées 
(C.  Merle). 


«La  Mosquée»,  14  h 30,  place  du  ' 
Puns-de-T Ermite  (Tourisme  ctéturel). 

« Le  cimetière  de  Montrouge  », 

14  h 30,  avenue  de  la  Porte-de-Mon- 

trouge  (V.  da  Langlade).  . . 

(L'étrange  quartier  de  Saînt-Sul- 
pice»,  14  h 30,  métro  Saint-Sidpice 
(Résurrection  du  passé). 

«La  Cour  des  comptes  et  son  fonc- 
tionnement», 10  neurea,  .13,  rue 
Cambon  (E.  Romann). 
c l'Académie  française  », 

15  heures,  23.  quai  Conti  (Paris  et 
son  ftistoîra). 

«De  Watteau  b David».  15.  h 30,  • 
métro  Champs-Elysées -Clemenceau 
(M.  G.  Leblanc). 


CONFÉRENCES 

SAMEDI  30  NOVEMBRE 

25,  rue  Mesnfl.  Centre  associatif 
Mesnil-Saint-Didier,  15  heures  : 
■ Mexique  1,  le  conquête  espagnole 
ou  la  pensée  interrompue  »,  avec 
■ Catherine  Vanderheeghe.  . 

-■  DIMANCHE  1*  DÉCEMBRE 

25,  rue  Mesnil,  Centré  associatif 
Mesné-Saim-Okfer,  15  heures  : «Jus- 
tinien.ou  retnpereur.à  la  poursuite  de 
ses  révecb,  per  Cethanne  Vander- 


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MUSIQUES  . - 

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Les  malheurs  d’Alceste 

Sammge  * Jwtâàak  Màlgoire  et  de  ses  mosicim? 

(illfri  Ium  r .. 


A quoi  bon  les  exécutions  sur 
“^rton***.  d’époque  des  «uvtS 
pi-éromantîqueVsl  ce^est 

**  ■* «Sï 

fation, . un.  rythme  : une  nouvelle 

ffim- « rf»“*né  ? A SES 
entre  le  drame  larmoyant  roman  ti- 

«îranlique  Croque, 
jntenrseur  de  Wagner  (absence  de 

récitatifs  sers  nuti^u.  S_-A?ire  ae 


Cv,  ■■ 


. t S mES.  jS?"  **  Beetho- 
ven (J  neroïhe  offre  sa  vie  mnr 

ï>:  sauver  celle  de  son  époux)  aSS* 

«SfiÆ'é 

opéra  de  transition  qui  suo- 
U " P°*?e  P*»»"»™  options  d’imerpr£ 

>.  ÆtLoarpeuqu'e]?”S^ 

m5SSrrfa- « d?  facture  plus 
moderne  que  1 original  en  italien, 

‘ 5/SJf  ® du  P«it  frère 

“JMSL*  Ewydt*x  n’a  pas  tant 
k?1  d être  seme»  avant  la  mode 
-f.  **  «rends  orches- 

r . tn»moderaes  et  par  des  stare  tout 
teirain  du  chant  international. 
AîÏÏÎ*  i*“ye  Norman,  NicolaT 
Gedda  et  autres  Tom  Kraose  dans 
renregretremeot  de  la  Radio  ba“? 
ç.  g3ÿ»r,«*  par  Serge  Baudo 

-J80*  Qa’4  céder  Tader  pour  le 
boyau,  et  le  fa  440  pour  le  diapa- 
son ancien,  d faut  foire  au  moins 

CINÉMA 

Le  CNC  ventrester 
à Paris 

Le  Centre  national  du  cinéma 

veut  rester  A Paris,  parce  que  Paris 

est  le  centre  du  cinéma.  C'est 
d’une  logique  implacable.  Le  CNC 
s’étant  retrouvé  sur  la  liste  de  la  ■ 
centaine  d’établissements  publics 
« soumis  à expertise  pour  éven-  [ 
tuelte  délocalisation  »,  les  réactions 
ont  été  rapides  et  vives.  Il  faut  dire 
qw  le  CNC  associe  étroitement  1 
«les  professionnels  de  la  profes-  i 
sion»  A son  fonctionnement,  les  ^ 
nombreuses  commissions  d’aides  a 
d’avances  sur  recettes,  d’agrément  ?, 
ne  pouvant  se  tenir,  par  exemple.  1 
qu’avec  les  wtéressésr  basés  dans  la  u 
capitale  - *■  ■ n 

1 P'JW-*!  ’ ~riT  ; . . C1 

Quatre  cent  trente  personnes  tra- 

vaillent  au  CNC,  dont  83  sont  S 

basées  aux  archives  du  film  de  il 
Boi^tfArcy.'Le  jeddi  28  novembre,  ». 
une  grève  massivement  suivie  et  lt 
qata  pris  la  forme  d’une  «journée 
portes  ouvertes»  a marqué  l’in- 
qiâétude  du  personneL  De  nom-  80 
bran  organismes  apportaient  leur  J? 
soutiea  à cette  «grève  d’informa-  £" 

M’- xpHcatioû  »*  dont  & 

FÜSPA  (Union  syndicale  des  pro-  . 
docteurs  audiovisuels),  l’ARP  v“ 
t^weiation  des  réalisateurs  pro-  — 
«Jeteurs),  le  Syndicat  des  techni- 
oens.  « la  Fédération  nationale 
«s  distributeurs,  ainsi  que  des  réa- 
“»leure  et  producteurs:  Jacques 
Rrvette,  Bertrand  Tavernier,  | 

Robert  Hossein,  MK2,  UGC,  , 

Canal  Plus,  Prpjgefi,  Warner  et  les 
films  du  Losange,  notamment.  * 

^la‘l  d^P*ac,S.  où  irait  le 
CNC?  Selon  une  rumeur,  née  dans  n 

«a  presse,  paraît-fl  A Lyon.  Hom-  £ 

mage,  certes,  aux  frères  Lumière™  « 

Mais  Dominique  Wallon,  directeur  d 

«Êuéral  du  CNC,  affirme  n’avoir  eu 
notification  d’aucune...  localisa-  S( 
non.  Jade  Lang,  son  ministre  de 
tutelle,  lui  a demandé  uh  rapport 
argumenté  sur  les  inconvénients 
majeurs  qu’entraînerait  un  démé-  d( 
nagera  ent  en  province  du  CNC.  Ce  2 
rapport.  qui  doit  être  rendu  au  *" 
dabut  du  mois  de  décembre,  n’a  m 
encore  été  transmis  officielle-  ^ 
ment,  mais  il  semble  toutefois 
q?une  issue  positive  se  profile.  Le  < 
dui_^ur  du  Centre  estime,  du 
*?  c“ct>.  que  les  premiers  éléments  De 
^ expertise  portés  à la  connaissance  le 
des  autorités  ministérielles,  et  qui  pn 
seront  prochainement  complétés,  rac 
ûevraient  conduire  au  maintien  du  ren 
CNC  A Paris.'  dis 


aussi  bien  que  les  suppôts  de 
1 «inauthenticité».  L’exécution 
a Alceste  en  concert,  lundi 

rLnm°«oeî?,br!’  a“  T^âtre  des 
Champs-Elysées  était  navrante 
orchestrakment,  par  son  impréd- 
sion  rythmique  et  son  articulation 
indéfendable 
localement  par  rirapossibilité  de 
maner  dans  une  même  distribution 
Claire  Primerose  (Alceste),  vail- 
lante soprano  de  mélo,  et  Donald 
Lrtaker  (Admète),  styliste  manqué 
aux  aigus  coincés  et  sophistiqués.  , 
Cet  ilfarâte  ffiiait,  si  l’on  peut 
^ ~ vingt-cinquième  anniver- 
5^re  jâ®  1®  Grande  Écurie  et  la 
CJja«bre  du  Roi  et  n’aurait  dû 
flu®  des  coups  de  chapeau 
L chef  fbn- 

fiSPXJjj  5 pha,ange  française. 
Mais. trop,  c’est  trop:  les  mêmes 
musiciens  se  trouvent  en  ce 
2?Î?5J  “ Plus  fort  des  répété 
bons  de  YAlceste  de  Lully.  que  l’on 
vmra  en  décembre  dan  mêZ 
J^tre,  et  à Versailles,  dans  une 
m*»  m scène  de  Jean-Louis  Marti- 
noty.  Pas  de  chance  pour  rEnsem- 
ble  vocal  Audite  Nova  : Je  chœur 
de  Jran  Sourisse  avait,  lui,  décidé 
mérite.mr  ^ uc^  c°mme  il  le 

ANNE  REY 


DES  SIÈCLES  DE  PAIX 

à Auberv&ers 


Le  théâtre  a ses  obscurs,  ses  stare. 
ses  pauvres,  ses  nababs,  ses  fanias- 
sms,  ses  phénomènes.  Olivier  Penier 
®stun  phénomène.  Tout  jeune 
nomme,  dans  les  «mère  60,  Q est  A 
faction,  «aux  premières  lignes»  si 
ron  peut  rare,  la  où  s’aventurent  des 
«mmo  «Tua  esprit  et  d’un  raffine- 
mem  tf exception,  les  ViDégier,  Jour- 
dhean,  Bozmuiet,  Novarina_  Puis  il 
persévère  à aller  de  l’avant  en  «corn-  u 
WBnie»  des  inventeurs  émérites  de 
«oc,  Vincent-J o urdheuü,  Gatti,  les 
Petraeurs  de  l’Aquarium,  Philippe 

Phénonÿne,  pourquoi?  Parce  que, 
a u_ plus  fort  de  ces  exploits  de 
pointe,  Olivier  Perrier,  chaque  s, 
matin,  chaque  soir  que  Dieu  fait. 


La  conscience  de  la  terre 

Quand  les  bêtes  et  les  humains  partagent  tout  en  famille 

qm  ^ d’une  splendeur,  d’une  poé- 
sie, d une  responsabilité  civique 


■ : — ■ — ■ - — * «mei,  taaque 
m^m,  chaque  soir  que  Dieu  fait, 
reste  I nonnne  qu’il  est  né  : un  cxil- 
teneo^  Le  plus  croquant  des  cro- 
quant, puisqu’il  est  de  Tune  des 
cambrousses,  plus  cambrousse  que 
natrne:  les  fermes  du  canton  de 
««isson,  sous  la  forêt  de  Troncais,  A 
Fouest  de  Borabcm-TArehamtouiL 

partir  de  1976,  Olivier  Perrier, 
tout  en  commuant  de  «théâtrer» 
avec  Broofc  on  Lassalle,  de  cinéma- 
tographier  avec  René  Allie»  ou 


Georges  Blond,  Simone  Le  Gourrierec  et  Florence  Limoges. 

?®^Le.r’  Cfée  «s  propres  avec  tnrie  et  cheval  de  trait  (le  i 
œuvres  dramatiques,  le  théâtre  de  est  à contre-pied,  car  Penier 
son  village,  ce  Hérisson  : Histoires  de  vo|r.  entre  autres  choses,  A q 
croquant.  - avec  vache  et  cheval  do  P°,mt. ,es  guerres,  napoléonïenc 
trait;  Honte  à l'humanité.  - avec  a «“«  de  1870,  19 

truie;  les  Trois  Chaleurs.  - texte  de  iii?’  0a 1 aPPa«vri  le  peuple, 
John  Berger  avec  moutons  et  cheval1  ^ -,  , 

et  d’autres».  Aujourd'hui,  il  présente  * m est  inteipr 

i Aubervillieis  Oa  *Mr  - J» 


THE  ADJUSTER 

d’Atom  Egoyon 

«Je  ne  sais  jamais  d' je  dois  te 
réveiller  au  milieu  d’un  cauche- 
«rtr»  est  la  première  phrase  du 
film.  Elle  en  annonce  la  tonalité, 
sombre  et  onirique,  et  rincertitude, 
entre  rêve  et  réalité.  L’homme  qui 
l a prononcée. est,  donc,  «ajus- 
teur». B ae  travaiüe"pas~  le  métal, 
Joais  les  sentiments  humains  : il 
s’occupe,  pour  Je -compte  d’une- 
compagnie  d’assurance,  des  vic- 
trm«  de  sinistres,  en  attendant  que 
les  dommages  aient  été  évalués,  les 
prunes  chiffrées,  les  sans-abri  relo- 

. Drôle  d’oiseau  que  ce  séducteur 
sous  ses  apparences  ordinaires, 
manipulateur  malgré  ses  aire  d’em- 
ployé modèle  et  compatissant  Son 
épouse  n’est  pas  moins  déroutante, 
femme  «comme  il  faut»  qui 
visionne  pour  la  commission  de 


La  ronde  de  l’absurde 

D’étranges  personnages  pris  dm  on  habile  jeu 
de  fantasmes  et  de  faux-semblants 


censure  des  films  pornos  ou  <fbor- 
reun  Films  qu’elle  enregistre  clan- 
destinement pour  les  montrer  à sa 
sœur  réchappée  de  quelque  char- 
nier moyen-oriental.  Laquelle 
habite  avec  le  couple  et  leur  fils 
dans  nue  maison-témoin  isolée  au 
milieu  d’un  chantier  inachevé  de  la 
banlieue  de  Toronto.  Maison  qui 
a*Vfe  Bubba,  inquiétant  bébé 
obèse,  nche  ex-vedette  du  sport 
reconvertie  dans  l'immobilier  et  les 
perversions  maso-canülaresquts. 

Atom  Egoyan  dévide  avec  une 
évidente  maestria  ce  marabout- 
bout  de  ficelle  de  l'absurde  chargé 
de  métaphores.  Entre  humour  et 
érotisme,  il  dessine  en  filigrane 
i impossibilité  de  mesurer  la  valeur 
des  choses,  valeurs  pécuniaires  et 
affectives  des  objets  détruits  dans 
les  incendies,  valeur  morale  et 
esthétique  des  films  visionnés  en 
commission  de  censure,  valeur  des 
sentiments  avec  lesquels  joue 
Bubba,  valeur  des  images  de  son 


passé  tragique  que  détruit  la  sœur 
rescapée,  valeur  d’une  religion  dis- 
tribuée en  room  service  dans  le 
motel  où  les  sinistrés  sont  héber- 


Sans  doute  le  réalisateur,  déjà 
remarqué  avec  Family  Viewing, 
possède  un  «regard»,  et  un  sens 
du  montage  elliptique  et  ludique, 
très  efficace  pour,  faire  rebondir 
sans  cesse  son  intrigue  touffue 
sans  qu’on  en  perde  le  fiL  Son 
arsenal  de  fantasmes  et  le  brio  avec 
lequel  il  le  met  A feu  en  feraient  un 
cousin  canado-arménien  de  Fellini, 
si  tant  d’habileté  n’était  comme 
figée  par  l'absence  d’émotion,  par 
l’impression  de  mécanique  bien 
réglée,  trop  bien  pensée,  qui  émane 
du  film.  Ainsi  l'affectation  intellec- 
tuelle détourne  la  main  de  l’archer 
zen  qm  sert  d’emblème  au  film,  et 
lui  fait  manquer  sa  cible. 

JEAN-MICHEL  FRODON 


ï avec  traie  et  cheval  de  trait  (le  titre 
r est.  A contre-pied,  car  Perrier  fait 
p voir,  entre  autres  choses,  A quel 
. P°,int.  «es  guerres,  napoléoniennes 
coloniales  et  celles  de  1870,  1914 
1939,  ont  appauvri  le  peuple,  la 
terre). 

Des  siècles  de  paix  est  interprété 
non  par  des  comédiens  de  profes- 
son,  mais  par  des  habitantes  et  habi- 
tants de  Hérisson  et,  de  même  que 
fes  autres  œuvres  de  Perrier,  par 
deux  bestiaux  _ (de  Hérisson  aussi), 

s:slSE^ieÆe  sttïsËMSS 

KSBWïïS 

fcÿ-ï’ASÏ.'Bfts 

survivait  que  par  une  compréhension  de^eSS  ^fÎBSL  f aüume.r  m fimt 
intime  des  animaux  et  deshumSSÎ  W mourir,  mats  le 

Les  «acquisitions  nouvelles»  lÆ  pejsien?e  W «ndevee. 

vage  raoatterie,  PagroSenteire  d'ob’ 

ont  marqué  la  mort  a l’enfer  dW?  -fSf,  déchirants  ou  résignés,  dans  un 
certaine  campagne  ^ f ** servantes  heureuses 

Ta  fnrnUma  noms.des  huit  habitants  de 

IM  lumière  Hérisson,  qui  ont  quitté  pour  qud- 

des  plus  grands  ïï£Lse?aiDes  leur  villa8e.  « qui 

^ ffiandeçî  votre  venue,  sont  : Abdal- 

Le  cheval,  la  vache,  le  porc,  la  S3  Georges  Blond.  Frédéric 
poule  ou  la  pintade,  tous  les  ani-  RJinze,  Simone  Le  Goumerec,  Flo- 
maux,  demandaient  aux  fermière  £?nce  L,«oges.  Olivier  Mathiaux. 
ain  métayers,  des.  soins  et  un  temps  «mqne  Sadtin,  Dominique  Triquet 
infinis,-» -en  échange  ils  étaient  là.  Ghvier  Perrier,  chapeau  noir,  blouse 
attentifs,  pas  seulement  dans  les  Ç?56,  va  « vient' lui  aussi  dans  le 
champs,  les  prairies -et  A Tétable  ou  d6®Pr>  un  P®1  comme  l’arbitre  sur  le 
dans  le  colombier,  mais  dans  la  cour  municlPaL  - - r- 

n'iÏÏTifeila  Icssi^ea35-  ^ rétabli  MICHEL  COURNOT 

près  de  la  meule,  dans  le  chai,  * n„  Ul 

devant  le  four  à pain,  et  même  ils  on  ï m «rdl  ï.u  ■■«•di  A 
entrai ent  carrément  dans  l’habita-  «S ’a PhS î 1 6 
tion,  montant  les  marches  de  pierre  2a  liÎR75«vd  embre>  Tél*  : 


rares. 

Certes,  il  est  clair  que  les  instru- 
mente de  b culture  et  de  l'élevage  et 
que  les  faits  et  gestes  qui  accompa- 
gnent ces  instruments  constituaient 
un  concert  de  signes  de  toute  pureté 
de  toute  beauté,  quand  bien  même 
fls  fussent  les  signes  d’une  servitude 
désespérante  - et  ccs  signes  for- 
maient a eux  seuls,  forment  chez 
un  théâtre  d’une  évidence 

superbe. 

i»  ?i^t,.d9nc  pas  seulement  que 
I art  d Olivier  Perrier  et  de  ses 

Shf0^  eL-an,iÜ  ne  Héré®raj*  « de 
Bibi  et  Hirondelle,  suscite  devant 
nous  la  mémoire  vivante,  frémis- 
sante,  opiniâtre  ou  blessée  d'un  peu- 
ple qui  a été  A la  fois  le  nôtre  etla 
part  maudite  du  nôtre.  C’est  encore 
que  ce  théâtre,  ces  faucilles  que  l’on 
aiguise,  ccs  visages  de  mères  fermées 
sur  une  souffrance,  ces  truies  insou- 
mises qui  sautent  sur  la  nappe,  ces 
amputés  de  Verdun  ou  de  Bastogne 
gui  se  rongent  de  ne  pas  faireTes 
foins  ou  ce  prisonnier  allemand  qui 
ne  comprend  pas  où  est  le  champ 
d avoine,  et  cette  vache  qui  est  reve- 
nue seule  du  pré  du  moulin,  et  qui 
passe  la  tête  par  la  fenêtre  pour 
exprimer  quelque  chose,  et  cette 
paille  de  Jetable  qu'il  faut  changer 


autour  de  la  lessiveuse,  dans  rétabli 
près  de  la  meule,  dans  le  chai 
devant  le  four  à pain,  et  même  ^ 
entraient  carrément  dans  l’habita- 
tion, montant  les  marches  de  pierre 
au  seuiL  us  comprenaient  tout  et 
faisaient  tout  comprendre.  Et.  déjà, 
des  la  fin  des  années  50,  lorsque 
certains  nouveaux  jeunes  fermiers 

firnrtpTPnf  a»  a»  ■ 


uuomuji  mut  toraprenare.  w,  aéià,  n n , 

dès  la  fin  des  années  50,  lorsque  ■ ~ Lefèvre  nommé 

certains  nouveaux  jeunes  fermiers  i d™?r  *>  ******  * M.  Jack  Lang, 
achetèrent  et  on  les  comprend  — i~  M.  Lefèvre  a été  nommé  directeur 
airto mobiles,  ce  qui  leur  permet-  . .cabinet  du  ministre  de  la  culture 
StifS£-Ieidl,m¥1%  à ia  viüe,  ce,  jte  joidi  28  novembre  U remplace 

Hit  lC  début  dC  If!  fin  ftginrMAnae  I M FiHnrne  DüaL  a...  .J— 


La  dernière  virée 


H AN  GIN1  wrm 
THE  HOMEBOYS 

de  Joseph  B.  Vosquez 

L'adolescence  prolongée,  le 
passage  h l'âge  adulte  svec 
ses  déchirements  et  ses 
remises  en  cause  et  les  virées 
d’enfer  qui  marquent  la  fron- 
tière entre  deux  états  de  vie 
sont  des  sujets  bateaux. 

ils  peuvent  donner  lieu  à un 
chef-d'œuvre  - voir  Husbands 
de  Cassavetes  - ou  ù un  film 
sympa,  comme  ce  Hangin'with 
the  homeboys.  premier. long 
métrage  de  Joseph  B.  Vas- 
qtiez,  dédié  à ses  potes  qu'il 
n'a  plus  jamais  revus.  s 

Quatre  copains,  quatre  gars 
du  Bronx  en  sont  les  héros. 
Des  stéréotypes  : deux  Noirs, 
le  feignasse  et  gaffeur  qui  sa 
protège  derrière  une  parano 
raciale,  et  le  beau  garçon,  légè- 
rement vaniteux,  futur  comé- 
dien. Plus  deux  Porto-Ricains  : 
le_  romantique  timide  et  révolté. 


et  le  .«chien  de  guerre»,  cava- 
ieur  forcené  qui  veut  absolu- 
ment se  faire  passer  pour  ita- 
lien. 

Le  film,  c'est  cette  virée, 
leur  dernière  ensemble,  celle 
où  tombent  les  masques,  où  la 
Mme  se  défait,  où  la  vérité  de 
soi-méme  et  la  réalité  des 
autres  se  font  jour,  aussi 
inexorablement  qu’une  dent 
perçant  la  gencive  à la  plaça 
d'une  dent  de  lait. 

Là,  Joseph  Vasquez  réussit 
quelques  scènes  justes  et  sen- 
sibles, dans  lesquelles  les 
comédiens  abandonnent  leur 
«jeu  feuilleton  ».  deviennent 
graves,  émouvants. 

Il  réussit  également  quelques 
situations  burlesques.  Si  bien 
que  le  film,  en  dépit  de  sa 
maladresse,  na  s'enlise  pas 
totalement  dans  la  convention, 
et  fait  passer  un  agréable 
moment. 

COLETTE  GODARD 


M*  Wtwdt 

RADIOTELEVISION 


JH  ce  qui  leur  permet-  .cabinet  du  ministre  de  la  culture 

g1, fSF'Jeid,1,n¥™  à la  ville,  ce,  !£  jeudi  28  novembre  U remplace 

aasîft&iisA&a1  & SSï 

ss5i£vcSr1fiïïeifoowrst*ï 

vendre  les  étables.  déjà  Foodatu»  de  France  rejoint  le 

ufflj  Parier  trouve  encore,  à SoSktn SSbA*"*  ” * 

Hérisson,  des  animaux  de  famille  speoat 

^ . sur  scene.  manifestent  daire-  I?*  071  *936.  ancien  élève  de  l’ENA. 
ment  leur  présence  d’esprit.  Le  tout.  Xon"njtluc  a été  auditeur  i la 
pour  nous  autres  l’auditoire  est  de  *■  “■«"«■  * juin  1986  à mai 
ne  pas  «focaliser»  sur  ces  interprètes  comcUJct  technique  au 

c’est  l’ensemble  du  Sk^iqmÎ4'  i988hk- 

théâtre  d’obvier  Perrier,  humains  et  A ^ santé- 

objrn  a lumiftia  a bnrit,  compris.  l'KgJjSte  “ifi?  mt»  * 


BRÜNOMADERNA 

Slunnrv.'t<'ÜM^ ' ■■  <a  . -ii-  ; r.-,! 


théâtre 13  45886222 

METHO  OLACIÉRE 


un<‘ env,V  r/ 

"'rl- S. 


\a\  i<‘i*  ^ 

Durnn<*er  ~ 

‘■‘ix1  i n sernr  <lr  l'aulruc 

DU  26  NOVEMBRE 
AU  29  DECEMBRE 


AUDIBERTI 


ÿ.v-.' ’ ' ' 

....  ; ; .... .-. . *r. ^ , •*>;- *î : ••  yji ; Â.V. 

nAUlkll l'f  à 


lAÇQÜÉSIUVeTTE 

* * r,  . . 


Le  02.  î 2.91 

20H30  - Lee  : 47  42  25  . 

CD.  K/  L!VE"  .VEDIA 


mise  en  oeêne  " 

GEORGES  VITALY 

'Une  allégresse  tonifiante" 

LE  FIGARO 


f • - *■  * * i*  TTT»?  v*ir-  -■  . ••  •'  .V 

i.v  : •• 


16  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991 


CULTURE 


PATRIMOINE 


Musées  africains  : « Tuer  le  modèle  occidental  » 

Un  colloque  a réuni  à Lomé,  capitale  du  Togo  - à la  veille  du  coup  d’Etat  - des  conservateurs  venus  de  quarante  pays 


LOMÉ 


de  notre  envoyé  spécial 

Quels  musées  pour  l'Afrique?  La 
question  peut  sembler  oiseuse  à 
l'heure  où  le  continent  stagne  dans 
un  marasme  économique  sans  pré- 
cédent. où  la  démocratisation  se 
heurte  à la  résistance  de  potentats 
en  place,  où  l'explosion  des  villes 
est  moins  contrôlée  que  jamais. 
Pourtant,  le  colloque  qui.  sur  ce 
thème,  s’est  conclu  à Lomé  (1), 
capitale  du  Togo  à la  veille  d'un 
nouveau  coup  d'Etat,  réunissait  un 
échantillon  significatif  de  conserva- 
teurs venus  de  quarante  pays 
d’Afrique  mais  aussi  d’Europe  et 
d'Amérique,  a vite  débouché  sur 
un  constat  : l'avenir  du  continent 
africain  passe  par  la  redéfinition  de 
son  modèle  culturel.  Et  la  crise  de 
ses  musées  est  un  symptôme  exem- 
plaire. 

Héritage  de  la  période  coloniale, 
plaquée  artificiellement  sur  la 
société  africaine,  l'institution 
muséale  africaine  est  en  crise.  Mal 
équipés  et  pauvres  en  collections, 
ces  établissements  sont  vides  de 
visiteurs,  hormis  quelques  tou- 
ristes. Celui  de  Lomé  pousse  cette 
situation  jusqu'à  la  caricature. 
Logé  dans  l'immeuble  du  Rassem- 
blement du  peuple  togolais,  l'an- 


cien parti  unique,  il  se  compose 
d’un  espace  exigu  où  est  exposé, 
dans  des  vitrines  basses,  un  assem- 
blage hétéroclite  d'objets  censés 
témoigner  de  la  culture  tradition- 
nelle du  pays  : outils  agricoles, 
armes,  pièces  de  vêtements,  pote- 
ries. Une  évocation  allusive  de  la 
traite  des  esclaves  - cette  région  en 
fin  l’un  des  centres,  - les  portraits 
des  anciens  gouverneurs  de  la  colo- 
nie et  trois  ou  quatre  sculptures 
contemporaines  fort  médiocres 
complètent  cet  ensemble.  * Nous 
n'avons  pas  d'argent  pour  collecter 
les  pièces ».  constate  l'un  des  res- 
ponsables du  musée.  Cette  raison 
n'explique  pas  touL 
Dans  des  pays  autrement  plus 
riches,  les  collections  s'autodétrui- 
sent faute  de  soins,  les  inventaires 
sont  systématiquement  incomplets 
(dans  les  36  musées  recensés  au 
sud  du  Sahara,  30%  des  collec- 
tions font  l’objet  d’un  inventaire), 
les  vols  sont  plus  que  fréquents  et 
les  officiels  n'hésitent  pas  à puiser 
dans  les  réserves  pour  offrir  un 
cadeau  à telle  personnalité  en 
visite.  Ne  parlons  pas  des  budgets 
de  fonctionnement,  toujours  éti- 
ques : le  Musée  d’Abidjan  vit  avec 
60  000  F par  an.  Ni  de  l'extrême 
rareté  des  visiteurs.  La  greffe  occi- 
dentale ne  prend  pas  en  Afrique. 


Qui  dit  musée,  en  Europe,  pense 
d’abord  œuvres  d'art  et  les  établis- 
sements implantés  par  le  colonisa- 
teur hésitent  entre  l'ethnologie  et 
l’esthétique.  Une  démarche  que 
récusent  aujourd'hui  les  conserva- 
teurs africains.  «Je  refuse  cette  pro- 
blèmatique, explique  Yaya  Savané, 
responsable  du  Musée  d'Abidjan. 
Ce  que  la  plupart  des  Occidentaux 
considèrent  comme  œuvres  d’art 
appartient  au  sacré  et  ce  sont  les 
ambassadeurs  de  notre  mémoire. 
Leur  esthétique  n’est  pas  négligea- 
ble, mais  somme  toute  secondaire. 
Leur  charge  éducative  nous  importe 
davantage.  Notre  travail  est  d’amé- 
nager des  lieux  où  les  Africains 
retrouveront  la  conscience  de  leur 
passé.» 

«Un  mouroir 
ou  un  lieu  rivant» 

Ûumar  Konaré,  président  de 
l'ICOM  (The  International  Council 
of  muséums,  un  organisme  qui 
dépend  de  (UNESCO),  l’initiateur 
de  ces  rencontres,  va  plus  loin 
encore  : «Il  faut  tuer  le  modèle 
occidental  pour  que  s'épanouissent 
de  nouveaux  modes  de  conservation 
et  de  promotion  du  patrimoine.» 
Les  seuls  endroits  où  ce  patrimoine 
est  perçu  avec  intérêt  par  les  popu- 


lations locales  sont  des  lieux  pri- 
vés, gérés  par  des  confréries,  des 
chefferies  traditionnelles  (nom- 
breuses au  Ghana,  au  Cameroun 
ou  au  Bénin),  voire  des  familles, 
comme  celle  des  De  Souza,  énorme 
dan  afro-brésilien  issu  d'esclaves 
déportés  en  Amérique  latine  et 
revenus,  après  l’exil,  en  terre  afri- 
caine (2). 

Le  musée  est-il  donc  condamné 
au  sud  du  Sahara?  « Un  musée, 
c’est  un  instrument,  répond  Yaya 
Savané.  On  peut  en  faire  ce  que 
l’on  veut.  Un  mouroir  ou  un  lieu 
vivant.  Un  musée,  c’est  un  lieu 
d’échange  public  Si  l'on  veut  dépla- 
cer le  public  il  faut  lui  présenter 
des  expositions  qui  l’intéressent.  Les 
thèmes  peuvent  aller  des  bidonvilles 
de  Grand-Bassam  aux  sculptures  en 
ciment  du  Nigéria.  Mais  les  objets 
sans  âme  qui  depuis  la  période 
coloniale  sont  enfermés  dans  des 
vitrines  ne  les  concernent  pas.  Un 
musée,  c’est  aussi  une  fenêtre 
ouverte  sur  le  monde  extérieur. 
Pourquoi  ne  pas  organiser  des  expo- 
sitions sur  les  costumes  bretons  ou 
sur  les  conditions  de  vie  en  Sibérie. 
Un  musée,  c’est  un  lieu  qui  doit 
parler  aux  gens.  Celui  dont  nous 
avons  hérité  est  muet» 

L'héritage  de  Jean-Aimé  Rako- 
toarisa,  conservateur  à Madagascar, 


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Depuis  le  temps  que  Ton  parle  de 
faire  l'Europe,  certains  la  font  tous  les 
jours,  en  avion. 

Pour  eux.  c'est-à-dire  pour  vous.  Air 
France  améliore  chaque  jour  son  service, 
et  en  premier  lieu,  son  réseau. 

Au  départ  de  Paris,  avec  Air 
France,  vous  pouvez  aller  partout  1 200 
vols  vers  plus  de  1 20  destinations  euro- 
péennes chaque  semaine:  il  serait  bien 
étonnant  que  vos  affaires  vous  amènent 
justement  où  nous  n'allons  pas. 

Et  si  l'importance  de  notre  réseau 
n'était  pas  une  raison  de  choix  suffisante, 
nous  vous  offrons  aussi  une  importante 
fréquence  de  vols  sur  tous  les  grands  cen- 
tres d’affaires.  Par  exemple,  pour  Milan, 
vous  avez  le  choix  entre  six  horaires  dans 
la  journée,  cinq  pour  Genève,  quatre  pour 
Madrid,  etc.. 

Enfin,  une  Fois  à bord,  vous  décou- 
vrirez notre  classe  “Le  Club  Européen" 
une  classe  vraiment  conçue  pour  vous. 
Cest  un  espace  privilégié,  où  vous  appré- 
cierez dans  le  calme,  le  confort  de  votre 
fauteuil. 

Ainsi,  chaque  fois  qu’un  de  nos 
moteurs  fait  décoller  l'un  de  nos  avions, 
c'est  vous  qui  décollez,  ce  sont  vos  affaires, 
et  un  petit  peu  l'Europe. 


Un  des  moteurs 
de  l’Economie  Européenne* 


■ - 


JW 


est  des  plus  modestes.  L'établisse- 
ment qu'il  g ère  avec  encore  moins 
de  moyens  que  ses  confrères  est  un 
quasi-fantôme.  Pourtant,  explique- 
t-il,  «pour  s’en  sortir,  les  gens  ont 
besoin  de  miroir.  Pour  se  regarder 
en  face  et  se  demander  : qui 
suis-je?  Le  miroir,  c'est  l'enseigne- 
ment et  la  culture,  l'école  et  le 
musée.  Le  musée,  c’est  un  lieu  de 
sensibilisation,  d’acculturation.  A 
Madagascar,  les  organismes  inter- 
nationaux versent,  Ainsi,  des 
sommes  très  importantes  pour  la 
création  de  parcs  nationaux  desti- 
nés à préserver  la  faune  et  ta  flore. 
Si,  aux  abords  de  ces  lûmes,  on  ne 
crée  pas  des  espaces  pour  expliquer 
cette  action,  comment  leurs  habi- 
tants ne  trouveront-ils  pas  scanda- 
leux de  dépenser  autant  d'argent 
pour  protéger  les  lémuriens  alors 
qu' eux-mêmes  crèvent  de  faim?». 

Ce  n’est  donc  pas  l'institution 
muséale  qui  est  en  cause,  mais  son 
modèle.  Pour  le  tuer,  insiste 
rhmïar  Konaré,  les  incantations  ne 
suffisent  pas.  fi  faut  rompre  «avec 
le  réseau  de  dépendances  et  d'alié- 
nations tissé  autour  de  nous».  Et 
cette  rupture  sera  impossible  «tant 
que  les  champs  de  Véducation  et  de 
la  culture  continueront  à être  dis- 
tincts. tant  que  les  populations,  sur- 
tout rurales,  seront  maintenues 
dans  un  état  de  marginalisation, 
voire  d'exclusion  ».  Cest  donc  la 
totalité  du  système  culturel  que  le 
président  de  l'ICOM  conteste,  les 
vieilles  structures  coloniales  sur  les- 
quelles tous  les  dirigeants  africains, 
depuis  l'indépendance,  se  sont 
appuyés.  L'enseignement  et  la  cen- 
tralisation, par  exemple.  . 

L’école,  fabrique 
de  fonctionnaires 

« L'école  coloniale  française  avait 
pour  but  de  former  les  fonction- 
naires dont  avait  besoin  l'adminis- 
tration. note  Oumar  Konaré.  LYn- 
dêpendance  n'arienchr^^V^e^ 

fboctionnaire^&^^-^^^^our- 
d’hui  des  çhômttufs.  Un.  çjjsfigrie- 
ment  efficace' doit  ^appuyer  sur  la 
culture  locale.  La  base,  c’est  l’ap- 
prentissage de  la  langue,  maternelle. 
Pour  qu'il  soit  possible;  on.  doit 
associer  à l'enseignement  ' général 
les  détenteurs  de  ce  savoir.  Mais 
pour  appliquer  ce  programme,  on 


est  obligé  d'en  passer  par  une  réelle 
décentralisation.  Et  die  ne  pourra 
dre  mise  sur  pied  que  par  une 
réelle  redistribution  démocratique, 
du  pouvoir  politique.  Vous  voyez 
que  la  réflexion  sur  t’avenir  du 1 
musée  en  Afrique  peut  nous 
entraîner  très  loin  (3)  ». 

Le  rapport  de  synthèse  présenté 
à fissue  du  cofloqœ  de  Lomé  est 
bien  sûr  beaucoup  moins  radical  - 
cependant  ses  propositions  ont  suf- 
fisamment dérangé  les  dinosaures 
qui  prospèrent  à l'intérieur  des  ins- 
titutions muséales  africaines  pour 
qu’ib  déclenchent  une  vigoureuse 
bataille  de  procédure  visant  à le 
vider  de  toute  signification. 

Quatre  thèmes  s’en  dégagent. 
Autonomie  qnî  doit  permettre  une 
meilleure  gestion,  une  plus  grande 
souplesse  d’adaptation  et  un  finan- 
cement différencié.  Collaboration 
régionale  grâce  à des  activités  com- 
munes, ce  qui  implique  la  création 
d’un  véritable  réseau  des  musées 
africains.  Nécessité  d’une  forma- 
tion spécialisée  pour  les  techni- 
ciens, les  conservateurs  et  les  édu- 
cateurs - la  formation  dispensée 
par  les  centres  de  Niamey  (Niger) 
et  de  Jos  (Nigeria)  étant  plus  que 
médiocre;  11CCOM  i est  incité  à 
transférer  son  cous  PREMA  (Pré-  ; 
servation  dans  les  musées  africains)  t 
d’Italie  en  Afrique.  Les  orienta- 
tions pour  l’avenir  sont  plus 
floues;  pluralisme. culturel,  déve- 
loppement national  et  démocratie 
sont  évoqués  avec  prudence.  Pour 1 
le  président  de  l’ICOM,  il  s'agit  là  ! 
d’un  premier  pas.  Mais  on  est  loin  : 
du  programme  dont  .il  rêve.  Peut-  ; 
être  pourra-t-il  rapp&quer  dans  son 
pays,  -te  Mali,  puisqu’on  Loi  prête 
volontiers,  après  les  élections  du 
printemps  prochain,  un  destin 
national. 

EMMANUEL  DÉ  ROUX 


<11  Le  colloque  s’est,  tenu  du  IS  au 
23  novembre  dans  trois-  villes,  Accra 
(Ghana),  Abottcy:  <4Kaia)-cl-  Lomé 
(Togn)  ■ 

(2V  L’influence  afro-bnbüicnnc  est  per- 
ceptible dons  l'architecture popuJairedc 
Lomé,  voir  Trésor*  cachés  du  vieux 
Ijrné,  d’Yves  Margueiat  a Lucien  Kotu, 
ORSTOM. 

(3)  Voir  Également  l'entretien  donné 
par  Osmar  Konaté  à Jcao-Lonp  Piviu 
dans-  la  Revue  noire  n«  2,  septembre 
199f. 


TRANSPORTEUR  Officiel  INTERNATIONAL 
OES  AVI"  JEU*  OITMPKJUES  D HIVER 


EXPOSITIONS  'f-.fv.-- 

Dieùfen  son  livre 

La  Bible  relie  deux  expositions,  «D’une  main  forte»  et  «Dieu 
en  son  Royanme»,  présentées  à la  Bibliothèque  nationale 


A travers  on  double  itinéraire, 
historique  et  géographique  pour  la 
première,  fiançais  et  chronologique 
pour  la  seconde,  deux  expositions 
donnent  tout  son  sens  et  son  éten- 
due è l’expression  « religion  du 
Livre».  Expression  dans  laquelle  il 
faut  également  entendre  le  passage 
et  réchange  constant,  conflictuel, 
violent,  hégémonique  souvent, 
mais  aussi  d'une  extraordinaire 
fécondité,  entre  le  judaïsme  et  le 
christianisme,  avec  toujours  la 
Bible  pour  guide  unique.  . . 

De  la  foi  que  le  livre  des  livres 
contient  et  suscite,  les  manuscrits 
hébreux  des  collections  françaises 
rassemblés  par  Michel  Garel, 
témoignent  magnifiquement. 
«D'une  main  forte»,  comme  il  est 
écrit  dans  l’Exode,  Dieu  libère  son 
peuple.  Le  cantique  de  victoire 
qu’entonne  celui-ci  - «ta  droite, 
Yahvé,  s'illustre  par  sa  force  { .) 
par  l’excès  de  ta  mqjesté,  tu  ren- 
verses tes  adversaires»  - après  le 
passage  de  la'  m'er  Rouge 'par  exem- 
ple, trouve  dans  un  parchemin 
espagnol  du. treizième  siède  une 
étonnante  traduction  graphique  à 
la  fois  figurative  et  symbolique.  . 

Entrelacs  géométriques 
et  enbnaùmns  . : 

L'invention  des  copistes;  leur 
sens  du  beau,  et  la  dignité  très 
haute  de  leur  tâche,  aboutissent  à 
une  esthétique  d’une  surprenante 
liberté.  Elle  se  retrouve  ans»  bien 
dans  les  entrelacs  géométriques  de 
tel  parchemin  allemand  du  quator- 
zième siède  que  dans  la.  copie  pro- 
vençale d'un  livre  de  Maimonide 
ou  dans  un  psautier  anglais  en 
h&rcu  datant  de- 1180  avec  en 
marge  des  gloses  latines  ou  anglo- 
normandes.  D’une  manière  émou- 
vante, die  ne  quitte  pas  ces  copies 
de  textes  liturgiques  ou  législatifs 
juifs  raturés  par  les  censeurs  de 


l'Eglise  d’une  main  plus  lourde  que 
forte.  j 

La  seconde  exposition,  organisée 
par  François  Dupuigrenert,  Des- 
roussilles  (1),  présente,  dans  une 
mise  en  espace  inutilement:  grandi- 
loquente (pourquoi  faire  simple, 
etc.),  un  ensemble  très  riche  de 
bibles  françaises  du  treizième  au 
dix-huitième  siècle.  La  place  et 
l’usage  du  livre  sacré  ne  sont  plus 
les  mêmes.  H quitte  quelque  peu  la 
foi  intime  et  domestique  du  fidèle, 
et  surtout  du  peuple,  pour  trôner, 
superbe,  rehaussé  d'enluminures, 
aux  côtés  du  roi,  comme  une 
charte  témoignant  de  son  pouvoir 
divin.  «Dieu  en  son  Royaume», 
comme  le  d injustement  le  titre  de 
l’exposition...  L’inventivité  prend 
d’autres  chemins.  Ceux  par  exem- 
ple qu'emprunteront  les  poètes  de 
la  Renaissance  ou  du  Grand  Siède, 
tirant  des  psaumes  la  matière  pre- 
mière de  leurs  œuvres. 

Dédiées  au  Uvde,  les  deux  expo- 
srtions  de  la  Bibliothèque  nationale 
sont  une  belle  occasion  de  traver- 
ser deux  ponts  : celui  qui  conduit 
de  l'objet  matériel  & l’objet  spiri- 
tuel d celui,  plus  incertain  et  trem- 
blant, qui  relie  le  judaïsme  et  le 
christianisme. 

PATRICK  KÉCH1CHIAN 


(1)  Auteur  également  d'un  catalogue 
des  Bibles  imprimées  avant  1800  et 
conservées  à Paris,  qu'il. vient  d’achever. 

«D'une  main  forte»,  «Dieu 
en  son  Royaume»;  BibUothôqua 
nationale,  rue  de  Rtcheiteu 
76002,  Ces  deux  expositions, 
ouvertes  tous  tes  jours  y com- 
pris les  efimanebes  et  les  joue 
de  f&ta  de  iO  h i .20  heures  {20 
E. Tune»  .28  F -les  deux),  ont 
donné  Jeu  è la.  puMteatiofi  de 
deux  beaux  livras-catefoguea  : 
D'uria  maln  forte,  de  Miche! 
Garel  SeulKSN,  200  p..  395  F. 
Oàu  en  son  Royaume,  de  Frsrt- 
DesraussBIes, 
IN,  174  p.,  295  F. 


Vl. 


Le  Monda  • Samedi  30  novembre  1991  17 


<* . - 

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•t»  ./i . 


■-i- . -e 


Bauhaus 


trois,  dernière  ! 


Le  vingtième  siècle  doit  beaucoup  an  Banhans  : 
mmt  d être  nu  style  de  graphisme,  de  design 
on  d architecture,  cefhtnn  centre  de  création 
dont  témoignent  un  musée  à Berlin  et,  dans 
lÀUemagne  réunifiée,  plusieurs  bâtiments  à 
üessan  et  à Weimar,  où  commença  cette  aven- 
ture, en  1919.  Trois  lieux,  une  même  pensée. 


i.. 


s,  . 


D£  Vancouver  et  de  Turin,  de 
New-York,  de  Paris  et  de 
Santiago-dn-Chili,  nn  jour  ordi- 
naire, voilà  d’où  viennent  Jes  visi- 
teurs d une  des  saintes  chapelles 
de  la  modernité  : le  musée.  du 
design  et  des  archives  du  Bauhaus, 
à Berîîh.  Etrange  et  discret  dans  sa 
blancheur,  l'édifice,-  auquel  on 
accède  par  une  passerelle-prorae- 
nade,  est  lové  entre  un  vague  car- 
refour et  le  Landswehrkanal,  dans 
une  de  ces  zones  que.  le  «mur» 
avait  rendues  muettes  et  aux- 
quelles sa  démolition  redonne  une 
centralité  convoitée.  II  a été  des- 
siné par  Walter  Gropius,  mais 
achevé  seulement  en  1979,  dix  ans 
apres  la  mon  h Boston  du  fonda- 
teur du  Banhans;  il  contient  des 
collections  constituées  i partir  de 
I960,  mais  dont  l'essentiel  a été 
donné  par  Gropius  lui-même, 
gardait  copie  d?  tout»,  nous 
dit  son  directeur  actuel,  le  profes- 
seur Peter  Hahn. 


En  en  dhnmshs matin  de  fin  d’au- 
tomne, les  Berlinois,  eux, -se  pres- 
sent, à un  autre  carrefour,  pour 
découvrir  Tceuvre  complète  d’Otto 
Dix,  I un  de  ces  peintres  de  l’ex- 
presnonnisme  que  le  nazisme 
qualifia  d*  «ait  dégénéré » et  dont 
n pourchassa  les  adeptes  : c’est 
nue  exposition  qui  vient  d’ouvrir 


— — licui  U UUV 

a la  Nationalgalerie,  le  grand 
musée  moderne  de  Beriin^hie 


— — — * «MiuruiiCSt, 

sous  rimmense  auvent  d’acier 
“oit  et  derrière  les  glaces  nues  du 
monument  ■ conçu  dans  les 
,ann£»  60  par  Ludwig  Mies  van 
oer  Robe  depuis  Chicago,  où 


AU  SOMMAIRE 


s’était  installé  en  1937  celui  qui, 
dernier  directeur  du  Bauhaus  jus- 
“ fermeture  autoritaire  en 
1933  de  la  célèbre  école,  avait  dû, 
comme  la  plupart  des  intellectuels 

«des  artistes,  quitter  le  pays  pour 

échapper  i la  dictature. 

1919-1933,  Weimar-Dessan- 
Benm.  La  communauté  de 
maltr»  et  d’élèves  qui  travail- 
laient à réconcilier  l’art  et  l'indus- 
trie, les  artisans  et  les  artistes, 
pour  modeler  un  environnement 
totalement  «contemporain»,  des 
maisons  aux  autos,  des  chaises 
aux  cafetières,  et  réinventer  à neuf 
J univers  des  formes,  avait  vécu  1e 
temps  d’une  République  brève  et 
fragile,  la  République  de  Weimar: 
Entre  la  défaite  de  1918  et  la 
.montée  de  l’inflation,  dans  une 
Allemagne  soumise  & des  tensions 
extrêmes.  Tandis  que  Paris  dan- 
sait au  rythme  des  «années 
folles»,  Berlin  était  en  proie  à des 
démences  plus  sombres,  dont 
témoigne  aussi  la  violence  du 
débat  culturel  de  Pépoque. 


«style  international»  - et  aussi  la 
pliw  controversée  des  dogmes 
esthétiques  conçus  dans  ccs 
années-là. 


Dubrovnik; 

plaidoyer 

Pour  le  patrimoine p.  24 

Le  marché  d'AJigre, 

une  médina  à Paris  p.  19 

Le  Train  blèu, 

o®uer  restaurant 
de  gare  p:  [8 


Livras, 

fi**  et  après 
« voyage  __ 


p.  20 


leux 


22) 


_ Télex 
♦ Table 


(P-1À 

tp.23> 


la  fera» lui»  brutale  par  les  naS 

l’historien  Frank 
whmord  (IX  une  notoriété  accrue 
a 1 etablissement  qui,  chassé  de 
Dessau  six  mois  plus  tôt,  venait 
de  se  nbnstaDer  à Berlin,  et  la  dis- 
persion de  par  le  monde  de  ses 
membres  les  plus  éminents  facilita 
1 exportation  de  j’idée.  Accueillis 
les  Américains  «comme  des 
dieux  blancs  »,  ironisait  l’écrivain 
new-yorkais  TômWoIfe  (2),  les 
pères  fondateurs,  Walter  Gropius, 
devenu  professeur  à Harvard,  et 
Mies  van  der  Rohe,  à Chicago, 
ont  fasciné  plusieurs  générations 
d’architectes.  Le  grand  débat  a été 
rouvert  depuis;  slogans  et  tabous,  ' 
préceptes  et  expériences,  le  plan 
libre  et  :1e-- mur-rideau,  ont  été 
jugés  à Faune  des  résultats  obte- 
’nns  par  les  imitateurs  et  les  sui- 
'.venis.  L’architecture,  «but  ultime 
\de  toute  création  artistique » selon 
|le  Gropius  des  débuts,  a été  l’ex- 
I pression  la  plus  universelle  - le 


L'Amérique,  cette  deuxième  patrie 
de  I acier,  n’attendait  qu’eux  pour 
donner  une  forme  au  rêve  indus- 
triel : on  était  à I’ère  de  la 
machine,  de  là  standardisation,  de 
la  séné,  des  surfaces  planes  et  du 
décor  minimaliste...  «Seule  une 
utee  a ta  force  de  se  propager  aussi 
loin»,  avait  dit  Mies  van  der 
Koûe  avec  son  sens  des  formules 
implacables.  H dira  aussi  : «Dieu 
est  dans  les  détails  »,  mais,  & part 
lui  et  quelques  autres,  les  archi- 
tectes oublieront  trop  souvent  ce 
«dixième  commandement 
L’architecture,  but  ultime, 
c était  aussi,  dans  l’esprit  du  Bau- 
baus,  1 architecture  des  objets  de 
la  vie  quotidienne.  Le  client  a mis 
un  certain  temps  à devenir 
«moderne»,  il  a fait  son  choix  et, 
plus  de  deux  générations  après 
qu  ils  ont  été  dessinés,  il  s’assied 
volontiers  aujourd’hui  sur  les 
sièges  en  tube  chromé  de  Marcel 
Breuer  (Dessau,  1926);  dans  les 
quartiers  généraux  des  grandes 
société,  la  chaise  en  cuir  et  en 
meta]  de  Mies  van  der  Rohe  (des- 
sinée pour  le  pavQlon  allemand  de 
1 exposition  de  Barcelone  en  1929) 
est  devenue  un  classique. 

D«s  chaises,  ou  plutôt  des 
«machines  à s'asseoir»,  comme 
disait,  pensant  à la  «machine  à 
habiter»  de  Le  Corbusier,  le  Berli- 
uoh  Julius  Posener,  critique  et 
malicieux.  Ils  avaient  défini  la 
position  correcte  du  corps 
humain,  choisi  la  toile,  le  cuir, 
matériaux  francs,  banni  le  «capi- 
tonne, ce  nid  à poussière ».  et  ils 
invitaient  leurs  semblables  à 
mener  une  vie  saine,  entre  des 
murs  plutôt  blancs  et  plutôt  lisses, 
derrière  de  grandes  verrières. 
Sorte  de  règle  monastique,  définie 
par  des  puritains  de  la  forme,  qui 
n étau  pas  du  goût  de  tous  : 

M“  Wassily  Kandinsky  racontera 


> - 


plus  tard  comment  le  peintre  n’ai- 
irçutpas  être  vu  à travers  la  porte 
vitrée  de  sa  maison  (qu’ïl  badi- 
geonna de  blanc)  et  qu’aimant 
vivre  dans  la  couleur  ils  avaient 
peint  la  salle  à manger  saris  res- 
pecter la  consigne. 

Cosmopolite  et  ouvert  aux  cou- 
rants novateurs,  le  Bauhaus  recru- 
tait les  meilleure.  Quand  Van  de 
Velde  avait  fait  appel  à Gropius, 

1 architecte  était  déjà  counu  pour 
avoir  signé  et  réalisé,  à vingt-huh 
ans,  le  premier  mur-rideau,  une 
taçade  en  verre  et  en  métal  pour 
une  usine  de  chaussures.  Le  direc- 
teur du  Bauhaus-,  lié  aux  milieux 
«Pta*  avanl-gardistes  (époux 
a Alma  Mahler,  qui  le  quittera,  lui 
et  Weimar,  pour  Vienne  et  l’écri- 
vain Frantz  Werfel),  recrute  lu» 
aussi  des  hommes  de  talent,  et  ce 
n est  pas  un  hasard  si  les  noms  de 
ceux  qui  y ont  étudié  ou  enseigné 
sont  célèbres.  Mais  ni  Paul  Klee, 
te  Bernois,  ni  Wassily  Kandinsky. 
le  Russe,  n’enseignaient  la  pein- 
ture : ils  étaient  là  pour  la  « cou- 
leur» et  pour  la  «forme».  Le 
bleu,  le  rouge,  le  jaune,  couleurs 
primaires,  le  cercle,  le  carré  et  le 
triangle,  géométries  de  base,  deve- 
nus symboles  de  cette  recherche, 
mais  aussi  toutes  leurs  associa 
lions  imaginables. 

Le  graphisme  contemporain 
1 imprimerie,  l’art  de  la  mise  en 
page  et  de  la  maquette,  ont  des 
sources  dans  ces  années  fertiles  où 
I on  rêvait  de  manier  toutes  les 
techniques.  En  dessinant  son  kios- 
que à journaux  (en  parallèle  avec 
un  comptoir  pour  marchand  de 
tabac  surmonté  d’une  grande  cin- 
rette  allumée),  l’Autrichien  Her- 
bert Bayer,  élève  au  Bauhaus  qui 
deviendra  célèbre  aux  Etats-Unis, 
pratiquait  à la  fois  une  géométrie 
constructiviste,  le  collage  et  la 
dérision  dadaïste  et  annonçait  les 
audaces  et  les  jeux  visuels  dont  le 
commerce  et  la  publicité  allaient 
s emparer  un  peu  plus  tard. 

Leur  enthousiasme  pour  la 


photographie,  qu'ils  pratiquaient  à 
tout  propos,  recherche  graphique 
ou  témoignage  sur  la  vie,  les  fêtes 
et  le  travail,  est  significatif, 
comme  en  témoignait  la  grande 
exposition  présentée  à Paris  an 
début  de  cette  année  (3). 

De  notre  envoyée  spéciale 

Michèle  Champenois 

L/re  la  suite  page  24 


iom  **  Bauhtm-  Th*™*  and  Hudson. 

170  J. 

(2)  If  court,  U court,  te  Bauhaus. 
Ed.  Mazarine,  1981. 

13)  U Monde  du  21  el  du  25  février. 


A gauche. 

le  Musée  de  Berlin. 

A droite,  projet  de 
jusque  à journaux 
(1924)  par  Herbert 
Bayer,  élève  du 
Bauhaus  à Weimar, 
puise  maître»  à 
Dessau,  où  il  dirigea 
I atelier  d’imprimerie. 
Graphiste,  peintre, 
photographe  et 
typographe.  Bayer 
enugro  « New- York 
en  — 


NOËL  AU  PAYS 
DU  PERE  NOËL 


3 VOYAGES  D'EXCEPTION  EN  LAPONIE  FINLANDAISE 


38  nn  Tronehet 75009  Paris  Tal  (1)47423865^ 


» ni  ijftrtifc. 


- i . 


-V; 


i 


COMMENT  ne  pas  ressentir 
cette  impression  d’un  monde 
ancien,  un  peu  oublié?  L'idée  de 
decouverte,  de  redécouverte  pres- 
que archéologique,  à l’occasion 
de  vastes  chantiers?  Le  Train 
bleu,  le  buffet  de  la  gare  de  Lyon, 
témoin  d'un  autre  temps,  brasse- 
rie-musée. héritier  de  la  Belle 
Epoque,  paraît  retrouver  la 
lumière,  à mesure  que  l’Est  pari- 
sien abat  son  terne  décor  pour 
dresser  son  architecture  du  siècle 
à venir. 

Il  était  déjà  un  peu  à l'écart, 
trop  loin  de  Saint-Germain  pour 
les  dîneurs  du  centre-ville,  il 
paraît  anachronique,  au  milieu 
des  tours  de  verre  et  d'acier,  voi- 
sin de  Bercy,  bientôt  de  la 
Grande  Bibliothèque  et  des  pro- 
jets de  bord  de  Seine.  Autour  de 
lui.  on  creuse  avec  frénésie, 
comme  pour  l’éviter,  ne  pas  frois- 
ser son  classement  aux  Monu- 
ments historiques.  Déjà,  durant 
les  années  60,  on  avait  laissé  à la 
gare  de  Lyon  sa  façade  de  pierre 
et  sa  tour  d’horloge,  beaucoup 
pour  ne  pas  toucher  à ses  ors. 
Sous  ses  planchers,  pas  moins  de 
cinq  niveaux  pour  le  passage  des 
transports  modernes,  les  trains, 
les  TGV.  les  métros,  les  RER,  en 
attendant  la  construction  du 
réseau  Météor. 

C’est  peu  dire  que  le  Train 
bleu  paraît  incongru  dans  son 
environnement  de  troisième  mil- 
lénaire. L'an  2000.  lui,  il  le  pré- 
pare en  astiquant  ses  cuivres  et 
ses  moulures,  en  surveillant  ses 
fresques  murales  patinées  par  les 
fumées  des  cigares  et  les  fumets 
de  sa  cuisine  «à  la  française». 
Chaque  après-midi,  des  solitaires, 
surtout  étrangers,  viennent 
reprendre  des  songes  commencés 
la  veille,  dans  les  fauteuils  pro- 


Le Train  bleu  reste  en  gare 


fonds  de  son  bar  américain.  Un 
autre  temps... 

Pour  célébrer  à sa  façon  l'Ex- 
position universelle,  la  compa- 
gnie Paris-Lyon-Marseilie.  le 
célèbre  PLM,  avait  tenu  à déco- 
rer le  buffet  de  sa  toute  jeune 
gare.  C'était  le  tout  début  d'un 
siècle,  celui-ci,  qui  s'achève.  A la 
hâte,  on  avait  commandé  des 
œuvres  à des  artistes  régionaux. 
Le  PLM  offrait  aux  Nordistes 
fortunés,  des  images  du  Sud 
qu’ils  s'apprêtaient  à traverser  à 
soixante-dix  kilomètres  à l’heure, 
une  sorte  de  grande  campagne  de 
publicité  de  plafond,  d’album  en 
hauteur  de  scènes  allégoriques. 
Orange,  Marseille  et  Menton,  Le 
mont  Blanc  et  les  coteaux  de 
Bourgogne.  La  cueillette  et  les 
vendanges,  des  noces  et  des  ban- 
quets, des  bateaux  descendant 
lentement  les  fleuves,  des  cieux 
azur,  comme  les  aimait  le  PLM 
ou  les  Wagons-lits  Cook. 

UN  pays  harmonieux,  une  vie 
simple  et  tranquille.  Pour  les 
dîneurs  d'aujourd'hui,  un  arrêt 
au  Train  bleu,  c’est  l'assurance, 
en  levant  le  nez,  de  s’égarer  du 
côté  d'une  vieille  idée  du  bon- 
heur hexagonal,  de  s'échapper 
vers  une  certitude  ancienne,  col- 
lective, celle  qui,  en  1900,  résu- 
mait picturalement  toutes  les 
autres.  Renaissance,  classique, 
baroque  ou  pompier,  avant  que 
le  siècle  ne  s’offre  aux  risques, 
quelques  années  plus  tard,  du 
Modem'  Style. 


D CSL  CE 


Vers  1900,  la  France  s'étendait 
au-delà  des  mers,  et  le  buffet  de 
la  gare  proposait  donc  aussi  sa 
vision  d’Alger,  et  des  médinas. 
L’humeur  était  naturaliste,  et  les 
deux  grandes  salles,  comme  les 
salons  regorgent  de  feuilles  et  de 
grappes,  d’animaux  et  de  mons- 
tres sur  dorures.  Vers  1900,  le 
déplacement  était  encore  toute 
une  affaire,  et  les  voyageurs  pas- 
saient sous  les  lambris  de  longues 


heures  de  repos  à quelques  pas 
des  convives  parisiens  d’un  nota- 
ble ou  d’un  homme  politique  en 
partance  pour  son  département 
Le  buffet  était  voué  au  confort  à 
terre,  ou  à quai,  du  Train  bleu,  le 
vrai,  le  train  pour  Vïntimille,  qui 
ne  partait  qu’à  20  h 55,  et  vous 
menait  tout  au  bout  de  la  Côte 
d’Azur  en  17  heures  et  quelques, 
minutes.  Le  restaurant  n'em- 
prunta son  nom  au  train  que  lors- 


que le  convoi  légendaire  fut  mis 
hors  service,  au  début  des 
années  60. 

Pour  le  buffet,  les  mauvaises 
années  avaient  déjà  commencé. 
Les  Allemands,  dans  Paris, 
avaient  fait  dn  salon  doré,  une 
halte  de  repos  pour  leurs  officiers 
en  partance  ; du  salon  voisin,:  un 
salle  de  garde  pour  corps  de 
troupe.  Et  puis,  lorsque  revînt  la 
liberté,  l'époque  rejeta  les  fastes 
ferroviaires 'pour  l’automobile. 
Albert  Cbazal,  le  directeur  du 
Train  bleu,  raconte  que,  de  son 
bureau  du  premier  étagé  donnant 
sur  les  quais  et  les  verrières  de  la 
gare,  il  ne  vit  plus  que  des  voya- 
geurs pressés,  des  trains  qui,  sans 
élégance,  partaient  à l'heure  des 
repas,  ou  trop.  tôt.  ou  trop  tard. 
On  passa  longtemps,  sous  les 
voûtes,  sans  les  voir,  sans  curio- 
sité pour  le  double  escalier,  et  les 
lustres  de  verre  et  de  bronze  qui 
n’éclairaient  plus  qu'un  musée. 
L’établissement  et  son  directeur 
tinrent  bon.  malgré  les  temps.  Le 
buflet  fut  classé,  après  qu'on  eut 
malencontreusement  détruit  le 
Dolmen,  à Montparnasse,  la 
Flèche  d’or,  à la  gare  du  Nord,  le- 
Relais  Est,  à la  gare  de  l’Est,  et. 
beaucoup  d’autres  haltes  gastro- 
nomiques, tout  au  long  de  la 
ligne. 

Le  Train  bleu  vécut  ün  peu 
moins  dans  les  fastes,  avec  sa 
clientèle  d'habitués,  ses  hommes 
politiques,  qui  délaissaient  leurs 
cantines  pour  déjeuner  . discrète- 
ment en  compagnie  d'un  adver- 
saire à la  Chambre. 'Avec  Salva- 


dor Dali  ou  Roger  Vailland,  Sar- 
tre, parfois,  qui  changeait  de  rive 
au  bras  d’une  jeune  raie,  et  tou- 
jours les  Anglais,  nostalgiques  des 
symboles  de  luxe  qu'ils  s'étaient 
réservés  ici,  comme  dans  le 
monde  entier.  Grâce  aux  Japo- 
nais et  à une  réputation  plus 
internationale  que  parisienne,  le 
décor  refit,  cës  dernières  années, 
le  plein  de  ses  couverts  et  de  scs . 
rêves.  Grâce  au  TGV,  aussi,  qui, 
curieusement,  mêle,  semble-t-il, 
le  besoin-  de  vitesse  à un  renou- 
veau du  confôrt. 

L 'ÉTABLISSEMENT  aura 
donc  duré  au  moins  un  siècle. 
Son  environnement  futuriste,  les 
fracas  de  là  ville,  tout  autour,  qui 
brasse  ses  affaires  incertaines,  ses 
métissages 'de  garé,  ses  allers-re- 
tours par  le  rail,  scs.  exils,  scs 
immigrations,-  bref,  le  siècle  à 
venir,  déjà  présent,  qui  s'échine 
sous  ses  vôôtesi  eh  font  un  acteur 
.privilégié, -un  lexique  de  valeurs 
et  d'hulottes»  autant  que  <f  œu- 
vres. Conteur  d’une  France  trop 
heureuse  pour  avoir' vraiment 
existé,  le  décor  du  Train  . bien 
déroule  aussi,  de  ses  plafonds  à 
ses  banquettes  de  moleskine,  le 
trompe-J’oéil  de  drames  bientôt 
centenaires.  Les  Balkans,  14-18, 
la  guerre  d'Espagne,  la  guerre 
mondiale,  .la  guetre  des  blocs  : le 
restaurant  fut  de  toutes  ces 
conversations.  De  ces  repas 
inquiets,  lourds  de  secrets,  avant 
la  fuite  par  le  Sud.  Combien 
d’émigrants,  de-  résistants, 
d’agents,  combien  d’orphelins,  de 
sans-papiers,  combien,  de  salauds 
et  de  braves  gens  s’assirent-ils  là, 
comme  dans: Une  église?  Com- 
. bien  le  fréquentoont-Ds  encore  ? 

. Philippe Boggio 


.•tjJ.-A" 


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ESCALES 


TELE  X 


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Traditions 

tyroliennes 


fnnsbruck  prend  ses  quartiers 
d’hiver.  La  capitale  du  Tyrol 
ressort,  avec  ses  bobs,  ses  skis  et 
ses  patins,  ses  coutumes.  Le 
Marché  de  Noël,  du  29  novembre 
au  22  décembre,  présente,  dans  la 
vieille  ville,  décorations 
traditionnelles,  spécialités 
tyroliennes  et  douceurs  : pommes 
d'api,  amandes  grillées,  miel  turc. 
Le  5 décembre,  cortège  de  la 
Saint-Nicolas  et  du  Père 
Foueitard  escortés  par  une  nuée 
d'enfants.  Le  14,  chants  de  l’Avent 
au  Palais  des  congrès.  Les  artistes 
sont  des  groupes  folkloriques  et 
familiaux  (places  de  45  à 85  F).  Le 
Musée  d'art  populaire  d'Innsbruck 
est  connu  par-delà  les  frontières 
autrichiennes  car  il  est  le  seul  à 
présenter  une  exposition 
permanente  sur  l'histoire  et 
l'évolution  de  la  crèche.  Soixante 
nativités,  les  plus  remarquables 
étant  une  CTèche  baroque  aux 
personnages  habillés,  une  autre  en 
papier  et  en  bois  et  une  troisième 
sculptée.  Tandis  que  la  France  ne 
connaît  presque  plus  que  le  trop 
commercial  Père  Noël,  l'Autriche 
a gardé  le  souvenir  de 
f Enfant-Jésus.  Le  23  décembre, 
enfants  et  grandes  personnes 
habillés  en  bergers  et  en  anges 
entourent  la  Sainte-Famille  et 
traversent  la  ville  avant  de  chanter 
en  chœur  des  cantiques.  Les  23. 

24.  25  et  26  décembre, 
spectaculaire  concert  de  cuivres  : 
trombones,  trompettes  et 
cymbales  sonnent  du  haut  du 
beffroi.  A 5 kilomètres  au-dessus 
d'Innsbruck.  mais  intégré  à la  ville 
depuis  1942,  le  village  d’Igls  a 
conservé  son  atmosphère 
tyrolienne.  Enneigement  excellent, 
100  km  de  descentes.  28  pistes  et 
33  remontées  mécaniques, 
navettes  gratuites  vers  les  cinq 
domaines,  200  km  de  ski  de  fond  : 
la  neige,  dans  ces  conditions,  est 
un  plaisir.  Le  forfait  remontées 
dans  les  cinq  domaines  coûte 
785  F environ  pour  les  adultes, 

430  F pour  les  enfants,  cela  pour 
5 jours.  Passer  trois  nuits  à 
Innsbruck-lgls  donne  droit  à la 
graïuité  des  navettes  et  à un  tarif 
réduit  dans  [es  musées.  Tnnsbruck 
est  desservi  par  le  train  (une  nuit) 


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• rt-  - • iÿsçw's 


eu  conjointement,  par  Air  France 
et  les  Tyrolean  Airways  (9  vols  par 
semaine,  aller-retour  à partir  de 
I 420  F).  Renseignements  auprès 
de  l'Office  autrichien  du  tourisme 
(47.  avenue  de  l'Opéra. 

75002  Paris,  tel.  : 47-12-78-57). 

Une  Maison 
pour  la  Chine 

Pour  trois  raisons  principales  et 
une  subsidiaire,  la  Maison  de  la 
Chine  séduit  : nouveau  voyagiste, 
elle  s’intéresse  amant  à ceux  qui 
restent  qu’à  ceux  qui  partent; 
étend  ses  compétences  au  voyage, 
assurément,  mais  aussi  à ce  qui  le 
précède  et  le  suit  ; n’assume  pas  en 
vain  l'appellation  de  «centre 
culturel».  Elle  s'est  donné  la 
forme,  enfin,  d’une  maison  de  thé. 
Cet  espace  de  clarté,  blanc, 
dépouillé,  avec  scs  tables  rouges 
venues  de  Chengdu,  ses  chaises  de 
bambou,  sa  bibliothèque  aux 
livres  habillés  de  beige,  son  coin 
boutique  où  l'on  peut  choisir  ses 
thés  de  Chine,  pourrait  bien 
devenir  une  adresse  : 36,  rue  des 
Bourdonnais,  à Paris- 1°. 
tel.  : 40-26-2 1-95J. 

La  Maison  de  la  Chine  a ses 
mardis,  ses  mercredis,  ses  jeudis 
et  ses  samedis.  Le  mardi, 
conférence,  à 19  heures  : 
promenades  architecturales  le 
3 décembre,  l'âge  d'or  du  cinéma 


S- L-J 


chinois  le  10,  art  er  archéologie  le 
17.  Ainsi  jusqu'au  30  juin  1992. 
Le  mercredi,  film,  à la  même 
heure  : le  Palanquin  des  larmes  le 
8 janvier  1 992  ; le  Dernier 
Empereur  le  15.  Le  jeudi,  à 18 
heures,  préparation  au  voyage  : la 
Chine,  seul,  itinéraires  et  budgets, 
le  S décembre  ; clés  pour  réussir 
son  voyage,  le  23  janvier  .1992.  Le 
samedi,  animation  culturelle  à 16 
heures  : extraits  de  l'Opéra  de 
Pékin  par  une  jeune  cantatrice 
spécialiste  des  rôles  de  vieille 
femme,  le  30  novembre;  rites  du 
thé,  le  4 janvier  1 992  ; violon 
chinois,  le  1 1 ; marionnettes  le  1 8. 
Cda  sans  préjudice  des 
expositions.  Actuellement  et 
jusqu’au  10  février  prochain  : 
«Sur  les  pas  du  mandarin  blanc», 
la  Chine  de  1896  à 1 904,  des 
photos  d'Auguste  François,  alors 
consul  de  France  à Yunnan  Fou. 
Lui  succédera  une  exposition  de 
calligraphie  moderne.  Mention 
spéciale  pour  le  colloque  annucL 
Celui  de  cette  année  réunira,  le 
14  décembre,  sur  le  double  thème 
«Culture  et  communisme  ; force 
et  faiblesses  du  régime», 

MM.  Alain  Peyrefitte,  de 
l'Académie  française,  Jean-Luc 
Domenach,  directeur  du  CERI, 
Francis  Deron.  correspondant  du 
Monde  à Pékin,  Jean-Pierre 
Cabestan  et  Yves  Chevrier,  du 
CNRS  (participation  : 100  F). 
Une  face  culturelle 
impressionnante.  Le 


La  cantatrice 
iaËMgm  Zeng  Zfrti, 

IPfPflW  de  l'Opéra 
HH  de  Pékin. 

tour-opérateur  présente,  pour  sa 
part,  un  catalogue  d'une  dizaine 
de  voyages  dont  quelques  offres 
qualifiées  d’exceptionnelles  (dates 
de  départ  précises)  : 7 jours  à 
Pékin,  5 900  F (vols,  chambre  et 
petits  déjeuners,  excursion  à la 
Grande  Muraille  et  visite  de  la 
Cité  interdite);  1 1 jours  en  Chine, 
1 1 500  F ou  encore  1 3 jours, 

13  900  F.  Les  voyages  seul  ou  en 
groupe,  de  découverte  ou 
d'approfondissement,  sont 
construits  sur  mesure  par  les 
collaborateurs,  qui  parlent  tous  le 
chinois.  A l’origine  de  cette 
maison,  Patricia  Taztour, 
sinisante  passionnée  et 
expérimentée.  Elle  va  plusieurs 
fois  par  an  en  Chine  depuis  1974, 
une  époque  où,  se  souvient-elle, 
on  applaudissait  les  étrangers 
enfin  revenus  dans  les  rues  de 
Pékin. 


Un  trois-mâts 
aux  Caraïbes 

Le  JulcS’Veme-Phénix  est  français 
et  servi  par  un  équipage  français, 
chose  assez  rare  pour  être  signalée 
d’emblée.  Construit  en  1987,  ce 
navire,  équipé  de  deux  moteurs  de 
400  ch,  est  un  trois-mâts  à coque 
d'acier  dont  le  gréement  «à 
l’ancienne»  (670  mètres  carrés  de 
voilure)  offre  à ses  passagers  le  . 
charme  de  la  navigation  à voile 


traditionnelle.  Véritable  petit . 
paquebot  47  mètres,  il  h&eige 
confortablement  64  plaisanciers  t 
dans  des  cabines  de  2^3.  ou  4 lits, 
toutes  avec  hublot.et  salle  de  . 
bains.  Un  vaste  salon-salle  à . 

manger  accueille,  outre  les  repas, 
diverses  activités  conviviales,  à 
commencer  par  le  «pot»  du 
capitaine.  Les  adeptes  du 
bronzage  et  du;  farniente  disposent 
de  250  mètres  carrés  de  ponts  en 
teck.  Quant  à ceux  qui  souhaitent 
suivre  les  ébats  des  dauphins, 
devant  l’étrave  du  navire.  Os. 
peuvent  s'installer  dans  Te  vaste  - 
filet  de  beaupré.  La  goStetteç  elle, 
fait  du  cabotage  dTle  en  île,  de  . 
baie  en  petit  port,  sans  abuser  des 
parcours  maritimes  et  en  - 
privilégiant  l’accès  à des  rivages 
préservés,  le  mouillage  dans  les  •_ 
sites  les  plus  pittoresques,  la  visite 
des  lieux  touristiques  et,  la  ' . 
pratique  des  loisirs  nautiques  : 
pêche,  plongée,  planche  à voile  et 
baignade.  L’été  autour  de  là  • 

Corse,  le  Jules-  Verne-Phénix 
navigue,  de  décembre  à mais, 
dans  les  Caraïbes  avec,  en  v - 
alternance,  de  Pointe-à-Pitre  à 
Pointe-à-Pitre,  des  croisières  ; 
d'une  semaine  dans  les  îles  du 
nord  (Guadeloupe,  Antigua,  ' . . 
SamtrBarthétemy,  Iles  Vierges,  - 
Nevis  et  les  Saintes)  où  celles  du 
sud  (la  Dominique,  Sainte-Lucie, 
Grenadines,  Tobago,  Cayes,,  ■ 
Martinique),  croisières  que  Ton  ~ 
peut  enchaîner  l’une  àfautr&La 
semaine  tout  compris  oscille  entre 
4 980  F et  7 550  F par  personne  _ 
(réduction  de  25  9b  pour  les  moins 
de  12  ans)  selon  la  cabine  choisie,  - 
prix  auquel  il  faut  ^jouter  le  vol 
A/R  Paris-PûintB-àrPîtrcavcc  Air 
France,  Air  Outre-Mer,  Minerve,: 
Corse  Air  ou  Air  Martinique/Air 
Guadeloupe.  Une  bonne  piste  : le 
forfait  avion,  transfert  + 2 nuits  ■ 
d’hôtel  de  l'agence  JV  (téL  : (1)' 
43-25-1 5-1 5 à Paris  ou 
78-63-69-70  à Lyon)  à partir.de  . 

3 150  F.  Renseignements  pour  la  ; 1 
croisière  : SERMER,  1,  quai  delà' 
République,  34200  Sète,  téL  : 
67-74-23-80.'  • - ; V - 

Sélection  établie  par  : 

Patrick  Francès 

. et  DanklfeTramardf  . 


«1+1=3»  chezAirFrance, 
qui,  jusqu’au  5 janvier,  offre,  au 
départ  de  Paris  et  de  la  province, 
sur  tous  ses  vols  directs  et  ceux 
d’Air  Inter;  à destination  de 
quatre-vingt^six  villes  d'Europe,  le 
transport  gratuit,  à.  l'aller  et  au 
retour,  à tout  enfant  de  moins  de 
douze  ans  accompagné  de  ses 
parents  où.  de  deux  adultes 
voyageant  au  plein  tarif  adulte.  Une 
" promotion  proposée  également  sur 
les  Antilles,  là  Guyane 
et  la  Réunion,  jusqu’au 
15  décembre  1991.'  _ 

Offensived' Air  France,  vers 
les  Antiflea:.  tarifs  en  baisse  (aller 
simple  à partir  de  2 190  Fv  aller  et 
retour  & partir  dé  3 490  F,  baisse  de 
13^  % en  période  «verte»  sortes 

vois*  vacances»  notamment),  vols 
plus  nombreux  (vingt-cinq  par 
semaine  au  dégxfctde  Paris;  oeuf  aq 
départ  de  là  province),  sans  escale 
pour  la  plupart  et  permettant  des 
-conœpctodanoes  faciles  vere  tes 
Caraïbes,  acheminements  plus 
rapides  en  Boeing  747,  voyage 
■gratuit  ppùr  tout  enfent 
accompagné  de  deux  adultes  de  sa 
famille.  Un  ensemble  de  mesures 
qui  résulte  du  regroupement  d’Air 
France;  Abc  Inrta:  et  ÜTA.ct  de 
leurs  filialesAîr  Charter  et 
Aéromàritüne^ 

Le  golf  des  gentils  membres, 

c’-est  le  golf duQub  Med  avec, 

; pour'1992,  dans  sa  brochure  «Golf 
eh  liberté»,  dés  circuits  en  Asie 
; (26  décembre-12  janvier,  huit 
parcours  en  Chine;  Thaïlande, 
Taïwan  et  Hongkong,^  3Ô0  F), 
Afrique  du  Sud,  Autriche,  Canada, 
Indonésie,  Irlande  du  Nord  et  du 
Sud,  Kenya,  Malaisie,  Maroc, 
Portugal  et  Thaïlande.  Egalement 
,au  programme  une  dizaine  de 


au(l)42-6I-8«».  /. 

34»  Salon  dos  cantonniers 
d'Arles.  Exprésrien  populaire  d’on 
concept  idigunjx  et  spirituel  dont 
les  premières  manifestations  . 
remontentTpeuse-ton,à  saint 
■François  tf  Assise,  les  crèches  sont  : 
avant  tout  .des  créations  de  maîtres  ' 
. santonnitss  provençaiuL.  Cette . . 
aa3^e,  ponrtajit,iine  trentaine  de 
Nativités  anglaises  seront 
présentées:  Du  30novembre  1991 
au;  12  janvier  1992,  dàs&tes  salles 
-romanes  du  cloîtré  Saint-Traphime: 
Renseignements  : 90-96-29-35.  ' 


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IV 

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A PARIS 


Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  19 


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Menthe  fraîche  et  coriandre, 
brouhaha  de  dialectes,  cou- 
leurs et  marchandage;  on  se 
presse,  on  se  bouscule,  on 
solde,  on  brade  en  plein 
Paris,  le  marché  d’Aligre. 


« rt* 


ON  dirait  que  la  médina  de  Fès, 
plûs  ’pr&asSmènr  le  qwarriër 
Rsif,  5 est  déversée  dans  la  rue  d’Ali- 
gre. Ce  pourrait  être  aussi  le  Khàn- 
Khaül  du  Caire  ou  la  vieille  vüle 
marchande  de  Kaürouan  en  Tunisie. 
Le  marché  d’Aligre -il  porte  te  nom 
(Tune  petite  rue,  pas  très  large,  allant 
delà  me  de  Oiarentan  à la  rue  (fia 
Fa  ubourg-Saint-Antoîae  - est  un 
Ken  magique.  Le  hindi,  jour  de  fer- 
meture, te  Heu  est  méconnaissable 
tant  il  est  désert,  tant  il  est  triste.  Il 
n’y  a même  pas  d’enfants  pour  y 
jouer.  Les  autres  jours  de  la 
semaine,  surtout  le  samedi  et  le 
dimanche,  c’est  presque  la  fête.  La 
vie  se  drape  de  couleurs  vives,  se 
&it  parfums  et  cris,  presse  la  foule 
qui  ne  déteste  pas  être  prise  dans 
quelque*  bousculade.  Le  marché 
<f  AGgre  est  ainsi,  fidèle  & sa  réputa- 
tion de  tour  (tes  miracles. 

Su  fc*  de  nirada  fl  faut  chercher 
du  côté  de  la  -scène,  là  où  Paris  se 
préseote,âvec  ses  identités  multiples, 
aved  un  visage  de  toutes  les  couleurs 
et  de  tous  ira  songes.  Là,  il  n'y  a pas 
vraiment  aè  règle.  On  dirait  que 
tout  le  monde  a le  droit  d’être  pré- 
sent  et  de  .faire  s6n  petit  commerce. 


Ce  que  l’on  peut  dire, 
e'etef  que  cet  endroit 
n'est  pas  le  lieu  idéal 
pour  les  mBHams 
du  Front  national. 


tapis  __ 

mauvaise  qualité  sur  Pépaule  et  un 
autre  sur  le  bras  - au  boucher 
musulman  qui  a une  façon  anarchi- 
que de  découper  la  viande,  en  pas- 
sant par  k fromager  français  qui 
doit  se  sentir  bien  seul  dans  cette 
foule  bigarrée.  Il  y a aussi  te  men- 
diant aveugle  qui  tend  la  main  et 
fait  appel  à la  charité  de  ses  com- 
patriotes bons  musulmans  comme 
sH  était  sur  h place  Jamaa-d-Fna  & 
Marrakech.  Peut-être  même  qu’il  se 
croit  an  Maroc. 

Après  tout,  ai  on  fermait  tes  yeux 
et  on  tendait  l'oreille,  qui  pourrait 
nous  frire  croire  qu’on  est  en  plein 
centre  dé  parte  ? On  entend  parier 
arabe  - les  trois  dialectes  roaghné- 
bh»  Pfus  T^gyptkn,  - berbère  et  un 
français  approximatif  avec  accent 


reste,  avec  Barbés,  te  lieu  où  on  pra- 
tique des  prix  défiant  tonte  concur- 
rence. Cela  est  dû  à deux  fréteurs  : 
en  général  ici  tes  fruits  et  légumes  ne 
correspondait  pas  aux  calibres  exi- 
gés par  le  consommateur  français; 
parfois  le  calibre  y est  mate  pas  la 
fraîcheur  ni  la  qualité.  Ici  on  vend 
en  vrac.  On  solde.  On  brade.  On 
propose  la  quantité  sans  trop  damer 
la  qualité.  On  crie  «extra  !»  sans 
trop  y croire.  Personne  n’est  dupe. 
Les  prix  varient  selon  remplace- 
ment.  H y a les  prix  des  supermar- 
chés (ils  sont  au  nombre  de  trois),  fl 
y a ceux  des  étalages  pauvres  se 
situant  du  côté  de  te  nie  de  Cbaren- 
ton  et  puis  il  y a ceux  du  marché 
couvert  Beanvau.  Là,  tes  choses  sont 
à leur  place  puisqu’il  s’agit  de  l’épi-, 
cerie  fine,  des  spécialités  italiennes, 
d’un  fromager  exceptionnel,  d’un 
boucher  qui.  propose  du  gibier 
sachant  entretenir  la  fidélité  de  sa 
clientèle.  11  y a aussi  une  triperie  et 
une  bonne  cave  à vins.  Se  trouvant 
& droite,  sur  te  place  d’Aligre;  juste 
en  free  de  Utorioge  Hêniy-Lepaute, 
ce  marché  est  non  salement  cou- 
vert mais  tient  .ses  distances  à 
l’égard  d’un  environnement  où 
r image  d’un  tiers-monde  incongru 
mais  heureux  s’étale  généreusement. 


Maghreb,  le  marchand  de  disques  et 
de  cassettes  diffiise  de  la  musqué 
raï  ou  kabyle  par  haut-parleur.  Le 
boucher  musulman  jouxtant  la  bou- 
cherie juive  écoute  et  fait  écoater  la 
musique  arabe  de  Radio-OrienL  Le 
Jardin  créole  ne  chante  pas  mate 
expose  ses  fruits  et  légumes  exoti- 
ques. La  fleuriste  Rolande  vante  ses 
bouquets.  Elle  a moins  de  succès 
que  Jes  Marocains  qui  vendent  la 
mendie  fraîche  de  Meknès  ainsi  que 
le  persfl  et  la  coriandre  importés  du 
pays. 

Sur  la  ptoro-inême  on  n’est  plus 
dans  le  tiers-monde  mais  dans  le  ter- 
ritoire <fe  la  pauvreté  : ici  fripiers  et 
brocanteurs  étalent  ce  qu’ils  peuvent 
étaler,  c'est-à-dire  n'importe  quoi, 
des  vteüteries  qui  ne  servait  plus  à 
rien,  (tes  vêtements  de  tons  tes  sur- 
plus, des  minière  de  boutons,  de 
bobines  de  fil,  des  cadres,  des  cuil- 
lères, des  couteaux,  des  nappes 
mitées,  des  bouquins,  du  tissu,  de 
vieilles  chaussures  et  de  temps  en 
temps  un  étalage  de  chemises 


H sait  que- le  Maghreb  se  trouve 
aussi  du  côté.  d’Aligre.  n frît  partie 
du  paysage  tout  naturellement.  Qui 
le  lai  reprocherait  on  qui 
l'empêcherait  de  perpétuer  ainsi  1e 
pays  d’origine  à travers  ses  psalmo- 
dies & tanqH**  islamique?  Non  seu- 
lement ou  parie  plusieurs  langues 
mate  on  invente  des  mots  : cm  vend 
le  melon  «à  la  goûte»  (on  propose 
une  tranche.de  melon  pour  goûter  et 
apprécier)  et  b pastèque  «à  1a 
coupe». 

Cm  marché  ut  répété  être  le  moins 
cher  de  Paris.  Certes,  si  an  te  com- 
pare âi^hndn'&ubOing.SamtF'Ho-- 
mwé  oui  à àehâ  de  la  me  dè  Boa,  fl. 


■ te  marché  d’Aligre  n’est 
pas  le  lieu  idéal  pour  tes  militants 
du  Front  national.  Us  s’aventurent 
rarement  par  hL  la  place  est  tenue 
par  les  amis  d'Arlette  Laguiliier.  A 
ceux  qui  ont  parié,  à propos  de  l'im- 
migration, ; d' « odeurs  », 
d '«invasion  »;  d*#  occupation  » et 
même  d’<*  inondation  »,  le  marché 
d’Aligre  donne , six  jours  sur  sept 
l’image  non  pas  de  la  Fiance  de 
demain,  mais  .bien  de  la  France 
d’aujourtfhui  avec  non  seulement 
une  parfaite  coexistence  entre  les 
uns  et  les  antres,  mais  aussi  avec 
. humour  et  joie.  Càr  frire  le  marché, 
surtout  en  fin  de  semaine,  est  un 
pteisi&  On  est  bousculé,  on  a du  mal 
à avancer,  b queue  est  impossible  à 
respecter;  mais  on  est  heureux  parce 
que;  à b longue,  on  prend  des  habi- 
tudes, on  criée  des  fias.  Comme  au 


neuves  et  des  tonnes  de  jeans  tevés- 
dêlavés-dégriffés...  Sur  le  côté 
gauche  de  b place  un  couple  (f  anti- 
quaires-brocanteurs vient  de  tout 
liquider  avant  de  prendresa  retraite. 
Il  aurait  pu  raconter  te  marché 
d’Aligre  comme  un  conte  ou  une 
page  de  b mémoire  du  peuple  de 
Pans. 

D paraît  que  les  gens  viennent 
<f  autres  quartiers  pour  faire  leur 
marché  dans  ce  lieu  si  riche  et  si 
varié.  Car  le  marché  déborde  et 
dépasse  la  me  d’Aligre.  H se  poursuit 
notamment  le  long  de  b nie  du 
Faubourg-Saint-An toine,  jusqu'à 
rhôpitaL  B y a les  fameux  épiciers 
maghrébins  qui-restent-ouverte-card- 
dans4a-soirée  et  qui  majorent  leurs 
prix  à partir  de  vingt-deux  heures.  H 
y a aussi  une  bonne  librairie  ouverte 
le  dimanche  et  un  petit  café  original. 
Le  Caoua,  avec  plusieurs  variétés  de 
café  a de  thé.  Cto  est  un  peu  loin  du 
marché  proprement  dit,  mais  c’est 
ici  qire  commencent  Tâme  et  le  oœur 
du  onzième  arrondissement,  un  des 
quartiers  (te  Paris  qui  restent  encore 


populaires  ; où  existe  ce  qu’on 
appelle  «une  vie  de  quartier»  avec 
ses  artisans,  ses  artistes,  ses  habitués. 
Le  phénomène  Bastille  ne  boule- 
verse pas  cette  partie  du  quartier,  du 
moins  pas  encore,  car  (tes  projets  de 
rénovation  et  de  nooveUes  construc- 
tions existent  Pour  1e  moment  on 
peut  compter  sur  les  Maghrébins 
pour  continuer  à frire  du  marché 
d’Aligre  une  médina  pleine  de  vie  et 
de  joie,  fl  paraît  qu'on  peut  faire  ses 
courses  sans  quitter  la  chambre.  Il 
suffit  de  pianoter  sur  1e  Minitel  On 
vous  livre  et  vous  n’avez  pas  à bou- 
ger. Mais  alors  où  est  le  plaisir  ? Il 
suffit  de  frire,  ne  serait-ce  qu’une 
fois,  un  tour  dans  Aligre  pour 
oublier  Le  Minitel  et  ses  prouesses. 

T&har  Bea  Jelloort 


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20  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991 


VOYAGE 


Livres 

en  bourlingue 


L’Ouest 
en  clichés 

Cela  commence  par  un  défi. 
Celui  d’Yves  Berger  avec,  en  guise 
de  préface,  un  texte  sur  la  nature 
américaine,  texte  qui  entend 
démontrer  que  l’écriture  est  capa- 
ble de  représenter  la  beauté  abso- 
lue. En  l'occurrence  celle  de 
l'Ouest  américain,  baptisé,  dans 
l'album  qui  lui  est  consacré, 
l'Ouest  sauvage.  Avec,  en  vedette, 
un  face-à-face  où,  bouche  bée, 
l’homme  regarde,  en  cinémascope, 
une  nature  qui,  note  le  préfacier, 
décline  à satiété  le  mot-clef  de 
cette  région  du  monde  : merveille. 

Ainsi  projeté  au  pays  des  mer- 
veilles, Yves  Berger  n’utilise  ce 
mot  de  passe  que  cinq  fois  là  ou, 
écrit-il,  u il  eût  pu  surgir  cinquante 
fois j*.  Aveu  de  faiblesse  de  l’écri- 
- vain  qui  rejoint  celui  du  photo- 
graphe, l'art,  contrairement  à la 
nature,  supportant  mal  la  répéti- 
tion. Qui,  par  exemple,  se  lasserait 
du  spectacle  d'un  coucher  de  soleil 
alors  que  la  guimauve  sirupeuse 
qui  le  restitue  souvent  sur  papier 
glacé  suscite  rapidement  l'indiges- 
tion ainsi  qu’en  témoignent  la 
dizaine  de  photos  où  Olivier  Gru- 
newald  s’est  risqué  sur  ce  registre 
glissant 

Reste,  heureusement,  la  lumière 
et  ses  jeux  multiples  et  variés  (sur 
la  chaîne  du  MacKinley,  par 
exemple,  ou  dans  les  Rocheuses 
canadiennes),  les  brumes  de  la 
côte  pacifique,  les  traces  du  vent 
sur  le  sable,  les  somptueux  sites 
pétris  par  l'érosion,  les  troncs 
noués  et  polis,  les  racines  tortu- 
rées, les  roches  sculptées,  le  grain 
et  la  couleur  de  la  pierre  ciselée 
par  les  éléments,  l'eau  cotonneuse 
des  cascades  et  des  chutes  ou  celle, 
minéralisée,  figée  dans  les  ter- 
rasses de  Mammouth  Hot  Spring, 
au  nord  de  Yellowstone.  Reste, 
malheureusement,  la  force,  la 
dimension  et  le  talent  de  lieux  tels 
que  Monument  Valley,  le  Grand 
Canyon  du  Colorado,  Bryce 
Canyon,  la  vallée  de  la  Mort, 
Canyonland,  Arches  National 
Para,  véritables  archétypes  de  l'es- 
pace américain  qui  condamnent, 
souvent,  les  plus  doués  des  photo- 
graphes à des  «clichés»  plus  ou 
moins  inspirés. 

De  quoi  donner  des  ailes  à la 
plume  d’Yves  Berger  qui,  en  célé- 
brant les  épousailles  de  la  terre  et 
de  la  mer,  le  long  du  Pacifique,  de 
l’Alaska  i la  Californie  (ce  «pays 


on ument  Valley,  par  Olivier 


de  l'humide  et  du  ruissellement»). 
en  évoquant  « la  brève  flamme 
rouge » du  saut  des  saumons  à 
l'époque  du  frai,  en  passant  des 
montagnes  {«l'énorme,  le  dantes- 
que. le  déchiqueté »)  aux  déserts 
{«sur  la  plus  grande  scène  du 
monde,  la  représentation  de  la  plu s 
belle  pièce  du  monde»),  en  décri- 
vant «la  splendeur  d'un  Nouveau 
Monde  qui,  chaque  matin  en  Amé- 
rique, est  un  monde  nouveau  ».  a 
plutôt  bien  relevé  l'ambitieux  défi 
qu’il  s'était  lancé  à lui-même. 

Un  hymne  à la  beauté  qui 
s'achève  par  un  texte  pertinent  de 
la  géographe  Bernadette  Gilbertas, 
sur  la  notion  américaine  de 
nature,  la  création  des  parcs  natu- 
rels et  le  rôle  qui  leur  est  assigné. 

P.  Fr. 

► L'Ouest  sauvage,  d’Olivier 
Grunewaid  et  Bernadette  Gilber- 
tas. présentation  par  Yves  Ber- 
ger. Denofil,  208  p,  650  F. 


L’Ecosse 
de  Gilson 

Les  photos  sentent  le  froid,  l’hu- 
midité,  le  vent,  V érosion  qui 
mange  le  relief,  les  racines 
détruites  par  le  sel,  mais  aussi  la 
lumière  qui  perce  sans  mal  éntrè 
quelques  nuages  noirs.  On  ne 
rigole  pas  à la  vue  des  photos  en 
noir  et  blanc  que  Jean-Pierre 
Gilson  a ramenées  en  arpentant 
le  paysage  écossais  et  les  courts 
textes  du  poète  et  mathémati- 
cien Jacques  Roubaud,  en  intro- 
duction du  livre,  accentuent  la 
solennelle  rigueur  qui  se  dégage 
de  l'ensemble  : « Il  était  on  ne 
sait  quel  moment  du  jour.  Le 
soleil  se  taisait,  la  pente  abrupte 
et  vague,  brumeuse;  il  y avait  de 
l’incertitude  sur  la  terre.  La  terre 
toute  grise.  Les  sons  isolés  dans 
le  long  silence..  » 


S'est-on  déjà  senti  plus  seul  au 
monde?  11  y a bien  une  maison 
au  fond  du  cadrage  comme  pour 
témoigner  d’une  présence 
humaine,  on  ponton  sur  la  baie, 
des  moutons  sur  le  plateau,  des 
barbelés  sur  la  prairie,  une  bar- 
que qui  perturbe  l’eau,  des 
meules  de  foin,  un  poteau  de 
signalisation,  un  chemin  rassu- 
rant qui  mène  à la  mer.  Mais  ce 
ne  sont  que  des  traces,  toutes 
figées  comme  ce  cavalier  fanto- 
matique qui  apparaît  sur  un  che- 
min de  caillasses,  des  traces  qui 
contrastent  curieusement  avec  le 
mouvement  tourbillonnant  des 
herbes,  des  nuages  et  des  cas- 
cades. 

L’unique  présence  humaine  est 
en  fait  celle  du  photographe  que 
l'on  imagine  seul  sur  la  falaise 
de  la  vue  n°  23  : Dunnoltar  Cas- 
tle,  hallucinante  excroissance 
terrestre  surmontée  d’un 
château  médiéval.  Jean-Pierre 
Gilson  est  un  romantique,'  grand 
amateur  de  musique  du  même 
nom,  qui  a découvert  l’ Écosse  en 
y venant  chasser  pour  ensnite  la 
photographier  pendant  quinze 
ans.  D’abord  sous  forme  de  cro- 
quis du  voyageur,  puis,  quatre 
ans  durant,  à réaliser  patiem- 
ment les  prises  de  vue  au  moyen 
format  pour  être  aujourd'hui 
rassemblées  dans  ce  Gvre. 

Meai  Gorm,  Losh  KLishorn,  Loch 
Quoich,  Cul  Mor,  Gien  Muick, 
Loch  Fyne,  Gien  Roy.  Les  noms 
des  sites  servent  de  légendes  et 
l’on  sent  le  plaisir  du  voyageur 
et  du  photographe  à les  rassem- 
bler comme  pour  mieux  identi- 
fier des  lieux  si  vides.  Jean- 
Pierre  Gilson  est  ua  photo- 
graphe qui  n’aime  qne  les  lieux 
où  l’on  peut  prendre  son  temps, 
s’imprégner  du  décor,  attendre, 
revenir,  retrouver  les  choses  en 
l’état.  C’est  amspqwtew-lui  <hw$r 
un  premier  grand  travail  sur  les' 
carmélites  de^gpmpiègne,  la 
ville  où  il  est  ne  et  qu’il  habite 
toujours. 

La  dernière  image  représente 
une  pierre  blanche  perdue  dans 
un  paysage  noir  et  un  ciel  sans 
issue.  Mais  cela  fait  longtemps 
que  Jean-Pierre  Gilson  nous  a 
apprivoisé  avec  ce  livre  impec- 
cablement imprimé  qui  s'inscrit 
dans  une  tradition  du  paysage 
classique  en  noir  et  blanc. 

Michel  Gnerrin 

► Scotiand,  photographies  de 
Jean-Pierre  Gilson,  texte  de  Jac- 
ques Roubaud.  Créaph»,  198  p., 
350  F. 


Château  de  Duranotar,  par  Jean-Pierre  Gflsori. 


Tnrkestan, 
oasis  de  la  Chine 

Isolé  du  reste  du  monde  par-  une 
conjonction  de  formidables  bar- 
rières naturelles  - hautes  mon- 
tagnes (Altaï-,  Pamir,  Mustagh  Ata, 
Karakonim,  Kunlun)  et  déserts 
absolus  (Gobi,  Taklamakan)  - le 
Türicestan  est  Pane  des  légions  les 
plus  «inhospitalières»  de  la  pla- 
nète. 

Une  femme.  Kevin.  Kling,  y est 
allée  à plusieurs  reprises,  rappor- 
tant de  ces  rades  contrées  des 
images  chaleureuses.  Les  textes 
qui  s’insèrent  dans  les  séquences 
photographiques  sont  impecca- 
bles, la  maquette  d’ensemble  rend 
Justice  à la  stature  de  l’auteur  : 
géographe  autant/  que  photo- 
graphe, chercheuse  à la  Société 


royale  de  géographie  à Londres,  et 
mémbrede  la  Société  des  femmes 
géographes  & Washington.  Une 
chronologie  et  des  références 
bibliographiques  complètent  l’en- 
semble. 

H faut  souligner  l’intérêt  du  texte, 
à la  fois  précis  et  littéraire.  Dans 
une  langue  classique,  cette  Améri- 
caine de  Paris  trouve  le  mot  juste 
pour  démythifier  les  routes  de  la 
soie,  expliquer  eh  quelques  lignes 
ce  qui,  ailleurs,  est  souvent  obs- 
cur. Ainsi  de  (a.  propagation  du 
bouddhisme;  « cette  foi  bienveil- 
lante», et  des  différentes  formes 
artistiques  auxquelles  il  a donné 
naissance  : Part  du  Gandhara, 
appelé  aussi  art  gréco-bouddhique, 
qui  admit  par  la  suite  des  élé- 
ments chinois  avant  de  revenir  à 
une  plus  grande  sobriété  sous  l'in- 
fluence dû  bouddhisme  tibétain. 


r -, 


Chasseur,  kazakh  et  son  aigle,  par  Kevin  KUng. 


La  mer  des  chansons 

A l'abri  des  montagnes  de  la 
Chine  méridionale,  le  territoire 
silencieux  des  Dongs  susbiste  hors 
du  temps.  Membres  d’un  peuple 
sans  écriture,  «Ceux  qui  parlent 
en  chantant»  vivent  en  autarcie 
depuis  treize  siècles,  à l’écart  du 
monde.  Et  n'avaient  jusqu’à 
présent  qu'une  tradition  orale 
pour  retracer  leur  origine.  Brisant 
leur  isolement  légendaire,  durant 
un  an  et  demi,  au  cours  de  quatre 
voyages,  effectués  à différentes 
saisons,  Jean  Layman 
(photographe)  et  Simon  Pradinas 
(vidéaste  sinologue)  ont  partagé 
leur  vie  de  tous  les  jours, 
enregistrant  les  travaux  des 
champs.  les  fêtes  millénaires  du 
canon  fleuri,  le  jour  du  Buffle-roi. 
les  représentations  d’opéras 
ambulants.  Mais  aussi 
l'architecture  de  bois  et  les  signes 
multiples  qui,  de  la  cueillette  au 
tissage,  constituent  leur  identité. 


► La  Mor  dos  chansons  : te  pays 
des  Dongs,  photos  de  Jean  Ley- 
man, texte  de  Simon  Pradinas. 
Nathan-Image.  160  p.,  360  F. 

Amazonie 

Dans  les  forêts  pluviales 
d'Amazonie,  les  Indiens  Kampas, 
Marubas  et  Yanomamis  vivent 
nus  et  peints,  sans  contact  avec  le 
monde  civilisé.  Mi  relia  Ricciardi 
pénètre  au  cœur  de  ces  régions 
réputées  inaccessibles  sur 
pelles  le  chanteur  Sting  a 
récemment  attiré  l’attention. 
Documentant  la  vie  au  quotidien 


(chasse,  cueillette,  maquillage, 
boucanage  de  la  viande),  elle  en 
tire  un  portrait  sobre  et  très 
humain,  aux  antipodes  de  tout 
exotisme. 


► Amazonie,  derniers  rivages,  de 
Mirella  Ricciardi,  texte  de  Mar- 
cuse Coichester.  Arthaud,  240 
p.,  350  F. 


Les  possédés 
du  Ladakh 


Photos  étranges  d'un  livre  étrange 
comme  son  sujet  : les  possédés  du 
Ladakh,  haute  terre  hjmalayenne 
de  tradition  bouddhiste.  Thème 
mystérieux,  inquiétant  pour  des 
consciences  occidentales 
rationalistes  à l'excès,  à la  limite 
de  l’humain  parce  qu’il  fait  appel 
aux  forces  surnaturelles. 

Dans  les  villages  du  Ladakh,  les 
possédés  ont  une  mission  sociale. 
Ils  gèrent  le  mal,  en  trouvent  la 
cause  et  l'expulsent,  ils  entrent  en 
transe  e:  prédisent  l'avenir.  Un 
phénomène  violent,  des  rites 
obscurs  vus  de  l’extérieur. 
Jean-Baptiste  Rabouan  les  donne 
à voir.  Sept  ans  de  reportage. 
Patrick  Kaplanian,  qui  dirige 
Peuples  du  monde  et  les  éditions 
du  même  nom,  raconte, 
commente.  Dix -sept  ans 
d'enquête.  Une  polémique  les 
opposa  un  temps.  Elle  est  close. 
Le  lecteur  appréciera  ou  non  les 
commentaires.  La  force  des 
photos  s’impose. 


► Ladakh,  de  la  transe  à l'extase . 
de  Jean-Baptiste  Rabouan,  texte 


de  Patrick  Kaplanian  et  Gloria 
Raad.  Peuples  du  Monde,  208  p.. 


Tauromachies 

Sa  nourrice  étant  mère  de  torero, 
le  photographe  Lucien  Clergue 
prétend  en  avoir  reçu  le  lait  et  non 
le  sang.  Cet  Artésien  célèbre, 
fondateur  du  plus  important 
festival  de  photo  au  monde, 
baigne  depuis  toujours  dans  la 
tauromachie  dont  ü présente  tous 
les  aspects,  dans  un  ouvrage 
minutieux  où  se  marient  fort  bien 
documents  historiques,  photos 
descriptives,  voire  pédagogiques, 
et  recherches  aux  couleurs 
flamboyantes!  L'ensemble,  rythmé 
par  un  texte  fort  instructif  de 
Jean-Marie  Magnan,  un  des 
grands  spécialistes  de  la  corrida  et 
complice  de  toujours  de  Lucien 
Clergue.  L’impression  est 
irréprochable. 


► Tauromachies,  de  Lucien  Cler- 
gue et  Jean-Marie  Magnan.  Mar- 
val.  168  p„  270  photos  couleurs, 
750  F. 


Cajuns 


Exilé  à Baton-Rouge  où  il  tient 
une  galerie,  Fonviile  est  un 
octogénaire  autodidacte 
totalement  inconnu.  Le  vieux  Sud 
déglingué,  le  climat  tropical,  le 
Mississippi,  les  forêts 
marécageuses,  la  végétation,  les 
autochtones,  pêcheurs  indigènes  et 
autres  scènes  typiques  des 
années  30  constituent  le  sujet  de 
ces  documents  bien  présentés 
mais  desservis  par  un  texte 


bavard.  Chez  le  même  éditeur, 
sous  le  voile  pudique  et 
romantique  d'un  pictorialisme 
moderne,  Joséphine  Sacabo 
évoque,  dans  une  atmosphère 
diffuse,  enténébrée,  la  figure 
ancestrale  de  la  maternité. 


k»  Cajun.  Louisiane  des  années 
30.  Photographies  de  Fonviile. 
texte  de  Ben  Forkner.  Marval, 
160  p.,  110  photos,  350  F.  Jus- 
qu’au 1«  janvier. 

► Joséphine  Sacabo,  une  femme 
habitée.  Marval.  46  photos  en 
d’eux  tons.  390  F. 

Clochards 
de  la  foi 

Roland  et  Sabrina  Michaud  ont 
délibérément  choisi  d’ignorer  le 
partage  des  Indes  et  de  tirer  le 
portrait  aux  derviches  et  autres 
cheiks  ou  gourous  d’islam  et 
d'hindouisme.  L'identité 
commune  de  ces  «clochards  de  la 
foi»  saute  aux  yeux  par-delà 
haines  et  particularités  dues  aux 
rivalités  religieuses,  aux 
oppositions  politiques.  Pour  ' 
adoucir  encore  le  tableau,  un 
semis  de  citations  mystiques 
orientales  qui,  comme  les  photos, 
ne  sont  explicitées  qu’à  la  fin  de 
l'ouvrage,  procédé  à vrai  dire 
irritant  pour  le  lecteur. 

J.-P.-P.  H. 

► Derviches  du  Hind  et  du  Smd, 
de  Roland  et  Sabrina  Michaud. 
présentation  par  Anne-Marie 
Schimmel,  préface  de  Jacques 
Lacarriére.  Phôbus.  1 65  p. 
490  F. 


La  France 
avec  le  moral  . 

D’abord  toute  la  famille  est  là, 
pour  une  fois  sans  exclusion  : 

Péguy,  Céline,  Simone 
de  Beauvoir,  de  Gaulle,  Camus, 
Chardonne,  Barthes,  Vian,  Perce, 
Fernand  Raynaud,  Edith  Piaf; 

Jean  Cau,  Cocteau,  Green, 

Vercors,  Louis  Malle;  Aragon, 
Bernanos,  etc.  Chacun  a son  beau 
mot  à dire  sur  la  France,  - 1 
l’épaisseur,  la  densité,  la 
profondeur  de  ce  pays!  qui 
aujourd'hui  doute  de  iuL  Les 
textes  réunis  par  Claire  Julliard  et, 
à chaque  page,  les  photos  médites 
choisies  par  Nicolas  Tourlière  ont  . 
un  effet  requinquant  immédiat  Le 
moral  remonte  en  flèche  grâce  & la . 
littérature  et  à l’image.  De  la  beilé/- 
et  salutaire  ouvrage.  _*’  • 

J.-P^P.  ÉL./ 

V Mémoires  de  Frahoe.  anthofo-  - 
ma  littéraire  et  phosogeaphkjua.  ' 
Nathan.  185  p.,  298  F.  - ^ 

Maginot  sur  mer 

Qui  n'a  pas  été  fasciné,  un  jour  ou  - 
l’autre,  par  ces  fortifications  que  . 
les  occupants  allemands  ont 
laissées  sur  nos  cotes  ? , 
Mastodontes  solitaires  perchés  su- 
ies dunes,  coquilles  monstrueuses 
basculées  par  les  matées,  chapelets 
de  béton  anoés  au  cœur  des- 
stationsbalnéaires,  qui  sont 
devenus  des  terrains  de  jeux  îdéals 
pour  les  enfants*  des  refuges  pour 
les  amoureux,  semés  de  graffitis,  “ 
ou  des  latrines  publiques.  Parfois '■ 
ils  ont  gardé  leur  destination 


première.  A Brest  ou  à Lorient,  ils 
abritent  encore  des  bases 
sons-marmes  géantes.  Leurs 
carapaces  de  béons,  couturées  de 
cicatricés/pissant  là  touille,  leurs 
gueules  béantes  ouvertes  sur 
l’océan,  ont  lise  J&feur  - . 
inquiétante  et  tragique.' 

Paul  yirüio  a dressé  l’inventaire 
minutieux  des  vertigei  de  ce  Mur 
de  l’Atlântigüe  qui  devait  mettre 
le  IIF  Reich  à péhri'des  invasions. 
L'ouvrage  est  complet  - typologie 
des  bâtiments;  chronologie  de  la 
construction;  cartographie  dé 
l’eàpàcéi  Extraits  des 
« inveÎHeto»  du  programme 
(Fritz  T-edtet  Albert  Speer), 
directives dteguerre.  Il  est  surtout 
accompagné  d’admirables 

-documents  photographiques,  qui 
ilhzstsenl  la  technique  des 
bâtisseurs  et  dressent  la 
/dassificatk®  de  ces  ouvrages 
défensifs  (observatoires,  batteries, 

- postes  dé  commandement).  Ils 
permettent  surtout  de  définir  une 
sorte  d'esthétique  du  désastre, 
gjàcé  à Jèur  composition 
rigoureuse,  à:  leur  géométrie 
accablante  : ciel  bas,  végétation 
rase,  grève  déserte,  ombre  sèche, 
carcasse  grumeleuse.  * Abandonné 
sur  lesabkduiUtoralcomme  la 
mue  d'une  espèce  disparue,  nous 
dit  Paul  Yirilio,  le  bunker  est  le. 
■dernier  geste  théâtral  d'une  fin  de 
partie  (kfkistoire  militaire 
. occidentale.» 

i-  E,  de  S- 


V“t-  i > 


► Runksr 


lie,  texte  et 


photos  de  Paul  Virilîo.  testions  du 
Demr-CercJe,  Collection  « Mor- 
ceaux choisis».  216  p„  250  F. 


V-.' . *.  7 


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Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  21 


VOYAGE 


Mènifi  rigueur,  même  aisance  pour 
trier  ks  différentes  hypothèses  rela- 

- rives  k l’introduction  de  l'islam. 

. Quand  se  lève  l’étoüe  de  Geakis 

Khan  et  de  sa  horde  d’or,  Kevin 
. Kting  distingue  ce  que  l'on  confond 
■ souvent,  à savoir  Jes  Mongols  des 
Mongols,  «guerriers  d'ascendance 
mongole ayant  adopté  la  langue  tur- 
que et  là  religion  musulmane  »,  puis 
les  khans,  souverains  héréditaires, 

• des  fchodjjas,  chefs  religieux. 

Chinois  et  musulmans  se  livrèrent 
une  guerre  sans  pitié  jusqu’à  la 
prise  de  Kachgar,  en  1878.  En 
1884.  le  Turicestan  devint  le  Sin- 
kiang  fies  «Nouveaux  Territoires»), 
la  dix-neuvième  province  chinoise.  - 
Ce  qui  n’empêcha  pas  les  orienta- 
listes occidentaux  de  rivaliser  dans 
la  chasse  aux  manuscrits  et  aux 
fresques  inestimables,  à Bezeklik  et 
Daühaang  notamment 

Kevin  Kling  conclut  en  quelques 
- 1 chiffres  : l'invasion  des  «colons» 
chinois  communistes  (6  % en  1949, 
83  % aujourd’hui)  face  aux  six 
«minorités»  ethniques  : Ouïgpurs, 
Kazàkhs  («Cosaques»  pour  les 
Occidentaux),  Kirgbiz,  Ouzbèks, 
Tadjîks  et  Tatares,  nomades  ou 
sédentaires.- Ce  sont  eux  les  vrais 
habitants  du  Turicestan.  Ces 
hommes  et  ces  femmes  galopant  sur 
lettré  chevaux  de  vent  donnent  vie 
d couleur  à ces  terres  brûlantes  ou 
glaciales.  Us  animent  aussi  les  pages 
cte  cet  album. 

Danielle  Traînard 

te  Turkestan,  oasis  de  ta  Chine. 
de  Kevin  Kflng,  Chêne,  192  p.. 
348  F.  . 

Khajnraho,  , 
sanctuaire  de  l’amour 

Khajuraho,  lieu  sacré  et  magique, 
célèbre  pour  les  nombreuses  sculp- 
tures érotiques  qui  ornent  les 
façades  (Tune  vingtaine  de  temples, 
vestiges  d’une  ville -glorieuse,  sym- 

- bote  d’un  hindouisme  alors  triom- 
phant. Un  ensemble  érigé  entre  le 
neuvième  et  le  douzième  siècle  et 
considéré,  par  les  spécialistes, 
comme  Tun  des  sommets  de  l'art 
sculptural  indien.  Air  -cœur  de 

tllhacç  mi  site  hier  déserté  et  envahi 
parla  jungle,  aujourd’hui  attraction 
. touristique  majeure.  Mais  autre 
chose  aussi,  illustrée  par  cet  album 
œuvre  d’un  photographe  indien, 
donc  indien  jusqu'au  bout  des 
' ! par  sa  couleur  et  son  atmo- 


D’abord,  et  c’est  la  première  partie 
de  Ponvrage,  un  petit  vidage,  long- 
temps oublié,  écrasé  sons  le  soleil, 
avec  ses  paysans,  ses  troupeaux  de 
vaches  et  de  chèvres,  ses  échoppes, 
ses  artisans  et  sa  foule  baricuée. 
Ensuite,  un  véritable  poème  de 
chair  et  de  pierre,  un  hymne  & la 


beauté  de  la  femme  qu'un  chapitre 
du  livre,  celui  consacré  aux  sculp- 
tures^ met'  admirablement  en 
valoir.  Volupté  des  cocps,  plénitude 
des  formes,  élégance  des  lignes, 
délicatesse  des  gestes  mais  aussi 
tendresse  et  coquetterie.  Un 
mélange  de  stylisation  et  de  réa- 
lisme, dé  pudeur  et  d’audace  où, 
relève  Alain  Daniélou  dans  sa  pré- 
face, on  réalise  que,  «dans  la 
conception  hindoue,  l'extase  éroti- 
que est  l'image  de  l'union  mysti- 
que». Un  lieu  où,  jour  après  jour, 
cohabitent,  dans  un  présent  étemel, 
maisons  et  temples,  hommes  et 
dieux. 

P.  Fr. 

te  Khajuraho.  sanctuaire  de 
f amour  en  Inde,  par  Louis  Frédé- 
ric, photos  de  Raghu  R a?  et  pré- 
face d'Alain  Daniélou,  Bordas, 
ISOp.  320  F. 


Le  Vietnam 
d’on  reporter 

«Jean-Claude  Labbë,  journaliste  de 
l’image».  La  cane  de  visite  est  déli- 
cieuse, iàçon  «Tîntin  reporter»,  et 
en  dit  long,  au-delà  de  la  simple 
identité,  sur  un  des  rares  spécia- 
listes français  du  Vietnam,  pays 
dont  il  parie  parfaitement  la  langue 
et  qu’il  parcourt  depuis  plus  de 
vingt  ans.  le  délaissant  parfois  pour 
se  retrancher  dans  son  pavillon  de 
Bourg-Ja- Reine,  par  exemple  pour 
faire  ce  livre,  enfanté  dans  la  dou- 
leur, après  quatre  ans  de  travail  et 
l’autorisation  de  parcourir  libre- 
ment le  pays  de  la  frontière  chi- 
noise (Lang-Son)  à l'extrême  sud 
(Ca-Mau). 

« Journaliste  de  l'image  »,  c’est-à- 
dire  journaliste  avant  tout.  Depuis 
ses  premiers  articles  en  1972.  en 
passant  par  les  années  de  guerre 


Saigon.  La  visite  dominicale  chez  la  grand-mère, 
-par  Jean-Claude  Labbé. 


Les  glaces 
deFôUmi 


Olivier  F511mi  est  hanté  par  la 
beauté  des  terres  difficiles  d’accès» 
où  l’homme  doit  lutter  pour 
survivre.  Un  défi  quotidien  qu’il 
releva  en  Asie  centrale  et  au 
Zanskar.  Son  dernier  album  sort 
sur  un  très  beau  papier  qui 
iéfraçte  pour  ainsi  dire  la  lumière 
de  l’eau,  des  glaces,  de  l'enfer  vert 
et  de  2a  terre  brune  des  déserts  du 
Chili.  L’homme  gravit,  mince  - 
silhouette  encordée  à d’autres 
hommes,  les  pentes  bleutées  du 
mont  Saint-Valentin,  le  plus  haut 
sommet  (4  058  mètres)  de  la 
Patagonie.  Marche  lente  pour  un 
cheminement  intérieur. 


D.T. 


Et  on  ferme  les  yeux  pour  ne  pas 
tomber.  . 

Ce  livre  donne  le  vertige.  On  voit 
Catherine  Destivelle,  minuscule, 
légère,  fragile,  s’écorcher  les  doigts 
sur  le  granité,  se  pendre  à des 
bambous,  s’écartder  entre  deux 
tissures.  La  photographie  restitue 
les  sentations,  excite 
l’imagination.  Elle  grimpe,  on 
entend  le  sifflement  de  refforty  on 
flaire  l'aigreur  delà  transpiration, 
on  soupçonne  la  jubilation:  Elle  se 
hisse,  on  craint  la  chute,  on 
pressent  le  {rire.  Catherine. 
Destivelle  a foulé  le  sommet  des 
pics  et  des  falaises,  elle  a trompé 
la  mort  et  Ja  gloire.  On  la 
découvre  ain»  plus  qu’elle  ne  se 
découvre  au  travers  de  l’objectif 
de  Gérard  Kosodri. 


te  Terre  de  sel,  terre  de  paL  des 
déserts  du  Chili  à la  Patagonie, 
d'Olivier  Fôllmi.  SDE/Olïama, 
104  p.,  340  F. 

Vertige 

Les  mots  lui  manquent  Pour 
exprimer  les  émotions  que  lui: 
procure  l’escalade  & mains  nues 
des  parois  les  plus  abruptes  et  des 
montagnes  tes  plus  hantes,  . ' 
Catherine  Destivelle  s’accroche  à 
ses  topos,  aux  spits,  aux  grattons, 
aux  vires,  aux  moindres  aspérités, 
de  la  roche.  Désespérément  Son 
texte  ne  décolle  pas,  comme. collé 
& r ordinaire  de  la  gestuelle, 
empêtré  dans  les  décalages  \ 
horaires,  englué  par  les  bous  ' 
sentiments.  Chute  lit  donc  pas  le 
texte  du  dernier  album  que  ; 
l'alpiniste  publie,  Rocs  Nature.  On 
se  contente  de  regarder  tes.  images. 


■A»  G. 

te  Rocs  Nature  , de  Catherine 
Destivelle;  photos  de.  Gérard 
Kosodd.  Denoël,  12S  p..  92  pho- 
tos couleurs,  350  F. 

Voyages 

insolites 

Les  quarante  coups  de  cœur  d'une 
journaliste  qui  entend  « voyager 
autrement,  loin  des  vacances 
charîerisées.  des  avenmes 
programmées,  des  itinéraires 
stéréotypés »,  en  ptiviïégiam,  au 
contraire,  ttle  vif,  le  quotidien,  les 
émotions,  les  vibrations,  les 
contacts  avec  la  population,  dans 
des  lieux  oubliés,  exclus  du  grand 
show  touristique ».  En  n’hésitant 
pas,  pôurcda,  «à  faire  un  détour, 
à parler  à son  voisin  et  en 


acceptant,  si  nécessaire,  l'inconfort 
et  là  différence». 

Un  livre  qui  ouvre  des  pistes.  Du 
camival  hyper-torride  d’Antigua 
au  carnaval  des  diables  d’Oruro, 
en  Bolivie;  des  femmes-girafes  de 
Eirmaniei  une  longue  marche  des 
guerriers,  au  Swaziland  ; des 
caravansérails  d’Edime,  en 
Turquie,  à lHe  aux  ours  au 
Spitzberg  ; de  l'ascension  du  Mont 
Taishan  en  Chine  (six  mille  trois 
cents  marches  !)  à Souakin.  ville 
morte  du  Soudan,  en  passant  par 
les  bars  de  Cuba,  les  palais  secrets 
du  Caire;  un  village  de  médiums 
en  Floride,  la  Kumbha-Mela 
d’AJlahabad  en  Inde,  un  combat 
de  cavaliers  en  Indonésie,  des 
tatoueurs  de  la  mafia  au  Japon,  ta 
secte  des  mennonites  au  Mexique. 
Mais  aussi,  {dus  près  de  nous,  le 
pèlerinage  andalou  d*El  Rocio,  en 
Espagne,  des  locations  insolites  en 
Grande-Bretagne,  le  carnaval  des 
hommes-chèvres  à Skyras  en 
Grèce,  les  flagellants  de  Nocera 
Terinése  en  Italie  et  une  chasse 
aux  trésors  à travers  les  braderies 
sauvages  de  l'Ile-de-France. 

Pour  chacune  de  ces  destinations, 
un  guide  pratique  sur  les  modes 
d’accès,  les  formalités, 
l'équipement,  les  «points  . 
chauds»,  les  contacts  locaux  et  les 
astuces  pour  faciliter  le  voyage. 
Spns  oublier  cartes  et  photos. 

P.  Fr. 

te  Voyages  insolites,  bouts  du 
monde  et  fêtes  secrétes,  Ella 
Imberdis,  Guides  Hachette, 
256  p.  280  F. 


entre  Vietcong  et  zones  «améri- 
caines», jusqu'à  ce  livre  consacré  à 
la  vie  quotidienne  au  Vietnam, 
Jean-Claude  Labbc  a toujours  pri- 
vilégie les  photos  «informatives»  à 
celles  aux  couleurs  léchées  et 
chromo.  Son  Vietnam  prend  ainsi  à 
contre-pied  tout  ce  qui  se  fait  dans 
le  genre.  Avec  ses  ciels  blancs, 
fonds  flous,  couleurs  ternes,  scs 
cadrages  dépouillés  et  parfois  «bou- 
gés», Labbé  répertorie  avec  subti- 
lité les  indices  d'un  mode  de  vie, 
que  seul  un  parfait  connaisseur  du 
pays  pouvait  trouver. 

Les  photos  foisonnent,  enrichies 
par  des  légendes  précises  et  au  ton 
juste,  des  photos  d'un  bourlingueur 
qui  aime  avant  tout  les  gens,  et 
qu’il  a dénichées  en  mangeant  la 
vie  comme  le  plus  tourmenté  des 
reporters  sait  si  bien  1e  faire,  inca 
pable  de  tenir  en  place  ou  de  laisser 
parier  le  silence,  hurlant  surtout  au 
point  de  donner  la  migraine  au 
moindre  visiteur. 

Ses  photos?  Un  chauffeur  de  taxi 
en  caleçon  avec  «sa  belle  203»,  le 
domicile  d'une  famille  transformé 
en  atelier  de  déooration,  la  bouti- 
que surréaliste  d'un  cordonnier, 
l'incroyable  vue  d'un  vélo  mangé 
par  la  boue  - «La  terre  glaise  qu’il 
lance  sur  sa  bicyclette  est  destinée  à 
la  fabrication  des  briques»,  - la  pre- 
mière course  de  chevaux  depuis  la 
chute  de  Saigon,  des  bambins  hauts 
comme  trois  pommes  qui  jouent  au 
babyfoot,  cinq  minettes  maladroite- 
ment maquillées  pour  un  concours 
de  beauté,  les  réveillons  de  la  jeu- 
nesse dorée  de  Saigon  lois  de  la  fête 
du  Têt,  les  portraits  de  M“  Réca- 
mier,  Stendhal  et  Lénine  réunis 
dans  un  atelier  de  reproduction  de 
peintures  célèbres,  à Da-Nang. 
«C'est  délibérément  que  j'ai  choisi 
de  ne  pas  évoquer  la  guerre  et  la 
politique  à travers  mes  images.  Suf 
fisamment  de  livres  et  de  reportages 
ont  polémiqué  sur  le  conflit  vietna- 
mien depuis  des  décennies.  » Jean- 
Claude  Labbé  évacue  ainsi  la  déli- 
cate question  politique,  préférant 
porter  son  objectif  sur  « V ouver- 
ture» d’un  pays  encore  totalitaire. 
L'homme  est  lucide,  il  sait  combien 
l'image  est  capable  de  transformer 
le  pire  des  régimes  en  sympathique 
République  bananière.  Mais  il 
affirme  haut  et  fort  sa  foi  dans 
l’homme  de  la  campagne  ou  de  la 
rue,  comme  ce  «cyctopousseur» 
promenant  deux  petites  tilles  qui 
jouent  aux  grandes  dames. 

M.  G. 

► Vietnam,  intimité,  émotions, 
sensations.  Hatier,  192  p., 
140  photos  an  couleur.  375  F. 


Pêcheur  mofcen.  vivant  entre  la  Birmanie  et  la  Thaïlande, 
par  Pierre  Perrin. 


Le  crépuscule 
des  nomades 

Us  sont  ceux  qui  passent.  Les  pas- 
sagers de  la  terre.  Les  nomades. 
Héros  de  Nomades,  l'album  que 
leur  consacrent  Pierre  Pemn, 
reporter-photographe,  et  Jean- 
Christophe  Orangé,  journaliste, 
témoins  fascinés  par  ces  popula- 
tions dont  mode  de  vie  et  culture 
■sont,  partout,  menacés.  Six  peu- 
. pies  parmi  d’autres.  Les  Molcens, 
gitans  de  la  mer  d'Andaman,  qui 
naviguent  entre  les  îles  de  l’archi- 
pel des  MerguL  à la  frontière  de  la 
Thaïlande  et  de  la  Birmanie.  Les 
Esquimaux  du  Cuivre  (jadis,  ils 
façonnaient  leurs  armes  dans  le 
cuivre  brut),  sur  Holman-Island, 
dans  l’Arctique,  aux  contins  des 
Territoires  du  Nord-Ouest.  Les 
Pygmées  Akas,  dont  le  royaume 
vert,  noyé  sous  les  pluies  neuf 
mois  sur  douze,  s'étend  sur  la 
frontière  de  la  République  centra- 
fricaine et  du  Congo.  En  Mongo- 
lie, au  cœur  de  la  taïga  peuplée 
d’ours  et  de  lynx.  Les  Tsaatans, 
descendants  d’Attila,  chevauchent 
les  rennes  qu'ils  élèvent.  Dans  les 
sables  du  Sahara,  les  Touaregs,  ces 
Hommes  bleus,  princes  des 
nomades.  Enfin,  dans  les  Balkans, 
les  tziganes,  symboles  du  mépris, 
mêlé  de  crainte,  que  suscitent 
généralement  ces  peuples  itiné- 
rants qui  font  peur  et  rêver  à la 
fois. 

Certains  voyagent  sur  des  bateaux 
au  toit  de  palmes,  creusés  à l'inté- 
rieur d'un  tronc  d'arbre,  mouillent 
dans  des  criques  désertes,  bivoua- 
quent sur  des  îles  luxuriantes, 
vivent  de  cueillette  et  de  pêche, 
chassent  les  chauves-souris  et  les 
tortues,  ce  qui,  désormais,  est 
interdit.  Ils  croient  aux  esprits  du 
bois,  du  miel  et  de  la  forêt.  D’au- 
tres, au  cœur  de  la  forêt  équato- 
riale, chassent  le  singe  à l’arbalète 
et  aux  flèches  empoisonnées,  l’an- 
tilope au  filet,  le  phacochère  ou  le 
gorille  à la  sagaie.  Ils  savent. 


dit-on,  parler  aux  animaux.  Pour 
d'autres,  le  renne  reste  la  seule  rai- 
son d’être,  un  partenaire,  un  ami, 
un  complice  : ils  boivent  son  lait, 
mangent  sa  viande,  travaillent  sa 
peau  et  font  commerce  de  ses 
bois.  11  y a aussi  ces  «stars  de 
l'ethnologie»,  aujourd'hui  assistés 
et  sédentarisés,  qui  attendent  l’été 
pour  atteler  les  chiens,  charger  les 
traîneaux  et  partir  sur  la  banquise 
retrouver,  l'espace  d’un  instant, 
leur  ancien  mode  de  vie.  D'autres, 
enfin,  arrêtent  encore,  sur  la  place 
des  villages,  leurs  roulottes  de 
montreurs  d'ouis. 

Autant  de  communautés  fières  et 
soudées  (ainsi  qu'en  témoignent 
les  superbes  photos  de  famille  qui 
ouvrent  l’album)  mais  dont  l'iden- 
tité est  minée  de  toutes  parts. 
Pour  les  Mokens,  par  l’alcool,  les 
touristes,  les  pirates  et  l’armée  bir- 
mane. Pour  les  Pygmées,  par  les 
chantiers  forestiers  et  la  dispari- 
tion du  gibier.  Pour  les  Inuits,  par 
les  grandes  villes  et  la  clochardisa- 
tion. Pour  les  Tsaatans,  par  1e 
socialisme  qui  combat  le  chama- 
nisme et  collectivise  le  bétail. 
Pour  les  tribus  touarègues,  par  la 
guerre  qui,  depuis  des  années,  les 
oppose  aux  armées  nigérienne  et 
malienne.  Pour  les  tziganes,  par  le 
racisme,  la  ségrégation  et  les  per- 
sécutions quotidiennes. 

Un  album  à deux  faces.  Grandeur 
et  décadence.  Eloge  de  la  diffé- 
rence et  de  la  liberté.  D'un  boa- 
heur  insoupçonné  mais  aussi  de  sa 
mort  lente.  Le  texte  est  militant. 
Quant  aux  photos,  elles  témoi- 
gnent plus  qu’elles  n'enjolivent. 
Un  vrai  reportage.  Affectueux  et 
poignant.  Sur  la  fin  d’un  monde. 

Patrick  Francis 
te  Nomades,  les  passagers  de  la 
terre.  Pierre  Perrin.  Jean-Chris- 
tophe Grangè,  Denoël.  191  p., 
450  F. 


A travers  la  forêt 

Voici  trois  «beaux  livres»  qui 
sont  une  invitation  au  voyage  à 
travers  la  forêt  Les  Forêts 
tropicales  nous  emmène  dans  la 
jungle,  à la  rencontre  de  sa  faune, 
de  sa  flore  et  de  ses  indigènes 
superbement  photographiés  ou 
dessinés.  Un  itinéraire 
pédagogique,  jalonné  de  cartes  et 
de  croquis.  Une  mine 
d'informatioas  souvent  inédites, 
rassemblées  par  un  fis 
connaisseur,  Mark  Collins,  qui  a 
passé  dix  ans  de  sa  vie  dans  les 
forêLs  tropicales  d'Afrique,  d'Asie 
et  d’Amérique. 

L'Atlas  de  la  forêt  française  se 
limite  donc  à l'Hexagone  mais  suit 
les  mêmes  sentiers  en  sous-bois, 
avec  sa  flore  et  sa  faune  toujours 
mystérieuses,  presque  aussi 
exotiques.  Le  parcours,  guidé  par 
des  forestiers  de  terrain,  sillonne  à 
travers  tons  les  massifs  et  nous 
initie  aux  secrets  de  l’exploitation, 
depuis  la  germination  jusqu’à  la 
scierie. 

Le  Cerf  nous  montre  le  roi  de  la 
forêt  tempérée,  saisi  par  les 
meilleurs  photographes 
animaliers,  et  toujours  dans  son 
milieu  naturel.  Un  hommage  au 
plus  noble  animal  sauvage  de  nos 
bois. 

R.C. 

te  Les  Forêts  tropicales,  éditions 
Sotar,  200  p..  185  F. 
te  L’Atias  de  ta  forêt  française. 
éditions  Jean-Pierre  de  Monza, 
240  p.,  330  F. 

► Le  Cerf,  éditions  Hatier, 
264  p.,  280  F. 


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n°  1462 


TOURNOIS 
EN  BULGARIE 

Ce  chelem  a été  réussi  dans  un 
tournoi  en  Bulgarie  il  y a trois  ans. 
Même  en  regardant  les  quatre  jeux 
ce  n'est  pas  si  facile. 


♦ A R 10  8 5 
Ç*  A R 9 
O A854 

*5 


♦ 9 7 6 4 

0 V 7 2 

♦ 0107642 


♦ V 3 2 

7 V 8 6 3 2 
0 D 10 

♦ A R 8 


LA  MESURE 
DU  TALENT 

Le  nivean  du  bridge  féminin  s'est 
beaucoup  élevé,  et  il  est  intéressant 
d’en  trouver  les  limites  pour  le  jeu 
du  déclarant.  Voici  un  chelem  de  la 
sélection  de  l’équipe  féminine  bri- 
tannique qui  aurait  pu  être  réussi 

♦ A V 8 3 

S7R72 

0 A 10  6 5 

♦ 10  9 


♦ D 

9 D 10  7 5 4 
O R 9 6 3 

♦ V 93 


Les  enchères  Nord  donneur 


♦ 10  9 
9 A 8 

0 V 9 7 4 3 2 

♦ 873 


♦ RD76432 
N 95  4 

O E 0 8 
S ♦ R 6 2 

♦ - 

9DV  109  6 3 
ORD 
♦ A D V54 


Nord 

Sud 

Ann. 

: E.  don.  N-S  vuln. 

!♦ 

2 SA 

Ouest 

Nord 

Est  Sud 

30 

3 v 

3e 

4 V 

6 y 

50 

passe 

passe 

passe 

4e 

5 0 

passe  5 + 

passe  6 0 

entamé 

le  6 de  Trèfle 

passe 

6V 

passe  passe.. 

pour  le  Roi  d'Est  qui  a continué 
avec  l'As  de  Trèfle.  Comment  Lubo- 
mir  Krostev  en  Sud  a-t-il  gagné  ce 
PETU  CHELEM  A CŒUR  contré 
par  Est  ? 

Réponse  : 

Le  déclarant  était  certain  qu'Est 
avait  contré  avec  cinq  atouts.  Il  ne 
fallait  donc  pas  toucher  aux  atouts, 
car  la  tactique  à suivre  en  pareil  cas 
est  de  réaliser  les  cartes  maîtresses 
des  autres  couleurs  (en  espérant  ne 
pas  être  coupé  à Carreau)  et  de  ter- 
miner en  double  coupe. 

Ainsi,  après  avoir  coupé  l’As  de 
Trèfle  avec  le  9 de  Cœur,  le  décla: 
rant  tira  la  Dame  de  Pique,  le  Roi 
« l’As  de  Carreau  et  l’As  et  le  Roi 
de  Pique  (pour  la  défausse  des  deux 
derniers  Carreaux  de  la  main).  Est 
ayant  chaque  fois  fourni,  le  décla- 
rant joua  le  10  de  Pique  maître  sur 
lequel  Est  jeta  le  8 de  Trèfle  pour  ne 
pas  être  surcoupé  s'il  coupait,  mais 
il  ne  fit  que  reculer  pour  mieux  sau- 
ter car  il  fut  obligé  ensuite  de  cou- 
per le  dernier  Pique  (avec  le  2 de 
Coeur),  Sud  surcoupa  (avec  le  4 de 
Cœur)  et  fit  le  reste  : 


Ouest  ayant  entamé  le  4 de  Car- 
reau (pour  le  8 d'Est),  comment  la 
déclarante  en  Sud  aurait-elle  dû 
jouer  pour  gagner  ce  PETIT  CHE- 
LEM A CŒUR  contre  toute 
défense  ? 

Note  sur  les  enchères 
Le  eue  bid  à « 4 Piques  » 
agréait  les  Coeurs  comme  atout  et 
indiquait  le  contrôle  de  la  couleur. 
Il  en  a été  de  même  des  autres 
enchères,  et  ce  chelem  n’est  pas  un 
mauvais  pari.  Toutefois,  quand 
Nord  a montré  qu’il  a l’As  de 
Pique,  Sud  sait  qu’il  fait  double 
emploi  avec  sa  coupe  d'entrée. 

COURRIER 
DES  LECTEURS 


? A R 0 8 5 
9 D 10  7 5 


9 V 8 6 3 


Après  As  Roi  de  Cœur,  Sud  cap- 
ture le  Valet  et  le  8 de  Cœur  avec  la 
Dame  et  le  10  de  Cœur. 

Si  Est  avait  coupé  le  10  de 
Pique  ; Sud  aurait  surcoupé,  puis  il 
aurait  coupé  son  dernier  Trèfle  et 
joué  le  5 de  Carreau  coupé  et  sur- 
coupé. ^ 


avec  une  belle  couleur  à Pique  et 
17  points  pour  faire  une  enchère 
forcing  de  manche.  Il  n’était  pas 
content,  car  il  m’a  dit  que,  dans  le 
bridge  moderne,  on  utilisait  cette 
réponse  de  2 Cœurs  ou  2 Piques  sur 
1 Trèfle  ou  1 Carreau  du  partenaire 
comme  barrage  avec  environ 
6 points  et  une  majeure  sixième... 
A-t-il  raison  ? » 

Cette  convention  « moderne  » a 
été  proposée  par  l’Américain  Alvin 
Roth  il  y a exactement.,  quarante 
ans  ! Elle  n’a  jamais  eu  que  quel- 
ques adeptes,  et  B.A...  est  parmi  eux 
pour  donner  sans  doute  l’impression 
d’être  à la  pointe  du  progrès  ! 

Philippe  Brugnon 


Ânacroisés 


n°  693 

22-23  24  2526  27-28  29  30  31-32  3334  35  3637  38  38  40  4142 


Leauacroisés  Vl 
sofll  des  sols  3 
avisés  dont  la  _ 
définition!  mm  4/5 
renlaraesur  c 
les  lettres  de 
mots  1 tram.  7 

Les  chiffres  g 
fà  samat  cer- 
tains tirages  9/10 
carres|iMuat 

ai  aombrt 
d’angraames  11 


kgriflt 

Comme  an 
ScraHle,  oa 
peotcoajvgHr. 
Tau  lu  mots 
figurent  dans 
l'Officiel  du 
Scrabble 
(L avoue). 


HORIZONTALEMENT 

I.  At  EFLSTU  (e  1).  - 2.  AAEGLTU. 

- 1.  AHLSSTU.  - 4.  ADEIORST  (+  3).  - 
5.  OEELORU  (+  2).  - 6.  ACDEEJIR.  - 
7.  EEIMRSTU.  - 8.  ACDEILM  (+  1).  - 
9.  EEEEPRSU.  - 10.  AELORST  (+  1).  - 
1 1.  EEIMNPT.  - 12.  CDEIILMO.  - 
1 J.  AEINORS  (♦  il  - 14.  AELRSSSY.  - 
15.  AAEEMRT.  - 16.  AEIIMT  (+  2).  - 
17.  EELMRSU  (t  3).  - 18.  EENTTT.  - 
19.  CEILRTUU.  - 20.  ACEEKRSU  (+  S). 

- 21.  EEMSSSU  (+  21 

VERTICALEMENT 

22.  AEEFLTT.  - 23.  ADEILORT  (+  I)l 

- 24.  DEELOPTY.  - 25.  AACEIRT  (+  6). 

- 26.  EEIMRKT  (+  2».  - 27.  EEMOR- 
RRJ  (t  1).  - 28.  CINOSSU  (♦  5).  - 
29.  EE1PSSTT.  - 30.  DEILMSU.  - 
31.  EEERSST  (t-  4).  - 32.  EEIMORSS 
( + 2).  - 33.  ADEILTU  (+  2).  - 
34.  ÜEILMNÜU.  - 35.  CEINORTI* 
(*  2).  - 36.  AACfLÛS  (+  1 - 
37.  AEEEMNST.  - 38.  AÜEEGLLS.  - 
39.  AEIMNKKU.  - 40.  EEEINRS  1+  5). 

- 41.  AAE1NST.  - 42.  AEEFSSST  (+  I). 

SOLUTION  OU  N-  692 

1.  RHUBARBE.  - 1 HAFNIUM.  - 
3.  IONISAI.  - 4.  MORDEUSE  IDOR- 


MEUSE).  - 5.  ORGASME.  - 
6.  ENROULA.  - 7.  TIEDIES.  - 
8.  ORPHEONS  - 9.  GROSSEUR.  - 
10.  EMULEES  (MEULEES  MUSELEE). 
~ 11.  DES1LA  (LADIES...).  -- 
IL  EPEURE  (EPUREE).  - 13.  NUNA- 
TAJC  poiatement  rocheux  du  Groenland. 

- 14.  WELTERS.  - 15!  EYALET.  divi- 
sion administrative  de  l'Empire  ottoman. 

- 16.  IONIQUES.  - 17-- COROSSOL, 
fruit  tropical.  - 18.  DIERESE  (DESIREE 
SIDEREE).  - 19:  SUSPENS.  - 20.  DOS- 
S1STE.  - 21.  RISOTTO.  - 
22.  DEMENCES.  - 23.  HOIRIES.  - 
24.  GELEES.  - 25.  WHARFS.  - 
26.  ADERMINE  (DEMINERA  MADS- 
RIEN  MENDIERA).  - 27.  ULULONS.  - 
28.  MEUGLANT.  - 29.  BIMESTRE 
(TIMBREES).  - 30.  AERIONS  (NOIE- 
RAS ORNAISE).  - 31.  OESTRIOL.  hor- 
mone. - 32.  BOSSUAS.  - 33.  HIDEURS, 

- 34.  EXQUIS.  - 35.  FOURCHU.  - 
36.  PAYEUSES.  - 37.  SOIERIE.  - 
38.  DUALISMES.  - 39.  LANTERNE  - 
40.  MALAISE  - 41.  ESTOQUEE. 

Michel  Charlemagne 
et  Michel  Dugnet 


Scrabble 


n°  385 


SE  NON  È VERO_ 

„ è bene  trovata  Grand  bruit  dans 
le  tandernau  du  Scrabble  : selon  le 
Quotidien  du  médecin,  des  chercheurs 
italiens  ont  découvert  une  maladie 
qu'ils  ont  appelée  « syndrome  du 
Scrabble  ».  Rien  à voir  avec  les 
symptômes  de  la  « scrabblite  » décrits 
dans  le  Monde  par  le  docteur  Barraux 
dès  1977  (logorrhée,  tendances  sado- 
masochistes, strabisme  divergent 
orienté  vers  les  concurtents,  consulta- 
tion d’un  petit  carnet  toj3  secret)  : le 
syndrome  du  Scrabble  caractérise  l'in- 
capacité d’un  malade  i écrire  les 
voyelles.  Renseignements  pris,  cette 
maladie  existe,  maïs  c’est  le  Quotidien 
qui  Fa  baptisée. 

Sans  prétendre  traiter  cette  affec- 
tion, nous  proposons  conseils  et  réédu- 
cation aux  scrabbleurs  qui  souffrent 
des  tirages  trop  riches  en  voyelles. 
Pensez  aux  terminaisons  -EUSE  et 
-EAU,  aux  verbes  en  -AYER 
(BALAIE,  BALAIERA),  en  -OYER 
(NOIERA,  ATERMOIE),  -UYER 
(ESSUIERA).  -GER  (ÎMAGEAF),  à 
AURÉOLER,  IOULER,  AOUTER  ou 
OUATER.  Avec  EU  et  un  joker,  n'ou- 
bliez pas  de  faire  de  ce  dernier  on  Q 
au  un  X : AMITIE UX,  ÉLOG1EUX, 


CAMAÏEUX,  SOUCIEUX,  GAÉLI- 
QUE, VIATIQUE 
Voici  un  exercice  au  vous  devez 
remplacer  chaque  point  d’interrogation 
par  une  consonne:  Exemple  AAEIU?  : 
deux  solutions,  AIDEAU  et  AUNAiE 
1.  AEIOU  ? (trois  sol).  - 2.  AEIOUF? 
(une  soL)  — 3.  AEIOUZ?  (trois  sol.)  - 

4.  AEIOUQ?  (quatre  sol.)  - 

5.  AAEIOUTÎ  (cinq  »L)  - 6.  AEI- 
IOUÎ7  (deux  sol)  - 7.  AAEET??  (deux 
sol.)  - 8.  AAEEII71  (deux  soi.)  - 
9.  AEUOR?  (quatre  sol)  (solutions  en 
fin  d'article). 

Michel  Charlemagne 
Solutions  des  anagrammes  : 
1.  OISEAU.  ENOUAL  EBOUAI.  - 
1 FOUGEAL  - 1 OUATIEZ,  AOU- 
TIEZ, AZOIQUE.  - 4.  AZOIQUE. 
BAK3QUE  ancienne  monnaie  pontifi- 
cale, EVOQUAI,  SEQUOIA.  - 
5.  AOUTERAI, -OUATERAI. 
AUREOLAI,  OUABAlNE,  extrait 
végétal  tonicordial,  AVOUERAI.  - 
fi.  EPOUTLAL  débarrassai  une  étoffe 
de  ses  impuretés,  IOULERAI.  - 
7.  AERERAI  ALAISEE.  - 8.  EGA1E- 
RAL  ETAIERAL  - 9.  MODERAI,  scie- 
rai une  pierre,  NOIERAI  OBEIRAI, 
IODERAI. 


Scrabble  Ctxb  joMBiii  (ronntols  n gynu»ase.  me  E.-Mootkr. 

Tea  ihvÀBvn  et  qunrième  nnbafis,  à 20  h 36) 

Utifcêz  un  cache  afin  da  ne  voir  que  le  premier  tirage.  En  baissant  le  cache  d'un  ! 
cran,  vous  découvrirez  la  sofation  et  le  tirage  amant  Sur  fa  grffle.  las  rangées  i 
horizontales  sont  désignées  per  une  lettre  de  A è O ; Iss  colonnes,  par  un  numéro  ! 
de  1 h 15.  Lorsque  la  référance  d'un  mot  commence  par.  une  lettre,  8 est  j 
horizontal  ; par  un  chiffre.  1 est  vertical  U tiret  qui  précède  parfois  un  tirage  | 
signifie  que  le  reiquat  du  tirage  précédent  e M rejeté,  faute  dé  voyelles  ou  de  \ 
consonnes.  La  dictionnaire  de  référence  est  rOfScU  du  Saabbb  (Larousse).  i 


N* 

TIRAGE 

soi.imoN 

PQS. 

fTS 

, 

MTUAOFI 

2 

CCRRAONT  ^ - j-1 

MOUFTAT-'  •• 

“H  4 

- - 76 

3 

RR+IZEES  v ; ■ - 

GOINCA^.  1 

••  10  F 

22 

4 

DHWISOT.  -u  iv... 

SERRIEZ-.»!  :*',  j--;-; 

jil 

i.'=  -95 

5 

DO+RÏAPr 

WHIST 

. îio 

52 

6 

GEINNBA 

DROP(P)AIT 

8 A 

89 

7 

AYNIUQE 

GABIONNE  (a) 

5 D 

94 

8 

YE+TEGXS 

NIQUA 

12  A 

53 

9 

EX+DMRRE 

STRYGE  (b)  . 

• 8 J 

48 

10 

MRR+IEEN 

CEDEX 

J10 

37 

lt 

R+UASTDO 

GEMINER 

N 8 

26 

12 

JEUSALH 

MOUTARDS 

A H 

78 

13 

JEL+USEK 

HUAS 

ISL 

43 

14 

LUS+TEVR 

JERKE 

M 2 

44 

15 

LT+AOUBE 

VERJUS 

2 J 

48 

16 

POELMNT 

OBLATURE 

B 2 

74 

17 

PLNI+EE7 

EMOU 

M 12 

30 

18 

LLLAFVT  . • 

PO(P)ELÏNE 

2 A 

61 

19 

FAT 

1F 

31 

1 001 

jk  rr 


♦ p f lit 


(a)  l’rufùp  (un  ouvrage  mlIbnircL  BECÎONIA  ou  ENGOBAI.  5 E,  40  : (b)  Vampire. 
I.  y.  OcfiS.  983  : 2.P.-Y.  Rad.  W3  : 3.  A.  PasJor.  857. 


Mots  croisés 


n°  691 


Echecs 


n°  1464 


123456789  10  11  12  13 


HORIZONTALEMENT 

I.  Nos  ancêtres  sont  ses  sujets.  - 
H.  Fermait  tout  passage.  C'est  bien 
mal  achever  - III.  Colorée  parfois, 
ou  on  peut  la  colorer.  Insecte.  - 
IY.  Sur  le  terrain.  Stupéfait.  - 
V.  Permettent  certains  allers  ei 
retours.  - VI.  Soldats.  Certains  s’at- 
trapent facilement.  Expérience.  - 
VH.  Plutôt  envahissante.  On  les  dit 
envahissants.  - VIH.  Réclame  une 
éducation.  Le  cuir  y joue  un  rôle 
important.  - IX.  Hante  Combouig. 
Se  lait  auprès  de  tous.  Dans  le 
bâtiment.  - X.  Superpositions. 

VERTICALEMENT 

1.  On  n’y  comprend  rien,  - 2.  Peut 
se  compter  par  minière  ou  même  en 
millions.  Poussa  certainement  è jouer 
avec  des  allumettes.  - 3.  Cause  bien 
des  tourments.  - 4.  Noble.  Mer.  - 
5.  Participe.  Egalement  au  sol  ou 
presque.-  6.  Mettrais  i ('écart.  Loin 
d être  entièrement  qualifié.  - 
7.  Assure  un  salaire.  - 8.  Fleuve. 


Mettre  à l’écart  - 9.  Passe  la  corde 
au  cou.  Donne  de  l'air.  - 10.  Donne 
un  certain  angle.  Erre  nue  comme 
ça!  - 11.  Les  terres  apprécient  peut- 
être.  mais  pas  les  chaussures.  - 
12.  Mal  lues.  Manifeste  quelque 
mépris.  13.  Vous  épuisent 

SOLUTION  DU  N»  6SO 
Horizontalement 
I.  Quinze-Vingts.  - II.  Urbains. 
Erre.  - tfl.  A tempo.  Opium.  - 
IV.  Rire.  Repasse.  - V.  Acc.  Agne- 
lets. - VI.  Na.  Fluor.  Set.  - 
VH.  TNT.  Sénat.  ER.  - VIH.  Iton. 
Ictus.  - IX.  Aillée.  Ore.  - X.  Mescal. 
Usuel.  - XI.  Extériorisés. 

Verticalement 

i.  Quarantième.  - 2.  Urticant.  Ex. 

- 3.  Ibère.  Toast.  - 4.  Nome.  Nice.  - 
5.  Zip.  Als,  Lar.  - 6.  Enorgueilli.  - 
7.  Vs.  Enonce.  - 8.  Opérateur.  - 
9.  Népal  Tu.  Si.  - 10.  Grisés.  Sous. 

- IL  Trustée.  Réc.  - 12.  Semestriels. 

François  Doriet 


COUPE  DU  MONDE 
DES  GRANDS  MAITRES 

Reykjavik  1991. 

Blancs  : A.  Karpov. 

Noirs  : A.  Khamman. 

Défense  ouest-indienne. 


4.  (j3 Fa6 

5.  bJ  (a) FN+ 

6.  F42 Fë7  (bl 

7. FSZ -çé(çj 

8.  Fç3 45 

9. CW2(dUCM7 

10.041 04) 

II.  Tfl ç5(c) 

12.44 dxç4  (I) 

13.0*1  (g) Fb7 

14.  M3(bUçxU(i) 

15.  Cxé4*»««-.Cç5 

16.  0ç2 a6 

1 7.  Ta-dl Dç7(j) 


18.  Fd2Ü(k) Cç47  (I) 

19. FWH 0ç5(m) 

20.  Fçlïï  (n)_Dç7  |o) 

21. 65 Cd5 

22. C63 Dxç2 

23.  Cdxç2_Ta-ç8(p) 

24.  Fwffi(q) éxtf 

25. 045 — 045  (r) 

26.  Txd5 ,Txç2 

27.  Tx47 FM  (s) 

28.  Té-dl Txa2 

29.  Fé3!(0 Fç5(u) 

30.  FxçS toqS 

JI.T<7 Ta3(v) 

fxé6 

33.  TM?  (i)  Anta.lv) 


NOTES 

a)  Sur  cette  attaque  immédiate  du 
pion  ç4.  une  idée  étonnante  de  Nimzo- 
vitch.  les  Blancs  ont  le  choix  entre  plu- 
«ans  réponses  : 5.  CW2  ; 5.  Dç2  ; 
5.  Da4  et  5.  bl 

à I Laissant  ic  F-D  blanc  sur  une  case 
peu  convenable. 

V)  7 — , iL5  : S.  Çé5  ou  S.  cxd5  est  une 
autre  possibilité. 

/b  9.  CéS  est  paiement  souvent  joué  : 
9™  CM7:  10.  Cxd7,  Cxd7;  II.  Cd2, 
0-0  ; 12.  0-0,  bS  ; 13.  Tel,  bxç4  ; 
M.  b*ç4.  Cbfit  15.  ç5.  Cç4  ; 16.  é4, 
Cxd 2;  17.  D*dl  (W4  ; 18.  Fyé4.  Dd? 
avec  égalité  (Timman-Hübncr,  Sarajevo, 
1991)  OU  bien  12.^  TçS;  13.  é4.  dxé4; 
14.  CVê4.  b5:  15.  Tél. 

èj  Après  I Fb7;  Il  (J4,  OS4  ; (3. 
C>é4.  dxc4  ; |4.  Tvé4.  FIS  ; 15.  Té3, 
Dç7;  16.  Del.  Tf-<18:  17.  Tdl,  c5: 

18.  dxç5.  b»ç5  : 19.  Té-d3,  Fxç3;  2tt 


Dxç3,  08  ; 2l.Cé5,  T>cdJ  ; 22.  DwÜ,  les 
Blancs  ont  un  net  avantage  de  position 
(Ivkov-Lengyd,  Sarajevo,  1980). 

J)  Dans  cette  position  bien  connue,  les 
Nous  peuvent  se  lancer  dans  un  sacrifice 
de  pion  prometteur  par  12...,  dxc4  ; 
13.  bxç4,  çxd4  ; 14.  Cxd4,  Cé5  ; 
15.  Cxco,  ficeé  ; 16.  Fxé5  et  obtenir  un 
contre-jeu  certain  ; par  exemple,  16..., 
Fh5;  17.  Dé2,  Fid2+;  18.  Dxf2.  (^4; 

19.  Dd4.  Cxé5  ; 20.  Dxé5,  Dxd2  ; 

21.  Dxéfif,  Rh8  ou  bien  17. 03,  Dé7  (ou 
encore  17  Fxç4  ; 18.  Fd4,  Fb4  ; 19. 65, 
Fx£l  ; 20.  exfB  avec  de  graraks  complica- 
tions) ; 18.  RM,  et  rien  n'est  clair  (Kcr- 
chnoï-Tal,  1972). 

g)  Refusant  fa  variante  précitée: 

h)  Une  nouveauté,  la  suite  de  la  partie 
Ftacnik-Lemer  (Amsterdam.  1988)  14.  éS, 
Cd5;  15.  Fb2,  b5 ; 16.  Cd6,  B«d6;  17. 
éxdfi,  ç4;  18.  Fa3,  b4;  19.b»A  b«3; 

20.  Db3,  Cd5-b6  ne  pfalt  probablement 
pus  mn  Blancs. 

0 Et  non  I4_  b5  à cause  de  15.  Ca5! 

j)  D suffit  maintenant  aux  Noirs  de 
jouer  Ta-ç8  et  TM8  pour  obtenir  une 
parfaite  égalité  et  sortir  de  Pcxiverture 
sans  difficultés. 

k)  Une  coneeption  profonde.  Au 
sixième  coup,  le  F-D  blanc  n’était  pas 
bien  placé  en  d2  et  retrouvait  vie  sur  fa 
diagonale  al-hS  (8.  Fç3).  Le  renwr  du 
F-D  en  d2  pose  aux  Noire  de  sérieux 
problèmes,  en  raison  de  la  menace 
19.  FI4. 

0 En  effet,  si  1& — , Ta-ç8  ; 19.  Ff4  avec 
gin.  Si  18™,  Cf-d7;  19.  b4,  CB4;  20. 
m!  (meflfcur  mie  20.  Dxa4,  b5;  2L 
Oa5,  Dxç4),  Dç8  (et  non  20 — . éS  à cause 
de  21,  Orè5,  Dxç2  ; 22.  0«2  avec  gain 
d'un  pion)  ; 21.  Db3  suivi  de  Tel  et  fa 
poâtion  des  Noirs  devient  mtenAte.  Ou 
■ encore  18-,  é5  ; 19.  CD,  F<tf;  20.  Fb4 
avec  une  forte  pressh»  sur  h case  d6  ou 
enfin  IS_,  b5;  19.  Ff4.  Dç8;  20.  avec 
gain. 

m)  Et  non  19._  é5  ; 2te  Cxé5!  ni  19-, 
Dç8  en  raison  de  la  variante  20.  Fdfi. 


-•Tÿ'-f.-rj-a*1; 


Dd8  (20 — , Fxd6  ; 2t.  Cxdfi,  Dxç2  ; 22. 
Ooç2,  Ta-b8  ; 23.  Cxb7,  Txb7  ; 24.  éS, 
Cd5  ; 25.  Cb4  laisse  aux  Blancs  une  fin 
de  partie  gagnante)  ; 21.  Fxé7,  Dxâ7  : 22. 
é5,  Cd5 ; 23.  06,  Cc5;  24.  Q/4-É5  avec 
une  grosse  supériorité  des  Blancs. 

n)  Ce  transfert  du  F-D  qui  passe  de  d2 
en  ç3  puis  en  d2,  en  f4  et  en  çl  (mena- 
çant de  gagner  une  pièce  via  a3)  procure 
une  intense  satisfaction  esthétique. 

o)  a non  20_  b5  ; 21.  Ca5t  ni  20_ 
TPé8  ; 21.  Fa3,  Dç7;  22.  B<é7,  Txé7  ; 
21  é5;Cd5;  24.  Cdfi. 

td  La  snite  23_  Cxé3  ; 24.  Cxél 
Fxg2  ; 25.  Txd7,  Fb4;  26.  Cxg2,  Brèl  ; 
27.  Cxél,  TFdS;  28.  Td6i  donne  aux 
Blancs  une  finale  très  favorable. 

<z)  Karpov  ne  laisse  pas  filer  son  avan- 
tage par  24.  CVdS,  Fxd5  ; 25.  FxdS. 
Txç2  ; 26  F64,  Tç7. 

r)  Comme  l'indique  Ftacnik.  25...,  Fç5 
est  insuffisant  : 26.  Fai,  FxO+  ; 27.  RxtL 
Txç2  ; 28.  Té2.  TVéît-,  29.  Rxè2,  Td8  : 
3tt  0*6,  Fç6 : 31.  Td6,  Fb5+;  32.  Ré3. 
JS)  Si  27_  Fç5  ; 28.  Td2! 
t)  Egalité  de  matériel  nas  Karpov 
maintient  son  avantage. 

q)  29_  b5  est  sans  doute  meilleur 
mais  h finale  reste  en  faveur  dès  Signes 
après  30.  Tç7  et  fa  doublement  des  T sur 
la  septième  rangée. 

KhaJifman,  qui  s’est  assez  bien 
défendu  jusque-là,  commet  ici  une  erreur 
qui  lui  est  fatale.  31 — , Tb2  est  nécessâta 
Après  32.  Td-d7  (et  noa  31  é6  qui  serait 
erroné  à cause  de  h suite  31_,  firèfi  : 33. 
Td-d7,  T642  ; 34.  T*g7+,  Rf8  ; 35. 7Vh7, 
Tg2+;  36.  Rhl,  Rg8;  37.  TW7+,  RIS; 
38.  Tb7,  Rg8  ; 39.  HhI7,  Txh2+  ; 

Ral,  Th-g2+;  4L  RII.  Tfrflf).  T62  (9 
3li,  Ti*37;  31  é6l);  31  TV^5,  les 
Blancs  gageraient  sans  doute  cette  fin  de 
partie  mais  te  combat  serait  long. 

wj  Alors  que  maintenant  lœ  Noire  sont 
perdus. 

x)  Menace  de  mat  en  deux  coups. 
y}  Après  33-,  TD  ou  33_  TbS,  les 


Kaocs  gâg»wt  faefiement  en  prenant  les 
pitHiS  g et  . h et  en  avançant  fa  pion  h 
jnsqa'en  h6  avec  un  .mat  imparable 


SOLUTION 
DE  L'ETUDE  N*  1463 
D.  GURGEN1DZE 
et  L MTTROFANOV  (1987) 

(Blancs  :■  Rh7,  Fh2,  Pa5  et  d6.  Noirs  : 
Ré3,  Tfl.) 

L ad,  Tal  ; 2.  -Fgl+Î,  Tkgl  ; 3.  BhSS, 
1U+;  4.1fea  Tdl;  5.  *7,  T*J+;  fi.  ÏMR 
TD.+;  7.  Ré8  et  les  Bteacs  gagnera. 

Si  L_T8;lo7,  R64 ; 3.  d7, Td8  ; 4. 
Fç7l,  lxd7+  ;'S.  Rg6!  avec  gain. 

Et  non  Z a71  1Va7+  nu  [fa  Di  2.  d77, 
Tdl  ; 3.  a7.  Txd7+;  4.  Rgfi,  T>a7  nulle. 
SI  2^  Ré4;  3.  a7,  Rd5  ; 4.  d7  avec 

SI 6-,  Tbl  ; 7.  a7  ; à 6^  Tel  : 7.  d7  :■ 
si  TTl  : 7.  RgR 

ÉTUDE  tè*  1464 

D.  GURGEMDZE  (1976) 


9 brd  d e“f  g h 
Bfanca  (3):  Rç5,  Cy,  Pl?7. 

Noire  (2)  : Ra4,  Tdl 
Les.  Bkata.  jouent  et  gagnent. 

• . Claude  Lemoine 


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Le  Monde  # Samedi  30  novembre  1991  23 


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Le  bœuf  « Légendus  » 


au  Japon  ont  chanté  ] es 


'%/■ 


’.Ki. 


'r-itafïSÆ 

> ÇP*»t  aiguisé  par  trois 

b£e  95"Mam  « massé 
de  cette  meme  bière,  ce  qui,  faisant 
pénétrer  les  chairs  de  ta  gïïssfde 

me  vfande  »»btite- 
meat  paribmée  mais  dépaysante. 

La  France  serait-elle  en  train  de 
^^fflwgounnetsdelà^tme 
«çon  ? C’est  ce  que  Ton  pourrait 
**?*sr#*x  an  bœuf  «Lé£*S 
qui  vient  de  naître.  D est  né  à Cou- 
tonae,  domaine  du  Périgord  vert. 

g&*  “ éleveur ^nommé 

et  un  passionné  de  la 
«a«fc  du  Blésois,  M.  GoorauJt.  Ita 
bret  il  s agit  d’animaux  de  race 

-Innousmc,  ou  bkmdcs  <TAquita^ 

ngoaiwsemeat  sélectionnés,  nou?. 


AdUbnmtM  naturels  mais  aussi 
œ bière,  et  soumis  à un  système  de 
*wwMge  automatique  permettant 
tour  brossage  quotidien.  La  bière  a 
pour  effet  d’accroître  l’appétit  de 
1 animal,  de  favoriser  le  «perciUâ» 
permet  la 

diffusion  de  la  graisse  en  même 
““ps  qu  elle  relaxe  ranimai  élevé 
5“  box  individuel  confortable  et 
dont  les  qualités  organoleptiques 
attci£uenr  ainsi  le  maximum  entre 
Quatre  et  cinq  ans. 

n est  évident  que  la  production 
®stencore  extrêmement  réduite  et, 

■ ™s*  seuls  .quelques  boucheries 
le  « bceuf  de  Coutiu^ 
baptisé  par  ses  créateurs  «Légen- 
dus»,  avec  aussi  deux  vendaSaa 
proymee  et  Fauchon  qui  sera  dépo- 
^aire  d Hn  coffret  contenant  une 
côte  de  boeuf  et  un  petit  sadiet  de 


sel  de  Guérande  accompagnateur 
vous  pourrez  aussi  en  déçoit 
vnr  les  charmes,  les  première  et 
troisièmes  vendredis  de  chaque 
mois,  à la  Taverne  Kronenbourg. 

On  connaît  cette  glorieuse  mai- 
a»  du  Boulevard,  animée  par  Jean- 
François  Blanc,  demi  le  «papa»  fin 
un  boucher  renommé  qui,  lui- 
m&n^  apprit  le  métier  et  qui,  lais- 
sant le  parisianisme  du  Grand  Ode 
Capucines  et  du  Pied  de  Cochon, 

1 “Jîor,Qne  du  Procope  et  l’air 
méditerranéen  de  Chariot,  Roi  des 
Coquillages,  à ses  frères,  a voulu 
Que  la  Taverne  Kronenbourg  soit  la 
^us  élégante,  la  plus  accueillante,  la 
plus  traditionnelle  et  moderne  à la 
fois  des  brasseries. 

I>es  fruits  de  mer  à la  gratinée, 
ces  choucroutes  au  pied  de  cochon 

gnhé,  du  merveilleux  munster  (qu’il 


faut  «arroser»  d’un  gewurztrami- 
oer  grand  cni  198g)  c’est  id  la  tra- 
dition (avec  le  soir,  un  orchestre 
digne  des  Caf  Cane’  d’autrefois  !). 
Mais  vous  pourrez  donc,  ces  deux 
mercredis  du  mois,  découvrir  le 
bœnf  «Légendus»  qui  rendrait 


jaloux  ceux  de  Kobé.  L’assiette 
(copieuse  et  d’une  viande  dont 
saveur  et  tendreté  sont  incompara- 
bles, avec  croquette  de  purée  de 
pommes  de  terre  et  fond  d’aiti- 
chant)  est  certes  à 200  francs.  Mais 
eDe  constitue  un  repas  à elle  seule. 


Ajoutez-y  le  munster  où  le  sorbet 
alsacien  (à  la  mirabelle  et  eau  de 
vie  de  mirabelle)  et  vous  aurez 
invité  LucuUus  chez  Lucuflus. 

IJne  idée  m’est  venue,  en  me 
“fiant  ainsi.  Je  songeais  à ce  plat 
belge  que  Raoul  Morleghem,  cuisi- 
nier bruxellois  apôtre  de  Gambri- 
nus,  m’avait  fait  tester  il  y a quel- 
Ques  lustres  : la  queue  de  bœuf  à la 
gueuze  lambic.  Eh  bien,  pourquoi 
ne  pas  essayer  de  cette  pièce  de 
boeuf  venue  de  Coutancie  garnie 
d’un  gratin  d’endives,  par  exemple, 
et  arrosée  d’une  «blonde»  de  la 
Taverne? 


La  Reynière 


ENTRE-METS 

r 


► Taverne  Kronenbourg.  24,  bou- 
levard des  Italiens  (9-).  Tél.  • 
47-70-1*64.  Tlj.  Parking  : Para- 
mount-Opéra.  Salons.  A.E.-D.B. 


Semaine 


gourmande 


^ nf^x-  ces  deux  minus- 


:.s 


. «itnfo- 

cules  tortues  figées;  la 
tortue,  cette  moitié  de  grosse 
noix»,  dit  Jules  Renard  (1)  Le 
noyer  est  un  arbre  soüdement 
racine.  Il  prend  son  temps, 
comme  la  tortue.  Il  est  long  à 
vemr.  Il  donne  des  fruits  A boit 
ans,  puis  son  maximum  produc- 
orde  treize  A cinquante  ans. 
Cçst  la  durée  de  deux  généra- 
tions. L’enfant  voit  la  plantation 
rt  le  bouturage;  devenu  vieillard 
u tisse,  A là  veillée,  ces  noix  qu’il 
a va  planter.  Relativité  du  temps 
qor  passe,  comme  on  le  lit  dans 
Angetone  (1)  : au  pays  des  Alpes, 
on  {fonte  pour  les  enfants.  Car 
c*ot  un  placement  profitable, 
noix  et  bois  sont  prisés.  Le 
noyei;  c’est  le  bel  arbre  de  l'au- 
tomne, clair  et  doré,  avec  au  pied 
«mût  enveloppé  de  l’écale  - ou 
brou  - comme  pour  un  jeu  de 
croquet.  Les  noix  tombent 
mfires,  naturellement.  On  peut 
aasa  les  y aider  mécaniquement 
H convient  alors  de  les  ramasser 
promptement.  Cest  la  tâche  des 
enfants,  des  chemineaux,  ou  gwis 
dn  trimard. 

Isolé,  c’est  un  arbre  majes- 
tueux. La  noyeraie  de  culture 
intensive  couvre  la  campagne 
d’un  grand  espace  vert  aéré,  telle 
celle  du  château  de  Doissac, 
ancienne  résidence  de  Godefroy 
de  Vivant,  à Doissat  en  Dor- 
dogne, qui  ne  compte  pas  moins 
de  53  hectares.  On  doit  nettoyer 
son  aire  pour  préserver  la  santé 
des  racines  autant  que  pour  faire 
tomber  le  fruit  sur  le  sol  propre 
oû  il  ne  pourrit  pas.  On  a traité 
modérément  l’arbre  avec  une 
classique  bouillie  bordelaise.  On 
lavera  le  fruit  A Peau.  Cest  une 
Çolture  non  polluante.  On  stocke 
la  noix,  on  l’engrange,  on  la 
conserve.  Selon  le  cours  et  la 
demande,  elle  figure  sur  le  mar- 
ché de  qualité,  ou  bien  A l’épicer 
ne  fit».  Cest  la  compagne  bono- 
rable  du  cèpe  et  de  la  truffa. 


tes  pommes,  les  noix  étaient  le 
mut  de  tout  l'hiver  A Saint-Ba- 
sile,  en  Ardèche,  au  début  de  ce 
siècle.  C’était  le  temps  des 
sabots,  des  copeaux  et  de  leurs 

r nf^s  sur  Ies  chemins  gelés. 
Fn. Péngord,  aujourd’hui,  domi- 
nent les  variétés  «corne»  et 
«marbot»,  venues  d’arbres  dis- 
posés. Les  vergers  donnent  la 
«franquette».  La  région  de  pro- 
duction de  Grenoble -est  plus 
dense  encore.  Eflfe  jouit  d’une 
appellation  contrôlée.  Avec  la 
«franquette»,  c’est  la  «mayette» 
et  la  «parisienne»,  qui  consti- 
pent son  trésor.  Grenoble  assure 
40  % de  la  production  nationale* 
et  la  France  est  le  deuxième  pro-’ 
ducteur  de  noix  après  la  Califor- 
nie. Le  noyer  subit  les  attaques 
du  «ver  de  la  noix».  Comme 
pour  la  vigne,  une  équipe  perma- 
nente,  armée  d’instruments 
modernes,  doit  veiller  A la  bonne 
santé  de  la  noyeraie. 


Rfné^lair,  92100  Boulogne,  m 
49-10-49-14,  à midi  seulement 
pour  1 instant).  La  tradition 
orientale  est  rapportée  par  Odile 
Godard  dans  deux  admirables 
petits  ouvrages  publiés  chez 
Actes  Sud  : les  Soupers  de  Sché- 
hérazade  et  la  Cuisine  d’amour 
Dans  le  premier,  les  sablés  aux 
noix  accompagnent  les  bouchées 
aux  fruits.  A pâte  molle;  dans  le 
second,  le  pain  aux  noix  est  jus- 
tement recommandé  ‘“pour 
accompagner -Je  roquefort.  Mais 
surtout,  A l’intérêt  des  recettes 
commentées  par  Odile  Godard, 
s ajoute  le  plaisir  d’une  réelle 
decouverte  littéraire,  assez  rare 
de  nos  jours,  dans  les  anthologies 
gourmandes  (3). 


Restaurant 
de  la  Tour 


Aux  quatre  coins  de  France 


la  noix  «st  riche  en-lipides.  Elle 
fournit  une  huile  savoureuse  et 
les  acides  gras  insaturés  bénéfi- 
ques à la  santé.  Maïs  on  ne  peut 
gnère  être  assuré  de  sa  fabrica- 
tion. Vient-elle  de  parfaits  cer- 
neaux, dépourvus  dé  moisissures 
et  d’insectes,  ou  bien  de  mor- 
ceaux écornés  et  de  brisures?  On 
ne  sait  Le  cerneau  pressé  était-îl 
«extra»  oii  «Arlequin  clair», 
lorsque  lé  jaune  paille  se  marie 
an  brun  foncé?  Nu]  ne  le  dira. 
Cette  huile  de  noix  était  le  «bon 
gras*  d'hiver  en  Dauphiné  et  en 
Isère,  gardant  veine»  et  artères.  - 
C’était  aussi  la  providence  des 
lampes  de  ce  pays  pauvre  qui 
envoyait  les  petits  ramoneurs 
vers  Paris,  faute  d’emplois. 
L’huile  de  noix  est  sujette  au  ran- 
cissement. 


f 


i >: 


f1, 


B 


rr 


E*  Dordogne,  le  Jugions  regia. 
peut  atteindre  10  mètres  de  haut. 
0 craint  la  proximité;  la  noyeraie 
demande  un  bel  espace.  Ses 
racines  sont  fragiles  et  abon- 
dantes. Trop  d’eau  les  dénude,  Q 
aime  donc  tes  terrains  de  relative 
sécheresse.  Dans  la  plantation, 
on  introduit  des  variétés  fécon- 
dantes, A fleurs  tardives,  qui 
apportent  le  pollen.  Cest  le 
Jugions  nigra,  le  noyer  noir 
d’Amérique,  qui  est  aussi  arbre 
d’ornement.  Le  noyer  est  un 
ariwé du  Paradis,  originaire  des . 
confins  -de  la  Perse  et  du  Cau- 
case. Il  vint,  importé  par  les 
« invasions  » asiatiques,  où  par 
la  route  de  la  soie.  On  le  trouve 
gù  Gaule  gallo-romaine.  On  en 
mit  des  vergers  au  dix-neuvième' 
riède,  et  l’on  exporte  vers  l’An- 
gleterre la  noix  du  Périgord.  Cet 
.arbre  faisait  partie  de  la  vie 
rurale  traditionnelle.  L’huile 
pour  la  table  et  la  lampe  ; avec 


La  bob  de  noyer  est  magnifique. 
D sert  encore  A faire  des  meubles 
précieux,  extraits  de  billes  supé- 
rieures-A  2 mètres,  provenait 
d’hybrides.  L’huile  de  noix,  en 
attendant,  enrichit  de  belles 
salades  agrémentées  de  cerneaux 
entiers.  Fredy  Girardet  accom- 
mode  une  escalope  de  foie  gras 
poêlée  en  chaud-froid,  nappée 
d’une  fit»  gelée  an  vieux  madère 
et  farcie  de  raisins  secs  et  de  noix 
concassées.  Une  nouvelle  trou- 
vaille de  cet  étonnant  créateur. 
La  «tête  de  veau»  que  prépare 
pour  Daniel  Hallée  le  jeune  chef 
de  rŒnothèque  (20,  rue  Saint- 
75009  Paris.  TéL 
48-78-0&-76)  ne  vise  pas  le  même 
registre  de  saveurs,  mais  l’huile 
de  noix  de  Chavignol  utilisée 
pour  san  .assaisonnement  - typée 
sans  excès  — donne  A.  ce  plat  un 
peu  canaille,  Une  tout  autre 
dimension. 

• - Tout  comme  le  « Pigeon  aux 
noix  et  sa  galette  de  sarrasin»  du 
7»  Art:  à'  Boulogne  - qui  sera 
bientôt  la  cantine  de  TF  1 si  le 
chef  continue  sur  cette  lancée  — 
qui  évoque  les  saveurs  de  la  cui- 
sine du- Manie  (7*  Art,  37,  place 


BçrnordLotMoo,  lui,  n’a  que  le 
talent  de  conclure  un  menu  des- 
tiné à honorer  Phuile  d’olive  par 
un  sablé  aux  pommes  caramel 
noix.  Mais  quel  talentl  On 
connaît  aussi  le  vin  de  noix,  .sou- 
venir d’enfance.  Moins  Peau  de 
noix,  qui  est  une  macération 
ancienne  de  noix  vertes,  broyées 
et  fermentées  dans  un  tonnelet 
On  soutire  le  jus,  et  on  laisse 
reposer  un  an  I L’on  se  procure 
«1  eau  de  noix  de  Brive-la-Gail- 
larde* chez  Denoix,  père  et  fils, 
bien  sur,  liquoristes  depuis  1839. 
On  se  méfiera  des  noix  fraîches, 
contenant  au  moins  20  % d’hu- 
midité. Elles  se  conservent  mal  et 
prennent  très  vite  une  saveur 
acide.  « En  Basse-Bourgogne 
autrefois,  nous  raconte 
Colette  (4),  un  . fromage  frais, 
taiUê  en  triangle...  Là-dessus,  une 
sJîlfde  de  pissenlits  baignée 
o nmle  de  noix,  un  coup  de  vin, ... 

? JÏ2-*  Tnlpty-  » Et  Fauteur 
de  Stdo  d’ajouter  ; «Si  f avais  un 
maPer’  Je  lui  dirais  : 
e Méfie-toi  de  la  jeune  fille  qui 
naime  ni  le  vin,  ni  la  truffe,  ni  le 
fromage ni  la  musique.  » Et  a 
fortiori,  le  goût  recherché  de  la 
noix  nacrée  de  Pmsaye! 


C’était  l’Auberge  de  la  Tour,  une 
agréable  petite  maison.  Laissant  A 
ses  fils,  l'un  cuisinier,  l’autre 
pâtissier,  la  Table  d’Anvers  qu’il 
avait  créée,  Roger  Coutidni  vient 
den  faire  un  restaurant  Deux 
options  «Autour  d’un  plat»  pour 
98  F : choix  d’une  entrée  et  d’un 
P*at  ou  d’un  plat  et  d’un  dessert 
Un  menu-carte  A J 58  F (grand 
choix  «rentré»,  plats  et  desserts)  et 
la  carte  (compter  250  F),  riche  elle 
ausa  en  séductions  gourmandés. 
un  duo  de  terrines  : lapin  confit  et 
tête  de  cochon  en  boudin,  pâtes 
fraîches  aux  coques  et  calamars, 
blanquette  A l’ancienne  ou  noi- 
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.fbrom’Ques  gastronomiques, 
publiées  dans  le  Monde  sous  le 
nom  de  La  Reynière,  et  Fensemble 
de  ses  livres,  dont  le  dernier  en 
date,  la  Cuisine  des  terroirs,  est 
paru  aux  éditions  de  La  Manufac- 
ture. Ce  prix  lui  a été  remis  le 
..7.  ?oveiubre  dans  les  salons  de 
I Hôtel  de  Ville  de  Paris  par 
M.  Yves  Guéna,  maire  de  Péri- 
gueux,  et  Jacques  Chirac,  le  maire 
de  te  capitale,  qui,  à cette  occasion, 

1 a décoré  de  la  médaille  de  ver- 
meil de  te  Vflie  de  Paris. 


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vain, un  journaliste  ou  un  chef  qui 
a illustré  la  gastronomie  ».  Ce  prix 
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• <“ 


24  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991» 


SANS  ♦ VISA  _ 

PATRIMOINE 


par  Michel  Parent 


DANS  le  conflit  qui  ensan- 
glante le  territoire  dit  des 
Slaves  du  Sud  européen,  c’est 
d'abord  vers  ses  innocentes  vic- 
times, chaque  jour  plus  nom- 
breuses. que  va  notre  compas- 
sion. Nos  Etats  sont,  en  outre, 
légitimement  préoccupés  par  les 
dangers  auxquels  la  paix  en 
Europe  est  exposée  par  les  réper- 
cussions d'un  tel  drame.  Celui-ci 
affectant  inséparablement  les 
gens  et  les  biens  culturels,  ce 
n'est  pas  du  tout  être  indifférent 
ou  fataliste  à l'égard  du  destin 
des  populations  que  de  s'alarmer 
aussi  du  sort  d‘un  patrimoine 
artistique  d'une  qualité,  d'une 
diversité  et  d'une  densité  qui 
contribuent  à embellir  la  vie  et  à 
motiver  de  légitimes  fiertés. 

Do  tels  biens  ne  concernent  pas 
seulement  les  droits  et  les 
devoirs  des  communautés  en 
cause,  mais,  tant  juridiquement 
que  culturellement,  l’ensemble 
de  la  communauté  humaine. 
Faut-il  rappeler  que  chaque  Etat 
est  garant  des  biens  culturels 
d'autrui  comme  des  siens  pro- 
pres et  s’est  engagé  à les  protéger 
en  respectant  les  stipulations  des 
conventions  auxquelles  il  a libre- 
ment souscrit  : en  particulier  la 
convention  de  La  Haye  relative  à 
« la  protection  des  biens  culturels 
en  cas  de  conflit  armé  a qui  inter- 
dit l'utilisation  de  ces  biens  à des 
fins  stratégiques  (1954)  et  celle 
de  Paris  sur  c le  patrimoine  mon- 
dial de  ÏUNESCO  * (1972). 
Cetre  organisation  n'a  d'ailleurs 
cessé  depuis  l’origine  du  conflit 
de  tenter  de  faire  respecter  ces 
stipulations.  De  plus,  de  nom- 
breux biens,  aujourd'hui  mena- 
cés, relèvent  de  vastes  mouve- 
ments créateurs  qui  se  sont 
croisés  dans  cette  région  de  l’Eu- 
rope sans  avoir  jamais  été  enclos 
par  des  frontières  d’Etats.  Et  ce 
sont,  précisément,  les  croise- 
ments féconds  de  ces  cultures 
différentes  qui  ont  fait  ainsi  la 
réussite  de  ce  qui  est  devenu  le 
plus  spécifique.  H est  sûr  que, 
lorsqu'un  monument  de  Dalma- 
tie  est  détruit  ou  endommagé,  à 
Zadar,  Trogir,  Split  ou  Dubrov- 
nik, c'est  la  mémoire  de  toute 
l'Europe  qui  est  atteinte,  et 
quant  à celle  de  l'ensemble  des 
territoi  res  yougoslaves,  elle 
inclut  tout  aussi  bien  des  apports 
de  l'Orient  que  de  l’Occident. 

Mais  si  la  ville  de  Dubrovnik 
s'impose  finalement  comme  une 
des  plus  rares  réussites  architec- 


turales et  urbaines  qui  soient  au 
monde,  il  s'y  ajoute  encore,  au 
regard  des  droits  de  l'homme,  ce 
que  représente  l'histoire  singu- 
lière de  cette  ville,  dont  la  tradi- 
tion existentielle  de  convivialité 
est,  par  anticipation,  une  réponse 
aux  événements  qui  font  aujour- 
d'hui son  malheur.  La  solution 
qui  doit  mettre  fin  à ce  conflit 
intercommunautaire  pourrait  en 
effet  utilement  s’inspirer  de 
l’esprit  de  Dubrovnik  qui,  depuis 
les  origines,  est  caractérisé  par  le 
sens  du  respect  de  la  culture  de 
l’autre,  de  la  nécessaire  coopéra- 
tion entre  ceux  qui  sont  appelés 
à vivre  ensemble,  ce  qui  a été 
pendant  mille  ans  la  condition 
de  sa  prospérité,  de  son  rayonne- 
ment et  de  sa  liberté.  L’histoire 
universelle  connaît  partout  des 
pages  douloureuses  et  parfois 
honteuses.  Il  importe  d'en  garder 
le  souvenir,  afin  qu'elles  n’en 
inspirent  pas  de  semblables.  Et 
pour  les  exorciser,  c'est  un 
devoir  de  relire  et  d’exalter  les 
pages  exemplaires  au  lieu  de  les 
occulter. 

Est-il  nécessaire  de  rappeler 
d'abord  que  ITÜyrie  a constitué. 


dès  l’Antiquité,  cet  indispensable 
pont  d’échanges  culturels  entre 
l’Orient  et  l’Occident  ? C’est 
dans  l'espoir  d’en  perpétuer  le 
rôle  unitaire  que  Dioclétien 
construisit,  à égale  distance 
d’Athènes  ou  de-  Byzance  et  de 
Rome,  cet  immense  et  admirable 
palais-ville  capitale  qui  est  deve- 
nu Spalato  puis  Split,  la  grande 
voisine  de  Dubrovnik. 

An  septième  siècle,  les  Slaves 
atteignant  l’Adriatique,  les  Illy- 
riens  héllénisés  et  romanisés  du 
petit  port  d'Epidaure  (au  nom 
significatif)  s’installèrent  sur 
l'Uct  voisin  de  Raguse.  En  face 
de  l’îlot,  les  Slaves  donnèrent  à 
leur  établissement  littoral  un 
nom  déterminé  par  son  site  : 
Dubrovna  ou  la  forêt  de  chênes. 
Mais,  au  lieu  de  se  combattre, 
ces  deux  communautés  consti- 
tuèrent un  Etat  unique  et  joigni- 
rent leurs  capacités  complémen- 
taires : celles  de  marins  et  de 
terriens.  Ainsi  naquit  cette  Répu- 
blique libre  de  Raguse-Dubrov- 
nik  dont  le  commerce  maritime, 
mais  aussi  terrestre,  associa  à 
nouveau  l'Orient  et  l’Occident. 


Et  elle  sut,  pendant  on  millé- 
naire, maintenir  son  autonomie 
face  aux  puissances  qui  submer- 
gèrent tout  le  reste  du  territoire 
yougoslave  et  que  certaines, 
durablement,  se  partagèrent. 

Associée  à Comporta»  vénitien*  : 
Raguse- Dubrovnik  sut  en  tirer 
finalement  de  tels  Avantages  éco? 
nomiques  mais  aussi  politiques, 
qu’après  avoir  connu  un  premier 
âge  d’or  au  Moyen  Age,  un 
deuxième  à la  Renaissance,  elle 
en  vécut  un  troisième  lors  du 
déclin  de  (a  cité  des  Doges.  A la 
faveur  de  sa  diversité,  non  seule- 
ment originelle,  mais  riche  des 
apports  culturels  que  sa  vocation 
marchande  ne  cessa  d'accumuler, 
son  statut,  préservant  simultané- 
ment la  liberté  de  ses  citoyens  et 
l’unité  de  son  territoire,  s’était 
précisé.  Concrètement,  dès  le 
douzième  siècle,  le  comblement 
du  bras  de  mer  séparant  lUot  du 
continent  en  fut  le  signe,  aboutis-, 
saut  à l’aménagement  de  la  plus 
belle  artère  de  la  ville,  la  Plaça, 
qui  la  traverse  de  part  en  part. 
Quant  à ses  fortifications,  joyau 
d’architecture  ajusté  sur  un  site 


naturel  superbe  mais  fort  exposé, 
elles  n’ont  cessé  de  symboliser  le 
souci  vigilant  delà  sécurité  de  la 
République,  souvent  assiégée, 
mais  , en  général  sans  succès  : 
Dubrovnik  devant  surtout  son 
invulnérabilité  à sa  diplomatie  et 
à des  mérites  qui  ùn  firent  moins 

le  tien  propice  A llouer  entre  eux 
dialogues  et  trêves  et  à y acquérir 
les  produits  qui  leur  manquaient 

Dubrovnik  ne  connut,  en  fait, 
qu'un  désastre  majeur  : la 
secousse  tellurique  qui  la  ravagea 
en  1667,  mais  dont  elleeffaça  les  - 
effets  par  une  restauration  par- 
faite de  ses  édifices  anciens, 
agrémentés,  ici  et  là,  des  charmes 
nouveaux  de  Part  baroque.  Il 
faut  savoir  d’ailleurs  que -la  - 
ngueur du . contrôle  des. construc- 
tions y eut  un  caractère  statu- 
taire et,  sans  cela,  Dubrovnik 
n’aurait  pas  présenté  jusqu’à 
nous  son  exceptionnelle  beauté. 

D’une  façon  plus  générale,  les 
institutions  de  cette  République 
se  fondèrent  largement  sur  le 
bien  collectif,  compensant  tout 
privilège  par  d’exigeanis  devoirs. 


PARCOURS 


auhaus 
trois,  dernière  ! 


Suite  de  la  page  1 ? 

Lancé  à Weimar  sous  la  ban- 
nière d'une  gravure  expression- 
niste évoquant  la  cathédrale  gothi- 
que, avec  des  ateliers  de  tissage  et 
de  céramique,  le  Bauhaus  travail- 
lait, à Dessau.  le  métal  et  le  verre, 
et  s'emparait  de  la  photographie. 
De  la  philosophie  mazdéenne  et 
des  costumes  en  lin  d’un  végéta- 
rien au  crâne  rasé,  Johannes  luen, 
responsable  du  cours  de  première 
année,  les  élèves,  garçons  et  filles 
(une  centaine  chaque  année,  1 250 
en  tout)  allaiem  être  livrés  à un 
créatif  infatigable  et  plutôt 
«constructiviste»  qui  savait  tout 
faire,  sauf  parler  correctement  l'al- 
lemand /*,  le  Hongrois  Lazlo 
Moholy-Nagy,  que  l’on  appelait 
parfois  holy  mahagany,  («sacré 
acajou»)  et  qui  portait,  lui  une 
combinaison  inspirée  du  bleu  de 
travail,  mais...  rouge. 

Beaucoup  de  sport,  beaucoup  de 
•êtes,  des  spectacles  de  théâtre  et 
de  ballets  avec  les  marionnettes 
vivantes  dessinées  par  Oskar 


Schlemmer...  Le  but  n'était  pas  de 
vivre  comme  une  <\  île  des  origi- 
naux» mais  aussi  de  nouer  des 
liens  avec  l'industrie  (le  Bauhaus 
de  Dessau  crée  une  SARL  et  pro- 
duit des  objets,  des  lampes  notam- 
ment) et  d’exercer  une  influence 
sur  le  monde  réel.  En  passant  au- 
dessus  de  l'école  chaque  jour  pour 
leurs  essais,  les  avions  Junkers 
fabriqués  dans  une  usine  proche, 
rappelaient  aussi  les  dures  réalités 
de  ce  monde-là.  Les  oppositions 
politiques  à l'intérieur  de  l'école 
(sous  la  direction  d'Hannes 
Meyer,  après  le  départ  de  Gropius 
en  1928,  notamment)  et  l’hostilité 
des  partis  d'extrême  droite  qui, 
ayant  gagné  les  élections  munici- 
pales en  1932.  lui  couperont  les 
vivres,  l'obligeront  à fuir  encore,  à 
Berlin  cette  fois,  et  pour  quelques 
mois  seulement.  Condamnée  par 
les  nazis  pour  cosmopolitisme  (les 
toits  plats,  sous  ces  latitudes,  ça 
faisait  oriental,  donc  un  peu  juif) 
et  pour  «bolchevisme»,  le  Bau- 
haus sera  très  mal  vU  par  les 
orthodoxes  de  RDA,  après  1945, 


qui  lui  reprocheront  d’avoir  prôné 
des  idées  internationalistes  et  de 
s'être  arrangé  du  système  capita- 
liste. Révision  du  procès  à la  fin 
des  années  60,  réhabilitation  soi- 
gneuse des  bâtiments,  de  la  grande 
façade  de  verre,  rénovation  des 
intérieurs...  La  scrupuleuse  pau- 
vreté (tube  de  métal  et  toile  bise 
pour  les  sièges  de  la  salle  de  confé- 
rences) des  moyens  mis  en  œuvre 
dans  une  économie  de  pénurie 
souligne  pour  le  visiteur  occiden- 
tal l'effet  d’authenticité,  accentué 
par  le  kitsch  qui  guette  au  coin  de 
la  me  : une  salle  de  bal  style 
aimées  50,  qui  a mis  le  mot  Bau- 
haus dans  son  enseigne. 

Mythique,  le  Boubous?  Oui,  mais 
pas  seulement  : les  lieux  où  ridée 
a pris  forme  existent  et  la  réunifi- 
cation allemande  les  place  désor- 
mais sur  un  itinéraire  aisé  : les 
pèlerins  qui  viennent  à Berlin  voir 
les  tapisseries  des  premières  élèves 
du  Bauhaus  de  Weimar,  les  cos- 
tumes de  scène  du  ballet  triadique 
d'Oskar  Schlemmer,  qui  fut  donné 
à Dessau,  l'ancêtre  indémodable 
de  la  lampe  de  bureau  ou  les 
maquettes  des  projets  d’architec- 
ture communistes,  aux  deux  sites 
«historiques»,  situés  dans  les 
Lânder  de  l’Est  : Weimar  et  Des- 
sau. 

Weimar,  où  les  étudiants  des 
beaux-arts  travaillent  dans  les 
locaux  construits  par  l’architecte 
Henry  Van  de  Velde.  dans  un 
style  plus  proche  de  l’Art  nouveau 


La  fondateur  du  Bauhaus, 
Walter  Giapius,  en  1920. 

et  ou  seules  trois  peintures 
murales  (détruites  par  les  nazis, 
reconstituées  depuis),  dans  l’esca- 
lier, signalent  les  recherches  for- 
melles de  ce  qui  devint  le  Bau- 
haus : tout  simplement  « la 
maison  de  la  construction»  (Bau) 
mais  peut-être,  note  Frank  Whit- 
ford,  avec  une  allusion  an  fait  que 
«bebauen » veut  dire  aussi  «culti- 
ver la  terre»,  donc  semer,  faire 
germer... 

Dessau,  ville  d’accueil  à partir 
de  1925.  quand  un  changement  de 


majorité  au  Land  de  Thuringe 
avait  fait  tarir  les  subventions  et 
obligé  les  dirigeants  du  Bauhaus  à 
déménager.  Dessau,  cité  indus- 
trielle au  paysage  urbain  désolé, 
au  cœur  d’une  région  écologique- 
ment dévastée  par  la  pollution 
chimique,  dont  le  nom,  Bitterfdd, 
est. devenu  nn  synonyme  deTen- 
fer.  Dessau,  où  le  Bauhaus  connut 
sa  période  la  plus  fertile,  la  plus 
novatrice,  où  il  construisit,  selon 
les  plans  de  Gropius,  ses  propres 
locaux  pour  l'enseignement,  les 
ateliera  et  les  logements  des  Sèves, 
bâtiments  où,  actuellement,  ties 
chercheurs,  architectes,  designers,, 
essaient  de  relever  les  nouveaux 
défis  de  l’époque,,  ceux  deTéavi- 
ronnement  dont  leur  région  donne 
un  si  affligeant  exemple. 

De  même  que  le  petit  musée  de 
Berlin,  les  bâtiments  de  Dessau 
figurent  aujourd'hui,  oomme.ies 
œuvres  d'Aalto  en  Finlande,  lès 
réalisations  de.Scarpa  en  Italie  on 
[a  viüa  Savoye  de  Le  Goifmsîer  à 
Poissy,  sur  ritinéraire  du  Grand 
Tour  que  se  doivent  les  amateurs 
d’architecture  moderne  qui  veu- 
lent en  connaître  de  visu  les 
sources  pour  mieux  les  compren- 
dre. 

L’Afiemegna  sa  réunifie  mais  les 
archives,  cenès  de  Weimar,  celles 
de  Dessau,  celles  de  Berlin,  reste- 
ront séparées.  «Nota  ne  sommes 
pas  un  pays  centralisé  comme  la 
France  ».  répand  Peter  Hahn,  xjui 


Maïs,  au  terme  d’une  lente 
évolution,  c’est  an  début  du  dix- 
neuvième  siècle  que  se  rompit 
simultanément  l’équilibre 
interne  des  pouvoirs  et  ('équili- 
bre externe  des  puissances  étran- 
gères. Napoléon  mit  fin  à l’indé- 
pendance de  Raguse-Dubrovnik 
en  1808,  tout  en  . la  libérant  de 
taxes  arbitraires  et  eh  l’intégrant 
A ses  Provinces  iilyriennes,  sans 
doute  éphémères*  et  bientôt 
annexées  par  P Autriche,  mais 
.dont  la  référence  anx  origines 
inspira  Vilïycisme  : ce  premier 
mouvement  qui  motiva  chez  les 
Slaves  du  ‘ Sud,  une  volonté  de 
retrouver  leur  indépendance  A la 
faveur  de  leur  unité. 

_ («né  wft*  vécae  feeT  au.  long  du 

vingtième  siècle  et  jalonnée  de 
..  .drames.  Une  unité 'qui  a pris 
. figure  aujourd’hui  d’inaccessible 
utopie—  ; 

Pour  autant,  iL  n’est  pas  juste 
que  Fappel  à témoins  de  l'His- 
toire ne  serve  qu’à  diaboiiser  col- 
lectivement les  voisins  innocents 
ou  les  frères  abusés.  La  institu- 
tions internationales  qui  tentent 
d’apaiser,  le  conflit  et  qn’il  est 
injuste  d’accuser  d'impuissance 
lorsque  ses  représentants  s’expo- 
sent à partager  tes  épreuves  sup- 
portées par  les  populations 
civiles  seraient  fondées  A invo- 
quer auprès  des.  força  impli- 
quées cet  esprit  de  Dubrovnik 
dont  l’émergence  fut  tm  honneur 
de  cette  région  du  monde. 

générale  Je  12  novembre  ( 1991  et 
approuvant  les  Conduirions  de  ce 
texte,  la  section-irançaise  du 
Conseil  international  des  monu- 
ments et  dés.  sites  (ICO MOS) 
émet  le  vceiiquela  Communauté 
cnxopéehiMvfe  Conseil. de  l’Eu- 
rope, les'; : Nations  unies, 
l’ UNESCO  et  bien  entendu 
FIÇÔMÔS  lui-même  en  appel- 
lent à Fexemplarité  de  l’histoire 
de  Dubrovnik  comme  symbole 
dé  là  paix  à reconstruire.  Elle  a 
demandé  aux  principales  autori- 
tés françaises  de  sauvegarde  ainsi 
-qu’à  Eoropa  nostra  de  soutenir 
ce  vœu,. 

► Michel  Parent  est  ancien  prési- 
dent du  Patrimoine  mondial 
(UNESCO)  et  du  Conseil  interna- 
tional des  monuments  et  des 
sites  (1  COM  OS). 


-continue  d’enrichir  là  collection 
berlinoise^  et  anime  une  équipe  de 
chercheurs.  L'exposition,  organi- 
sée en  ,1989  par  les  Berlinois  A 
Dessau;  .dès  lé, . début  de 
l’« ouverture»  donc,  avait  été  un 
véritable  événement.-*  Les  gens 
faisaient  la  queue  comme  jamais 
cela  n 'arrive  icL  » Son  projet  : 
agrandir  fe  mutée  «dont  la  façade 
principale  est  malenamtreusement 
tournée  vers  le  sud»  (ah!  le  fonc- 
tionnalisme™) et  « supprimer  Ut 
fmseréUè  » qui  oblige  A un  détour 
-selon  lui  inutile,  mais  que  la 
modernes  entendaient  comme  une 
«promenade  architecturale»  pour 
■ mieux  voir  nn  édifice. 

Mais.  IA,  même  avec  l’appui  de 
l’uzi  des  derniers  élèves  du  Bau- 
haus encore  en  vie,  Max  BüL  fon- 
dateur de  l'école  de  design  <rutm 
après  la  guerre,  3 a affaire  à ceux 
qui  n’admettent,  pas  qu’on  touche 
au  bâtiment  de  Gropius  tel  qu’il 
est  Entrée  dans  te  patrimoine  et 
dans  rhistôire,  te  modernité  a ses 
grands  piètres,  et  ses  dévêts. 

~ . Denotre  envoyée  spéciale 

► BauhaiiiS  Arcfiiv,  Muséum  fÜr 
Gestatamg  (Musée  du  deahpth- 
. tous  las  jours,  sauf  mardi.  11  HA 
■17  htféyâoaretfi  jusqu'à  20  h)-' 
.Sfbfiothdguert. cafétéria.  Ktin- 
nertxiforsbr.  14.  Betân  30,  tél.  : 
MIS  4P  30)  40  020 . 


; 


ECONOMIE 

);  !■?  ■;27:-;.!i/È;6oiiygBes  dénient  vouloir  racheter  « le  Figaro 

(e  CSA  Z;.';, 


• Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  25 


SECTION  C 


[ 28  ftterchés  financiers  -v- 
V 29  Bourse  de  Paris  ' . 


...  ‘ * -, 
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La  position  des  porteurs  minoritaires  dans  les  offres  publiques  d'achat 

3s  deux  tiers  M.  Bérégovoy  relance  le  débat 

Z^ZXZ'*’ ***  sur  la  réglementation  des  OPA 


Les  deux  tiers 

U aura  fa&j  à peine  phis  de  deux 
ans  pouf  que  r apparent 
consensus  sur  te  réglementation 
des  offres  publiques  d'achat 
(OPA)  voie  en  éclat.  Depuis  la 
début  de  Tannée,  chaque  rachat 
est  contesté  par  des  actionnaires 
minoritaires  s'estimant  lésés.  . 
Leur  argumentation  a touché  des 
■ autorités  boursières,  comme  ta 
Commission  des  opérations  de 
Bourse  (C06),  et  le  débat  est 
remonté  jusqu'au  ministère  de 
l'économie.  M.  Pierre  Bérégovoy 
s'est  dit  * préoccupé»  et 
favorable  à une  modification  de 
la  rèÿe  dés  OPA  sur;  les  deux 
tiers  du  capital  ai  elle  fait 
l'unanimité  des  intéressés. 

En  mars  1989,  soucieux  de 
moraliser  les  marchés  financiers, 
les  pouvoirs  publics  décidèrent 
de  réglementer  les  OPA.  un 
règlement  étant  plus  facile  à 
modifier  qu'une  loi.  Le  Conseil 
des  Bourses  de  valeurs  (CBV) 
institua  le  déclenchement 
automatique  d'une  offre,  d’achat  ' 
dès  qu’une  entreprise  détient 
plus  de  33  % du  capital  d'une 
autre.  L’obligation  est  alors 
d'acquérir  «au  moins  tes  deux 
tiers  des  titres».  Soumise  à la 
COB,  puis  à te  Banque  de  France, 
cette -règle  fut  approuvée  par 
M.  Bérégovoy. 

Après  deux  ans  de 
fonctionnement,  cette  mesure 
montre  ses  Bmites.  Rares  sont 
les  entreprises  qui  envisagent 
d'acquérir  l'intégrafité  d'une 
podété  reles  .n'y  sont  pas 
obfigées,  et  este  leur  coûterait 
beaucoup  plus  cher.  A l'inverse, 
cette  mestre  favorise  tes  gros 
actionnaires  au  détriment  des 
minoritaires.  En  effet,  lorsqu'une 
OPA  eâtf  déclsnâidè  W 66  96  du 
capital,  tous  les  titres  apportés 
ne  sort  acceptés  que  dans  te 
Dmfte  des  besobis.  L'égafité  de 
traitement  n'existe  pas  entre  le 
porteur  vendeur  de  son  bloc 
d’actions  qui  permet  le  rachat  de 
l’entreprise  et  le  minoritaire  qui 
ne  verra  pas  tous  ses  titres  pris. 
Faut-a,  dans  ces  pondrions, 
imposer  l'OPA  sur  100  % du 
capital  comme  l'envisageait  un 
moment  un  pre^erde  directive 
européenne,  au  risque  de  voir  1a 
cote  ae  vider?  L'extension  de 
l'offre  à l'intégrafité  du  capital  ne 
risque-t-elle  pas  de  laisser  (e 
champ  libre  aux  raklers  étrangère 
généralement  plus  fortunés  que 
leurs  homologuas  français?  Dans 
te  cas  du  Printemps,  repris  selon 
ta  règle  des  deux  tiers  par  - 
Pinadt,  ce  serait  précisément  te 
grand  risque.  Le  CBV,  qui  se 
réunira  te  4 décembre  pow 
étudier  tes  dossiers 
Pinaiit-PrÉnternps  et  Agneffi-Exor, 
devrait  aborder  te  question.  Mais 
comment  modffier  te  règle  du  jeu 
en  cours  de  partie  sans  aggraver 
le  sentiment  d'injustice  ressenti  - 
par  les  minoritaires  fors  des 
opérations  précédentes? 

. DOMINIQUE GALLOIS 


Dans  son  discours  de  clôture  pn>  il  finit  un  consensus  entre  les  sodé - 
noncé  jeudi  28  novembre  à f issue  lés  axées  et  te  Conseil  des  Bourses 
des  premiers  entretiens  de  la  Cotn-  de  voleurs  (CBV).  Tant  eue  l'tuiani- 
nüsskm  des  opérations  de  Bourse  mité  sur  l'obligation  de  lancer  une 
(COR)  consacrés  à «rinfonnation  OPA  sur  la  100  % du  capital  ne 
et  Pépaigcant»,-M.  Pierre  Bérfgo-  s&a  pas  établie,  nous  ne  modifie- 
voy,  ministre  dé  l’économie  ci  des  par  le  règlement»,  a poursuivi 

finances,.  a fait  paît  de  sa  «préoccu-  jg  ministre,  rappelant  que  la 
potion»  sur  la  lÿernentanm  des  COB  a son  mot  à dire, 
offres  publiques  «Tachai  (OPA).  . w , 

. » • Aut  ■ i j—-.  j D autre  part,  M.  Bérégovoy  a 

*2°*  d*M,  K souhaité  que  tes  entrepris»  soient 

nous  votions  toujours  à ceque  ta  /eun  rèsuitQt5  ^ sur  leur  activité ». 

itjftfiïti? li^chïr,  «te 

ai.'tssi.ttüSsj  ttszesETz 

obligatoire  à 33%,  ou  moins  cTobli-  «1°  un  « ?on  résultat  en  ce  qui 
gâtions?  La  prise  de  contrôle  mini-  «"terne  le  commerce  extérieur  son 
mate  devait-efie  être  de  51  %,  66%  moùu  important  qu'une  taux  venant 
ou  100  % pour  garantir  les  minori-  de  SVaff  Streeu  » Et  de  amdim  : 
taire»?  la  reprise  est  là,  die  sera  amplifiée 

'S-it  Jmu  change  te  «»  COM  to  prochain  senuaxs. 

nom  le  changerons,  mais  avant  tout  F.  Bn. 


Un  entretien  avec  le  vice-ministre  russe 

de  l’économie 

Les  prix  de  certains  produits  devraient  être  multipliés  par  cinq  en  Russie,  en  décembre 

nous  déclare  M.  André!  À.  Nechaev 


feHaôt-a  tm  seuil  de  désigne 
! obligatoire  à 33  %,  ou  moins  d'obli- 
gations? La  prise  de  contrôle  mini- 
male devait-«Be  être  de  51%,  66  % 
ou  100  % pour  garantir  (es  minori- 
taires? 

«S’il  /dut  changer  le  règlement, 
nous  le  changerons,  mais  avant  tout 


Le  gouvernement  de  te  Fédéra- 
tion de  Russie  a ratifié  jeudi 
28  novembre  les  décrets  écono- 
miques signés  U y a quelques 
jouis  par  te  président  Boris  Elt- 
sine. Elément  dé  de  te  réforme, 
ta  fibéra&ation  des  prix  de  déta3 
se  traduira  par  te  multiplication 
par  trois,  quatre  ou  cinq  de  cer- 
tains prix,  a expliqué  au  Monda 
te  vice-ministre  de  l'économie  et 
des  finances  ds  Russie, 
M.  André?  A.  Nechaev. 

MOSCOU 

de  notre  envoyé  spécial 

Chargé  de  q/ettre  en  application 
les  décrets  économiques  de  M Elt- 
sine, M.  André?  A.  Nechaev  reçoit. 


seul  et  sans  protocole,  dans  les 
anciens  locaux,  massifs,  du  Gos- 
plan  (l’administration  centrale  du 
plan  d’Etat)  sur  Tex-jrface  Marx. 
Ce  jeune  économiste  proche  du 
vicepremier  ministre  M.  Egor  Gaï- 
dar, définit  ta  première  étape  des 
réformes  dans  «la  libéralisation 
rapide  de  la  vie  économique  au  sens 
large».  11  retient  trois  domaines 
d’actions  immédiates. 

Premier  champ,  le  plus  impor- 
tant : la  libéralisation  des  prix. 
Déjà  annoncée  par  M.  Eltsine,  elle 
devrait  entrer  en  application  au 
mois  de  décembre.  Tons  les  prix 
seront  complètement  libérés,  sauf 
ceux  de  «***am«  produits,  pour  les- 
quels le  gouvernement  russe  fixera 
des  prix  plafond.  Il  en  sera  ainsi 
pour  les  produits  énergétiques, 
comme  le  pétrole,  les  produits 


La  visite  de  M”  Edwige  Avice  à Brazzaville 

La  France  apportera  de  nouveaux  concours  financiers 

au  Congo  en  1992 


Au  cours  d'un  voyage  officiel 
à Brazzaville,  du  24  au 
26  novembre,  le  ministre  fran- 
çais de  la  coopération, 
M—  Edwige  Avice,  a assuré  tes 
autorités  congolaises  du  soutien 
de  la  France.  Paris  devrait 
apporter  de  nouveaux  concours 
financiers  au  Congo  en  1992. 

-iî»  .£•)•*/  i»; 

1 ^BRAZZAVILLE 
de  notre  envoyé  spécial 

Tout  va  mal  pour  l’économie 
congolaise,  mais  tout  va  mieux 
entre  Flans  et  Brazzaville»  Destinée 
à remercier  les  autorités  do  Congo 
pour  leur  soutien  dans  révacuation 
des  ressortissants  français  tors  des 
récents  troubles  an  Zaïre,  h visite 
de  M"  Edwige  Avice,  ministre  de 
ta  coopération,  a permis  aux  deux 
pays  de  reprendre  un  dialogue  quel- 
que peu  brouillé  au  cours  des  mois 
passés.  En  juillet,  le  nouveau  pre- 
mier ministre.  M.  André  Mflongo, 
juste  élu  par  la  Conférence  naoo- 
inaie  souveraine,  s’était  précipité  à 
Paris  pour  demander  à la  France  un 
appui  financier  substantiel,  espérant 
ainsi  obtenir  la  « prime  à la  démo- 
cratie» que  justifiait,  à ses  yeux, 
Xappticanon  à ta  lettre  du  discours 
de  La  Banle,  prononcé  en  juin  1990 
par  M.  François  Mitterrand. 

Mesures 


Mais  Paris  refusa  de  signer  un 
chèque  en  blanc  aux  nouveaux  diri- 
geants du  Congo,  en  dépit  de  leur 


bonne  volonté  démocratique.  IJ  * pow  s 
manquait,  à l’appui  de  leur  pompé 
demande,  un  pian  de  restructura-  démesi 
tien  économique  précis.  M.  Pierre  de  ta  C 
Bérégovoy,  ministre  français  de  en  juin 
réconomie,  s’engagea  seulement  sur  suppléi 


un  montant  de  50  millions  de 
francs  et  M.  Milongo  rentra  marri  à 
Brazzaville,  déclarant  quU  «man- 
quait un  zéros  à Paide  française. 
L’idée  se  répandit  au  bord  du 
fleuve  que  Paris  se  montrait  moins 
exigeant  au  temps  du  régime  de 
M.  Sassou  Ngnrâso  et  le  malen- 
tendu risquait  de  s’installer  dans  ce 
pays  francophile  où  le  général  de 
Gaulle,  entre  1941  et  1944,. installa 
ta- capitale  de  la  France  libre. 

Avec  tact  et  humour  - mai?  non 
sans  fermeté,  M-  Avice  a,:  cette 
fois,  assuré  le  Congo  d’un  appui 
économique,  à condition  que  le 
programme  d’action  financier  du 
gouvernement,  jugé  acceptable  en 
son  état  actuel  par  le  ministre  de  ta 
coopération,  soit  légitimé  et  mis  en 
œuvre  par  les  institutions  congo- 
laises. M“  Avice  a ainsi  annoncé 
que  les  50  minions  de  francs  déjà 
promis  en  juin  seraient  bientôt  effi- 
cacement décaissés  pour  ta  réhabili- 
tation du  chemin  de  fer  «Congo 
Océan».  Paris  prévoit  surtout  pour 
1992  rapport  de  « nouveaux 
concours  financiers  » pins  impor- 
tants, g le  gouvernement  poursuit 
dans  ta  voie  duâsie  de  l'assainisse- 
ment. Aucun  chiffre  n’a  toutefois 
été  communiqué.  Une  prudence  de 
bon  aloi  : (es  partenaires  veulent 
progresser  pas  à pas  dans  nn  pro- 
cessus encore  fragile,  où  le  politique 
(la  démocratisation  et  les  pro- 
chaines élections)  interfère  sans 
cesse  avec  les  impératifs  économi- 
ques immédiats. 

Les  nouveaux  dirigeants  de  Braz- 
zaville savent  qu’a  faut  rapidement 
prendre  des  mesures  impopulaires 
pour  soulager  un  budget  exsangue, 
pompé  par  une  fonction  publique 
démesurée.  Pendant  les  trois  mob 
de  ta  Conférence  nationale,  achevée 
en  juin,  douze  mille  fonctionnaires 
supplémentaires  ont  été  embauchés. 


ta  masse  salariale  annuelle  gonflant 
de  80  à 130  milliards  de  francs 
CFA  (1  franc  CFA  - 0,02  franc). 
Pays  de  2 J.  millions  d’habitants,  (e 
Congo  compte  160  000  employés, 
dont  pins  de  la  moitié  sont  des 
agents  de  l’Etat  Le  déficit  courant 
mensuel  atteint  quelque  6 milliards 
de  francs  CFA  et  les  fonctionnaires 
sont  payés  tous  les  deux  mois. 
«Nous  avons  inventé  le  mois  à 
soixante  jours»,  ironise  un  observa- 
teur. 

Des  aides 

i la  création  d'entreprises 

L’argent  ne  rentre  pas  dans  les 
caisses.  La  dette  du  Congo  dépasse 
5 milliards  de  dollars,  et  toutes  les 
institutions  multilatérales  (FMI. 
Banque  mondiale.  Banque  africaine 
de  développement.  Banque  euro- 
péenne d’investissement.  Caisse 
centrale)  ont  suspendu  leurs  prêts. 
Pénalisé  par  ses  arriérés,  Brazzaville 
ne  devrait  plus  recevoir  de  concours 
financiers  du  FMI  et  de  la  Banque 
mondiale  avant  trois  ou  quatre  ans. 
Au  cours  de  ta  prochaine  décennie, 
il  faudrait  licencier  trente  mille, 
voire  quarante  mille  fonctionnaires. 

Ces  chiffres  donnent  des  cauche- 
mars aux  dirigeants  congolais, 
même  si  la  France  et  la  CEE  envi- 
sagent un  plan  social  qui  permet- 
trait aux  agents  «ajustés»  de  per- 
cevoir des  indemnités  pour  créer 
lenr  propre  entreprise.  A moyen 
tenne,  Paris  veut  encourager  des 
projets  en  faveur  de  l'industrie  pri- 
vée. de  certaines  filières  (ta  chaîne 
du  froid),  des  activités  de  service 
(commerce,  transit)  en  plus  de  ren- 
seignement technique  et  de  ta  santé. 

Mais,  comme  le  note  le  secrétaire 
d’Etat  au  budget,  M.  Jean-Luc 
Malekat,  il  fout  sortir  au  plus  vite 
le  Congo  «d’une  crise  économique 


sans  précèdent  v.  Le  secteur  produc- 
tif. dominé  par  k pétrole  (90  % des 
recettes  d'exportation),  a été  sinistré 
par  ta  baisse  des  cours  du  brut 
depuis  cinq  ans.  Les  Congolais 
reprochent  aussi  à Elf,  principal 
opérateur  pétrolier  avec  ritalien  i 
Agip,  de  ne  pas  restituer  au  pays  | 
suffisamment  de  bénéfices...  D’où  la 
pression  feutrée  exercée  par  Brazza- 
ville quant  à l'attribution  des 
concessions  du  futur  gisement  de 
Yambo,  jugé  très  prometteur. 

Des  firmes  américaines,  dont 
Amoco.  sont  sur  les  rangs.  On 
grince  un  peu  côté  français:  «Le 
Congo  n’a  pas  intérêt  à jouer  aux 
cow-boys  avec  de  vrais  cow-boys.  »Le 
gouvernement  a cependant  promis 
de  tenir  ses  engagements  passés  vis- 
à-vis  dT2f,  dont  l'activité  fait  l'objet 
d’un  audit.  Sut  les  neuf  millions  de 
tonnes  de  brat  produites  chaque 
année,  la  société  française  en  extrait 
environ  sept  millions. 

« Les  entreprises  publiques  sont  un 
gouffre  à sous  »,  ajoute  encore 
M.  Malekat,  affichant  un  désir  de 
désengagement  de  l'Etat.  Parmi  les 
firmes  à privatiser  figurent  PATC 
(Agence  transcongotaise  de  commu- 
nication), ta  compagnie  pétrolière 
Hydrocongo,  ta  Société  nationale 
d’éleciricilé,  celle  de  distribution 
des  eaux,  celle  aussi  des  postes  et 
télécommunications.  Enfin,  le  gou- 
vernement espère  obtenir  de  diffé- 
rents bailleurs  de  fonds  2,5  rail- 
liante  de  francs  CFA  pour  préparer 
les  élections,  effectuer  le  recense- 
ment, constituer  les  listes.  Des 
étapes  que  ta  France  est  prête  à 
accompagner  (avec  le  Canada  et  ta 
Belgique;  entre  autres),  si  pareilles 
tâches  n’entraînent  pas  une  recru- 
descence de  fonctionnaires  ad  hoc. 

ÉRIC  FOTTORINO 


Avec  an  prix  de  Faction  de  1 320  F 

Le  contrôle  d’Exor  contera 
3,7  milliards  de  francs  an  groupe  Apelü 


L’ÏFINT,  le  holding  luxembour- 
geois du  groupe  Agnefli,  a pré- 
senté, jeudi  28  novembre  (tans  ta 
matinée,  les  modalités  exactes  de 
son  offre  publique  d’achat  (OPA) 
sur  Exor. 

La  proposition  porte  sur  les 
deux  tiers  du  capital  et  le  prix 
retenu  est  dé  1 320  F par  action 
pour  un  cous  ayant  oscillé  entre 
I 520  F et  1 024  F depuis  le 
dârat  de  l’année. 

L’IFINT,  qui  a déjà  acquis 
1,4?  million  de  titrai  auprès  de  ta 
famille  Mentzelopoulos  (soit 
34,7  % du  capital),  se  propose 
d’en  acheter  1,36  million  supplé- 
mentaire pour  atteindre  ta  barre 
des  66  %l  «Si  le  nombre  de  titres, 
présenté  est  supérieur,  VIFWT  se 
réserve  la  /acuité  d’acquérir  toutes  ~ 
; les  actions  proposées  ou  de  réduire 
le- nombre  de  titres  présentés 
pour  atteindre  les  deux  tiers  dn 
capital-  - 


Le  groupe  AxndUi  déboursera 
donc  3,7  milliards  de  francs  pour 
prendre  66  % d’Exor,  ce  holding 
qui  est  le  premier  actionnaire  de 
Perrier  (le  Monde  du  29  novem- 
bre). 


des  offres  de  Famée 

Par  son  montant,  cette  acquisi- 
tion se  classe  au  quatrième  rang 
des  grandes  offres  publiques 
d’achat  ou  d’échange  de  Pansée, 
qui  ont  toutes  été  déposées  à l’au- 
tomne. 

Elle  est  inférieure  à celle  lancée 
par  Pinault  sur  le  Printemps 
. (5  milliards  de  francs),  par  Accor 
sur  les  Wagons-lits  (4  militante) 
on  par  Saint  Louis  sur  Arjoman 
(43  .milliards).  Toutefois,  elle  est 
supérieure  à celle  des  Galeries 
Lafeyette  sur  les  Nouvelles  Gale- 
ries (2  milliards)  lancée  au  début 
de  im 

D.  G. 


— AVIS  FINANCIERS  DES  SOCIÉTÉS  

C.G.I.  INFORMATIQUE:  RESULTATS  DE  L'ANNEE  1991 

CHIFFRE  D’AFFAIRES  : + 17,3%  RESULTAT  NET:  + 10,3% 

Le  Conseil  d 'Administration  de  la  COMPAGNIE  GENERALE  D'INFORMATIQUE  a arrêté 
les  comptes  de  la  société,  et  annoncé  les  résultats  du  groupe  au  31  août  199  L- 

• le  chiffre  d’affaires  consolidé  s’élève  à 1 780  millions  de  Francs,  soit  une 
progression  de  173%* 

• le  résultat  net  consolidé  a atteint  167,6  millions  de  Francs,  soit  une 
croissance  de  10,3%. 

• le  chiffre  d’affaires  à l'étranger  est  de  600  millions  de  Francs,  soit 
33,7%  du  chiffre  d’affaires  total  et  une  progression  de  23%. 

L’Assemblée  Générale  Ordinaire  sera  convoquée  1e  6 février  1992.  Le  Conseil  d'Adminis- 
tnation  lui  proposera  la  mise  en  réglement,  le  13  mars  1992,  d’un  dividende  de  4,20 
Francs  (soit  6,30  Francs,  avoir  fiscal  indus). 


CCI  INFORMATIQUE 
E INFO 


pétroliers,  le  gaz  naturel  et  l’élec- 
tricité. Le  prix  de  ces  produits  sera 
multiplié  par  cinq.  Il  en  sera  de 
même  pour  l’essence,  dont  le  litre 
est  actuellement  vendu  42  kopeks 
(environ  5 centimes  au  coure  tou- 
ristique du  rouble).  « Les  prix  de 
ces  produits  devront  être  rapprochés 
des  niveaux  du  marché  mondial 
mais  cria  ne  peut  se  faire  que  petit 
à petit»,  explique  M.  Nechaev. 

Une  liberté  partielle  des  prix 
sera  également  accordée  à une 
seconde  catégorie  de  produits,  ceux 
relevant  de  monopoles  naturels  (or, 
argent,  transports,  moyens  de  com- 
munication) et  ceux  des  biens  de 
consommation  considérés  comme 
de  première  nécessité  (pain,  médi- 
caments, lait  et  produits  laitiers, 
loyers,  sucre,  sel,  vodka...).  Des 
prix-plafond  seront  fixés  par  l'Etat 
pour  ces  produite,  trois  à quatre 
fois  supérieure  aux  prix  actuels. 

Réduire 
l'impact  social 

Ces  fortes  augmentations  ne 
constituent,  a ajouté  M.  Nechaev, 
qu’une  première  étape,  une 
seconde  étant  déjà  envisagée  pour 
ta  fin  du  premier  trimestre  1992. 
Pour  réduire  l'impact  social  de  ccs 
hausses  de  prix  brutales,  des 
mesures  seront  prises  en  faveur  de 
certaines  couches  de  ta  population. 
«Nous  ne  voulons  plus  subvention- 
ner les  producteurs , explique  le 
ministre,  mois  aider  concrètement 
certains  groupes  sociaux  très  déter- 
minés, en  l’occurrence  les  retraités, 
les  étudiants,  les  enfants  et  ceux  qui 
dépendent  directement  du  budget» 
Le  nouveau  gouvernement  réfléchit 
à des  formes  diverses  d’aides  - en 
nature  notamment  - en  faveur  de 
ces  catégories  défavorisées.  Libérés, 
les  salaires  dans  le  secteur  de  la 
production  ne  devraient  pas  aug- 
menter aussi  vite  que  les  prix. 

Second  domaine  de  la  libéralisa- 
tion prévue:  celle  du  commerce 
extérieur.  Contrairement  aux  décla- 
rations de  M.  Eltsine,  qui  avait 
annoncé  pour  très  prochainement 
un  taux  unique  du  rouble,  deux 
taux  distincts  devraient  subsister  : 
un  taux  commercial  et  un  taux  de 
marché.  L’un  et  l'autre  traduiront 
une  forte  dévaluation  du  rouble. 
Pour  le  taux  commercial,  le  dollar, 
qui  vaut  actuellement  1,7  rouble, 
devrait  passer  à 5 roubles  environ. 

Enfin,  troisième  domaine  de  ta 
réforme,  la  réduction  du  déficit 
budgétaire-  H représente  actuelle- 
ment environ  20  % du  PNB. 
«r  Nous  cherchons  à agir  sur  les 
dépenses  comme  sur  les  recettes », 
explique  M.  Nechaev.  U prévoit  la 
réduction  des  investissements  cen- 
tralisés et  des  programmes  mili- 
taires et  sociaux.  II  ajoute  : «Nous 
allons  aussi  procéder  à une  réforme 
du  système  fiscal,  avec  l'introduc- 
tion d'une  sorte  de  TVA.  » U s'agira 
d’une  taxe  sur  les  ventes  à un  taux 
qui  pourrait  être  de  28  %. 

Les  autres  Républiques  de 
l’Union  vont-elles  accepter  ces 
fortes  augmentations  de  prix?  Les 
décisions  du  gouvernement  russe 
risquent  de  provoquer  de  vives 
réactions,  en  Ukraine  notamment. 
Certains  pourraient  refuser  ces 
hausses  et  décider  immédiatement 
l'instauration  de  barrières  doua- 
nières entre  elles  et  ta  Russie  ou 
accélérer  ta  création  de  monnaies 
nationales.  «A  titre  de  protection, 
nous  sommes  prêts  à introduire  une 
monnaie  russe  dans  notre  Républi- 
que. si  dt  autres  Républiques  déci- 
dent de  créer  leurs  propres  mon- 
naies», affirme  avec  vigueur 
M.  Nechaev. 

ÉRIK  IZRAELEWICZ 


□ M.  Sitaer  reca  par  M.  Mitter- 
rand. - Le  président  du  comité 
économique  inter-républicain  de 
rURSS.  M.  Ivan  Sitaev,  devait  ren- 
contrer, vendredi  29  novembre,  à 
Paris,  le  président  Mitterrand  et  le 
premier  ministre,  M*  Edith  Cres- 
son. Leurs  entretiens  devaient 
notamment  porter  sur  le  nouveau 
crédit  céréalier  de  deux  milliards 
de  francs  octroyé,  mardi,  à l’URSS 
et  sur  l’accord  de  troc,  conclu  le 
mois  dernier,  sur  la  fourniture  de 
sucre  et  de  viande  en  échange  de 
produits  énergétiques  soviétiques. 


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de  notre  envoyée  spéciale  sfeurs  sociétés  d’ingénierie  oociden-  téléphoniques. 

Venu  plaider  la  cause  des  entre-  taies  (dont  la  firme  française  Toutefois,  rampteur  des  contrat 
prises  françaises  au  Koweït  lois  Technip,  plus  spécialement  chargée  g venir  dans  le  secteur  des  télécom 

d’une  visite  officielle  de  deux  jours  des  installations  de  West-Koweït)  snmicatioiu  ne  sera  connue  a va 

qui  s'est  achevée  mardi  26  novem-  planchent  sur  le  sqjfA.  En  ce  qui  certitude  qu’use  fois  arrêtées  le 

bre,  le  secrétaire  d’Etat  au  com-  concerne  la  réfection  des  centres  de  grandes  lignes  du  budget  koweïtiei 

merce  extérieur,  M.  Jean-NoSi  stockage  de  pétrole  brut,  une  dbu-  pour  Tannée  1992.  Les  arbitrage; 

Jeanneney,  n’a  pn  que  se  rendre  & mine  de  sodétés,  parmi  tequdtes  semblent  difficiles  à établir.  L< 

l’évidence  : les  firmes  hexagonales  figureraient  trois  sociétés  fran-  bcmdage  de  ce  budget,  initialemen 

ont  peu  profité  de  F* effet  recons-  çaises,  ont  déjà  été  préqualifiées,  prévu  pour  les  mois  d'août  ot 

traction».  Le  montant  des  contrats  Enfin,  le  choix  des  sociétés  <fmgé-  de  septembre,  a été  repoussé  pu 

récoltés  par  les  entreprises  fran-  nierie  chargées  de  mener  à bien  la  deux  fois,  iï  semble  toutefois  que 

çaises  durant  la  phase  d’équipe-  réhabilitation:  des  raffineries  le  çhëiifh  Jaber,  le  chef  de  l*Etai 

ment  d’urgence,  achevée  en  juin,  a devrait  intervenir  dans  les  jouis  koweïtien,  se  soit  décidé  à tranche  i 

été  maigre  : 250  millions  de  francs  qui  viennent.  Le  secrétaire  d’Etat  an  début  de  la  semaine  prochaine 

au  total,  soit  dix  fois  moins  que  ^ commerce  extérieur  n'a  obtenu  de  àtfense  et  d’ar 

celui  empoché  par  tes  firmes  amL  ^ peu  d'indications  sur  le  sort  menWn^tom  sûr  été  évoquées 

n«nCS'.  , r&ervé  aux  firmes  hexagonales  mr  iorS  des.  entretiens  qui  se  son  i 

Depuis,  1e  consortium  Airbus  a chacun  de  ces  contrats.  Seule  infor-  déroulés  entre  le  secrétaire  d*Etai 

signé  avec  Kuwait  Airlines  pour  la  mation  en  matière  de  réfection  des  ^ conmeree  extérieur  et  les  dlri- 

fourniture  de  quinze  appareils  centres  de  raffinerie,- Technip  sem-  ^ M Jeanneney  i 

(dont  six  en  option),  soit  une  opé-  bte  avoir  perdu  la  partie,  le  groupe  m cheikh  Jaber  un  projei 

ration  de  1,5  milliard  de  doltas  américain  Fluor  étant  désormais  <raccowl  de  sécurité  dont  le  pria- 
(7,5  milliards  de  francs),  et  la  donné  grand  fiivori.  dpe  avait  été  arrêté  kirs  de  h 

firme  française  Horweli  a mraé  i visite  officielle  effectuée  à Paré 

bien  L un  des  vingt  contrats  d ex-  Rar  )e  chef  de  l’Etat  koweïtica 

tinction  des  incendies  des  gise-  m ^ Jeanneney  en  a pro 

vendu  au  Kowdt  pour  712  mil-  dHEdleS  ÎSïiïL 

lions  de  francs  de^natérieL  Un  matx4re  dca  araiées- 

score  en  tout  point  comparable  au  : Au  total,  cette  visite  n a eu  que 

1,5  milliard  de  francs  d'expansion  Dans  le  secteur  des  télécommu-  P®»  de  retombées  concrètes.  U 
réalisé  en  1989  (en  année  pleine  et  nications,  Thomson  et  Alcatel  Ministère  de  Teau  et  de  létectn- 

normale)  et  qui  représentait  alors  à entendent  pousser  plus  loin  leur  f^>.avcc  diplomatique 

peine  4%  des  achats  effectués  à avafltage.  Le  premier  dispose  d'un  : 4 ?yé»-m5dll  2f.  novem 

l’étranger  par  l’émirat  excellent  crédit  au  Koweït  oour  hJ*  lettres  _ d intention  avec 


Arbitrages 

difGeües 


Redéfinir  le  système 
de  collecte  de  gaz 


Pour  remédier  à cette  situation 
de  faiblesse,  la  France  mise  désor- 
mais sur  trois  secteurs  particuliers  : 
l'exploitation  pétrolière,  les  télé- 
communications et  l’armement. 
Des  représentants  de  Technip 
(ingénierie  pétrolière)  et  du  Giat 
Industrie  (le  constructeur  du  char 
Leclerc)  accompagnaient  d’ailleurs 
M.  Jeanneney  dans  son  déplace- 
ment La  réfection  des  installations 
pétrolières  et  gazières,  totalement 
ou  partiellement  détruites  par  la 
guerre,  constitue  une  priorité  abso- 
lue pour  le  gouvernement  koweï- 
tien soucieux  de  retrouver  rapide- 
ment les  niveaux  de  production  - 
et  donc  de  recettes  - d’avant  les 
événements. 

Le  Koweït  extrait  à l'heure 
actuelle  470000  barils/jour,  soit  un 
tiers  de  son  niveau  de  production 
d’avant  la  guerre.  Plusieurs  déci- 
sions importantes  devraient  être 
prises  d’ici  à la  fin  du  premier 
trimestre  1992.  La  première 
concerne  la  réhabilitation  des 
vingt-six  centres  de  collecte  de  gaz 
{«gaz rings»)  du  pays,  dont  dix  ont 
été  totalement  détruits,  et  seize 
partiellement  endommagés  lors  des 
opérations  militaires.  Les  Koweï- 
tiens, qui  n'entendent  pas  recons- 
truire i l'identique,  se  sont  engagés 
dans  un  vaste  travail  de  réflation 
visant  à redéfinir  leur  système  de 
collecte  do  gaz.  L'objectif  est  de 
réduire  au  minimum  le  nombre  des 
sites  i reconstruire  intégralement; 
l’installation  d’un  seul  «gazring» 


PUBLICATION  JUDICIAIRE 

DÉCLARATION  D'ABSENCE 

Cabinet  de  Maître  Jean-François 
SALPHAT1.  avocat 


EXTRAIT  OU  JUGEMENT  DU  TRI- 
BUNAL DE  GRANDE  INSTANCE 
DE  PARIS  DU  27.09. 1991  : 

«Le  Tribunal,  vu  les  articles  122  et  sui- 
vants du  code  civil,  constate  que  Judith 
Simone  Fortunée  BAUDY,  née  le  01  1 
janvier  1908  à PARIS  I6a,  fille  de 
Emile,  Francis  Marie  BAUDY  et  d'Eli- 
sabeth FAL.TER,  n'a  plus  reparu  ni 
donné  de  ses  nouvelles  depuis  le  i 
03  septembre  1914  ; la  déclare 
absente  ; ordonne  la  publication  par 
extraits  du  présent  jugement  dans  les 
journaux  : Le  Monde,  Badùche  Zeitung 
et  ce  dans  un  délai  de  trois  mois  à 
compter  de  ce  jour,  sur  les  diligences  et 
aux  frais  du  requérant  ; dit  que  1e  dis- 
positif du  présent  jugement  sera  trans- 
crit, à la  requête  de  Monsieur  fc  procu- 
reur de  la  République  sur  les  registres 
des  décès  de  la  mairie  du  16>  arrondis- 
sement de  PARIS  et  que  mention  de 
cette  transcription  en  aéra  faite  en 
marge  des  registres  à la  date  de  ce  jour, 
ainsi  qu'en  marge  de  naissance  de 
l'absente.» 


Dans  le  secteur  des  télécommu- 
nications, Thomson  et  Alcatel 
entendent  pousser  plus  loin  leur 
avantage.  Le  premier  dispose  d’un 
excellent  crédit  au  Koweït  pour, 
avoir,  dès  le  mois  d’avril,  livré  un 
camion  de  régie  & la  télévision 
locale,  lui  permettant  uinsi  de  fonc- 
tionner  i nouveau.  Cette  opération 
de  15  millions  de  francs  a été  sui- 
vie dans  la  foulée  par  un  contrat 
de  livraison  de  radars  d'un,  mon- 
tant identique.  Dé.fon  oÇhé,  Alcatel 
a signé  trio»  contrats,  d’une  valeur 
totale  de.ÿlDO.-inâtira»  de  r francs, 
concernant  l'équipement  en  fibres 


optiques  des  alentours  de  Koweït - 
Ville  et  la:  fourniture  de  centraux 
■ téléphoniques. 

Toutefois,  Pam  pleur  des  contrats 
à venir  dans  le  secteur  des  télécom- 
munications ire  sera  connue  avec 
certitude  qu'use  fois  arrêtées  les 
grandes  lignes  da  budget  koweïtien 
pour  Tannée  1992.  Les  arbitrages 
semblent  difficiles  à établir.  Le 
bcmdage  de  ce  budget,  initialement 
prévu  pour  les  mois  d'août  ou 
de  septembre,  a été  repoussé  par 
deux  fois,  n semble  toutefois  que 
1e  chgfch  Jaber,  le  chef  de  l’Etat 
koweïtien,  se  soit  décidé  à trancher 
an  début  de  la  semaine  prochaine. 

Les  questions  de  défense  d d'ar- 
mement ont  bien  sûr  été  évoquées 
lors  des.  entretiens  qui  se  sont 
déroulés  entre  le  secrétaire  d’Etat 
au  commerce  extérieur  et  les  diri- 
geants du  Koweït.  M.  Jeanneney  a 
remis  an  cheikh  Jaber  un  projet 
-d’accord  de  sécurité  dont  le  prin- 
cipe avait  été  arrêté  lors  de  la 
visite  officielle  effectuée  à Paris 
par  le  chef  de  l’Etat  koweïtien 
en  octobre.  M.  Jeanneney  en  a pro- 
fité pour  renouveler  les  offres  de 
service  des  industriels  français  en 
matière  <f  équipement  des  armées. 

An  .total,  cette  visite  n’a  eu  que 
pen  de  retombées  concrètes.  Le 
ministère  de  Peau  et  de  l'électri- 
cité, avec  un  sens  diplomatique 
certain,  a signé,  mardi  26  novem- 
bre, deux  lettres  d’intention  avec 
des  firmes  françaises.  La  première 
confie  à l'entreprise  de  mécanique 
lourde  Babcodc  la  réparation  des 
chaudières  de  la  centrale  thermique 
de  Doa.  La  seconde  attribue  à 
Pont-à-Moufison  la  livraison  de 
tuyaux  en  fonte  ductile,  destinés  au 
réseau  des  eaux;  usées.  Ces  contrats 
sont  d’une  vàkui','  imljquo^-on,  de 
60  minions  de  francs. 

. ...  -V  -X  .f- 

CAROLINE  MONNOT 


Règlements  de  comptes  à Koweït-City 


KOWEfT-VILlE 
da  notre  envoyée  spéciale 

Peu  présente  sur  le  marché  de. 
la  reconstruction;  la  France  a au 
moins  le  don  de  cfistreire  agréa- 
blement Koweit-VBe.  Le  Tout- 
Koweit  politique  et  économique 
assiste  en  ce  moment,  avec  uri 
amusement  éberlué,  à la  guerre 
pterochofine  que  se  Rvrent  deux 
organismes  para  publics  français 
pour  un  contrat  de  déminage. 
Comme  tous  les  participants  aux 
opérations  affiées,  la  France  a 
obtenu  un  contrat  pour  le  «net- 
toyages d'une  partie  du  désert. 
A ce  jour,  le  contrat  français  est 
le  sert  h ne  pas  avoir  été  signé. 
Et  pour  cause  : installées  depuis 
plusieurs  semaines  dans  deux 
grands  hôtels  de  le  ville,  la . 
SOFREMi,  qui  dépend  du  minis- 
tère de  l'intérieur,  et_  ta 
SOFRESA,  sous  tutelle  du  mlnîs- , 
fera  de  ta  défense,  se  fivrént  une 
bataille  acharnée  pour  l'empor- 
ter. Les  deux  organismes,  qui 
semblent  se  détester,  se  sont 
lancés  dans  une  vertigineuse 


guerre  des  prix.  Le  montant  du 
contrat  - dont  la  valeur  initiale 
était  da  110  millions  de  dollars  - 
baisse  un  peu  plus  chaque  jour, 
au  point  de  donner  des  sueurs 
froides  à l'ambassadeur  de 
France  au  Koweït,  qui  s'interroge 
désormais  sur  ta  rentabffité  de 
l’opération.  - 

Questionné  sur  le  sujet  par  les 
autorités  koweïtiennes,  le  secré- 
taire d'Etat  au  commerce  exté- 
rieur, M.  Jean-Noôi  Jeanneney,  a 
mi  bien  du  mal  il  fournir  des 
explkatfofls.  Au  final,  ce  sera  ta 
gouvernement  koweïtien  qui 
tranchera. 

L'affaire  tombe  plutôt  mal.  Elle 
ôitervfent  au  moment  même  où 
le  poste  d'expansion  économi- 
que de  KowSft,  dans  un  effort  ds 
promotion  Jouable,  s’efforce 
dans  I»  cadre  d'une  semaine 
française  réunissant  cent  firmes 
hexagonales,  dans  un  grand 
hôtel  da  Kowtft,  de  démontrer  le 
sérieux  .de  nos  Industries. 


M 

Edité  par  la  SAjO.  Là  Mondé 
Comité  de  direction  : 

Jacques  Lesoume,  gérant  directeur  de  la  publication 
Bruno  Frappât,  directeur  de  le  rédaction 
Jacques  Guiu,  directeur  de  la  gestion 
Menu*!  LudMft.  secrétaire  général 


Rédacteurs  en  chef  : . 

Jean -Marie  Cotombanï.  Robert  Soiè 
/adjoints  au' directeur  de  la  rédaction) 
Jacques  Amslrte,  Thomas  Fereriea 
Philippe  Herreman,  Jacques 'François  Simon 

Daniel  Verrat  ' 

(dmüTduf  des  relations  tntafncnionBioS) 


Anciens  directeurs  ; 


Hubert  Beuve-Mér 
André  laurens  ( 


f (1944-1969).  Jacques  Fauvet  (1969-198 
1982-1985),  André  Fçntame  (1985-1991) 


1 5.  RUE  FALGUIÈRE  75501  PARIS  CEDEX.  15. 

. Tél.  : (1)  40-65-29-25 
Télécopieur  : 40-65-25-99 
ADMINISTRATION:: 

1,  PLACE  HUBERT-BEUVE-MËRY  64652  IVRY-6UR-SEI  NE  CEDEX 
. Tél.  : (1  ) 40-65-25-25 
. . Télécopie» î48-6Ç-3(MÛ_ . 


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ECONOMIE 


Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  27 


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ÉTRANGER 

-Qür  ^ Première  fois  depuis  soixante  ans 

L’industrie  dHnuqne  allemande  va  procéder 
a d importantes  rédactions  d’effectifs 

L industrie  chimious»  ««j.  AAO 


••  i-a  monae  • samedi  30  m 

COMMUNICATION 


Affirmant  son  intérêt  actuel  pour  le  cinéma 

M.  Francis  Bouygues  dément 
vouloir  racheter  «le  Figaro» 


L'industrie  chimique  alle- 
mande est  malade;  Ses  profits 
ne  cessent  de  s'éroder  et 
depuis  te  défaut  de  l'année,  ib 
ont  en  moyenne  baissé  de  22  56. 
La  situation  est  aussi  mauvaise 
qu  en  1982  et  - pis  - H n'y  a 
I»*  <*»  perspective  d'améfiora- 
bon  prochaine.  Tous  tes  chefs 
a entreprise  prennent  de  sévères 
mewrw  d'économie.  La  plupart 
ÿbattchent  °«  s'apprêtent  è te 
faire,  ce  qui  ne  s'ôtait  jamais  vu 
depuis  phis  de  soixante  ans. 

Vu  sa  paissance,  la  chimie  - alto- 

Gtetafe^lVnP0Ur  invul«Srable. 
Gtobalement,  elle  compte  pour  un 

ds°s  lachimïe  enro- 
P«nne  - (la  première  du  monde). 

EEi?*  d’affaireî 


(680 

qw  pour  » profits  (23  milS 
de  fanes)  et  ses  effectiis  (595  non 
Peraonnes).  Ses  excédents 

ïio'îîiSî.'ï  ?saanx  (plui  de 

1 10  milliards _cfe  fanes  en  1990)  et 
sa  trésorerie  fait  pins  d’un  envieux 
(45  milliards  de  fanes).  Or,  tcmTà 
tour,  ses  trois  «stars»  (Hoechst. 
JfeJMSF),  dont  le  iSdteS 
^^dfable  (les  deux  rien  de  l'en- 

<*« 


aprte  un  troisième  trimestre  exél 
s Siffiï  5urtout  avec^S 

.r%yer  est  parvenu  à limiter  les 

&*d? £ed^J*uJlai£e  w «*■ 
“aras  de  deutschemarics,  en  dimi- 

SSfT  «dément  de  4%.  MàtaS* 

“«ns  mauvais  score  masque  de 

fortes  disparités.  Le  S Æ 

a sauvé  par  m 

2 psr 

«aortes. 

de  Jcrardes  pertes  dans  les  fibres 

dg^SE*  “ ta  produia  PO«r 

‘rois  anciennes 

SS- 

J^JJ*«Kj^ts-Unis  et  du  ralen- 
îîiSBnJ  * te  demande  en  Aite- 
SKSvi®  f™1011  des  prix  a eu 
« .noa&  notamment  chez 
?P?\»  qui  a fort  à faire  avec  sa 

ff«asBasrta.“  ; 

c’«t  la  hausse  des  coûts  * 


à Francfort,  le  professeur  Wolfgang 
££*■  Président  de  Hoechst,  55 
!Si*que  te  mo,s  d'octobre,  habi- 
!.doré*’  a détesia- 

™ “g?»  des  rumeurs  circulent 

«rtdfam  l'idée  qï 
.Séants  pourraient  rédterc 
tems  dividendes  po»  1991.  Motus 
et  bouche  cousue  chez  les  iméres- 


“fi&ïSdSEs 

Peot  dire  Æ 

ne  sont  pas  bons.  - . *mm  ; très  riche jiftTl  X 

i AJ?*  «'ÿwïf.  tout  honneur.  Sf  ^“““de  PaSe  bien  ses  sala- 
t-Kuta-  mondial  incontesté  de  la  ^P.JH'n,  le  puissant  syndicat 
spécialité,  Hoechst  n’a  pas  réussi  avaît  obtenu  une  aug- 

PonrJesneuf premieiTmïïsà  gS^S^de  7<*  des  rS 
Plus  de  1,9  miOiaid  de  5^"  J1*®*®1  de  cette  générosité  • 
de  bénéfices  avant  années  écoulées,  la 

mpflts,  un  gam  inférieur  de  22,1  % ÏÏPtW'JÎ4  ? seulement  progressé 
[/P}?1  réai3.s^  JP°ur  I*  môme  £5J/’8  dana  ia  chimie  alle- 
iï£2e£Àÿ?:  « «?  un  -Sï 


ne  Mnt^s  boM.  ^ ™ 

tou*  honneur. 
Ltader  mondial  incontesté  de  la 
spfciahté,  Hoechst  n’a  pas  réu«d 
pour  les  neuf  premiers  mois  à 
plus  de  1,9  miniard  de 
deu^iemaiia  de  bénéfices  avant 
«npflts,  un  gaw  inférieur  de  22,1  % 
àcelm  réalisé  pour  la  môme 

2^?  « '?»•  fi  ce,  malgré 'un 
chdfor  (Taffiüres  accru  de  4 8%. 
dont,.a  est  vrai,  de  1,1  % par  effe 

dKvân'ÎLi1^*  ^ augmCTltation 

aes  volumes  et  pour  le  reste  nar 

r~10,6  % seulement),  n’est  -nas  nius 
(1,96  milliard  de  deutschemaxts) 

coruonctürT  ~7 

Les  prix  de  détail 


La  tin  du  temps 
des  sureffectifs 

rr*  ®-d“r  ‘lue  te  temps  des  sur- 
esl  ré^olu.  La  célèbre 
de  consea  américaine  Mac 
Kinsey  recommande  à Hoechst  de 
réduire  ses  effectifs  (ISO  000  per- 
«mues)  de  15  %,  soit  27  000  p<^ 

firg?P'nraer'f^e  djrectoim  de  la 
““.pas  fat. connaître  sa  posi- 
aC  s,,^e  on  murmure 

bwïl^UpCS  ?laf,res  «m  mévita- 
bl«.  BASF  a pns  le  taureau  par  les 
cornes  et  a annoncé  5 000  ïicencie- 
mems.  dont  4 000  en  AUcmagmL 
2“  te  président,  M.  Her- 
mann  Strenger,  a prévenu  : les 
cornions  d’eflèctifs .commen- 
8 “ **  * sont  déjà 

sddées  par  le  départ  de  5 100  pS- 
sonnes  vont  se  poursuivre.  Mais  il 

Sn 7*5,' “°?®  à chiffrer  le  nou- 
veau coût  social. 


. vean  : très  riche  jusqu’icL^  *Sd~  quand  tes  temps  sont 

«ue  demande  SEft*  h « * se^l 

5.jH,b*  te  puissant  syndicat  ^-C—  SD  ses  métiers  de  base, 
de  la  chimie  avait  obtenu  une  anv-  »rîïa^Bincnt  h Hoechst  et  Baver 
m rotation  de  7%  dwVéîS^  BASF’  “«labié  d’amortir tertï 
' ^ “«e  généras^ ; dimi0?  phannaceuiique 

poan"  les  dix  années  écoulées,  la  uuipuüenne,  envisage  de  se  déhar 
STjÇJÎfj  «utem^TS^sS  dB.ses  activités  dan^le 

2 JJ'»*  ~ dans  la  chimie  aile-  Frîe  a te  gaz  en  Amérique  du 
SSJ’  ^.Que,  dans  le  même  Jl°rd,-C?r  M filialc  WinterVhalJ 
gmw  cfc  gnmpait  de  92^  % en  f*«rgie),  très  rentable  jusqu"? 

di6SA  % au  SU***  avec  la  chute 

9b  en  France  et  de  dte*  COÜrs  du  gaz.  Baver  lui  im 

nJU”  ^_UniS-  (- i!  % ia?S  S?nS- rôv««i siemrots 

Obligés  maintenant  de  compter  LJS.  T à, 3 "“franis  de  deutsche- 
Pffcmgs,  les  chimistes  aK  Jamais  depuis  sa  recons- 

à faire  des  écono-  !fUc£!?a  ,aprf*  ^ deuxième  guerre 
aucune^  d>iin  “«mcle,  ^®"?rJale'  ]a  chimie  allemande 

ïi011  «ttèndro  à faire  font  de 

fin  dfi  Pannée. -Les  dire©-  ■ -^crifices  Pour  préserver  sa  tréson^ 


tJü'I™***  BouV«ues>  admimstra- 

a cKmenti,  jeudi  28  novembre  à 
france-inter,  vouloir  racheter  <r/'er- 

U £ïLiUJroupe  de  presse  de 
m.  Robert  Hersant  »,  dont  le  Figaw, 

M P”*  * ^ milliards  de  flancs, 
®“®2e J ^F^dom^daire  le  Canard 
enchaîné  rjnthquait  dans  sa  livrai* 
«m  du  27  novembre;  Le  journal 
«Unique  Casait  état  de  confidences 
fedes  par  M.  Bouygues  «à  un  gras 
wdustnel  de  la  place,  en  ha'  suggê- 
mnt  de  participer  à /‘opérationTte 
fJat  BPPrû  par  le  Canard 
«damé  que  nous  étions  acheteurs 
Cesr  tout  à bit 

! Jdrfdu»,  a rétorqué  M.  Bouygues. 

Prïî^-1*  P^BPPC  VÜlin,  vice- 
HDO  ™ Fl8ar°.  se  refusait  à tout 
commentaire,  tandis  qu’un  membre 
de  la  direction  du  Crédit  lyonnais. 

I une  des  principales  banques  du 
I Ipoop®  Hosant,  confiait  <r  tomber 
**  pas  avoir  connaissance 
dune  telle  operation*. 

P™»  autant, 

admet  s mléresser  à la  presse  écrite,  i 
Au  printemps,  il  avait  déjà  «mpa#  . 
des  négociations  visant  an  rachat  du  i 
Quotidien  de  Paris,  mais  elles  t 
n avaient  pas  abouti  (le  Monde  du  r 
20  mars).  L’une  des  filiales  du  r 

Avec  on  chiffre  d’afîaires  I 
Süpérieur  au  milliard  du  francs 


groupe  de  BTP,  Bouygues  Commu- 
mcmion,  étudié  les  possibilités  d'in- 
vestissement dans  le  secteur  des 
jouniaux,  et  M.  Michel  Taidiep,  qui 
a recemment  quitté  son  poste  de 
“recteur  de  la  rédaction  du  Nouvel 
Economiste  (le  Monde  du  5 octobre), 
a été  chargé  à la  mi-novembre  d’une 
etude  en  la  matière. 

_ A propos  d’une  hypothétique  pro- 
position de  rachat  du  groupe  Her- 

ffg  ffuelque  chose  de  très,  très 
intéressant  parce  que  ht  presse  de 
Eooert  Hersant  est  me  presse  absa/u- 
ment  formidable  dans  laquelle  on 
trouve  beaucoup  de  choses,  beaucoup 
de  talents. » «La  France  a boom 
a avoir  des  moyens  de  communica- 
tion développés »,  a conclu  l’indus- 
2J  en  précisant  que  * le  cinéma 
étau  actuellement  m domaine  privi- 
(égié»poot  hri.  Sa  société  CiBy 
^00  a investi  quelque  825  millions  . 
ae  francs  dans  la  production  d’une  | 


j j^onimé  à la  CNCL  en  1986 

M.  Bertrand  Labrusse 
quitte  le  CSA 

Nommé  président  de  chambre  à 
te  Cour  des  comptes  (le  Monde  du 

L^n,^Cmbre)’  M Bertrand 
Labrosse  ngomt  »„  corps  d.orf_ 

gine  (ou  il  était  entré  en  1959  à sa 
sortie  de  l’plA)  après  une  très  lon- 
gue parenthèse  dans  l’audiovisuel 

J^mé  02°  de  h S"***  fran- 
çaise de  production  en  1978  pour 

quelques  mois,  il  retrouvait  ce 
Poste  de  1981  à 1986,  battant  tünsi 
une  sorte  de  record  de  longévité 
pour  ! audiovisuel  pubHc. 
M.  Labrusse  va  laisser  à M«  Daisv 
de  Galard  nn  autre  record  de  lon- 

mnïLSPUrqUoIO,JS  düux  fircnt 
panie  de  1 ex-Couunission  natio- 

nme  de  la  communication  et  des 
& P011'1,  de  «86 

^ .de|.rq°!ndrc  te  Conseil  supé- 
1989.  OV,SUe'  (CSA>  J®11- 


I te  projet 
de  budget  1992 
del’AFP 

prévoit  une  réduction 
de  son  déficit 

rJStJS^a1  dadni,nistratîon  de 


as:  GSn'tSiTgfiLa  d ne  cachait 

de  francs  dans  la  production  d’une  lassitud^H1116  tcmps  unc  certaine 
{te»™*  de  Jo^s  métiagesL  £ îrfdev?n; ,as  dossiers  de 

I actionnaire  principal  de  TF  I a 1 î1151?11**  de  régulation  de  Taudio- 
««hqué  que  sa  chaîne  ne  pouvait  V,sueL 

, Cest  M.  Laurent  Fabius,  prési- 
*a  coproduction  de  films,  ies  activi-  dent  de  l'AssemhiÀ-  i™- 

productions.  “"If  .qui  d^  désigner  prochai- 

nement  son  successeur  au  CSA. 

philatét.te 


«nü* îZtSr zi  r.  “ c®  anendue 
t b Pannée.  Les  direo- 
ûom  des  trois  grands  sont  catégori- 
qncs.  Ponr  renforcer  sa  conviction. 


~ --«UH,  a.  uire  canr  ri^ 

Sr^SSHPOUi  ?ré&;rV'Cr  “ trés°K- 

sk,  quand  même  opulente;  ' 

ANDRÉ  DESSOT 


SB"  • ' 
y-  .?.•  £v*ÿ 


I , U 


à un  ijflune  de  3,2  % l’an 

Les  prix  de  détail  ont  augmenté 

en  octobre  de  0,4  %,  J’faidiS:  cal- 
culé par  l'INSEE  s’étant  inscrit 
Pour  te  mois  dernier  à 191,4,  con- 
wvJlP&SS  ®?Ptembre  sur  la  base 

»oSrt  i 9ÏÏ'  ^ I?pport  4 

^ hausse  des  prix  est  de 
<e'3  Mais  c«tte  progression 
azmuelte  s<ms-estime  le  rythme  réel 
de  rmflaüon  en  France,  dans  la 
mestue  où  fa  flambée  momentanée 
djs  Pnx  fa  pétrole  à l'automne 
1990  avau  fait  grimper  l’indice  des 
pnx.  La  hausse  sur  un  an  en  est 
automatiquement  réduite.  La  pro- 
gression annuelle  sera  plus  forte  à 
partir  de  décembre:  à la  môme 
époque,  1 année  dernière,  fa  prix 
de  détail  avaient  en  effet  baissé 
lorsque. les  tensions  étaient  retom- 
bées sur  fa  prix  pétroliers.  En  réa- 
nt£  sur  les  trois  dernière  mois,  le 
ntoe  annuel  de  l'inflation  est  de 

Iss  ^prix  alimentaires  ont  aue- 

f+ ilîi  d®  0,3  en  octobre  !j 

60  un,an^  tes  prix  des  1 
produits  manufacturés  de  0,3  % 1 
également  (+  L2  % en  un  an),  du  1 
îfKaïa.reIèv?ment  des  Prix  du  a 

S?îfvi!fÆ*'<,es  aervices  de  « 
ÏSJ*  t+  *<2  % en  nn  an),  du  fait  a 
notamment  de  la  hausse  des  loyers  s 
l+  1,3  » en  un  mois,  + 53  % en  u 
un  an).  . 


agriculture  

Après  k comité  iateniiiiiistériel  d’aménammfliit  rfn  torri tni«, 

les  syndicats  agricoles  jugent  plutôt  positives 
les  mesures  du  gouvernement 


Après  les  décisions  prises  au 
comité  interministériel  d'aménage- 
ment du  temtoîre,  jeudi  28  novem- 
SLf°  * ^agriculture  (préns 
feeffifa  pour  la  transmission 
des  biens,  cr&ht  (Pimpôt^ecbercbe, 
augmentation  de  la  déduction  fiscale 
pourautomancemcnt,  détaxation  des 
« cajbnrants  verts»,  le  tout  pour 
«ymon  1 milliard  de  fanes),  fa 
reactions  des  organisations  profes- 
agricoles  sont  en  général 

positives. 

E^un  communiqué  commun,  la 
riNbfcA  (Fédération  nationale  des 
cPiÿoitants  agricoles)  et  h 
CNJA_  (Centre  national  des  jeunes 
««rattfeais)  estiment  que  «les  dispo- 
sions prises  s'inspirera  des  demandes 
Jormulies»  par  eux-mêmes  et  que 
•JJ?  * de  réponse  concrets 
sont  enfin  apportés».  Les  deux  oiga- 


msattons  notent  que  l’instanration 
d’on  dispositif  de  préretraite  et  TaDè- 
Bernent  des  transmissions  constituait 
• des  avancées  importantes » en 
faveur  d'une  restructuration  «dyna- 
mique et  cohérente»  de  l'agriculture. 
En  revanche,  la  FNSEA  et  le  CNJA 

SSS?  j1®5’  P°.ÜT  œ Wi  concerne  la 
fiscalité  des  exploitations,  «beaucoup 
reste  encore  à faire  avant  que  la 
ponté  entre  les  sociétés  de  personnes 
et  les  sociétés  de  capitaux  soit 
atteinte». 

POnr  sa  part,  r Assemblée  perma-  I 
nente  des  chambres  d’agricnlture 
“^re  que  fa  (faisions  gouveroo- 
ra®tates  «vont  dans  le  sens  de  l'at- 
tente des  agriculteurs»,  bien  que  fa 

«fepœtofi  sur  la  fiscalité  «restent 
trop  anodes». 

Lbe  aussi  en  page  10  J 


EN  BREF  ~ 

protetent  contre  le  plan  de 

2îS2ff»ns 

«nonaS,  radi  28  novanb^  fa  1 050  “’pto“' 

° La  CEE  membre  de  ta  FAO.  - 

lfUrCOm  des  VOiX  P°ar’  6 “"ta  « 3 

oeux  prochaines  années.  La  nwcn»  abstentions  i»»  mnnii  j- 


os-  - - — Y**-  aeuis  les  deux 

repnésrotants  du  personnel  - sur 

- EMWHSh-nB 

cit  (fenviron  33  millions  de  francs 

’T  rr, de  !W 

- ftq/’®!7  “2|anLde  ftan«.  En 
1991,  le  défiât  prévu  était  de  46 

millions  de  flancs  pour  un  chiffre 
£afr.ireç  de  957  So“  mafa 
te  déficit  devrait 
«re  cette  année  « légèrement  infé- 
rieur a ce  qui  était  prévu».  \ 

U PDG  de  l’AFP,  M.  Claude 
dîSa?  fDCÏ3ué  que  te  Pten  qua- 

dnronal  tancé  en  1991  était  en 
bonne  voie  et  que  l’agence  avait 
1 fajgp  «quatre  seuils » ; Je  chiffre 
■ Sï™  devrait  dépasser  le  mü- 

sstÆssbï® 

fk!Tfseat£nt  plus  w I 

aux  aïuïüvif1^  ,e  mte  *««  dû 
aux  abonnés  «presse»  (15%)  à 

j iliraner  (25  K,)  et  à divü  p^” 
fetions  techniques. 

i’ato  d’administration  de 
1 AFP  a en  outre  décidé  ta  création 
d un  groupement  d’intérêt  écono- 
^ association  avec  ta 
société  Cori^  destmé  à favoriser 
lexportation  de  ses  logiciels  et 
* systèmes 

^rfSaSementau;t’  d^à  implan- 
tes dans  fa  agences  tunisienne  et 

S"'**?*  (Ia  TAP  « te^MP? 

a apprmivé  la  nomination 
d une  directrice  des  ressources 
humaines,  M-*  Marie-Flora 
Hakoun-Milleliri,  qui  occupa  ce 
poste  au  Monde  de  1986  à 1990. 


' A 

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1 •: 

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f f (-»  MBtEALi  NOIRr..-.  | 

,-,iîiaiP‘^-e^in5îtra  ''“te  géné- 
rale, lundi  2 décembre,  un  timbre 

d-c  5 F appartenant  à 
artlï“ïu*.  Qui  reproduit 
SSLœ,î?r*  de  Roberto  Matta. 
artiste  (Tongme  chilienne  né  en 
1911,  intitulée  « O Tableau  noir!  » 

48*^  i???'  **  forFat  horizontal 
36.85  mm,  mu  en  page  par 
Chartes  Bndoux  d’après  l’œuvre  de 


Mana,  est  imprimé  en  héliogm- 
P.  J. 

► Vente  anticipée  à Amiens 

iV^SÏÏ'J S®  ^ nov8fr'bra  et 
1 décembre,  de  9 heures  è 

18  heures,  au  bureau  de  poste 
temporaire  c premier  jour  » 
““""rt  au  11.  mai!  Albert- 1*;  le 
30  novembre,  de  8 heures  è 
12  heures,  au  bureau  de  poste 
d-Amiens-RP  (boite  aux  lettres 
spéciale). 

Rvbriqne  réalisée 
Par  la  rédactfos 
da  Monde  des  phOatéSites 
S.  ne  Antotne-Bonrddk  75015  itarta 
Ta  : (I)  4045-29-27 

Spérimea  réceat  sur  demande 
“otre  15  F es  timbres 


D ®®IÀTION  : poussée  en  octobre 
ao  Japon.  - las  prix  à ta  consom- 
raation  au  Japon  ont  augmenté  en 

!**?**  dcJ’[%  rapport  à sep- 
tembre - ta  hausse  ta  plus  impor- 
tante en  un  an  - et  de  2,7  % ^ 
nppmt  à octobre  1990.  Qrtte  pous- 

s&  d'inflation  (après  Q£  % en  sep- 

temtae)  «t  due  essentieflemait  à 
One  flambée  des  prix  des  fluita  ct 
ajwês  le  passage  répété  sur 
Parchipel  de  typhons  et  de  phiies 
dduviCTDes  g,  septembre  qui  ont 
dévasté  de  nombreux  vergers  et 
■ serres.  •■ . ... 


— - - . . „„  — «i  uuurs  a es 

prochaines  années.  La  mesure 
fappoa  principalement  fa  Pays- 
Bas  (400  emplois  supprimés)  ainsi 

ragne.  aiF  cédera  certaines  de  ses 
activités,  on  accord  de  princine 
ayant  d^jà  été  conclu  avec  Philips 
**>ur  vendre  des  activités  de 
reseaux  de  communication  et  de 
de  données  éléctronî- 
aaccusé  une  perte  nette 
d®.,"8  mahons  de  florins  (690 
mirons  de  francs  environ)  en 


. ■ &3Hoii4e 

PU^KTIf  FINANCIÈRE  . 
^^rae^gtiemmits  : 46-62-72-67  I 


a^Xtastae  Sddmabager  dé  Goeb- 
wflfa  paralysée  par  me  grève. 
Trois  jours  après  le  début  du 
conflit,  les  satanés  de  l’établisse- 
iMnt  Schtomberger  de  Guebwilier 
(Haut-Rhin)  occupaient  toujours, 
vendredi  matin  29  novembre,  le 
; transformateur  central,  de  l’usine, 
paralysant  la  production  de  cette 
usine  dé  machines  textiles.  Les  gré- 


, . . v wmuc  pi  j 

attentions,  le  conseil  de  la  FAO 
(Organisation  des  Nations  unies 
pour  l’alimentation  et  l’agriculture, 
dont  le  siège  est  à Rome)  a accepté 
Que  la  CEE  devienne  membre  en 
tont  Que  telle  de  l’organisation, 
t-  est  la  première  fois  qu’une  struc- 
ture économique  régionale  intégrée 
adhère  â une  agence  spécialisée  des 
Nations  unies. 

a Précision  sur  le  comité  présidé 
par  M.  Gandois.  - Un  comité  de 
dirigeants  d'entreprise,  convaincus 
de  ta  nécessité  de  créer  une  dyna- 
mique, pour  changer  le  travail,, a 
bien  été  constitué  le  28  novembre, 
n eâ  présidé  par  M_  Jean  Gandois, 
PDG  de  Pedtiney.  Mais,  contraire- 
ment à ce  que  nous  avons  écrit  (le 
Monde  du  29  novembre),  M«  Mar- 
tine Aubry,  ministre  du  travail  n’a 
pas  constitué  ce  groupe  ni  procédé 
à cette  nomination. 


A Paris 

Ouverture  de  l’Espace  1GN 

/iünnstitut  Biographique  national 
0GN)  a rouvert,  après  trois  mois  de 
travaux,  son  magasin  de  vente  du 
107,  rue  La  Boétie,  complètement 
transformé  et  désormais  baptisé 
« Espace  IGN  ».  Là,  sur  650  mètres 
““«s  el  deux  niveaux.  l’IGN  pro- 
P°re_  ses  pnqses  productions  (cartes 
à diverses  échelles  et  photos 
aeriennes),  bien  sûr,  maie  a»agi  rfa 
entes  étrangères,  des  guides  et  des 
sur  (te  nombreux  pays,  des 
globes  terrestres,  des  atlas,  cartes 
aacwnnes,  des  images  prises  de  l’es- 
paœ  par  1e  satdlite  %>ot,  des  vidéo- 
guides,  des  posters. 

► Chnrart  du  lundi  au  vendrexfi 
de  8 heures  à 19  heures,  le 
deJO  heures  à 12  h 30 
et  de  14  heures  à 17  h 30.  Pour 
se  renseigner  ou  acheter  par 
TgWStn^  téléphoner  au 
to  mlnitel  au  36?S  TgSTo” 

tA*JSS7UT'  ™ u 


* iw2iJüente  aux  enchères 

c 5008  frontières.  - 

s Médecins  sans  Frontières  oroa- 

s rase  une  vente  aux  enchères  par 

; le  ministère  de  M»  Renaud,  cwn- 

: ( à Paris,  mardi 

10  décembre  à 15  heures,  au 
aège  de  I association.  8.  rue 
I ?ai”!'Safa,n-  75011  Paris 

I ÏÏ^L835^1-  Pour  'tienw  è 

bwn  cette  opération,  le  docteur 

lîiîuï?*0'  à l’°r,flfnB  de 

J.  initiative,  s est  assuré  le 

STÏT8  60  1 expert  Jean-Fran- 
ço«  Bron.  qui  a pu  constituer 
une  rantane  de  lots  : timbres 
I Frlnce  ^dom  Attamiqfue  sud, 
,bn,.OC7|.trasb°ur9-) ; Monaco 
JL.9’  ’ï™?*  1984  UPU  (un 
don  des  Nations  unies);  canes 

I Bt  y1305  0011  toôs  pour 

hSfkf11®"'-  ^ tote  "n™  visi- 

I jii!  matul  * 13  vem«.  de  10 
a 12  heures.  Liste  sur  demande 
I I auprès  de  r expert,  contre  enve- 

&SfeRÆ6^i,Jean_FranPojs 

75nn8i4‘?'  ?aten’e  Rotais, 

I ?«?°1  Paris.  Tél.  ■ fu 
42-61-48-88).  1 ' 

I ruÛL i®  ï0™  â ,a  ur»  du  | 

Monde  des  philatélistes.  - Le  , 
X°'}de  des  philatélistes  ) 
I de  décembre  consacre  un  dos- 
| sier  d une  dizaine  de  pages  à ta 
j tradition  de  Noël  à travers  tim- 
ci  cartes  postales.  En  par- 
: 'a®  origines  de  l'arbre 
| de  Noël  le  «secrétariat  du  père 
Noël»  de  Libourne,  qui  envoie 
une  carte  postale  à tous  les 
enfants  qui  lui  écrivent,  et  ses 
équivalents  à l’étranger;  le 
ranne  (rangifer  tarandus)  et 
Çnristmas,  petit  bout  dUe  perdu  br 
«tans  r océan  Indien.  Dans  ce  de 
numéro  également,  Serge  ce 
^®n®P°ursult  son  répertoire  nu 
médit  des  cartes  postales  de  ta  éti 
seconde  guerre  mondiale  (le  bri 
Monde  des  philatélistes , 88  8e 

P?9M.  en  vente  en  kiosques.  Su 

43  F)  . 18 

IBS  n'ÏT^*-  ’ Tout-Philatélie 
(56.  rue  Lafayette.  75009  Paris)  ^ 


En  filigrane 


* organise  ses  deux  premières 
ventes  sur  offres,  closes  les  2 
r S °Jdécembre-  Au  catalogue. 

. P*08  d®  v«s  mille  lots  compre- 

nant  de  nombreuses  marques 
postales  ainsi  que  des  épreuves 
ae  luxe  et  d'artistes,  essais,  de 
modernes  et  semî-modames  de 
France. 

Va"te  sur  offres  Lahirte  (39, 
rue  Saints-Hélène,  69002  Lyon), 
close  le  7 décembre.  Plus  de 
trois  mille  lots,  dont  bloc  de 
quane  perforâ^lPA  n*  6c, 
daté  du  16-9-1930  (prix  de 
départ  7 500  F);  n*  18,  1F  car-  I 

mm  Napoléon  (départ  14  000 
n.  Intéressante  rubrique  bibfio- 
mèque  philatélique. 

r«!i0nt^.*  prix  nets  Patrick 
Lodron  (Lignane,  13540  Puyri- 
card).  Près  de  deux  mille  lots  au 
catalogue  dont  classiques  de 
t-rance.  timbres  types,  perforés. 
Algérie,  aviation,  poste  mari- 
tej^ou  guerres  de  14-18  et 

i * Pc^eot  au  Portugal.  - 
Le  Portugal  a émis  une  série  de  I 
quatre  timbres  et  un  bloc-feuü- 
lflt-  lB  15  novembre,  pour  célé-  I 


_Rqp.rLÇ5AL._  ’/j 

S?  tâJ] 


.i  > 

I iOî-TiTw  ^ 


brer  le  Musée  de  l’automobile 
de  Caramulo,  créé  en  1953.  qui 
compte  une  soixantaine  da 
modèles,  parmi  lesquels  six  ont 
été  choisis  pour  illustrer  les  tim- 
bres : Rolls-Royce.  Mercedes- 
Benz,  Bugatti,  Ferrari,  Hispano- 
Sutaa  et  Peugeot  (type  19  de 
1899).  Le  Portugal  fait  donc 
mieux  que  la  France  qui  n’a 
jamais  honoré  son  industrie 
automobile. 


jj  .•C*'»  ) sXjù 


■Lit  -.-.tÀtf  ‘î*_— - 


-i  . 


Confirmant  ses  bonnes  performances  à l'étranger 


Alcatel  sipe  un  contrat 
de  1 milliard  de  francs  au  Pakistan 


Le  groupe  français  Alcaiel-Aisthom 
a annoncé,  jeudi  2S  novembre,  ia 
signature  d’un  nouvel  accord  avec 
r opérateur  pakistanais  des  télécom- 
munications, Pakistan  TeJccom  Cor- 
poration. Ce  contrat,  évalué  à 1 mil- 
liard de  francs,  prévoit  l'installation 
d’un  nouveau  réseau  de  télécommt> 
nications  «dés  en  main  ••  destiné  à 
desservir,  outre  Karachi,  les  villes  de 
Quccta  et  Hydeiabab.  pour  une  capa- 
cité totale  de  182  000  lignes  numéri- 
ques et  prés  de  200  kilomètres  de 
liaison  en  libre  optique. 

Répondant  à un  appel  i d’offres 
international  lancé  en  janvier  1991, 
le  groupe  Alcatel  a finalement  été 
retenu  - face  à des  concurrents 
comme  Siemens  et  Ericsson,  - 
a grâce  .i  ses  capacités  d'offre  globale 
Je  Muuu*.  précise-t-on  au  groupe. 
D’ici  au  premier  semestre  1993,  le 
projet  sera  en  effet  réalisé  sous  la 
direction  de  la  principale  filiale  de 
télécommunications  du  groupe.  Alca- 
tel-CïT.  associée  à Alcatel  Câble  et 
Alcatel  Siette  (division  d'Alcatel  Ita- 
lia). 

La  vente  de  douze  nouveaux  cen- 
traux de  commutation  Alcatel 
1000  EI0.  comprise  dans  l'accord, 
permet  au  groupe  français  de  devenir 


le  principal  fournisseur  de  commuta- 
tion numérique  du  Pakistan.  Com- 
plétant les  installations  déjà  réalisées 
par  Alcatel  sur  le  réseau  du  pays 
depuis  1985.  ce  contrat  porte  en  effet 
à 352  000  le  nombre  de  lignes  numé- 
riques de  la  firme  française,  soit  plus 
d'un  tiers  du  réseau  pakistanais  exis- 
tant. En  outre,  «ce  n'est  qu’un  début 
pour  Alcatel  v.  déclare-t-on  au  groupe, 
misant  sur  l'énorme  potentiel  de 
1,5  million  d'installations  prévues 
dans  le  plan  quinquennal  adopté  par 
le  Pakistan  pour  ia  période 
1989-1994. 

Ce  nouveau  contrat  intervient  à la 
suite  d’une  forte  augmentation  des 
activités  à l’étranger  d’Alcatel  Ainsi, 
environ  992  000  lignes  numériques 
ont  été  installées  dans  le  monde  par 
le  groupe  depuis  le  début  de  l’année, 
soit  une  hausse  de  50  % par  rapport 
à 1990.  Ces  bons  résultats  sont  à 
ajouter  à l’important  contrat  signé 
par  Alcatel  dans  les  câbles  sous-ma- 
rins ile  Monde  du  1 2 octobre),  ainsi 
qu’à  l'installation  d’un  vaste  système 
de  radiotéléphonie  en  Australie, 
accord  que  le  groupe  devrait  officiali- 
ser avant  la  lin  de  l’année. 


En  apportant  1,25  milliard  de  francs 


La  BNP  détiendra  8,8  % du  capital 
d’Air  France  au  plus  tard  en  2 OGC 


L’accord  entre  la  Banque  nationale 
de  Paris  et  Air  France  sur  l’augmen- 
tation de  capital  de  celle-ci,  en  dis- 
cussion depuis  juillet  0e  Monde  du 
18  juillet),  est  ferme  et  définitif 
depuis  le  conseil  d’administration  de 
la  compagnie  nationale  du 
28  novembre  : la  BNP  apportera,  â 
la  mi-décembre.  1.25  milliard  de 
francs  - soit  25  % de  plus  que  prevu 
- sous  forme  d’obligations  rembour- 
sables en  actions  (ORAL  Actuelle- 
ment, Air  France  est  possédée  à 
99,S%  par  l’Etat. 

Ces  obligations  sont  considérées 
comme  des  fonds  propres  et  ne  peu- 
vent être  remboursées  qu'en  actions. 
Le  1er  janvier  de  l'an  2 000  au  plus 
tard,  la  BNP  recevra  donc  S.8  % du 
capital  d’Air  France,  dont  la  valeur  a 
été  évaluée  à 10  milliards  de  francs 
par  la  compagnie  financière  Edmond 
de  Rothschild.  En  attendant  cette 
échéance,  la  BNP  percevra  un  intérêt 
annuel  de  6,5  %,  qui  lui  évitera  de 
faire  les  frais  des  déficits  actuels 
d’Air  France  (1,1  milliard  de  francs 
au  premier  semestre  1991). 

Avec  l’entrée  de  la  BNP  dans  son 
tour  de  table.  M.  Bernard  Attali,  pré- 
sident de  la  compagnie,  met  le  point 
final  au  montage  financier  qui  lui 
permettra  de  faire  face  à l’ambitieux 
programme  d’investissements  qui 


prévoit,  par  exemple,  de  dépenser 
d’ici  à 1993,  39,1  milliards  de  francs 
pour  acquérir  soixante-six  avions.  Les 
deux  autres  étages  du  montage  sont 
l’augmentation  du  capital  en  prove- 
nance de  l’Etat,  pour  deux  milliards 
de  francs,  acceptée  la  semaine  der- 
nière par  Bruxelles,  et  rémission  de 
deux  autres  milliards  de  francs  de 
titres  supplémentaires. 

L’entrée  d’une  banque,  fut-elle 
nationalisée,  dans  le  tour  de  table 
devrait  aider  le  président  d’Air 
France  à persuader  le  personnel  que 
le  temps  où  la  compagnie  se  posait 
en  une  espèce  d’administration 
aérienne  est  révolu  et  qu’fl  est  temps, 
pour  elle,  de  faire  les  bénéfices  néces- 
saires à son  développement.  ..  _ 
Al.  F. 

□ Le  président  rTAir  France  retenu 
par  des  salariés  ifUTA.  - M.  Ber- 
nard Attali,  président  d’Air  France,  a 
été  retenu  plusieurs  heures,  jeudi 
28  novembre,  par  des  salariés  de  la 
compagnie  UTA,  qui  ont  interrompu 
une  séance  du  comité  d’entreprise 
pour  s'opposer  à l’absorption  d’UTA 
par  Air  France,  à partir  du  1»  janvier 
1992.  Les  manifestants  ont  accepté  la 
proposition  de  M.  Attali  d'ouvrir  des 
négociations  vendredi  29  novembre. 


NEW-YORK,  Clos 

Les  marchés  commerciaux  et 
financiers  étalent  fermés  -iux 
Etats-Unis  jeudi  28  novembre 
pour  la  célébration  du  « Thank+gi- 
ving  Oay». 


Création  d'un  organe 
de  surveillance  des  maisons 
de  titres  au  Japon 

Le  ministère  japonais  des 
finances  et  le  Parti  libéral  démo- 
crate au  pouvoir  se  sont  mis  d’ac- 
cord pour  créer  un  organisme  de 
surveillance  des  maisons  de  titres, 
la  création  de  cet  organisme,  pré- 
vue pour  juiBet  prochain,  fait  suite 
à la  série  de  scandales  sur  le  mar- 
ché des  titras  (le  Monde  du 
25  juin). 

Des  compagnies  prestigieuses, 
parmi  lesquelles  on  retrouvait  les 
quatres  grands  du  courtage  nip- 
pon - Nornura.  Detwa,  Niklco  et 
Yamarchi  ont  été  accusées 
d'avoir  inégalement  offert  à leurs 
meilleurs  clients  des  compensa- 
tions financières  pour  pertes 
encourues  sur  ce  marché.  Dans  le 
soua  d’éviter  les  pratiques  bour- 
sières déloyales,  le  ministère  des 
finances  a déjà  révisé  en  octobre 
la  loi  régissant  les  marchés  de 
litres,  prévoyant  notamment  des 
sanctions  plus  gravas  en  cas  d'in- 
fraction. 

TOKYO,  29  novembre  4- 
Nouveau  repli 

Pour  ia  troisième  journée 
consécutive,  le  Kabuto-cho  s'ast 
replié  vendredi  29  novembre.  Le 
marché  nippon,  qui  avait  ouvert 
en  hausse,  a toutefois  réussi  à 
terminer  son  parcours  au-dessus 
de  ses  plus  bas  niveaux  de  la 
séance.  En  clôture,  l'indice  Nikkei 
s'inscrivait  à la  cote  22  687,35, 
soit  à 93,01  points  (-  0,41  %j. 
en  dessous  de  son  niveau  précé- 
dent. 

Comme  è Pans,  des  rumeurs 
ont  circulé  è Tokyo  sur  un  nou- 
veau coup  d’Etat  en  ex -URSS,  qui 
avaient  stoppé  net  la  reprisa 
(+  150  points)  initiée  par  deB 
achats  d'arbitragistes.  Derechef, 
une  certaine  morosité  a envahi  le 
marché,  a fl  n'y  a aucune  raison  de 
conserver  des  vires  maintenant  et 
tes  opérateurs  vendent  à l'ap- 
proche de  ta  liquidation  des 
futures  / de  la  mi-décembre). 
comme  ils  le  font  depuis  trois 
semaines »,  assurait  un  boursier. 


PARIS,  29  novembre  ■4 
Poursuite  de  la  baisse 

Les  valeurs  françaises  ont  poir- 
suivi  leur  mouvement  descendant 
vendredi  à la  Bourse  de  Paris.  Après 
une  ouverture  en  hausse  (+0,46%), 
la  tendance  n'a  oessé  de  se  dégrader 
par  la  suite.  En  fin  de  matinée,  fin- 
cfice  CAC  40  enregistrait  uns  pan» 
de  0.84  %.  qu’il  aggravât  è 0,9  % 
aux  alentours  de  13  heures.  Plus  tard 
dans  ta  journée,  r indicateur  de  la 
place  parisienne  abandonnait  1,10  % 
sous  son  niveau  de  la  veSa. 

Selon  les  opérateurs,  cette  dégra- 
dation de  tendance  s'est  effectuée 
dans  le  sillage  des  autres  places 
européennes  affectées  par  les  pro- 
pos du  président  de  la  Banque  d’Etat 
soviétique,  selon  lesquels  l’Etat  n’au- 
rait que  trois  jours  de  trésorerie 
devant  lui.  A ta  mi-journée,  Londres 
perdait  0.77  % et  Francfort  en 
cJôtLre  abandonnait  1,36%.  La  fer- 
meture de  WaM  Street,  la  veille,  ne 
faisait  p3S  l’affaire  des  Intervenants, 
les  privant  un  peu  plus  d'orientation. 

Du  côté  des  valeurs,  peu  de  titres 
se  distinguaient,  è l'exception  de 
Total,  qui  a la  mi-séance  gagnait  2 % 
pour  94  OOO  titres  échangés.  Un 
porte-parole  de  Total  a déclaré  à 
t'agence  Reuter  que  la  hausse  du  titre 
était  due  à l'introduction  lundi 
2 décembre  de  la  valeur  dans  la  nou- 
velle composition  de  l’indice 
CAC  40.  Un  analyste  confirmait  que 
les  gérants  de  SICAV  indicielles 
- SICAV  qui  repiquent  en  totaSté  ou 
en  partie  lindk».  le  CAC  40  en  l'oc- 
curence - achetaient  toujours  avant 
ce  type  d’introduction.  DMC  était 
aussi  très  entouré  et  a fait  l'objet  da 
plusieurs  appteations.  La  titre  peu 
avant  14  heures  gagnait  près  de  3 % 
pour  20  OOO  titres.  Du  côté  des 
baisses,  Renier  subissait  quelques 
prises  de  bénéfice,  perdant  3,2  % 
pou-  13  000  titres. 

LONDRES,  28  novembre  -4 
Tassement 

Le  Footsie  a clôturé  en  baisse 
de  0.7  % jeudi  è Londres,  è 
2 428,6  points.  Malgré  un  bon 
départ,  le  journée  fut  morose, 
dominée  par  des  prévisions  néga- 
tives sur  révolution  du  Footsie  et 
da  mauvaises  perspectives  pour 
les  détaillants  malgré  l'approche 
des  Fêtas.  Le  volume  d'activité  a 
augmenté  à 566,3  millions  de 
titres  contre  548.5  la  veiBe. 

La  force  de  la  peseta  espa- 
gnole, qui  diminue  r espace  vital 
de  fluctuation  è la  busse  de  la. 
livre  eu  sein  du  SME,  a renouvelé 
Jes  inquiétudes  sur  les  taux 


: u • m -71  fTTiTil  FF 


seront  vraisemblablement  pas 
abaissés  avant  la  fin  de  l’année. 
Le  titre  Maxwell  Communication 
Corporation  (MCC)  a terminé  en 
recul,  après  l'annonce  du  report 
de  la  publication  dé  ses  résultats 
semestriels.  A l'inverse,  Mlrror 
Group' Newspapars  (MGN),  qui 
pourrait  être  vendu  pour  résorber 
les  dettes  de  Maxwell,  s'est 
apprécié. 


Akatri  Otite 

Amaé  Aboobs 

BAC. 

Bq*  Verras . 

Baron  fj/i 

Bmsmfryori 

CAl-d*Fr.  (CCI)— . 

Ctibaraan — — 

Cw» 

C.Ë.G.E.P. 

CÉP1 

UN IM 

Cadreur 

Conforma  . 

Cwka — 

Oephin 

Daim» 

Domscfey  WarawCSs- 


PARIS  : 

cond  marché 

Cours 

Dernier 

Cours  Dernier 

peéc. 

cours 

VALEURS  pré c.  cours 

3826 

3841 

bnoob-Htattra — . 750  780 

27S 

28680 

hnmt.  Gompuar — 180  16190 

9160 

89 

LPJgJé 62  64  50  d 

800 

800 

Lacames-...  245 

305' 

306 

Louât 70  70 

239 

239 

ata»  Ccrrea_ ; — - 83  S550 

806 

812 

pM* r ....  149 

405 

402 

PiUFSpaedv «06  406 

B90  - 

680 

(tuai — «30 

138 

139 

«nra-AfciBsiJlJ-  307  70  320 

261 

2S5 

SJLM  • - 163  16620 

899  - 

900 

SriicthwKW— . 10240  103 

272 

.... 

Srta 384 

780 

878  d 

SJUT.éaçfi.. 130 

18210 

1S2 10 

Sapa— 259 

300 

29690 

■m._  — 316  50  308 

1200 

1215 

UieisadorM.  g.yf  — 315"  312 

33760 

.... 

U*9—  — 212  213 

921 

921 

VtfftOt : 8890  88 

2S6BB 

256  50 

Y.  &4auae  Groupa-  799  793 

129  ' 

129 

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Dm* - 

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GFF  tynjpJon.1) 

Grand  Uns 

Grtwgraph 

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LÙÙ 


MAT  IF. 

NotkNXM]  10  Cotation  en  pourcentage  du  28  nouambM  1 991 
Nombre  de  contrais  : 113  783  . 


LA  BOURSE  SUR  MINITEL 

36-15™ 


COURS 


Denier  — 

TT.  f 

rreceoem . 


PRIX  D’EXERCICE 

106  

i 

Volume  : 10  918 
COURS 

Denier 

TTi  r.f . . 

iTCOttm r— 


. . ÉCHÉANCES 

Déc.  91  Man  92  Jnm92 

10530  HHJO  1B6J9 

185,76  MS#  106J4 

Options  tur  nstkmwl 

OPTIONS  D’ACHAT  OPTIONS  DE  VENTE 
Déc.  91  Mare  92~  Déc.  91  I Mais  92 
(LOI  | 1^8  I 0J3  1 UÔT~ 

CAC 40  A TERME 

(MATFJ  . " . 


Novembre 


_ i _ 

UCtuBuiC 

1769  ~ 
JTO 


FAITS  ET  RESULTATS 


Un  succès  de  la  Treuhandanstait 


La  chaîne  est-allemande  Interhotel 
vendue  7,5  milliards  de  francs 


Deux  promoteurs  berlinois. 
MM.  Klaus  Groenke  et  Axel  Gutt- 
mann,  soutenus  (far  la  Deutsche 
Bank,  ont  obtenu  de  la  Treuhand- 
anstalt  les  vingt-neuf  hôtels  de  la 
chaîne  est-allemande  Interhotel,  le 
22  novembre,  pour  2.2  milliards  de 
deutschemarks  |7,5  milliards  de 
francs).  Ils  veulent  consacrer 
encore  680  millions  de  deuischc- 
marks  à rénover  les  hôtels  et  350 
millions  à reconstruire  l’un  d’eux, 
ce  qui  portera  le  prix  de  la  cham- 
bre à 300  000  DM.  Mais  ils  comp- 
lent  revendre  50  ?»>  de  la  chaîne 
lorsque  l’exploitation  sera  redeve-  | 
nue  bénéficiaire,  pour  investir  j 
1.2  milliard  de  deutschemarks  dans 
la  construction  de  douze  autres  I 
hôtels  dans  l’ex-RDA.  ! 

Le  record  a cependant  été  atteint  ] 

JOURNAL  OFFICIEL  j 

Sont  publics  au  Journal  officiel  1 
du  jeudi  28  novembre  1991’: 

DES  DÉCRETS  : ; 

- N*  91-1195  du  27  novembre  ] 

1991  portant  dispositions  statu-  : 
taires  applicables  au  corps  des  j 
médecins  de  l’éducation  nationale  : 
et  à l'emploi  de  médecin  de  l'édu- 
cation nationale  - conseiller  I 
technique;  I 

- Du  27  novembre  1991  relatif 

à la  prise  de  participation  de  l’Etat 
au  capital  de  la  société  Distribu-  1 
lion  Monnaie  de  Paris  intematio-  \ 
nale:  : 

- N°  91-1197  du  27  novembre  I 

1991  organisant  la  profession  [ 
d’avocat.  < 

UN  ARRÊTÉ  : i 

- Du  25  novembre  1991  relatif  j 
aux  péages  autoroutiers. 


par  un  des  qu3trc  établissements 
d'Intcrhotel  vendu  à part,  le  Dora 
Hoic!  de  Berlin,  acquis  par  Lad- 
broke.  le  propriétaire  de  la  chaîne 
Hilton,  pour  305  millions  de  deut- 
schcmarks.  soit  6Ù0  000  DM  la 
chambre.  Ces  ventes  constituent  le 
premier  grand  succès  de  la  Treu- 
hand.  qui  avait  reçu  deux  cents 
offres  pour  la  chaîne,  en  dépit  de 
cent  cinquante  réclamations  sur  la 
propriété  des  hôtels,  notamment  de 
la  part  d’anciens  propriétaires 
expropriés  du  temps  de  !a  RDA. 

Sony,  Apple  et  Motorola 
s’attaquent  ensemble 
aux  ordinateurs  multimédias 

Le  japonais  Sony  et  l'américain 
Apple  ont  Lrouvé  un  second  terrain 
de  coopéra  tien.  En  association  avec 
Motorola  (le  fournisseur  de  toujours 
d’Apple  pour  les  microprocesseurs), 
les  deux  partenaires  vont  plancher 
sur  fa  nouvelle  gcnêracion  d’ordina- 
teurs personnels»  tes  «multimédias», 
capables  de  transmettre  images,  son 
et  données.  Cette  nouvelle  coopéra- 
tion - pas  encore  officielle,  mais 
dont  on  savait  qu'elle  était  en  prépa- 
ration - a été  précisée,  jeudi 
28  novembre,  par  la  presse  japonaise 
qui  cite  des  sources  industrielles. 

Sony  et  Motorola  ont  ainsi  acquis 
chacun  environ  5 % d'une  filiale 
d’Apple,  connue  sous  le  nom  de 
General  Magic,  qui  sera  chargée  de 
développer  ces  nouveaux  produits 
Sony  fournira  la  technologie  audiovi- 
suelle et  son  savoir-faire  dans  les  pro- 
duits grand  public,  Motorola  scs 
compétences  en  matière  de  télécom- 
munications. Apple  coopère  déjà 
avec  Sony  sur  les  «Macintosh  Power- 
book». {le  Monde  du  22  octobre). 


a Straiar-Facom  : coup  de  vent.  - 
«f  Les  résultats  du  groupe  se 
contracteront  très  sensiblement  en 
1991.  a déclaré  le  président  de 
Strafor-Facom,  M.  Henri 
Lachmann.  C'est  un  aeddem  tle 
parcours  dans  line  conjoncture  diffi- 
cile. Mais  nas  fondamentaux  sont 
soins,  sur  des  métiers  non  menacés, 
ei  nous  sommes  convaincus  du 
retour  à la  santé  en  1992 . • En 
attendant,  le  bénéfice  net  du 
groupe  reviendra,  vraisemblable- 
ment. de  380  à environ  200  mil- 
lions de  francs.  Ceue  chute  est  duc 
en  grande  partie  i des  facteurs  non 
récurrents,  notamment  une  perte 
de  100  millions  de  francs  sur  la 
filiale  britannique  récemment 
acquise.  Gordon  Russell,  à certains 
frais  de  restructuration  affectant  la 
filiale  de  mobilier  de  bureau  Steel- 
casc-Strafor,  dont  les  effectifs  ont 
été  ramenés  de  6 7 00  fi  5 540  per- 
sonnes. Dans  l'ensemble  du 
groupe,  une  dégradation  sensible  a 
été  enregistrée  depuis  le  mois 
de  mai.  Te  chiffre  d'affaires  de 
Facom  baissant  de  20%.  En  1992, 
les  investissements  réalisés  en  1991 
(1,25  milliard  de  francs)  devraient 
produire  leur  plein  effet,  si  la 
conjoncture  s’y  prête. 

c Philip  Marris  restructure  ses 
activités  allmeataires.  - Le  groupe 
américain  Philip  Morris  (tabacs, 
agro-alimentaire)  a annoncé  un 
vaste  plan  de  restructuration  de  ses 
activités  alimentaires  et  un  pro- 
gramme de  rachat  de  ses  propres 
actions.  La  restructurai  ion  des  acti- 
vités alimentaires  (Kraft  General 
Foods)  vise  fi  réaliser  750  millions 
de  dollars  (4,1  milliards  de  francs) 
d'économies  au  cours  des  cinq  pro- 
chaines années.  Les  coûts  de  ce 
plan  de  restructuration  se  tradui- 
ront par  une  charge  exceptionnelle 
après  impôts  de  275  millions  de 
dollars  ll.5  milliard  de  francs)  au 
quatrième  irimcstre  1991.  Philip 
Morris  a aussi  affirme  que  son 
conseil  d’administration  avait 
approuvé  un  programme  de  rachat 
de  scs  propres  actions  pour  un 
montant  allant  jusqu'à  2 milliards 
de  dollars  au  cours  des  deux  pro- 
chaines années.  Les  activités  ali- 
mentaires représentent  environ  la 
moitié  du  chiflrc  d'affaires  de  Phi- 
lip Morris,  le  reste  étant  constitué 
par  les  activités  tabacs. 

□ Philips  : action  en  justice  de 
deux  associa  lions  d'actionnaires.  - 
Deux  importantes  associations 
d’actionnaires  néerlandaise  et  alle- 
mande ont  intenté,  jeudi 
23  novembre,  une  action  en  justice 
contre  le  géant  électronique  néer- 
landais Philips  qu'elles  accusent 
d'avoir  idurni  des  informations 
incorrectes  sur  la  marche  du 
groupe  d'octobre  1939  fi  mai  1990, 
selon  un  communiqué  diffusé  par 
une  des  deux  associations  à La 
Haye.  Le  Vereinigung  van  Effec- 
tenbezitters  (VEB)  néerlandais  et 
sa  consœur  allemande  Deutsche 


Schutzvcreinigung  fDr  Wcrtpapier- 
bcsitz  estiment  simplement  avoir 
été  trompés  par  la  direction  sur  les 
perspectives  de  bénéfice  du  groupe. 
Les  (hits  reprochés  sc  sont  produits 
avant  l'arrivée  du  PDG  actuel  de 
Philips,  M.  J an  Timmer.  initiateur 
de  l'opération  Centurion,  qui  doit 
permettre  au  groupe  de  réduire  ses 
coûts  de  production  pour  pouvoir 
contrer  plus  efficacement  la 
concurrence  japonaise. 

□ CCF-Roya!  Bank  Scotland- 
Baaco  Santander  : connexion  des 
systèmes  infonastûpjes.  - Le  Cré- 
dit commercial  de  France  (CCF), 
la  Royal  Bank  of  Scotland  (RBS) 
et  le  Banco  Santander  (BS)  sont 
parvenus  jeudi  28  novembre  à un 
accord  pour  développer  en  com- 
mun un  système  de  communica- 
tion en  temps  réel  entre  les  ordina- 
teurs des  trois  banques.  Le  système 
IBOS  (Inter-Bank  One  Line  Sys- 
tem) permettra  aux  clients  de  ces 
banques  de  gérer  leurs  comptes  et 
d'effectuer  leurs  transactions,  au- 
delà  des  frontières  nationales,  dans 
des  conditions  de  rapidité  et  de 
qualité  de  service  semblables  fi 
celles  dont  iis  bénéficient  fi  l’inté- 
rieur de  chaque  pays,  et  ce  dès 
1 992.  L*3ccord  prévoit  que  de  nou- 
veaux services  seront  développés 
entre  les  trois  partenaires  * grâce  à 
un  programme  de  travail  de  cinq 
ans»,  et  que  le  réseau  s’étendra 
par  l’entrée  d'une  banque  impor- 
tante de  chaque  pays  européen. 

□ L'OPA  d’Arjo  WIgglus  AppkfoH 
(A WA)  sur  Kanguras.  - Premier 
papetier  de  la  Communauté  écono- 
mique européenne,  Arjo  Wiegins 
Applcton  (AWA)  a décide  de 
«poursuivre  ses  négociations  v avec 
le  distributeur  espagnol  de  papier 
Kanguros.  Ce  dernier  a rejeté  l’of- 
fre publique  d'achat  lancée  par 
AWA  en  octobre,  jugeant  « insuffi- 
sant » le  prix  proposé  de 
2 700  pesetas  l'action,  soit 
145,80  F (le  Monde  du  23  octo- 
bre). Un  bureau  d’analyse  finan- 
cière a estimé  pour  sa  part  cette 
ofFre  * largement  sous-évaluée  », 
estimant  que  le  prix  de  l'OPA 
devrait  être  fixé  entre  3 400  et 
4 200  pesetas. 

□ Naissance  de  Rrgfcral  AWiacs. 
- Quatre  compagnies  régionales 
françaises.  Air  Vendée,  Air  Exd, 
Airiec  et  Air  Transport  Pyrénées 

ont  mis  en  commun  taira  lignes 
régulières.  La  nouvelle  société, 
dont  le  siège  est  fi  Nantes,  s’appelle 
Régional  Airlines.  Son  capital  est 
détenu  fi  60%  par  Air  Vendée, 
dont  le  PDG,  M.  Jean-Paul 
Dubreu il,  devient  le  patron  du 
nouvel  ensemble.  Régional  Airlines 
dessert  vingt-deux  villes,  dont  cinq 
hors  de  France,  avec  treize  appa- 
reils. Les  quatre  compagnies  mères 
poursuivent  séparément  leurs  acti- 
vités dans  la  maintenance,  les 
avions-taxis  et  les  hélicoptères. 


CHANGES 

Ddar  : 5,577  F t 

Au  lendemain  de  la  fête  de 
Thanksgjving  aux  Etats-Unis, 
le  dollar  poursuivait  son  mou- 
vement de  hausse  amorcé  en 
milieu  de  semaine.  A Parts,  ia 
monnaie  américaine  s’échan- 


BOURSES 


FRANCFORT  28ncv.  . 29nov. 
Dollar  (en  DM)  _ 1^137  143)8 

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MARCHÉ  MONÉTAIRE 

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Indice  général  CAC  48139  488*22 
(SBF,  basa  1 0OO  :3 1-12-87) 
Indice  CAC  40 1757,86  175488 

NEW-YORK  (lixüœOowJonesi 

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LE  MARCHÉ  INTERBANCAIRE  DES  DEVISES 


COURS  DU  JOUR 


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- 117  - 452 

- 415 

- 320 

TAUX  DES  EUROMONNAIES 


Ces  cours  pratiqués  sur  le  marché  interbancaire  des  devises  nous  sont  indiqués  en 
fin  de  matinée  par  une  grande  banque  de  la  -place. 


MARCHÉS  FINANCIERS 


>•  te  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  29 


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BOURSE  DU  29  NOVEMBRE 


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COURS 

29/11 


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VALEURS 


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VALEURS 


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Rachat 


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VALEURS 

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14272  31 

1421545 

St  Honoré  Serras.. 

46343 

445  61 

Stane.  — 

1666  30 

IBM  30 

StanGan 

13378  71 

13115  38 

5éaataot 

132056 

1328  56 

Scaatai  

70375 

69335 

Scsv  toocatcns-. . 

176575 

1763  11 

SFtfWtaSB 

04414 

62538 

S G.  Fr  apparentés.. 

104155 

102113 

S«cair5OO0  

41539 

40427 

Si  Est 

1369  13 

1310  17 

S&rabBce 

643  B5 

626» 

S6nm  

40106 

3»  33 

SiMraw  - . 

213  14 

20096 

Siwnr 

432  40 

420  B3 

SJÜ 

1210» 

1 175  63 

SoBBrtom» . ... 

10D4  M 

90524 

SogémnyK..  .. 

30263 

298  70 

Sogea 

1014  58 

99469 

Sopnv.  • 

127164 

1246  71 

Sc*d  hiwsMwmereâ 

5»  67 

563  M 

Sréaca 

2105» 

217963 

Sbflégré  Acson.  ... 

782  66 

733  33 

CtrriéfiM 

auvngv  rwaffim 

1345  18 

1302  84 

Tedmoec 

101128 

981 83 

Tedn+Gar 

5606  08 

5M7  37 

Thescra.- 

527  98 

62176 

Traœplus  — .. 

14547 

139  21 

Trésor  Plis  . 

1227  83 

1215  48 

Trésor  Real— 

T3697B1 

136S7B1 

ïtfawx.— . .. 

1234»  37 

1734»  37 

Tri* 

517203 

512161 

UAPtertaw.  ... 

434  43 

418  73 

UJIP.AclF 

508  32 

647  7B 

OAP.AtLSéL.  .. 

615  74 

533  48 

OAP.AaK 

579  31 

55837 

UAP  ABflA 

2»  20 

20067 

U AP  Ata 

ira  72 

187» 

UAP  Uoytn  Tarn.. 

132  49 

127  70 

UAPRwtiCaag.- ... 

limite 

1063295 

Ut-Assocatnos  ... 

127  53 

127  03 

Ubrfbnoa 

125788 

122720 

Urinant . . 

55703 

54344 

UfrGawtie 

130O2S 

1355  B6 

UfrRégona 

1373» 

134015 

Umma-  

27»  52 

2643  43 

Un».  

22682 

226  02 

Owers  Acttm 

1174  90 

114024 

UamsDfaiguon. 

1615  76 

1771  49 

Vrén»  

1964  06 

1962» 

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■v--  ■ *■•»- 


30  Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991  • 

MÉTÉOROLOGIE 


SITUATION  LE  29  NOVEMBRE  A 0 HEURE  TU 


LEGENDE 

-a 

ENSOIEHJE 

ECLAMOES 

MUWMCCUX 

m 

NUACEUt 

caufiiss 

« 

1RES  NUACtin 
OU  COUVERT 

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PLUE 

OU  BAUME 

* 

1 WGE 

m 

AWJSfS 

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OAACE5 

BmasscT 

BROUELAAOS 

SOiSK 

DEPLACEMENT 

Samedi  : brouillards  le  matin, 
soleil  l'après-midi.  - Le  ciel  sera  cou- 
vert le  matin  des  Pyrénées  aux  côtes 
atlantiques  et  à la  Bretagne  Quelques 
petites  pluies  pourront  se  produire  au 
pied  des  Pyrénées. 

Sur  les  côtes  du  Languedoc  jusqu’à 
la  vallée  du  Rhône,  des  entrées  mari- 
times donneront  un  ciel  gns. 

Sur  le  reste  du  pays,  les  brouillards 
domineront  le  matin.  Us  seront  denses 
mais  la  plupart  se  dissiperont  pour  lais- 
ser place  à du  soleil  l'après-midi. 


Les  températures  minimales  seront 
de  l’ordre  de  - 2 à 1 degrés  dans  le 
Nord-Est,  2 à 4 degrés  sur  le  Nord  et 
le  Centre,  7 à 10  degrés  de  la  Bre- 
tagne au  Sud-Ouest  et  à la  Méditerra- 
née. L'aprùS-iTudi.  le  thermomètre 
atteindra  4 à 8 degrés  dans  le  Nord- 
Est.  8 à 12  degrés  sur  le  Nord;;  10  è 

14  degrés  de  la  Bretagne  au  Centra. 
13  à 15  degrés  dans  le  Sud-Ouest  et 

15  è 17  degrés  près  de  la  Méditer- 
ranée. 


PRÉVISIONS  POUR  LE  1*  DÉCEMBRE  1991  A 12  HEURES  TU 


TEMPERATURES  maxima  - «ninima  et  temps  observé 

Vafeurs  extrêmes  relevées  entre  le  29- 11-91 

le  28-11-1931  à 18  heures  TU  et  le  2S-11-19S1  à 5 heures  TV 


FRANCE 


AJACCIO 

BIARRITZ 

BORDEAUX— 

BOURGES 

BREST 

CAEN 

CHERBOURG— 

CLKMOJiT-fÉR- 

MON. 

GRENOBLE 

LILLE 

LIMOGES 

LYON 

MARSEILLE 

NANCY 

NANTES 

NICE. 


PAJÜS-mSTS- 

PAU 

PERPIGNAN— 
HENNES. 


ST-StlENNZ 

STRASBOURG- 


a D 

4 D 

5 c 

1 B 
8 C 
4 B 


-1  B 

1 B 
4 D 

2 B 
6 C 

-1  B 
1 D 
9 D 


I D 
0 C 
5 B 
■2  B 
0 B 


TOULOUSE 15  5 B 

TOURS HT  2 8 

POINTE-A-PITRE-  30  23  D 


ÉTRANGER 


ALGER 

AMSTERDAM- 

ATHÈNES 

BANGKOK 

BARCELONE— 

BELGRADE 

BERLIN. — : — 
BRUXELLES- 
COPENHAGUE. 

DAKAR 

DELHI 

DJERBA 

GENEVE 

HONGKONG — 23 

BT.UNI 

JERUSALEM  — 

LE  CAIRE 

LISBONNE 

LONDRES. 


10  N 
3 B 
9 D 
24  N 


10 
7 
3 

19  S 
6 P 
S N 
13  S 
10  ji 
10  C 


LOS  ANGELES. 
LUXEMBOURG. 

MADRID 

MARRAKECH— 

MEXICO 

MILAN 

MONTRÉAL 

MOSCOU 

NEW-DELHI—.  26 


13  D 
0 B 
7 N 


NEW- YORK — 10 

OSLO 7 

P.UJLVDS-9LU.  19 

PÉKIN 0 

UHKJUERL  26 


ROME 

SWGAPOU? — 
STOCKHOLM— 

SYDNEY 

TOKYO 

TUNIS — 

VARSOVIE 

VENISE 

VIENNE 


9 
6 

-4 
-1 
1 

10 
4 

3 
13 
-3  B 
21  N 

4 

24 

6 


D 
C 
C 
18  S 
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S D 
3 C 
1 B 
3 C 


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L’iuvcn 

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nuag^i.i, 

orap; 

pl  U IL 

iempete 

* 

ncijc 


■ Z,  universel,  c esi-a-aire  pour  la  t-rance  : heure  Iôce 

moins  2 heures  en  été  : heure  légale  moins  1 heure  en  hiver. 

fOnmi nm  eldô/i  aw  le  utfM-r  mhmqtie  sp£dol  de  fa  Mètêorvlcvie  nuUonote.l 


Naissances 

- M.  Yws  DUBIEF  et  M™, 
née  Isabelle  Daroym, 
Grazfelfa, 

ont  la  joie  d’annoncer  la  naissance  de 

Arnaud, 

le  15  octobre  1991. 

1.  rue  des  Furiltés-dc-to-Résisiance. 
88000  Epioal 

Décès 


- Lausanne  (Suisse). 

Aliné  et  Antonio  Parra  (Madrid), 
Thérèse  et  Philippe  Gindraux 
(Genève). 

Véronique  et  Paul  Potocki  (Paris), 
Paul  et  Elke  Agopian  (Lausanne), 
Michaël  et  Marte-Hélène  Agopian 
(Lyon), 
ses  enfants. 

Ainsi  que  ses  petits-enfants  et 
a rrière-pctiis-enfanU, 
ont  la  tristesse  de  faire  part  du  décès  de 

Joseph  AGOPIAN, 

survenu  le  22  novembre  1991,  à l’âge 
de  quatre-vingt-cinq  ans. 

Il  a rejoint  son  épouse, 

Achkbene  AGOPIAN, 
rappelée  à Dieu  le  20  juillet  1991. 

- François  Champagne  de  Labriolle, 
Mire  Ma  rie- Bru  no  Chabalier, 

Henri  et  Marguerite  Roy, 

Philippe  et  Dauphine  Champagne  de 

LabrioQe. 

Caire  et  Fabien  Vaylet, 

Jacques  et  Marine  Champagne  de 
Labriolle. 

Anne  et  Jean  Toulon, 

Leurs  enfants. 

Les  familles  Chabalier,  Issenmann  et 
de  Larminat, 

Leurs  amis, 

ont  la  douleur  de  faire  part  du  décès  de 
Jacqueline 

CHAMPAGNE  de  LABRIOLLE, 
née  ChabaUer, 
maître  de  conférences 
à l'université  Sorbonne  nouvelle, 
commandeur  des  Palmes  académiques, 

survenu  à Paris,  le  mercredi  27  novem- 
bre 1991. 

La  cérémonie  religieuse  sera  célébrée 
le  samedi  30  novembre,  à 10  h 45,  en 
la  cathédrale  Saint-Louis  de  Cboisy-lc- 
Roi. 

L’inhumation  aurajjeu  au  cimetière 
de  Choisy-le-RoL 

Cet  avis  tient  lieu  dé  faire-part. 

5,  nie  des  Saints-Pères, 

750Q6  Paris. 

- Le  club  sportif  La  Cigogne 
Hispano-Suiza 

a le  regret  d’annoncer  le  décès  de 

Roger  CHAZALON, 
secrétaire  du  dub 
La  Cigogne  Hispano-Suiza. 

survenu  le  30  octobre  1991. 

Les  obsèques  ont  eu  lieu  dans  la  plus 
stricte  intimité. 

Cet  avis  tient  lieu  de  faire-part. 

- Christiane,  Dominique,  Véronique, 
Et  leurs  proches, 

vous  expriment  leur  chagrin  après  le 
départ  de 

Gérard  GARROS, 

survenu  le  21  novembre  1991. 

Les  obsèques  ont  co  lieu  dans 
l’intimité. 

20,  rue  LacrctcJte. 

75015  Paris. 


C 


THESES 

Tarif  Étudiants 

50  F la  ligne  H.T 


d 


CARNET  DU  JW* 


— Alexandre  Ghiohmih, 
Anne-Laurence,  Juliette  et  Vladimir 
Ghmlamila, 

Les  collaborateurs  de  1 agence  d ar- 
chitecture Ghiularniia. 
ont  la  tristesse  de  faire  part  du  décès  de 

M.  Dirai  tri  GHIULAMILA, 
architecte. 

survenu  à Paris,  te  25  novembre  1991, 
à l’âge  de  quatre-vingts  ans. 

L’incinération  aura  lieu  au  Père- 
Lachaise,  le  lundi  2 décembre,  â partir 
de  10  b 30. 

Cct  avis  tient  lieu  de  faire-part. 

8,  roc  Keppler. 

751 16  Paris. 


- Sa  famille,  ses  amis  et  scs  anciens 
élèves, 

ont  la  douleur  de  faire  part  du  décès  de 

Loden  LAUTREC, 
peintre. 

fondateur  de  l’Académie  populaire 
d’arts  plastiques. 

Levée  du  corps,  lundi  2 décembre 
1991,  à 13  heures,  i l’Institut  médico- 
légal  2,  place  Mazas,  Paris- 12*. 

Inhumation,  à 13  h 45,  au  cimetière 
de  Thiais,  porte  principale. 

Michel  Lautrec. 

21,  rue  Verte, 

94400  Vîtry-snrSeine. 

Pour  rassembler  témoignages  et  sou- 
venirs, écrire  à Pascale  Buttaud,  PTT 
poste  restante,  2 16,  rue  de  Tolbiac, 
75013  Paria. 

[Né  à Mmes  ta  1 909.  Lucien  Iwtrec  arriva  4 
Paris  en  1930.  Après  hna  période  figurative 
auprès  do  groupa  Forces  nouvelles  qui  tenta  da 
ratmrar  une  tradtfon  pMktt.  son  «ma  éwh* 
ms  l'abstraction  à partir  de  1943.  coohm  sas 
«nis  da  récolede  Paris.  Batama.  Manesrieroo 
La  MoaL  Après  la  guena.  I a «garé  notamment  an 
Sakm  da  liai,  où  Ton  a pu  voir  sm  compositions 
d’une  gamma  cotoréo,  oé  las  Usas  d’azur  et  las 
mts  <r eau  émanent.  SaderafémiéPospecAiva 
eu  leu  en  1990  au  Mosée  logras  de  MmBotau.] 


- La  famille  de 

M*  Daniel  PIZETTE, 
née  Henriette  Marie  Gaiz, 
professeur  agrégé  HC 
en  retraite, 

a la  douleur  de  faire  part  de  son  décès, 
le  mois  dernier,  à Bordeaux. 

a Et  saehez-U  : Je  rais  être  avec 
vous  tous  les  jours  jusqu'à  ta  fin  du 
monde.  » 

MatthieitoXXVIIL.  J 6.  t 


- Le  docteur  Jeanne  Aboudrar| 
Salgo, 
sa  fille, 

Brunc-Nassira  Aboudrar, 

Sophia  et  Jérôme  RavaneL 
scs  petitvenfants, 

Pierre-Camille, 
son  arrière-petit-fils, 
ont  la  tristesse  de  faire  port  du  décès  de 

Violette  SALGO, 

survenu  le  23  novembre  1991. 

Les  obsèques  ont  eu  lieu  le 
27  novembre  dans  l'intimité. 

45,  rue  de  Reunis, 

75006  Paris. 


- Franccfte  et  Pierre  Sefigmann, 

Et  Simone  Godcchot, 
évoquent  le  souvenir  de  leur  belle- 
sœur, 

Francy  Araqjo  SELIGMANN, 

décédée  le  9 novembre  1991,  â 
Pamaîba  (Brésil). 

et  celui  de 

Marcel  SELIGMANN, 
(1910-1988), 

'Kv 

leur  frère. 

1 1 5,  rue  Srancas, 

Sèvres. 

4.  Square  ViUaret-de-Joycusc, 

75017  Paris. 


5 JOURS  EXCEPTIONNELS  : 
Jeudi,  Vendredi,  Samedi,  Dimanche 


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60  BIS  BUE  DE  PARIS  73000  5AINI-GERMAIfJ-É'MA3E  - S RUE  UES  ARCHERS  LYON  2 


- Wolf  (Wlfldyskw)  SLAWNY, 

reporter  photographe, 
est  mort  le  26  novembre  1991,  à Paris. 

il  était  né  en  Pologne  en  1907. 

Francis  Slawny. 

28.  rue  Robert-Doisy, 

92160  Antraiy. 

Jean  Slawny, 

17,  rue  du  Javelot. 

75013  Paris. 

- M.  et  Kleinberg. 

Et  leurs  enfants, 

ont  la  douleur  de  faire  part  do  décès  de 

M"*  reave  SZNAJDER, 
née  Marjant  Szaster, 

survenu  le  24  novembre  1.991.-  - 

Les  obsèques  ont  eu  lieu  dans  l’inti- 
mité, le  jeudi  28  novembre,  au  cime- 
tière parisien  de.  Bagnenx.  . 

Anniversaires 

- Le  30  novembre  1988 

- Pierre  GRÉCO  ./ 

nous  gainait.  - 

Que  ceux  qui  l’ont  connu  et  ahné 
aient  une  pensée  pour  lui. 

tr Puisqu’il  n'est  pas  de  mots  pour 
tant  d’ombre  et  de  flammes— 

SupcrvieUe. 

- II  y a dix-huit  ans,  le  30  novembre 
1973,  disparaissait 

Pierre  LAMBERT. 

Que  tous  ceux  qui  ont  connu  le 
socialiste,  le  résistant,  le  préfet  ou  sim- 
plement l’homme,  aient  une.  pensée 
pour  lui. 

Av»  de  messe 

- A b mémoire  du  matador 

rhrtofam 

MONTOOGQUIOL-NIMENO  H, 

une  messe  sera  célébrée  le  lundi 
2 décembre  1991,  à 1 9 h 30,  en  la  cha- 
pelle Notre-Damc-derCompassion. 
place  du  Général- Kcenig,.  Paris- 1.7« 
(près  hdtcl  Concorde-La  Fayette). 

De  la  part  de  tons  ses  amis  de  Paris. 


Masses  anniversaires 

- Pour  le  premier  damYsrsairc  de  la 
disparition  dé 

Raymond  JBOUBGLNE, 

journaliste, 
sénateur  de  Paris. 

une  messe  de  requiem  sera  célébrée 
mardi  3 décembre  1991,  à 18  heures, 
en  l’église  de  la  Madeleine,  place  de  fa 
Madeleine,  Paris-S'. 

Que  ceux  qui  l'ont  connu,  estimé, 
aimé,  aient  une  pensée  pour  sa 
mémoire  et  la  pérennité  des  valeurs 
pour  lesquelles  il.  a combattu. 

De  la  part  de 
M**  Raymond  Botugine, 
son  épouse. 

Sa  ûuniilc. 

Scs  amis 

Et  ses  coUabôrotcurs  du  groupe  Vol- 
moode. 

Soutenances  de  thèses 

- Paris-l-Sorbonne.  lundi- 2 décem- 
bre, i 14  heures,  salle  des  Conseils, 
12,  place  du  Panthéon,  escalier  M. 
Doctorat  d’Etat  dé  M"»  Annie  Sartre- 
Fs  uriat  : « Monuments  funéraires,  ico- 
nographie et  société  en  Syrie  du  Sud. 
Kav.-YIDapk» 

- Université  Paris-VH,  thèse  de 
doctorat  en  épistémologie  et  histoire 
des  sciences  : • L'aberration  des  étoiles 
« Téther  de  Fresnd  (1729-1851)  », 
présentée  par  Arnaud  Mayrargue, 
mardi  3 décembre  1991,  à 15  heures, 
salle  des  thèses,  tour  centrale,  2,  place 
Jussieu. 

- Université  Paris-lV-Sorboooe, 
mardi  10  décembre  1991,  â 9 h 30. 
salle  des  Actes,  1.  rue  Victor-Cousin. 
Afimh  Bouviér:  « Essai  iTanthroposo- 
, ckMojpe  de  l'aigpmeoiation  philosophi- 
que. Hétérogénéités  et;  dissonances 
dans  les  MUitaüom  métaphysiques  de 
Descartes  et  dans  le  Contrat  social  de 
Rousseau  » (sociologie). 


CARNET  DU  MONDE 

Reraaigrwments  : 4043-29-94 
Tarif  : la  ligne  H.T. 
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WEEK-END  D'UN  CHINEUR 


PARIS 

Samedi  M «woiAre  ..- 
. Droaot-RicheliêB,M  heures  ^ pho- 
tographies, (fessite,  "ftft 'à  ‘doter, 
faïences  ^DrquoNMoatfrigae, 
2!  heures:  ait  contemporain. 

Dimanche  1*  décembre 
Fonquefs,  15  brans  : affichés  de 
cinéma. 

ILE-DE-FRANCE 

Samedi  30  novembre 
LTsle-Adara,  14  h 30  ':  Vins, 
alcools  ; Nanterre,  14  heures  :. 
mobilier,  bibelots  i Vernoa., 
14  b 30  : gravures,  tableaux. . • 

Dimanche  1"  décembre 
Argestenfl,  14  heures  : mobilier, 
linge:  Baririzon,  14  h 30  : école  de 
Barbizon  ; Chantilly,  14  h 30  : 
vins,  alcools;  Enghlen,  14  h 30  : 
art  contemporain  ; Eta  opes, 

14  heures  : mobilier,  otijets  d’ait; 
Joigny,  14  heures  : mobilier,  orfè- 
vrerie; L’IsIe-Àdam,  14  h 30  : 
tableaux  russes;  La  Varenue-St-Hl- 
laire,  14  heures  : timbres  ; 

15  heures  : Extrême-Orient; 
Meaux,  14  heures  : mobilier, 
tableaux  ; Neuilly,  14  h 30  : art 
contemporain  ; Rambouillet, 
15  heures  : tableaux  modernes 
Saiat-Germain-en-Lave,  14  heures  : 
mobilier,  objets  a'art.  Sens  : 
14  h 30  : tableaux  modernes;  Ver- 
sailles (Rameau),  14  heures:: 
tableaux  modernes;  Versailles 
(Chevan  - Légers),  14  h 30  : tapis, 
tapisseries  ; Versailles  (avenue  de 
Sceaux),  1 1 heures  : faïences,  ver- 
rerie; 14  b 1 5 : mobilier,  objets 
d’art  ; Versailles  (Palais  des 
congrès),  14  heures  : mobilier, 
objets  d’art 

PLUS  LOIN 

Samedi  30  novembre  . 

Asc  b,  10  heures  et  14  h 30 
vins;  Bordeaux.  20  heures  ; gratis*' 
terie,  bijoux;  14  h 30:  mobilier, 
objets  d*art;  Bourges,  10  heures  et 
14  heures,  bvres  et  cartes  postales; 
Brest,  14  h 30;  livres;  Caban,. 
10  heures  et  14  heures  : livres; 
Dijon,  14  heures  :. monnaies  r. 
Fécarap  : 14  h 30  : art  d'Asie;  La 
Roche-sur-Yon,  14  heures  : inobi- 


. fier;  objets ttfart;  Land,  14  heures  : 
vins;  Limoges;  14  lL  30  : mobilier, 

friarseflle  (Castefiane),  H boires^ 
mobifièr,  objets  d'art;  Mon^elliw, 
14  heures,\argentene,  mobilier  ; 
Montrlcbard,  14  h 30  : mobilier, 
objets  d*axt;  Neuville  de  Pbiton, 
14  h 30  photographies,  tableaux; 
Périgoenx,  14  heures  : objets  d’ait, 
tablrâux;  Sanmnr,  14  b 30  : mobi- 
lier, céramiques;  Varœs,  14  h 30  : 
mobilier,  objets  d’art;  Vicky, 
14  beoro  : instruments  de  musi- 
que-   

Dimanche  lw  décembre 
Arles,  14  heures  : mobilier, 
objets  d’art;  Anton,  14  Ïr30  : par 
vures,  peintures:  Beaalwn-ar-lner, 

14  h 30:  mobilier,  objets  d’art; 
Calais,  10  heures  et  14  h 30  : vins, 
argenterie,  mobilier  ; Coûtantes, 
T 4 h 30  tableaux:  modernes  ; 
Douai, ..'I4-h  30:.  tableaux 
modernes;  Evrenx,  14  h 15  : art 
d’Asie;  Glen,  î4  hrarœ,  mobilier, 
objets  d’art;  Granville,  14  h 30: 
mobilier;  bibelots  ; Guéret, 
14-hentes  : mobilier,  tableaux  ; 

..  Issovdan,  14  h 30  : mohifier,  objets 
d’art;  Laigle;  14  faeuzes  : taldeaux 
modernes  ; Lonviers, . 14  h 15  : 
vins;  Lyon  (placé  Jules-Ferry), 

15  heures:  mobilier,  objets  d’art; 
Marseille  (CasteUane),  10  h 30: 
tableaux;  14  h . 30:  archéologie; 
Mayenne,  14  heures.  rHijoux, 
argenterie;  Metz,  141 heures  .-mobi- 
lier, objets  d’art  ; Moulin», 
14  heures  : mobilier;  Nevers, 

.14  heures  : argenterie;  bijoux  ; 
Rocbefort,  1 4 h 30::  mobilier, 
tableaux  ; SainJ-rDlé,  14  heures: 
millier,  gravures;  Saint-Etienne, 
14  h 30  : céramique,  mobilier  ; 
Valence,-  10  heures  et  14  h 30: 
vint.,* 

r : FOIRES  ET  SALONS 

Mnrüffle  (Eglise  Sainte-Anne), 
Ajaccio,  Clermont-Ferrand, 
Angtontfroe,  Roubaix,  Enghies-ks- 
Bans,  Marignane,  Saint-Araand- 
Montrôad,  Evrenx,  Goéret,  Limoges 
et  Foutaise.  .1  . 


p- 1 4 f.tt- [j- 

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Le  Monde  • Samedi  30  novembre  1991 


RADIO-TELEVISION 


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IMAGES 


PIERRE  GEORGES 


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Le  suivi  cruel  de  l’information 


Samedi  30  novembre 


C'EST  (a  chronlque-smère 
des  lendemains  de 
guerre  en  Irak.  Dans  ta 
bartteua  de  Bassorah,  une  cité. 
On  pourrait  tout  aussi  bfan  dire 
un  doaque,  la  survie  dans  un 
égout  & étal  ouvert,  entre  les 
ordures,  la  putréfaction,  les 
mouches.  La  cité,  depuis  dix  ans, 
depuis  trois  guerres,  contre  l'Iran, 
contre  les  affiés  mais  aussi  este, 
chrita.  qui  lut  féroce,  vit  dans  la 
pénurie,  le  dénuement,  l’oubli 
presque  absolu. 

La  vie  sociale  àtatSne,  dans  ta 
plus  élémentaire  nécessité  maté- 
riels l'eau  potable,  le  gaz  pour 
cuire  les  afiments,  l'éfecüfcné.  un 
réseau  d'égouts  est  comme  niée. 

Encore  ne  parte*on  pas  du 
ravitaillement,  rationné.  Il  est 
réparti  prioritairement,  selon  las 
critères  habituels  des  dictatures, 
aux  plus  méritants  des  séides, 
aux  privilégiés  du  régime.  Et, 
dans  le  sud  de  l'Irak,  les  chûtes 
relèvent  rarement  de  cette  caste. 
Sauf  ceux  qui  sont  dans  l’armée, 
la  police  ou  (e  parti.  Sauf  les 
veuves  de  ceux  qui  y furent  et 
ont  droit  d'achat  dans  las  maga- 
sins d’Etat  où  tes  arrivages  du 
jour  ressemblent  è un  maigre 
inventaire  de  Prévert. 

Malnutrition,  fièvres,  gastro- 
entérites,  (as  enfants,  tas  nou- 
veau-nés surtout  meurent  par 
dizaines  de  miSers.  Selon  fUNl- 
CEF,  63  000  d'entre  eux  seraient 


déjà  morts  au  cous  des  huit  der- 
niers mois.  Et  350  000  nfams 
irakiens  de  moins  de  cinq  ans 
sont  en  danger  de  mon,  cet 
hiver.  Ce  qu  ne  veut  pas  dire 
que  ta  situation  soit  aussi  drama- 
tique partout.  A Bagdad  les  mar- 
chés sont  moins  frappés  par  ta 
pénurie  que  par  une  inflation 
galopante  et  par  tous  les  profi- 
teurs de  paix  qui  vivent  des  m3le 
traficotages. 

Tout  cela,  un  reportage  d’c  En- 
voyé spécial  a l'a  raconté  et 
montré.  Un  reportage  dira  son 
auteur,  Françoise  Joly,  effectué 
fixement,  sans  suvefiance  parti- 
culière, ni  intanfit  des  autorités 
irakiennes.  Ce  qui  n'axdut  pas 
que  cette  liberté  accordée  ait  été 
aussi  calcul  politique.  L'Irak,  tou- 
jours soumis  è l'embargo  écono- 
mique, pourrait  ainsi  user  de  son 
ultime  arme  médiatique,  la 
famine.  Voire  en  organisant  ta 
pénurie. 

A dire  vrai,  quand  bien  môme 
un  semblable  calcul  existerait, 
cela  ne  changerait  pas  grand- 
chose  è l'évidence.  Les  guerres, 
chirurgicales  ou  non,  les  guerres 
CNN,  engendrent  des  paix  qui  ne 
sont  pas  jofiea  à voir.  B est  â le 
suivi,  même  cruel,  de  l'informa- 
tion : les  images  sont  passées, 
en  quelques  mois,  de  ta  punition 
infligée  au  dfctateur  à cette  inutile 
souffrance  imposée  au  peuple 
irakien. 


Les  programmes  complets  de  radio  et  de  télévision  sont  publiés  charpie 
semaine  dans  notre  supplément  daté  «Smanche-lundi. 
Signification  des  symboles  : ► signalé  dans  « le  Monda  radio- télévi- 
sion s ; a Film  è éviter  ; ■ On  peut  voir  ; mm  Ne  pas  manquer  ; as  a 
Chef-d'œuvre  ou  classique. 


Vendredi  29  novembre 


TF  1 


20.40  Variétés  : Tous  à la  Une. 


22.35  Magazine: 

Si  on  ae  disait  tout. 
23.45  Sport  : Boxe.  Poids  plume  : 
Stéphane  Heccoun  (Francs)  - 
Steve  MeCrory  (Etats-Unis). 
0.55  JoumaL  Météo 
et  Bourse. 

A 2 


20.45  Jeu  : Fort  Boyard. 

22.05  Divertissement: 

- - Profession  comique. 
Gérard  Jugnot. 

23.05  1;  2. 3.  Théâtre. 

23.16  Cinéma  : Muriel.  ■■■ 

FS m français  cf  Alain  Ras  nais 
11962). 

1.05  Journal  et  Météo. 

FR  3 


‘ANTENNE  EST  A NOUS" 
l£  MAGAZINE  TELE 

eu  conseil  general 

DE  SEINE  SA.NT-DENiS 

SAMEDI  A II  H 30  . 

SUR  fl?* 


20.10  Sport:  Tennis.  Coupa 
Davis  : finale,  en  direct  de 
Lyon. 

21.25  Magazine  : Thatassa. 

. Les  Vaisseaux  du  désert 
(2*  part»). 

22-20  ta  Magazine  : 

Caractères.  Les  écrivains 
voyageurs.  Sybille  Bedford 
(Vœrre  i Don  Otwrio  ; Puzzle)  ; 
Nicolas  Bouvier  (Chronique 
japonaise:  le  Pois son-scor- 
pion : Journal  d'Iran  et  d'au- 
tres Peux);  Stéphane  Breton 
(tes  Fleuves  immobiles  : Des 
hommes  nommés  brama)  ; 
Guy  Deieury  (tes  Indes  floris- 
santes, ï,anrhategte  des  voya- 
geurs français  1750-1820 j. 

23.20  Journal  et  Météo. 


23.40  Ecrire  contre  ('oubli. 

Robert  (Cramer  et  Hubert 
Reeves  (Pérou). 

23.45  Magazine  : Musicales. 

CANAL  PLUS 

— — fri  dak  jusqu'à  20,30 

20.05  Sport  : Football.  Nantes- 
Bennes  (1-  division). 

22.50  Rash  d'informations. 
22.57  Le  Journal  du  cinéma. 
23.00  Cinéma  : 

La  Putain  du  roi.  ■ 

Film  franco-italo-britannique 
d'Axel  Corti  (1990). 

1.05  Cinéma  : Jean  Galmot 
aventurier.  ■ 

Film  français  d'A.  Maline 
(1990). 

LA  5 


20.50  Téléfilm  : 

Chassé-croisé  mortel. 
22.35  Téléfilm  : Double  vie. 

M 6 


20.40  Téléfilm  : 

La  Plate-forme  de  l'enfer. 
22.20  Série  : Equalizer. 

23.1 5 Magazine  : Emotions. 

charme  et  érotisme. 
23.45  Magazine  : Culture  rock. 

La  Saga  du  fofle  H.  Auffray. 

LA  SEPT 


20.55  Cinéma  d'animation  : 
Images. 

21.00  Téléfilm  : 

Warburg  (3*  partie). 
22.35  Série  : Photo-romans. 

Le  Cicatrice  / Strasbourg. 
22.50  Téléfilm  : 

La  Victoire  en  dansant. 

FRANCE-CULTURE 


and 


20.30  Racfio-archivôs. 

21 .30  Musique  : Black 
Blue. 

22.40  Les  Nuits  ma 
. L’Art  d’aimer  \f  ,_ 

0.05  Ou  jour  au  lendemain. 
0.50  Musique  : Coda. 


FRANCE-MUSIQUE 


20.05  Concert. 

(donné  le  6 novembre  au 
ChSteiet)  : Parade,  ballet  réa- 
liste eq  un  tableau,  de  Satie  ; 
les  MameSes  de  Tirôslas,  de 
Poulenc  ; L’Enfant  et  les  Sorti- 
lèges,.de  Ravel. 

23,07  Poussières  d'étoiles. 


TF  1 


13.15  Magazine  : Reportages. 

IVG...  une  affaire  de  femmes. 

13.50  Jeu  : Millionnaire. 

14.10  La  Une  est  A vous. 

Avec  la  série  Man  Houston. 

17.15  Divertissement: 

Mondo  Dingo. 

17.45  Magazine  : 

Trente  millions  d'amis. 

18.15  Jeu  : Une  famille  en  or. 

18.45  Série  : Marc  et  Sophie. 

19.15  Jeu: 

La  Roue  de  la  fortune. 

19.45  Divertissement: 

Le  BébâteShow. 

19.50  Tirage  du  Loto 

let  h 20.40). 

20.00  Journal,  Tiercé, 

Tapis  vert  et  Météo. 

20.45  Variétés: 

Sébastien  c'est  fou  ! 

22-35  Magazine  : Ushuaia. 

En  Namibie  (3*  partie).  Spécial 
eau. 

23.35  Magazine  : 

Formule  sport. 

Spécial  football;  Spécial  fun 
board. 

0.55  Journal  et  Météo. 

A 2 

13.25  Magazine  : Résistances. 
Spécial  Kurdistan.  Les 
Oubliés;  Les  Yeux  du  souve- 
nir. Invités  : Jean-Christophe 
Rufin,  Patrice  Franeaschi. 

14.15  Magazine  : 

Sport  passion. 

Tennis. 

17.00  Série  : Les  Cinq 
Dernières  Minutas. 

18.30  Jeu: 

Dessinez,  c'est  gagné! 

18.50  Documentaire: 

Des  trains 

par  comme  les  autres. 
Les  Etats-Unis. 

19.50  Trois  Minutes  pour  faire 
tire.  Autres  rivages,  de  Vladi- 
mir Nabokov. 

19.54  Jeu  : Noël  surprise 

(et  b 20.40). 

19.59  Journal  et  Météo. 


TF  1 


13.20  Série'  Hooker. 

14.15  Série  : Rick  Hurrter 
inspecteur  choc. 

15.10  Série  : Cohimbo. 

16.35  Disney  parade. 

18.00  Magazine  : Téléfoot. 

A 19.00,  Loto  sportif. 

19.05  Magazine  : 7 sur  7. 

Invité  : Jacques  Delors,  prési- 
dant de  le  Commission  des 
Communautés  européennes. 

20.00  Journal,  Tiercé.  Météo 
et  Tapis  vert. 


MDNTY  FYTHDN 

EN  V.O. 


I-  w NSS-5ji\'S  £n  EX  CL-5  !V|T£ 


CANAL  JIM  M Y 


SUH  L-fc.  üAÜLt 


20.50  Cinéma 
LaFoGe 


des; 

Film 


22.40 


Yves 

doza. 


mdeurs.  sa 
içata  de  Gérard  Oury 
. Avec  Louis  de  Funès. 
ntand,  Alberto  Man- 


Magazine  : 

Cina  dimanche. 

22.45  Cinéma  : 

Portée  cfispams  2.  □ 

Rbn  américain  de  Lance  Hool 
(1985). 

0.25  Documentaire  : 

France- Israël. 

1,20  Journal  et  Météo. 

A 2 


13.20 

14.55 

17.45 

18.35 

18.45 

19.25 
19.54 

19.59 

20.45 

22.25 


23.45 


Dimanche  Martin 

(et  b 15.50). 

Série  : Mac  Gyver. 
L'Odyssée  sous-marine 
de  l'équipe  Cousteau. 
1.2.  3.  Théâtre. 
Magazine  : Stade  2. 

Série  : Maguy. 

Jeu  : Noël  surprise 
(et  è 20.40). 

Journal  et  Météo. 

Série  : Maigret 
Magazine  : 

Bouillon  de  culture. 

Invitée  : Hélène  Carrère  d'En- 
causse. 

Ecrire  contre  l'oubli. 


* 


%: 


LF  DIMANCHE 


SUR  ANTENNE  2 


- - T 


1er  Décembre 

Sid  Ahmed  GHOZALI 

Premier  Ministre  de  l'Algérie 


Rediffusion  a 1 heure  du  malin 


20.45  Magazine  : 

La  Nuit  des  héros. 

22.30  Magazine  : Double  jeu. 
23.40  Ecrire  contre  l’oubli. 

Chantal  Akerman  et  Catherine 
Denouve  pour  Febe  Elisabeth 
Velasquez  (Salvador). 

23.50  Série  : Un  juge,  un  flic. 
0.50  Journal  et  Météo. 

FR  3 


13.00  Télévision  régionale. 

14.00  Variétés  : Eurotop. 

— De  15.00  à 19.00  U Sept  — 

19.00  Le  19-20  de  l'informa- 
tion. 

De  19, 12  à 19.35,  le  journal 
de  la  région. 

De  20.00 à 0.151s  Sept 

0.15  Magazine  : 

L'Heure  du  golf. 

CANAL  PLUS 


13.36  Téléfilm: 

La  Dernière  Chasse. 

1 5.00  Le  Journal  du  cinéma. 

15.30  Sport  : Judo.  Racing-Bertin. 

1 7.05  Les  Superstars  du  catch. 

En  dair jusqu'à  20.30 

18.00  Décode  pas  Bunrty. 

19.05  Dessin  a ramé  : 

La  Grande  Supercherie. 

19.30  Flash  d'informations. 
19.35  Le  Top. 

20.30  Téléfilm  : Comment 
se  débarrasser 
d'un  mifiion 

en  un  week-end. 

Deux  minables  à la  tête  d'une 
fortune. 

22.00  Les  Nuis...  l'émission. 
22.50  Rash  d'informations. 

23.05  Cinéma  : Freddy  5. 
l'enfant  du  cauchemar.  □ 
Film  américain  de  Stephen 
Hopkins  (1989). 

0.30  Cinéma  : 

Dames  galantes.  ■ 

Film  franco-rtalo-canadien  de 
Jean-Charles  Tacchella 
(1990).  Avec  Richard  Bohrin- 
er,  Isabelle  Rossellini, 
arianne  Baster 


B 


LA  5 


13.20  Série: 

Sur  les  lieux  du  crime. 

14.40  Spécial  drôles  d'his- 
toires. 

15.10  Tiercé  à Saint-Cloud. 

15.50  Série  : 

Le  Retour 

de  Mike  Hammer, 

1 6.45  Série  : Riptide. 

17.35  Série: 

La  Loi  de  Los  Angeles. 
18.25  Magazine  : Intégral. 

Le  Salon  de  la  moto. 

19.00  Série  : L'Enfer  du  devoir. 

20.00  Journal  et  Météo. 

20. 40  Journal  des  courses. 

20.50  Série  : Perry  Mason. 
Meurtre  à l'archevêché. 

Une  sœur  injustement  soup- 
çonnée. 

22.30  Feuilleton  : Shogun. 

23.30  Journal  de  la  nuit. 

M 6 


13.55  Série  ; Supercopter. 

14.50  Série  : Laredo. 

15.45  Série  : Les  Aventures 
de  Papa- Poule. 

16.45  Série  : Hong-Kong 

Connection. 

17.35  Série  : Le  Saint. 

18.25  Série  : Les  Têtes  brûlées. 
19.20  Magazine  : Turbo. 

19.54  Six  minutes  d’informa- 
tions. 

20.00  Série  : Papa  Schultz. 
20.30  Informations  : 

Bonne  Nouvelle. 

20.40  Téléfilm  : 

Prête-moi  ta  vie. 

Deux  sœurs  jumelles  échan- 
gent leur  quotidien. 

23.45  Six  minutes  d'informa- 
tions. 

23.50  Musique  :.Rapiine. 

LA  SEPT 


13.30  Téléfilm  : Warburg. 
15.00  Documentaire  : 

Mozart  et  la  musique 
de  chambre. 

1 . L'Enfant  de  l’Europe. 


Dimanche  1er  décembre 


23.55  Documentaire  : 

Damiers  Far  West. 
0.45  Journal  et  Météo. 

FR  3 


1 3.30  Magazine  : 

Sports  3 dimanche. 
Tennis. 

1 8.00  Magazine  : Montagne 

(sous  réserve  de  la  durée  de 
la  finale  de  Coupe  Davis), 
Train  de  poudre. 

18.30  Jef. 

19.00  Le  19-20  de  l'informa- 
tion. 

De  19.12  à 19.35.  le  journal 
de  la  région. 

20.05  Les  Fables  géométriques. 

La  Grenouille  et  fe  Boeuf. 

20.10  Série  : Benny  Hitt. 

20.45  Cirque  : 

Les  Beaux  Moments. 

(1-  partie). 

Version  internationale  de  t la 
Piste  aux  étoiles  ». 

22.00  Magazine  : Le  Divan. 

Invité  : Gérard  Mermer, 
sociologue  fFrancosco- 
pie91). 

22.25  Journal  et  Météo. 

22.40  Ecrire  contre  l'oubli. 

Jean  Becker  et  Philippe  Noiret 
pour  Joaquim  Berna  Boringue 
(Guinée  équatoriale). 

22.50  Cinéma  : 

Tout  ce  que  le  ciel 


permet.  ■■ 
Filjr 


0.20 


:ilm  américain  de  Douglas 
Sirk  (1955).  Avec  Jane 
Wyman.  Rock  Hudson. 
Agnes  Moorehead  (v.o.). 
Musique  : 

Carnet  de  notes. 


CANAL  PLUS 


14.00  Série: 

Le  Gang  des  tractions. 

1 5.30  Magazine  : 24  Heures. 

16.25  Ecrire  contre  l'oubli. 

Jean  Becker  et  Philippe  Noiret 
pour  Joaquim  Elema  Boringue 
(Guinée-Equatoriele) . 

16.30  Documentaire: 

Pièges  de  strie. 

17.00  Les  Nuis...  ('émission. 
17.56  Le  Journal  du  cinéma. 

18.00  Téléfilm: 

Les  Cahiers  bleus. 

En  doir jusqu'à  20.30 

19.20  Flash  d'informations. 

19.30  Çacartoon. 

20.20  Dis  Jérôme ...  ? 

Le  disque  laser. 

20.25  Magazine  : 

L'Equipe  du  dimanche. 
Présentation  du  sommaire. 

20.30  Cinéma  : 

Potins  de  femmes.  □ 

Fîkn  américain  d’Herbert  Ross 
(1989). 

Flash  d'informations. 


22.20 

22.30 

1.10 


L'Equipe  du  dimanche. 
Football  ; Football  américain. 
Cinéma  : 

Les  Cavaliers 
de  la  terreur.  ■ 

Fflm  franco-ftato-espagnol  de 
Mario  Costa  (1963). 

LA  5 


13.20  Téléfilm  : 


L'Espace  d'une  trie. 

(1-  partiel. 

15.Q5  C'est  pour  rire. 

15.10  Tiercé  à Auteuil. 

15.50  Série  : 

Un  privé  nommé  Stryker. 

17.25  Divertissement: 

Dimanche  et  la  Belle. 

19.00  Magazine  : Dimanche 
19  n Qkabbach. 

Invités  ; Raymond  Barre.  Ray- 
mond Davos. 

20.00  Journal  et  Météo. 

20.40  Journal  des  courses. 

20.50  Cinéma  : 

Le  Grand  Pardon.  ■ 

Film  français  d'Alexandre 
Arcady  (1981).  Avec  Roger 
Hanin,  Bernard  Giraudeau, 
Jean-Louis  Trimjgnam. 

23.10  ta  Magazine  : 

Reporters. 

Jeux  vidéo  : le  vires  nazi; 
Zaïre  : la  décomposition  ; 
Berne  : le  parc  de  la  drogue; 
Un  village  du  Moyen-Age. 

23.15  Ecrire  contre  l'oubli. 

Jean  Becker  et  Philippe  Noiret 
pour  Joaquim  Elema  Boringue 
(Guinée  équatoriale). 

0.15  Journal  de  la  nuit. 

M 6 


13.00  Série: 

Mission  impossible, 
vingt  ans  après. 

14.00  Musique  : Flashback. 
14.50  Variétés  : Muttitop. 

16.20  Série  : Clair  de  lune. 
17.15  Série  : Le  Saint. 

18.05  Série  : 

Les  Routes  du  paradis. 
19.54  Six  minutes  d'informa- 
tions. 

20.00  Série  : Cosby  Show. 
20.30  Magazine  : Sport  6. 
20.40  Téléfilm  : 

Prise  au  piège. 

Une  infirmière  toxicomane  et 
alcoolique. 

22.20  informations  : 

M 6 express. 

22.25  Capital. 

22.35  Cinéma  : 

L'Auberge 
des  voluptés,  c 
FHm  français  de  Bob  W.  San 
dars  (1984). 

0.00  Six  minutes  d'informa- 
tions. 

0.05  Magazine  : Sport  6. 

0.10  Magazine  : 

Métal  express. 

Spécial  Queen. 

LA  SEPT  ‘ 


16.00  Documentaire  : 
Cinémémo. 

16.45  Portraits  d'Alain  Cava- 
lier. 

9.  La  Souffleuse  de  verra. 

1 7.00  Magazine  : 

Avis  de  tempête. 

18.55  Documentaire  : 

Le  Louvre. 

20.00  Le  Dessous  des  cartes. 
20.05  Histoire  parallèle. 

21.00  Yehudi  Menuhin,  un  por- 
trait de  famille. 

22.50  Le  Courrier  des  téléspec- 
tateurs. 

22.55  Soir  3. 

23.10  Ecrire  contre  l'oubli. 
23.15  Documentaire  : Machitu, 
a Latin  Jazz  legacy. 

De  Carlos  Oms. 

0.10  Cinéma  d'animation  : 
Images. 

0.15  Documentaire  : 

Tendresse  et  colère. 


FRANCE-CULTURE 


20.30  Photo-portrait. 

Jean-Maurice  de  Montrémy. 
rédacteur  en  chef  du  maga- 
zine Lire. 

20.45  Dramatique.  Appel  de  per- 
sonne à personne,  de  Fran- 
çois Billetdoux. 

22.35  Musique  : Opus.  Les  cem 
guitares  électriques  de  Rhys 
Chatam.  concert  enregistré  le 
25  septembre  lors  du  Festival 
Musica  à Strasbourg. 

0.05  Clair  de  nuit. 


FRANCE-MUSIQUE 


15.30  Théâtre  : 

Madame  de  La  Carfière. 
Pièce  de  Drderot,  mise  en 
scène  de  Pierre  Tabard. 

1 6.35  Documentaire  : 

Mémoires  du  XX>  siècle. 
Emmanuel  Levmas  |1~  partie). 

17.30  Téléfilm  : 

La  Victoire  en  dansant. 

19.05  Documentaire  : 

Les  Kayapo. 

1.  LB3  Kayapo  de  Gototire. 

20.00  Ecrire  contre  l'oubli. 

20.05  Documentaire  : L'Héri- 
tage de  la  chouette. 


20.30  Opéra  (en  direct  de  Covent 
Cardan!  : Simon  Boccanegra, 
opéra  en  un  prologue  et  trois 
actes,  de  Verdi,  par  le  Chœur 
et  1'Orchesue  de  Covem  Gar- 
den.  dir.  Sir  Georg  Solti; 
sot.  : Kiri  Te  Kanawa,  Alexan- 
dra Agache.  Michael  Sylves- 
ter,  Roben  Scsndiuzzi.  Alan 
Opie. 

23.05  Poussières  d'étoiles. 


20.30  Le  Courrier  des  téléspec- 
tateurs. 

20.35  Cinéma  : 

Las  Cannibales.  ■■ 

Film  portugo-français  de 
Manoet  de  Otiveira  (1987). 

22.1 5 Court  métrage  : Le  Pain. 

22.40  Le  Dessous  des  cartes. 

22.45  Cinéma  : 

Boris  Godounov.  ■■■ 

Film  franco-hispano-yougos- 
lave  d'Andrzej  Zulawski 
(19891. 

FRANCE-CULTURE 

20.30  Atelier  de  création  radio- 
phonique. Claude  Vivier  ou 
la  montée  au  ciel  de  l’homme 
qui  riait  toujours. 

22.35  Musique  : Le  Concert 
imaginaire  du  GR  M.  La 
Complainte  du  Bossué.  de 
Savourer,  par  Frédéric  Slochl, 
voix  et  contrebasse,  et  Daniel 
Teruggi,  traitements  Syter; 
Gaspard  de  la  nuit,  de  FLsval. 
par  Martha  Argerich.  piano  ; 
Son  Entera  pour  soprano, 
ténor,  basse  et  ordinateur,  de 
Vinao.  par  l'Ensemble  Stngcir- 
cle,  dir.  Gregory  Rose:  Cla- 
vier bien  tempéré,  de  Bach, 
par  Glenn  Gould,  piano;  Les 
Soulèvements,  de  Renouard- 
Larhnère. 

Q.05  Clair  de  nuit. 


FRANCE-MUSIQUE 


20.30  Concert  (donné  les  6 et 
7 décembre  1990)  : Invitation 
à la  valse  op.  6b.  de  Weber 
(orchestration  de  Berlioz)  : 
Concerto  pour  violon  et 
orchestre,  de  Berg  : Sympho- 
nie n*  3 en  mi  bémol  majeur 
op.  55.  de  Beethoven,  par 
l'Orchestre  symphonique  de 
ta  radio  de  Francfort,  dix.  Syl- 
vain Cambrefing:  Frank-Peter 
Zimmermann,  violon. 

23.05  Poussières  d'étoiles. 
Safomé.  de  R.  Strauss  ; 
Champagne  majeur,  de  Frize. 


HEURES  LOCALES 

Le  supplément 
consacré  à la  vie 
et  aux  initiatives 
des  communes, 
départements 
et  régions 


32  • Samedi  30  novembre  1991  •• 


Quand  des  enfants 
manifestent  au  Brésil 

Des  milliers  d'enfants  des 
rues  ont  défilé  à Rio-de-Ja- 
neiro.  jeudi  28  novembre, 
après  que  six  enfants  de  neuf 
à dix-sept  ans  ont  été  abattus 
dans  une  banlieue  de  cette 
métropole.  On  estime  à huit 
millions  le  nombre  d'enfants 
sans  logis  au  Brésil,  qui  vivent 
en  mendiant  ou  en  volant.  Ils 
sont  devenus  la  rible  d'esca- 
drons de  la  mort  et  de  tueurs  à 
gages,  et  plus  de  deux  mille 
d'entre  eux  auraient  été  tués 
au  cours  des  quatre  dernières 
années.  - {Reuter .) 


Pour  délit  d’ingérence 

Une  information  judiciaire  va  être 
ie  président  du  conseil  général  des 


SUR  LE  VIF 


CLAUDE  S4RRAUTE 


M1*  Carrère  d’Encaasse 
reçue  sous  la  coupole 

La  cérémonie  de  la  réception, 
jeudi  2$  novembre,  sous  la  coupole 
de  M"«  Hélène  Carrère  d’Encaussc. 
troisième  femme  à avoir  force  le 
barrage  de  l'Acadcmic.  était  pro- 
mise a un  celât  tout  particulier. 

L'apparition  radieuse  de  la  nou- 
velle académicienne,  dont  l'habit 
vert  se  terminait  par  une  longue  et 
élégante  jupe  noire,  fut  longuement 
applaudie. 

Son  remerciement  aussi,  lu  dans 
un  débit  rapide  qui.  pour  évoquer 
la  carrière  politique  de  son  prédé- 
cesseur. Jean  Mistler.  avait  su  l’in- 
tégrer dans  l'histoire  des  dernières 
convulsions  de  la  III»  République. 

M.  Michel  Déon,  chargé  de  rece- 
voir M«  Carrère  d’Eneausse,  s'est 
attaché  à extraire  des  ouvrages  de 
la  célèbre  soviétologue,  la  vision 
synthétique  d’une  URSS  totalitaire 
depuis  son  avènement  jusqu'à  un 
éclatement  qu’elle  avait  prévu. 

J.-M.  D. 

► Le  Monde  publiera  demain 
(numéro  daté  dimanche-lundi)  le 
texte  des  deux  discours. 


Dans  un  arrêt  rendu  le 
28  octobre  dernier,  la  chambre 
criminelle  de  la  Cour  de  cassa- 
tion a requis  l'ouverture  d'une 
information  judiciaire,  pour  délit 
d'ingérence,  à l'encontre  de 
M.  Charles  Ginesy,  sénateur 
(RPR)  et  président  du  conseil 
général  des  Alpes-maritimes  et 
«tous  autres».  EHe  a désigné 
comme  juridiction  d’instruction 
la  chambre  d'accusation  de  la 
cour  d'appel  de  Grenoble  (1). 

NICE 

de  notre  correspondant  régional 

Cette  procédure  fait  suite  à une 
plainte  déposée  le  4 décembre  1990, 
auprès  du  procureur  de  la  Républi- 
que de  Nice,  par  cinq  personnalités 
socialistes  ou  proches  du  PS  (2). 
M.  Ginesy  était  visé  en  sa  qualité  de 
président  du  syndicat  intercommu- 
nal de  Valbeig,  regroupant  les  com- 
munes de  Péone  - dont  il  est  maire 
- et  de  Guillaumes.  En  janvier 


1987,  cet  organisme,  largement  sub- 
ventionné par  le  conseil  général, 
avait  fait  appel  aux  services  de  trois 
sociétés  privées  auxquelles  il  avait 
concédé  l’exploitation  des  centres 
d’activités  et  de  loisirs  d’été  et  d’hi- 
ver de  la  station  de  sports  d’hiver  de 
Valberg  (située  sur  la  commune  de 
Péone). 

Or  le  fils  de  M.  Ginesy,  Charles- 
Ange,  également  vice-président  du 
syndical,  était  actionnaire  majori- 
taire de  ces  crois  sociétés  : la  société 
d’exploitation  (tes  remontées  méca- 
niques, celle  des  téléphériques  fran- 
çais ainsi  que  la  société  des  équipe- 
ments sportifs  de  Valberg.  Les 
plaignants  estimaient  donc  que  1e. 
délit  d’ingérence  était  constitué  - 
par  interposition  de  personnes  - 
bien  que  M.  Charles- Ange  Ginesy 
ait  cédé,  le  18  novembre  1988,  l’en- 
semble de  ses  parts  dans  tes  trois 
sociétés  à la  SA  FIRECA,  présidée 
par  sa  propre  épouse. 

Créée  le  10  décembre  1987  et 
ayant  son  siège  à Gignac-la-Nerthe 
(Bouches-du-Rhône),  cette  société  a 
pour  seule  activité  la  prise  de  par- 
ticipations financières.  Selon  l’art  tde 


ouverte  contre 
Alpes-Maritimes 

175  du  code  pénal,  l’intention  frau- 
duleuse n’est  pas  exigée  pour  que 
l’infraction  soit  reconnue  et  il  n’est 
pas  nécessaire  que  les  personnes 
incriminées  en  aient  retiré  un  profit 
(en  1989,  la  FIRECA  aurait  enregis- 
tré une  perte  de  437  000  francs). 

Le  parquet  général  de  Grenoble 
devrait  requérir,  dans  les  prochains 
jours,  l'ouverture  d’une  information 
judiciaire  à la  fois  contre  M.  Charles 
Ginesy  et  son  fils.  La  chambre  d’ac- 
cusation de  la  cour  d’appel  désignera 
alors  en  son  sein  un  conseiller  qui 
sera  chargé  d'instruire  l'affaire. 

GUY  PORTE 


(1)  La  chambre  criminelle  de  la  Coar 
de  cassation  avait  été  saisie  en  vertu  de 
l'article  681  du  code  de  procédure  pénale 
concernant  le  privilège  de  juridiction 
dont  bénéficie  les  élus  ayant  la  qualité  de 
police  judiciaire. 

(2)  MM-  Jean-Hugues  Colon na.  ancien 
député  (PM)  des  Alpes-maritimes,  Max 
Cavaglionc  et  Pierre  Joselet  (décédé, 
depuis),  conseillers  municipaux  (div. 
gauche)  de  Nice  et  M.  Joseph  Figuras, 
enseignant. 


Guerre  au  stress  ! 


QUELS  braves  petits  soldats, 
on  fait,  nous,  tes  fanas! 
Non,  c’est  vrai,  à 
fappei  du  tocsin  sonné  par 
les  magazines  féminins,  on  s'est 
battu  pied  à pied  contre  tes  rides, 
les  pfe  et  tes  bourrelets.  On  a perdu 
et  repris  des  centaines  de  kilos.  On 
a écrasé  notre  dernière  cigarette.  Et 
on  a vaincu  ia  face  est  d'un  Wma- 
laya  de  cetiutite.  Epuisées,  on  pen- 
sait avoir  mérité  te  repos  du  guer- 
rier. Pensez-vous!  Va  faftoir  repartir 
comme  en  14  è f assaut  d’un  nou- 
vel ennemi  te  stress  I 
C'est  ta  foGe,  là.  en  ce  moment, 
dans  la  presse.  Pfcs  étonnant  I Ce 
nouveau  produit  importé  des  Etats- 
Unis  s'adresse,  énorme  avantage, 
aux  deux  sexes.  S'agit  donc  d’un 
marché  extrêmement  portera'. 
Contrairement  à nos  eusses,  on  n’a 
pas  fini  d’en  faire  le  tour.  D’autant 
qu'j  a tout  pour  plaire.  D’abord  ses 
origines.  Très  anciennes,  ta  aussi. 
La  Vénus  caffipyge  et  l'homme  des 
cavernes  avaient  déjà  tes-  boules. 
Simplement,  elles  étaient  pas  pla- 
cées au  même  endroit. 

Ensuite,  te  mécanisme.  Com- 
plexe, obscur,  il  intrigué.  C'est  une 


\ histoire  cfhofxnanes,  à os  qu'on  <Jt. 
\.  Et  qu’on  ccntrediL  En  s'envoyant  â 
; ta  figure  des  théories  à base  d’hy- 
j pochatamus  qu  décore»,  de  surré- 
! nates  qu  cisjoncteru.  de  cortisol  qui 
j rappique  et  de  globules  qui  se  débi- 
! nent  Ses  conséquences?  Alors  ta, 

| génial  ça  va  de  l’eczéma  aucancer 
en  passant  par  ta  pare»  sexueBei 

D'où  ça  vient?  Du  catalogue  de 
La  Redoute.  Un  grSe-pain  détraqué, 
un  coup  de  klaxon,  une  porte  qui 
daque,  un  cercueil,  un  ongle  cassé, 
un  néweï  dans  une  assiette,  un  couf- 
fin, un  four  à micro-ondes,  une 
tanipe  au  néon;  rapport  aux  champs 
magnétiques,  un  boule»,  pas  de 
boulot,  une  promotion,  un  placard, 
-un  embouteillage,  un  gosse  qui 
répond;  un  téléphone  qui  répond 
pas,  bref  tout  et  n'importe  quoi. 

- Enfin,  tes  remèdes.  Comment 
vaincre  son  stress.  En  gros,  pareil 
que  pour-fa  mauvaise  graisse.  Gym, 
massages,  gélules,  régime.  On  en 
est  encore  aux  méthodes  douces. 
Mæs,  rassurez-vous,  on  en  restera 
pas  là.  D’ici  la  fin  du  siècle,  on  va 
vous  ta  Sposucer,  vite  fait,  vous 
respirez  à ta  canule,  votre  angoisse 
eristentiefe. 


La  conférence  de  paix  à Washington 

Jérusalem  s’apprête,  peut-être,  à revoir  sa  position 


JERUSALEM 


M.  Jean-Marie  Le  Pen 
invité  du  «Grand  Jury 
RTL-Ze  Monde » 

M.  Jean-Mane  Le  Pen.  prési- 
dent du  Front  National,  sera 
l'invité  de  l'émission  hebdoma- 
daire le  «Grand  Jury  RTL-/e 
Monde » dimanche  1»  décem- 
bre de  18  h 30  à 19  h 30. 

Le  député  européen  répon- 
dra aux  questions  d'André 
Passeron  et  d'Olivier  Biffaud  du 
Monde,  et  d'Isabelle  Torre  et 
Philippe  Ballard  de  RTL.  le 
débat  étant  dirigé  par  Henri 
Marque. 


de  notre  correspondant 

Deux  jours  après  avoir  repoussé 
l'invitation  américaine  de  reprendre 
les  négociations  bilatérales  avec  ses 
partenaires  arabes,  le  4 décembre  à 
Washington,  le  gouvernement  israé- 
lien. prenant  la  mesure  de  la  désap- 
probation internationale  et  craignant 
de  iaissef  le  beau  rôle  à ses  adver- 
saires s’il  devait  s'entêter  à pratiquer 
« la  politique  de  la  chaise  vide  *. 
s’apprête,  peut-être,  à revoir  sa  posi- 
tion. 

Le  traditionnel  conseil  dominical 
des  ministres  israéliens,  «va  reconsi- 
dérer la  tentative  de  retarder  les  pour- 
parlers ».  annonçait  sur  trois  colonnes 
à «la  une»,  le  seul  quotidien  anglo- 
phone du  pays,  le  Jérusalem  Posi. 
" Que  les  Arabes  ne  se  Jassetu  pas 
trop  d’illusions! ».  a lancé  jeudi  le 
ministre  des  affaires  étrangères, 
M.  David  Lévy,  «les  failles  qui  x 
sont  fait  jour  entre  l' Amérique  et  nous 
ne  x transformeront  pas  en  rupture  «. 

Et  le  chef  de  la  diplomatie  d'ex- 
primer l'espoir  que  1e  dialogue  avec 
les  Etats-Unis  permettra  <■  de  résoudre 


le  problème  * actucL  a Nous  n'aime- 
rions pas  voir  la  partie  arabe  x mon- 
trer seule  à Washington  »,  le 
4 décembre,  a ajouté  M.  Lévy. 

Officiellement,  et  M.  Itzhak  Sha- 
mir.  le  premier  ministre,  l'a  répété 
jeudi  après-midi  au  cours  d'une 
conférence  sur  la  lutte  contre  la  dro- 
gue. Israël  continue  d'insister  pour 
que  les  négociations  directes  avec  ses 
partenaires  arabes  reprennent,  non 
pas  le  4,  mais  le  9 décembre. 

Le  chef  du  gouvernement  a même 
laissé  entendre  que  l'Etat  juif  allait 
lancer  une  vaste  campagne  d'infor- 
mation â travers  le  monde,  pour 
expliquer  la  position  d’Israël  dans 
celte  affaire. 

Ce  qui  n'interdit  pas  d’étudier, 
dans  le  même  temps,  tes  solutions 
propres  à permettre  au  gouvernement 
de  sauver  la  face.  M.  Shamir  qui,  en 
bon  politicien,  n'a  jamais  reculé 
devant  une  contradiction  apparente, 


aurait  d’ailleurs  glissé  qu'il  étaft  prêt, 
le  cas  échéant,  & revoir  sa  position  si 
tes  Etats-Unis  le  lui  demandaient. 

L'un  des  artifices  envisagés  consis- 
terait, pair  le  gouvernement  d'Israël, 
à envoyer  sa  délégation  â Washing- 
ton entre  ta  4 et  le  9 décembre,  là 
débats  dits  «de  substance»  ne  com- 
mençant véritablement  que  le  9. 
Trop  contents  de  se  montrer,  en  l’oc- 
currence, plus  raisonnables  que  leurs 
adversaires,  les  Palestiniens  de  la 
délégation  offiadte,  oat,  pour  leur 
part,  quitté  lés  territoires  occupés 
vendredi  matin  à l'aube. 

Destination  : la  cap i taie  jorda- 
nienne, Amman,  puis  Washington 
«Nous  y serons  à partir  du  4 décem- 
bre»,  a annoncé  le  leader  des  Palesti- 
niens de- l'intérieur,  M.  Fayçal  Hus- 
semi,  qui,  pour  ce  qui  le  concerne 
personnellement,  a décidé  de  rester  à 
Jérusalem. 

PATRICE  CLAUDE 


Au  congrès  de  la  fédération  CFDT 

Le  projet  de  statut  des  greffiers 
inquiète  les  personnels 


BESANÇON 


M Ifl 


'•  K 


DEBATS 

Allemagne  : un  entretien  avec 
Daniel  Cohn-Bendu;  L'unité  diffi- 
cile. par  Alfred  Grosser 2 

ÉTRANGER 

Le  premier  ministre  togolais 
réclame  l'envoi  de  troupes  fran- 
çaises   3 

Paris  accepte  d'envoyer  des  sol- 
dats à Djibouu 3 

Cambodge  : l'UNESCO  veut  faire 
inscrire  les  temples  d’Angkor  au 

«patrimoine  mondial'» 5 

Yougoslavie  : M.  Perez  de  Cuellar 
prépare  le  déploiement  de  la  force 

de  paix  en  Croatie 6 

URSS  : état  d'urgenc9  et  mobilisa- 
tion en  Ossétie  du  Sud 7 

Haïti  : Washington  veut  limiter 
l'évadé  de  la  population 9 

POINT 

Ukraine  : un  vote  pour  l'indépen- 
dance  8 

POLITIQUE 

L à discussion  budgétaire  : te  plan 
d'adapt3tion  de  l'agriculture  bien 

accueilli  au  Sénat 10 

Les  nouveaux  rénovateurs  de 
l’UDF 11 

SOCIÉTÉ 

Les  remous  du  port  de  Trébeurden 
12 

Les  fausses  factures  du  Sud-Est  au 
tribunal  de  Pans  : une  audience  de 
Normands 13 

CULTURE 

Théâtre  : Des  siècles  de  paix  à 

Auberviihers 15 

Cinéma  : The  Adjuster  d'Atom 
Egoyan.  d'étranges  personnages 
pris  dans  un  habile  jeu  de  fan- 
tasmes et  de  faux-semblants ...  15 


Musées  africains  : « Tuer  le  modèle 
occidental* 16 

ÉCONOMIE 

La  position  des  porteurs  minori- 
taires dans  les  offres  publiques 

d'achat 25 

Un  entretien  avec  le  vice-ministre 

russe  de  l'économie 25 

L'industrie  chimique  allemande  va 
procéder  à d'importantes  réduc- 
tions d'effectifs 27 

COMMUNICATION 

M.  Bouygues  dément  vouloir 

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M.  Labrusse  quitte  le  CSA 27 


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La  télématique  du  Monde  : 
3615  LEM0NDE 
3615  LM 


Le  numéro  du  <•  Monde  •» 
daté  29  novembre  1991 
a été  tire  à 432  889  exemplaires. 


ALGÉRIE  : trois  morts  près  d*EI  Oued 

Un  commando  islamiste  attaque 
un  poste-frontière 


Un  poste-frontière  algérien,  situé 
dans  la  région  de  Guemraar,  au  nord 
de  l’oasis  <TE1  Oued,  en  retrait  de  la 
frontière  tunisienne,  a été  attaqué, 
vendredi  29  novembre,  avant  l'aube, 
par  un  groupe  armé  d’une  soixan- 
taine de  personnes  qui  ont  tué  trois 
gardes-frontières  et  en  ont  blessé  griè- 
vement un  autre,  a annoncé  le  minis- 
tère algérien  de  la  défense.  Le  com- 
muniqué officiel  précise  que  les 
autres  assaillants  ont  pris  la  fûite  en 
emportant  des  armes  et  que  le 
groupe  «est  activement  recherché  par 
les  unités  de  la  gendarmerie  nationale 
et  les  troupes  spéciales  de  l'armée 
nationale  populaire  «j. 

Le  commandement  de  la  gendar- 
merie avait  annoncé,  jeudi,  qu'elle 


traquait  un  groupe  islamiste,  accusé 
de  préparer  des  attentats  terroristes 
et  dirigé  par  un  certain  «Taleb  l'Af- 
ghan *>-  Basé  à Débita,  dans  la  région 
d*0  Oued,  à 550  km  au  sud-est  d’Al- 
ger, cet  intégriste,  qui  doit  son  sur- 
nom à ses  séjours  en  Afghanistan, 
était  recherché  pour  plusieurs  agres- 
sions. Son  groupe  «est  composé  d'élé- 
ments tous  adhérents  à ce  qui  est 
appelé  le  syndicat  Islamique  du  tra- 
vail. Une  quantité  d'armes  et  de 
munitions  a été  trouvée  en  deux 
endroits,  en  plus  d'explosifs,  de  médi- 
caments et  de  produits  chimiques  ser- 
vant à la  fabrication  de  grenades  arti- 
sanales ».  avait  précisé  la 
gendarmerie.  - (Reuter.) 


de  notre  envoyée  spéciale 

Un  colloque  organisé,  jeudi 
28  novembre  à Besançon  (Doubs), 
dans  te  cadre  du  congrès  de  ta 
fédération  CFDT  de  la  justice,  en 
présence  du  garde  des  sceaux, 
M.  Henri  Nalkt,  et  du  secrétaire 
général  de  la  CFDT,  M.  Jean  Kas- 
par,  a montré  ^inquiétude  des  per- 
sonnels &ce  aux  projets  de  là  chan- 
cellerie. Le  secrétoire  général  de  ta 
fédération,  M.  Yves  Rousset,  a 
dénoncé  les  «intérêts  catégoriels  et 
les  poupes  de  pression»  qui  frei- 
nent certaines  des  réformes  enga- 
gées par  ta  chancellerie.' 

Le  désaccord  essentiel,  aujour- 
d’hui, porte  cependant  sur  le  statut 
des  greffiers.  «Les  greffes  sont  sur- 
chargés, les  personnels  attendent  m 
statut  depuis  des  années,  et  la  chan- 
cellerie propose  un  texte  inacceptor 
ble.  avait  souligné  dans  Fa  près- 
midi  M“  Ginette  Thomas,  chef  du 
greffe  d’un  tribunal  d’instance  du 
Rhône.  Il  est  même  pire  que  celui 
que  nous  avons  aujourd'hui  ! » 
M.  NaUet  admettait  le  cadre  res- 
treint de  cette  négociation.  «Ces- 
sons de  attire  que  le  statut  va  tout 
résoudre,  lançait-iL  II  ne  faut  pas 
me  demander  l’impossible.  Je  vous 


le  dit  d'entrée  de  jeu  : dans  ce 
texte.  ïl  n’y  aura  pas  tout.  * Les 
syndicats  opposés  au  projet  espè- 
rent toutefois  mobiliser  les  fonc- 
tionnaires la  semaine  prochaine, 
loin  d’un  mouvement  de  protesta- 
tion qui  devrait  toucher  toute  ta 
France.  Les  personnels  des  conseils 
de  prud’hommes  de  Paris  ont 
donné  te  signal  de  départ  du  mou- 
vem.cn  lunfli  25  novembre,  en 
refusant'  d’assurer  les  audiences 
pendant,  une  semaine  afin  de 
dénoncer  à la  fois  l’insuffisance  du 
statut,  tes  manques  d'effectifs,  et 
Fabseuce  de  revalorisation  de  leurs 
rémunérations. 

ANNE  CHEMIN 


□ Rejet  de  la  troisième  requête  en 
révises  pour  Christian  Ranacd  - La 
commission  de  révision  des  condam- 
nations pénates  a rejeté,  vendredi 
29  novembre,  ta  troisième  requête  en 
révision  présentée  par  1k  avocats  de 
Christian  Ranucci,  guillotiné  en 
1976.  La  commission,  composée  de 
magistrats  de  la  Cour  de  cassation  et 
présidée  par  M.  Paul  Malibert,  a 
estimé  que,  même  après  rentrée  en 
vigueur  de  ta  loi  du  23  juin  1989 
élargissant  les  possibilités  de  lévistou, 
aucun  fait  nouveau  n’était  de  nature 
à introduire  un  doute. 


m Faunes  REA&sstm.- 

LES  GRANDS 

NOM  DE  LA 


P NON,  aux  "NOMS"  payés  si  àm 
Une  simple  'griffe'  peut  doubler  les  prâ 
et  n'ajaute  aucune  voleur  & un  tissu. 
► NON.,  à dramtf  cotai  imprimé, 
car  à 450  F ie  mètre,  â est  prohfrrô. 

MMrfJIHàvalKtKUZ 


OUI.  & voire  Hô&rtousiiosfeajsenaüéj 
desprâqurévte#  de enfeu*  iteméàiQi 


(depuis  50  F le  mètre) 


RODXN 

36,  CHAMPS-ÉLYSÉES  PARIS 


LA  HONTE  DES  POLITIQUES  : UN  FRANÇAIS  SUR  DiX  AU  CHÔMAGE 

COMMENT  LA  FRANCE 
PRODUIT  DES  CHÔMEURS 


SCIENCE  & VIE  ECONOMIE 
analyse 

les  ratines  du  mal 


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MAGAZINE  EXPLORATEUR -DE' lÆCONOMIE